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Placer son 2ème pilier à la retraite : le guide complet du frontalier franco-suisse 2026

Frontalier franco-suisse planifiant le placement de son 2e pilier LPP à la retraite — guide 2026

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 Placer son 2e pilier à la retraite — L'essentiel 2026 (frontalier Franco-Suisse)

  • Choix rente vs capital irréversible — décidez 6 à 18 mois avant votre retraite selon votre caisse
  • Taux de conversion LPP 2026 : 6,8% sur la part obligatoire (CHF 200'000 → CHF 13'600/an)
  • Capital : imposé au PFL 6,75% (art. 163 bis II CGI) si non fractionné délibérément
  • Rente : imposée au barème progressif IR chaque année — moins avantageux fiscalement
  • Méthode des 3 poches : liquidité (Livret A) → sécurité (fonds euros AV) → croissance (ETF, SCPI)
  • Assurance vie : véhicule n°1 — abattement EUR 4'600/an après 8 ans + EUR 152'500/bénéficiaire hors succession
  • Garantie FGAP : EUR 70'000 par assureur → répartir sur plusieurs contrats pour un capital important
  • Ouvrir un PEA immédiatement (même avec EUR 100) — le compteur des 5 ans démarre à l'ouverture

C’est peut-être la décision financière la plus importante de votre vie. Après des années de cotisations LPP en Suisse, votre 2ème pilier représente un capital souvent compris entre CHF 100’000 et 500’000 — et vous avez quelques mois pour décider quoi en faire.

Problème : cette décision est irrévocable. Une fois que vous choisissez la rente ou le capital, vous ne pouvez plus revenir en arrière. Et selon votre choix de placement, l’écart de patrimoine sur 20 ans peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros.

Ce guide vous donne les chiffres 2026 vérifiés, les règles fiscales exactes et des exemples concrets pour que vous décidiez en connaissance de cause.

Première décision : Rente ou capital ? Le choix que vous ne pouvez pas annuler

Avant de parler de placement, il y a une décision préalable que beaucoup de frontaliers sous-estiment : choisissez-vous de recevoir votre 2ème pilier sous forme de rente mensuelle ou de capital versé en une seule fois ?

Cette décision est définitive. Une fois le formulaire signé, aucun retour n’est possible.

La rente — ce que ça rapporte vraiment en 2026

La rente LPP est calculée en multipliant votre avoir accumulé par le taux de conversion. En 2026, ce taux est fixé à 6,8% pour la partie obligatoire (art. 14 LPP).

Formule : Rente annuelle = Avoir LPP × 6,8%

Capital LPP accumulé Rente annuelle brute (6,8%) Rente mensuelle brute
CHF 100’000 CHF 6’800 CHF 567/mois
CHF 200’000 CHF 13’600 CHF 1’133/mois
CHF 300’000 CHF 20’400 CHF 1’700/mois
CHF 400’000 CHF 27’200 CHF 2’267/mois
CHF 500’000 CHF 34’000 CHF 2’833/mois

⚠️ Important : le taux de 6,8% ne s’applique qu’à la part obligatoire du LPP. La part surobligatoire peut être soumise à un taux de conversion inférieur, fixé par votre caisse de pension (souvent 5 à 6%). La rente réelle peut donc être inférieure à ce calcul si votre avoir contient une large part surobligatoire.

Fiscalité de la rente en France : la rente LPP suisse est imposée comme un revenu ordinaire en France, après un abattement de 10% (plafonné à EUR 4’321 en 2026). Elle s’ajoute à vos autres revenus (pension française, revenus locatifs…) et est soumise au barème progressif de l’IR. Elle entre également dans le calcul pour la CSG/CRDS.

Ce que ça signifie concrètement : pour un frontalier avec une pension française de EUR 1’500/mois, une rente LPP de CHF 1’133/mois (~EUR 1’178) porte son revenu total à ~EUR 2’678/mois. Selon sa situation familiale, son impôt augmente significativement.

Le capital : et pourquoi les frontaliers le choisissent souvent

Le capital vous est versé en une seule fois. Vous sortez de la caisse de pension avec votre avoir total quand vous retirez le 2ème pilier.

Fiscalité du capital en France : c’est ici que le statut de résident français devient un avantage majeur. Le capital LPP est éligible au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) à 6,75% (art. 163 bis II CGI) si certaines conditions sont remplies — notamment le versement en une seule fois et non fractionné délibérément.

Comparaison fiscale directe — exemple pour CHF 300’000 (≈ EUR 312’000) :

Option Imposition Montant d’impôt estimé Net perçu
Capital + PFL 6,75% Forfait libératoire ~EUR 21’000 ~EUR 291’000
Capital + TMI 30% (si pas de PFL) Barème progressif ~EUR 84’000 ~EUR 228’000
Rente (20 ans de retraite) Barème progressif chaque année ~EUR 45’000 cumulés ~EUR 267’000 versés

Avantage majeur du capital : vous pouvez placer et faire fructifier ce capital. La rente, elle, est fixe. Si vous décédez jeune, vos héritiers ne récupèrent généralement rien (selon les clauses de votre caisse de pension). Avec le capital, votre patrimoine est transmissible.

Quand la rente est-elle préférable ?

La rente a ses avantages dans des situations précises :

Situation Rente recommandée Raison
Espérance de vie longue / bonne santé Revenus garantis à vie
Faibles autres revenus à la retraite Complète utilement la pension française
Aversion forte au risque Zéro volatilité, zéro gestion
Capital faible (<CHF 100’000) Pas assez pour générer un revenu significatif placé
Pas de successeurs à qui transmettre La transmission n’est pas une priorité

 

Situation Capital recommandé Raison
Capital important (>CHF 200’000) Placement peut battre la rente sur 20 ans
Bonne santé financière (autres revenus) Pas de dépendance à la rente mensuelle
Projets patrimoniaux (immo, transmission) Flexibilité totale
Revenus importants en France PFL 6,75% vs barème 30-45% sur la rente
Souhait de transmettre à ses enfants Capital transmissible, rente perdue au décès
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La stratégie des 3 poches — la méthode patrimoniale pour un frontalier à la retraite

Si vous optez pour le capital, la première erreur est de tout placer dans un seul produit. La méthode patrimoniale recommandée pour un frontalier retraité repose sur 3 poches distinctes avec des horizons différents.

Poche 1 — La réserve de liquidité (0 à 2 ans)

Objectif : couvrir vos dépenses courantes sans toucher aux placements.

Montant recommandé : 12 à 24 mois de dépenses. Pour un ménage avec CHF 3’000/mois de dépenses → CHF 36’000 à CHF 72’000.

Où mettre cette poche :

  • Livret A (taux 1,7% net depuis août 2025 — plafond EUR 22’950)
  • Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS — même taux, plafond EUR 12’000)
  • Compte courant rémunéré ou livret bancaire classique

Cette poche ne cherche pas à performer. Elle est là pour que vous n’ayez jamais à vendre vos placements en urgence.

Poche 2 — La sécurité à moyen terme (2 à 8 ans)

Objectif : préserver le capital avec un rendement supérieur à l’inflation.

Montant recommandé : 30 à 40% du capital LPP total.

Options recommandées en 2026 :

Placement Rendement 2025-2026 Risque Fiscalité France Liquidité
Fonds euros assurance vie 2,5 à 3,2% net ✅ Nul (capital garanti) Avantageuse après 8 ans Bonne (rachat possible)
Compte à terme 2,5 à 3,5% brut ✅ Nul PFU 30% sur les intérêts ❌ Bloqué jusqu’à échéance
Obligations d’État 2,5 à 3,5% brut ✅ Faible PFU 30% sur coupons Bonne (marché secondaire)

💡 Conseil 2026 : avec la baisse des taux de la BCE amorcée depuis 2024, les taux des comptes à terme commencent à baisser. Les meilleures offres se situent encore autour de 3% début 2026, mais cette fenêtre se referme. Si vous avez du capital à sécuriser, c’est maintenant.

Poche 3 — La croissance à long terme (>8 ans)

Objectif : faire fructifier le capital pour compenser l’inflation et générer des revenus futurs.

Montant recommandé : 40 à 60% du capital LPP total (selon profil de risque et âge).

Options recommandées en 2026 :

Placement Rendement historique Risque Fiscalité France Recommandé si
ETF MSCI World (assurance vie) ~7-9%/an sur 10 ans ⚠️ Moyen-élevé Avantageuse AV 8 ans Horizon >10 ans, tolérance volatilité
SCPI 4 à 5,5% brut en 2025-2026 ⚠️ Moyen PFU ou IR sur revenus Horizon 8-15 ans, immobilier sans gestion
Assurance vie UC diversifiée Variable selon allocation Variable Avantageuse après 8 ans Gestion déléguée, profil mixte
Immobilier locatif 3 à 6% net (hors plus-value) ⚠️ Moyen IR + PS sur loyers Si > CHF 250’000, projet immobilier précis
PEA (actions Europe) ~7% historique ⚠️ Élevé Exonéré IR après 5 ans Horizon >10 ans, déjà détenteur d’un PEA

Les 6 meilleures options de placement — analyse détaillée 2026

Option 1 — L’assurance vie française

C’est le véhicule patrimonial numéro 1 pour les frontaliers résidant en France. Voici pourquoi.

Avantages majeurs :

  • Capital accessible à tout moment (rachat partiel ou total)
  • Pas d’imposition sur les gains tant qu’il n’y a pas de retrait
  • Après 8 ans : abattement annuel de EUR 4’600 sur les gains (EUR 9’200 pour un couple) — au-delà, IR réduit à 7,5% + 17,2% de PS
  • Avantage successoral exceptionnel : jusqu’à EUR 152’500 par bénéficiaire transmis hors droits de succession pour les primes versées avant 70 ans
  • Permet d’investir en fonds euros (capital garanti) ET en unités de compte (ETF, SCPI, actions)

Garantie FGAP : EUR 70’000 par assureur. Pour un capital de CHF 250’000, répartissez sur au moins 3 contrats chez 3 assureurs distincts.

Exemple chiffré — CHF 200’000 (≈ EUR 208’000) en assurance vie multisupport :

Allocation Proportion Montant Rendement estimé
Fonds euros (sécurité) 40% EUR 83’200 2,8%/an
ETF MSCI World (croissance) 40% EUR 83’200 7%/an (hist.)
SCPI en UC (revenus) 20% EUR 41’600 4,5%/an
Total portefeuille 100% EUR 208’000 ~4,8%/an estimé

Sur 15 ans à 4,8% de rendement moyen : EUR 208’000 → ~EUR 418’000 (soit EUR 210’000 de plus-value)

⚠️ Attention si vous résidez en Suisse : l’assurance vie française n’est accessible qu’aux résidents fiscaux français. Si vous résidez en Suisse (non-frontalier), ce véhicule ne vous est pas accessible directement. Des solutions alternatives existent via des contrats luxembourgeois.

Option 2 — Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)

Les SCPI permettent d’investir dans l’immobilier commercial et résidentiel sans en assumer la gestion directe. Vous percevez des loyers trimestriels.

Rendements 2025-2026 :

  • SCPI « meilleures performers » en 2025 : 4,5 à 5,5% brut
  • SCPI diversifiées européennes : 4 à 5% brut
  • SCPI résidentielles françaises : 3 à 4% brut

Fiscalité en France : les revenus fonciers des SCPI sont imposés au taux marginal d’IR + 17,2% de prélèvements sociaux. Sur une tranche à 30%, l’imposition totale atteint 47,2%.

Alternative plus efficace fiscalement : loger vos SCPI dans une assurance vie. Les revenus restent alors dans le contrat sans imposition immédiate — vous ne payez l’impôt qu’au rachat, avec les avantages de la fiscalité AV.

Pour quel profil : idéal si vous souhaitez des revenus réguliers similaires à un loyer, sans les contraintes de la gestion locataire. Horizon minimum recommandé : 8-10 ans.

Option 3 — Le PEA (Plan d’Épargne en Actions)

Le PEA est l’enveloppe fiscale la plus avantageuse pour les actions européennes en France.

Avantages :

  • Plafond de versements : EUR 150’000 (ou EUR 225’000 pour un PEA-PME)
  • Après 5 ans : exonération d’IR sur les plus-values et dividendes (seuls les 17,2% de PS restent dus)
  • Pas de taxation interne tant qu’on ne retire pas
  • Idéal pour loger des ETF indiciels (MSCI World, S&P 500, CAC 40)

Contrainte majeure : si vous n’avez pas encore ouvert un PEA, ouvrez-en un immédiatement — même avec EUR 10 — pour faire démarrer le compteur des 5 ans. L’ouverture est gratuite.

Ce qu’on ne peut pas y mettre : le PEA est limité aux actions et ETF européens (ou éligibles). Les ETF MSCI World sont généralement éligibles si domiciliés en Europe. Vérifiez l’éligibilité avec votre courtier.

Option 4 — L’immobilier physique

Avec CHF 250’000+, l’achat d’un bien immobilier locatif en France devient possible (apport + emprunt).

Rendement brut moyen 2026 : 3 à 6% selon la localisation.

  • Grande ville (Paris, Lyon) : 2,5 à 4% brut
  • Villes moyennes (Annecy, Thonon, Cluses) : 4 à 6% brut
  • Zone rurale : 5 à 7% brut (mais risque vacance locative)

Avantages :

  • Effet levier via le crédit immobilier (vous placez CHF 150’000 en apport et empruntez CHF 100’000 → rendement sur capital propre supérieur)
  • Transmission avantageuse à vos héritiers
  • Protection contre l’inflation (loyers réévalués à l’indice de référence)

Inconvénients :

  • Capital immobilisé et illiquide
  • Gestion locative (ou frais d’agence)
  • Fiscalité lourde sur les loyers (IR + PS)
  • Délais et coûts (frais de notaire ~8%)

Cas d’usage recommandé : si vous avez un projet précis et local (par exemple, acheter le logement de vos enfants, un bien dans la zone franco-genevoise), l’immobilier est pertinent. Pour une pure optimisation patrimoniale, l’assurance vie ou les SCPI sont souvent plus efficaces.

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Option 5 — Le contrat luxembourgeois (pour les patrimoines importants)

Pour des capitaux supérieurs à EUR 250’000, le contrat d’assurance vie de droit luxembourgeois mérite votre attention.

Avantages vs assurance vie française :

  • Super-privilège : vous êtes créancier de premier rang — en cas de faillite de l’assureur, vos avoirs sont protégés en priorité
  • Neutralité fiscale : l’imposition s’applique selon votre pays de résidence (France = fiscalité AV classique)
  • Univers d’investissement plus large : accès aux fonds institutionnels, gestion en devises multiples (CHF, EUR, USD)
  • Pas de plafond de versements

Accessible à partir de : EUR 125’000 à 250’000 selon les assureurs.

Option 6 — Le compte-titres ordinaire (CTO)

La solution la plus simple et la plus flexible — mais pas la plus avantageuse fiscalement.

Avantages : pas de plafond, pas de contrainte d’investissement, accès à tous les marchés et supports.

Inconvénients : dividendes et plus-values soumis au PFU de 30% (12,8% d’IR + 17,2% de PS) — ou sur option au barème de l’IR.

Recommandé uniquement si : votre AV et votre PEA sont déjà plafonnés et vous avez du capital supplémentaire à investir.

3 exemples concrets selon le montant de votre capital LPP

Exemple 1 — CHF 150’000 — Le profil « sécurité et complément de revenus »

Profil : Marie, 63 ans, frontalière depuis 18 ans, pension française CHF 800/mois, pas de revenus locatifs.

Stratégie recommandée :

Poche Placement Montant Objectif
Liquidité Livret A + LDDS EUR 15’000 Épargne de précaution 6 mois
Sécurité Fonds euros AV EUR 60’000 Capital garanti, rendement 2,8%
Revenus SCPI en AV EUR 45’000 Revenus ~EUR 168/mois
Croissance ETF MSCI World AV EUR 36’000 Capitalisation long terme

Résultat attendu : complément de revenus de ~EUR 250-300/mois, capital préservé et transmissible.

Exemple 2 — CHF 280’000 — Le profil « optimisation fiscale et croissance »

Profil : Thomas, 61 ans, frontalier depuis 25 ans, a opté pour le capital (PFL payé). Pension française de EUR 1’200/mois. Conjoint en activité.

Stratégie recommandée :

Poche Placement Montant Objectif
Liquidité Livret A + LDDS EUR 20’000 6 mois de dépenses
PEA ouvert maintenant ETF MSCI World EUR 40’000 Défiscalisation après 5 ans
AV contrat 1 (assureur A) Fonds euros + ETF EUR 65’000 Limite FGAP par assureur
AV contrat 2 (assureur B) Fonds euros + SCPI EUR 65’000 Diversification assureurs
AV contrat 3 (assureur C) ETF 100% EUR 65’000 Croissance pur
Réserve projet immo CAT 3 ans à 3% EUR 36’000 Projet futur identifié

Résultat attendu : optimisation fiscale maximale, diversification des risques, transmission avantageuse jusqu’à EUR 152’500 × 3 bénéficiaires = EUR 457’500 sans droits de succession.

Exemple 3 — CHF 450’000 — Le profil « patrimoine conséquent, transmission et revenus »

Profil : Michel et Claire, 65 ans, deux LPP cumulés, patrimoine existant (RP + placements). Revenus complets, transmission aux 3 enfants prioritaire.

Stratégie recommandée :

Poche Placement Montant Objectif
Liquidité Livrets réglementés EUR 30’000 Précaution
Contrat luxembourgeois (commun) Multi-actifs EUR 200’000 Super-privilège, transmission optimale
AV françaises (2 contrats) Fonds euros + UC EUR 100’000 AV classique, abattement
SCPI en direct Sélection 2026 EUR 80’000 Revenus fonciers réguliers
CTO ETF + actions EUR 50’000 Flexibilité totale, PFU acceptable

Impact transmission : contrat luxembourgeois avec 3 bénéficiaires désignés → EUR 200’000 hors succession. AV françaises → EUR 152’500 × 2 = EUR 305’000 hors succession. Total hors succession : EUR 505’000 sur EUR 460’000 de capital.

La question rente vs capital — le point de bascule mathématique

À quel âge récupère-t-on plus avec la rente qu’avec le capital placé ?

Hypothèse : CHF 200’000 de capital LPP, taux de conversion 6,8% → rente annuelle CHF 13’600 (EUR ~14’100)

Scénario Rente (fiscalisée IR 30%) Capital placé (4% net) Capital gagnant jusqu’à
Rente nette annuelle EUR 9’900 EUR 8’320 (revenus) + capital intact
Cumul rente à 80 ans (15 ans) EUR 148’500 EUR 208’000 + 149’760 = EUR 357’760 ✅ Capital gagne
Cumul rente à 90 ans (25 ans) EUR 247’500 EUR 208’000 + 249’600 = EUR 457’600 ✅ Capital gagne encore
Point de bascule théorique Vers 95+ ans (si 0% rendement sur capital) Rente gagne seulement si très longue vie + capital mal géré

Conclusion : mathématiquement, pour un frontalier résident en France avec accès au PFL et à l’assurance vie, le capital est presque toujours plus avantageux si la gestion est correcte. La rente ne « gagne » que dans deux cas : longévité exceptionnelle ET rendement du capital très bas.

Les 5 erreurs les plus coûteuses — et comment les éviter

Erreur 1 : Laisser le capital « dormir » sur un compte bancaire

C’est l’erreur numéro 1. Après le versement, beaucoup de frontaliers laissent leur capital sur leur compte courant pendant des mois, « en attendant de décider ». Sur CHF 200’000 laissés 12 mois à 0% : manque à gagner de EUR ~8’000 vs un placement à 4%.

Solution : déposez immédiatement sur un Livret A (rendement immédiat, zéro blocage) pendant que vous prenez votre décision de placement.

Erreur 2 : Tout mettre dans un seul contrat d’assurance vie

La garantie FGAP est de EUR 70’000 par assureur. Au-delà, votre protection est réduite en cas de faillite de l’assureur.

Solution : répartissez sur plusieurs contrats chez plusieurs assureurs distincts (pas plusieurs contrats du même groupe).

Erreur 3 : Oublier d’ouvrir un PEA immédiatement

Le délai fiscal du PEA ne commence qu’à l’ouverture. Si vous attendez 2 ans avant d’ouvrir, vos plus-values restent imposables pendant 2 ans supplémentaires.

Solution : ouvrez un PEA immédiatement avec EUR 100 symboliques — même si vous ne versez rien encore. Le compteur démarre.

Erreur 4 : Ne pas désigner de bénéficiaires sur l’assurance vie

L’avantage successoral de l’assurance vie (EUR 152’500 par bénéficiaire hors droits de succession) n’est effectif que si vous avez désigné des bénéficiaires dans la clause du contrat.

Solution : remplissez la clause bénéficiaire dès l’ouverture du contrat. Revoyez-la après tout changement de situation familiale (mariage, divorce, naissance).

Erreur 5 : Confondre « capital reçu » et « capital disponible »

Le PFL de 6,75% et les éventuels prélèvements sociaux sont dus à la France. L’impôt suisse à la source est également prélevé au moment du versement. Ces montants réduisent votre capital disponible pour le placement.

Avant tout placement, calculez votre capital net réel :

  • Capital LPP brut : CHF X
  • − Impôt suisse à la source : CHF X × taux cantonal (~4-9%)
  • − PFL France : montant × 6,75%
  • − Éventuels prélèvements sociaux (9,1% si affilié Sécu française)
  • = Capital net à placer

Conclusion — La règle d’or : structurez avant de placer

Placer son 2e pilier à la retraite n’est pas qu’une question de rendement. C’est une question de structure  dans quel ordre vous prenez les décisions, quelle enveloppe vous utilisez, comment vous protégez et transmettez votre patrimoine.

La chronologie optimale pour un frontalier :

  1. Demandez le capital (si votre situation le justifie) — ou optez pour le mixte rente/capital
  2. Payez le PFL en France (case 1AT de la déclaration 2042) — déclarez le montant brut
  3. Récupérez l’impôt suisse auprès de l’administration cantonale (délai 3 ans)
  4. Sécurisez immédiatement sur le Livret A pendant votre réflexion
  5. Ouvrez un PEA — même à EUR 100 — pour faire démarrer le compteur
  6. Structurez vos 3 poches : liquidité, sécurité, croissance
  7. Répartissez sur plusieurs AV chez plusieurs assureurs
  8. Désignez vos bénéficiaires immédiatement

Votre situation est unique — montant du capital, situation familiale, autres revenus, projets de vie, tolérance au risque. Nos conseillers spécialisés en prévoyance frontalière vous accompagnent gratuitement pour structurer le placement de votre 2ème pilier.

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FAQ — Les questions des frontaliers sur le placement du 2ème pilier

Trouvez le meilleur placement pour votre 2ème pilier frontalier à la retraite

Oui, mais avec des contraintes. Une fois que vous avez reçu votre capital en France (versement sur votre compte en euros), il est soumis à la réglementation française.

Vous pouvez investir dans des produits suisses (titres cotés sur la Bourse suisse, obligations suisses) via un CTO ouvert auprès d’un courtier français — mais l’enveloppe fiscale française (AV, PEA) reste la plus efficace pour réduire votre imposition.

Des placements en Suisse peuvent être pertinents si vous conservez des liens patrimoniaux en Suisse (bien immobilier, projets futurs).

Non. L’assurance vie française est réservée aux résidents fiscaux français.

Si vous résidez en Suisse (et non en France), le contrat d’assurance vie luxembourgeois est une alternative efficace  fiscalement transparent selon votre pays de résidence, avec le super-privilège de sécurité.

Oui, dans de nombreuses caisses de pension. Vous pouvez, par exemple, opter pour 30% en rente (revenus garantis à vie) et 70% en capital (à placer et à transmettre).

C’est souvent la stratégie équilibrée recommandée pour les frontaliers qui craignent de « manquer » de revenus mais souhaitent conserver de la flexibilité patrimoniale.

Votre caisse de pension vous contactera généralement 12 à 18 mois avant votre retraite pour vous demander votre choix. Certaines caisses exigent la décision 6 mois avant la date de retraite.

Ne tardez pas c’est irrévocable et les délais sont souvent plus courts qu’on ne le croit.

En France uniquement, dès lors que vous êtes résident fiscal français. La Convention France-Suisse du 9 septembre 1966 attribue l’imposition des revenus patrimoniaux (intérêts, dividendes, loyers, plus-values) au pays de résidence.

Si vous résidez en France : vos revenus de placements (même issus d’un capital LPP suisse) sont imposés en France.

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