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Résidence secondaire : pourquoi il vous faut quatre fois plus de liquidités

Financement d'une résidence secondaire en Suisse : fonds propres exigés, prévoyance inaccessible et contraintes de la Lex Weber

Sommaire :

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⚡ Réponse express : financer une résidence secondaire

  • 30 à 50% de fonds propres selon les établissements, contre 20% pour une résidence principale
  • 🚨 Ni 2ème ni 3ème pilier mobilisables : l'EPL est réservé à la résidence principale
  • Résultat : environ 4 fois plus de liquidités réelles pour un bien de même prix
  • Lex Weber : aucune nouvelle construction dans les communes dépassant 20% de résidences secondaires
  • ⚠️ Un agrandissement de plus de 30% fait perdre définitivement le statut de logement existant
  • 💡 Les exigences variant fortement, comparer les prêteurs a ici une valeur inhabituelle

Acheter un chalet ou un appartement de vacances suit les mêmes principes qu’une résidence principale : fonds propres, capacité financière, hypothèque. Les proportions, elles, n’ont plus rien à voir.

Et surtout, un mécanisme que la plupart des acheteurs découvrent trop tard change complètement l’équation : la totalité de votre prévoyance devient inutilisable.

Les fonds propres : de 30 à 50%, et pourquoi cet écart

Contrairement à la résidence principale, il n’existe pas de règle unique.

Pour une résidence principale, les 20% de fonds propres découlent des directives de l’Association suisse des banquiers, appliquées uniformément.

Pour une résidence secondaire, la FINMA et l’Association suisse des banquiers laissent une marge d’autonomie aux établissements, à condition qu’ils respectent les principes applicables aux résidences principales. Chaque banque fixe donc sa propre politique.

SourceExigence annoncée
Certains courtiers33% (financement à 66%)
Plusieurs établissements et analyses30 à 50%
Certains acteurs du marché de luxe« souvent 50% ou plus »

Sur un bien à 770’000 CHF, l’écart entre 30% et 50% représente 154’000 CHF.

💡 La conséquence pratique est importante : comparer les établissements a bien plus de valeur sur une résidence secondaire que sur une résidence principale, précisément parce que les règles ne sont pas harmonisées. Certains prêteurs acceptent, selon le profil de l’emprunteur, de financer jusqu’à 75 voire 80% de la valeur.

Ni 2ème ni 3ème pilier : le mécanisme qui change tout

C’est la différence la plus lourde, et la moins anticipée.

L’encouragement à la propriété du logement, qui permet de retirer ou de nantir sa prévoyance, est strictement réservé à la résidence principale. Pour une résidence secondaire :

  • ❌ Pas de retrait anticipé du 2ème pilier
  • ❌ Pas de nantissement du 2ème pilier
  • ❌ Pas de retrait du 3ème pilier via l’EPL

L’intégralité des fonds propres doit provenir de liquidités disponibles.

Le calcul qui rend la différence tangible

Tous les articles se contentent de comparer 20% et 40%. Le vrai écart est ailleurs.

Sur une résidence principale à 770’000 CHF :

PosteMontant
Fonds propres requis (20%)154’000 CHF
Dont mobilisables via le 2ème pilier (max 10% du prix)77’000 CHF
Liquidités réellement nécessaires77’000 CHF

Sur une résidence secondaire au même prix, à 40% :

PosteMontant
Fonds propres requis (40%)308’000 CHF
Dont mobilisables via la prévoyance0 CHF
Liquidités réellement nécessaires308’000 CHF

🚨 Quatre fois plus de liquidités réelles, pour un bien de prix identique. C’est ce ratio, et non le pourcentage de fonds propres, qui explique pourquoi tant de projets de résidence secondaire échouent au moment du plan de financement.

Et les frais d’acquisition s’ajoutent par-dessus, sans être finançables non plus.

➡️ Constituer ses fonds propres : les 8 sources mobilisables

La solution la plus courante : augmenter l’hypothèque existante

Si vous êtes déjà propriétaire, une voie existe.

Plutôt que de réunir des liquidités, il est possible d’augmenter le prêt hypothécaire sur votre résidence principale pour dégager les fonds nécessaires à l’acquisition de la résidence secondaire.

Les conditions à réunir :

  • Votre résidence principale doit avoir une valeur suffisante et une dette suffisamment basse pour permettre l’augmentation
  • Votre capacité financière doit absorber les charges des deux biens simultanément
  • L’établissement doit accepter cette structure

⚠️ Le point de vigilance : cette solution augmente votre endettement global et vos charges sur deux objets. Elle a également des conséquences à l’approche de la retraite, puisque le retour au premier rang devra être assuré sur l’ensemble.

➡️ Hypothèque à la retraite : pourquoi 65% ne suffit pas

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La Lex Weber : ce que vous pouvez acheter, et où

Une contrainte réglementaire qui limite l’offre là où la demande est la plus forte.

Le 11 mars 2012, le peuple suisse a accepté l’initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires ». La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS) est entrée en vigueur le 1er janvier 2016.

Le principe : dans les communes où la proportion de résidences secondaires dépasse 20% des logements, la construction de nouvelles résidences secondaires est en principe interdite.

Ces communes sont, très majoritairement, les communes alpines les plus recherchées. La liste est révisée annuellement, chaque commune devant établir un inventaire de ses logements.

Ce que vous pouvez encore acquérir

Type de bienStatut
Logement existant (antérieur à la loi)✅ Acquisition possible, statut conservé
Nouvelle construction en commune dépassant 20%❌ Interdite en résidence secondaire
Logement d’hébergement touristique organisé✅ Sous conditions strictes
Logement type chambre d’hôtes, dans le bâtiment du domicile principal du propriétaire✅ Sous conditions

Conséquence sur le marché : l’offre est figée dans les zones prisées, alors que la demande reste forte. Cela soutient structurellement les prix des logements existants.

Le piège des 30% : un actif qui peut se détruire

C’est le point le plus technique de cet article, et le plus rarement expliqué.

Un logement existant, c’est-à-dire construit avant l’entrée en vigueur de la loi, conserve son statut de résidence secondaire. Il peut être rénové, transformé et même reconstruit sans le perdre.

Il peut également être agrandi, mais dans une limite précise : 30% des surfaces utiles principales, à condition que l’agrandissement ne crée pas de nouvelles unités de résidence secondaire.

🚨 Si l’agrandissement excède 30%, le logement perd son statut de logement existant, et une affectation en résidence secondaire n’est plus possible.

Autrement dit : un projet d’agrandissement mal calibré peut anéantir la valeur du bien. Un chalet acheté pour son statut, agrandi de 35%, ne peut plus être utilisé comme résidence secondaire.

Ce point doit être vérifié avant tout projet de travaux d’envergure, et il devrait figurer dans toute due diligence à l’achat d’un bien susceptible d’être agrandi.

Une acquisition qui se raréfie

Une donnée qui met en perspective l’ensemble.

Selon une analyse de la BCV portant sur les Alpes vaudoises, la part des ménages suisses disposant d’une fortune suffisante pour acquérir un logement en PPE standard dans cette région est passée de 26% en 2003 à 19% en 2012.

Autrement dit : moins d’un ménage sur cinq en avait les moyens, et cette proportion diminuait.

Deux facteurs se cumulent : la hausse des prix, et le durcissement des exigences de fonds propres. La Lex Weber, en gelant l’offre dans les zones prisées, n’a pas inversé la tendance.

⚠️ Cette donnée porte sur 2012 et sur les Alpes vaudoises. Elle donne un ordre de grandeur, pas une photographie actuelle du marché national.

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Ce qu’il faut vérifier avant de s’engager

Cinq points, dans l’ordre.

1. Le statut du bien au regard de la Lex Weber. S’agit-il d’un logement existant, et sa commune dépasse-t-elle le seuil de 20% ? L’inventaire communal fait foi.

2. Les possibilités d’agrandissement. Si des travaux sont envisagés, la limite des 30% doit être calculée avant l’achat, pas après.

3. Vos liquidités réellement disponibles. Sans la prévoyance, et en incluant les frais d’acquisition.

4. Votre capacité sur les deux biens. Si vous êtes déjà propriétaire, la banque examinera vos charges cumulées.

5. La politique de plusieurs établissements. Puisque les exigences varient de 30 à 50%, comparer a ici une valeur particulièrement élevée.

En résumé : trois points clés

  1. Il vous faut environ quatre fois plus de liquidités que pour une résidence principale de même prix, parce qu’aucune prévoyance ne peut être mobilisée.
  2. Les exigences de fonds propres varient de 30 à 50% selon les établissements, la FINMA leur laissant une marge d’autonomie sur ce segment. Comparer a donc une valeur inhabituellement élevée.
  3. Un agrandissement dépassant 30% des surfaces fait perdre définitivement le statut de logement existant. À vérifier avant tout projet de travaux.

Conclusion

La résidence secondaire est traitée par le système suisse comme ce qu’elle est aux yeux du législateur : un bien de confort, et non un besoin de logement. Cela se traduit par des exigences plus élevées, une prévoyance inaccessible, et une réglementation qui gèle l’offre là où la demande est la plus forte.

Ce qui rend ces projets difficiles n’est pourtant pas le pourcentage de fonds propres, chiffre que tout le monde connaît. C’est le fait que ces fonds doivent être intégralement liquides, alors que la plupart des acheteurs comptaient, souvent sans le formuler, sur leur prévoyance.

Le calcul mérite donc d’être fait très en amont, et sur les liquidités réelles plutôt que sur le patrimoine total.

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Pour aller plus loin

FAQ : financer une résidence secondaire

Combien de fonds propres faut-il pour une résidence secondaire ?
Entre 30 et 50% du prix, contre 20% pour une résidence principale. Il n'existe pas de règle unique : la FINMA et l'Association suisse des banquiers laissent une marge d'autonomie aux établissements sur ce segment.

Certains courtiers annoncent 33%, d'autres acteurs indiquent « souvent 50% ou plus ». Sur un bien à 770'000 CHF, cet écart représente 154'000 CHF. 💡 Conséquence : comparer les établissements a bien plus de valeur ici que sur une résidence principale, précisément parce que les règles ne sont pas harmonisées. Certains prêteurs financent jusqu'à 75 voire 80% selon le profil.
Puis-je utiliser mon 2ème ou mon 3ème pilier ?
Non, dans aucun cas. L'encouragement à la propriété du logement est strictement réservé à la résidence principale :
  • ❌ Pas de retrait anticipé du 2ème pilier
  • ❌ Pas de nantissement du 2ème pilier
  • ❌ Pas de retrait du 3ème pilier via l'EPL
L'intégralité des fonds propres doit provenir de liquidités disponibles, et les frais d'acquisition s'ajoutent par-dessus sans être finançables non plus.
Combien de liquidités faut-il réellement ?
Environ quatre fois plus que pour une résidence principale de même prix. Sur un bien à 770'000 CHF :
  • Résidence principale : 154'000 CHF de fonds propres, dont jusqu'à 77'000 CHF mobilisables via le 2ème pilier. Liquidités réelles : 77'000 CHF
  • Résidence secondaire (40%) : 308'000 CHF de fonds propres, dont 0 CHF de prévoyance. Liquidités réelles : 308'000 CHF
🚨 C'est ce ratio, et non le pourcentage de fonds propres, qui explique pourquoi tant de projets de résidence secondaire échouent au moment du plan de financement.
Peut-on augmenter l'hypothèque de sa résidence principale pour financer ?
Oui, c'est la solution la plus courante pour les propriétaires existants. Plutôt que de réunir des liquidités, il est possible d'augmenter le prêt sur la résidence principale pour dégager les fonds nécessaires.

Trois conditions : votre résidence principale doit avoir une valeur suffisante et une dette assez basse, votre capacité doit absorber les charges des deux biens, et l'établissement doit accepter cette structure. ⚠️ Cette solution augmente votre endettement global et a des conséquences à l'approche de la retraite, puisque le retour au premier rang devra être assuré sur l'ensemble.
Qu'est-ce que la Lex Weber et qu'interdit-elle ?
La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS), entrée en vigueur le 1er janvier 2016 suite à l'initiative acceptée le 11 mars 2012.

Son principe : dans les communes où la proportion de résidences secondaires dépasse 20% des logements, la construction de nouvelles résidences secondaires est en principe interdite. Ces communes sont majoritairement les communes alpines les plus recherchées.

Chaque commune doit établir un inventaire annuel de ses logements, et la liste est révisée en conséquence.
Que puis-je encore acheter dans une commune touchée par la Lex Weber ?
  • ✅ Un logement existant, antérieur à la loi : acquisition possible, statut conservé
  • ❌ Une nouvelle construction en résidence secondaire : interdite
  • ✅ Un logement d'hébergement touristique organisé, sous conditions strictes
  • ✅ Un logement type chambre d'hôtes, situé dans le bâtiment où le propriétaire a son domicile principal
💡 Conséquence sur le marché : l'offre est figée dans les zones prisées alors que la demande reste forte, ce qui soutient structurellement les prix des logements existants.
Puis-je agrandir une résidence secondaire existante ?
Oui, mais dans une limite stricte de 30% des surfaces utiles principales, et à condition que l'agrandissement ne crée pas de nouvelles unités de résidence secondaire. 🚨 Si l'agrandissement excède 30%, le logement perd définitivement son statut de logement existant, et une affectation en résidence secondaire n'est plus possible. Un projet d'agrandissement mal calibré peut donc anéantir la valeur du bien. Ce point doit être vérifié avant tout projet de travaux d'envergure, et figurer dans la due diligence à l'achat.

Un logement existant peut en revanche être rénové, transformé et même reconstruit sans perdre son statut.
Pourquoi les banques sont-elles plus exigeantes ?
Parce qu'elles considèrent le risque plus élevé. Une résidence secondaire est un bien de confort : en cas de difficulté financière, c'est le premier actif qu'un ménage cède, et sa revente dépend d'un marché plus étroit et plus saisonnier que celui de la résidence principale.

Le législateur applique la même logique en refusant l'accès à la prévoyance : les avoirs du 2ème et du 3ème pilier sont destinés à couvrir un besoin de logement, pas un usage de loisir.
Que faut-il vérifier avant de s'engager ?
Cinq points, dans l'ordre :
  • Le statut du bien au regard de la Lex Weber et le taux de la commune
  • Les possibilités d'agrandissement, calculées avant l'achat si des travaux sont envisagés
  • Vos liquidités réellement disponibles, hors prévoyance, frais d'acquisition inclus
  • Votre capacité sur les deux biens si vous êtes déjà propriétaire
  • La politique de plusieurs établissements, puisque les exigences varient de 30 à 50%
Combien de ménages peuvent réellement se le permettre ?
Selon une analyse de la BCV portant sur les Alpes vaudoises, la part des ménages suisses disposant d'une fortune suffisante pour acquérir un logement en PPE standard dans cette région est passée de 26% en 2003 à 19% en 2012.

Moins d'un ménage sur cinq, et une proportion en recul, sous l'effet combiné de la hausse des prix et du durcissement des exigences de fonds propres. ⚠️ Cette donnée porte sur 2012 et sur une région précise. Elle donne un ordre de grandeur, pas une photographie actuelle du marché national.
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