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Le 3e pilier lié (pilier 3a) est un outil de prévoyance populaire en Suisse, notamment en Suisse romande, grâce à ses avantages fiscaux à la cotisation. Les résidents suisses – salariés comme indépendants – déduisent leurs versements 3a du revenu imposable chaque année, ce qui génère des économies d’impôts substantielles pendant la phase d’épargne . Cependant, une planification fiscale intelligente ne s’arrête pas à la phase d’épargne : il est tout aussi crucial d’optimiser le retrait du capital accumulé. En effet, au moment de retirer votre 3e pilier, un impôt unique sera prélevé sur le capital versé, selon un barème préférentiel mais progressif (plus le montant retiré est élevé, plus le taux d’imposition augmente) .
Pour minimiser l’impôt au retrait, il est possible de fractionner vos avoirs sur plusieurs comptes 3a et d’échelonner les retraits sur plusieurs années. Cette stratégie de comptes multiples permet de briser la progressivité de l’impôt et de payer au final beaucoup moins d’impôts qu’en retirant tout en une seule fois . Dans cet article, nous vous expliquons comment fonctionne l’imposition du pilier 3a lors du retrait et pourquoi l’ouverture de plusieurs comptes 3a peut être stratégique pour optimiser vos retraits. Vous découvrirez des exemples chiffrés en Suisse romande (Genève, Vaud, Fribourg, etc.), des cas pratiques comparant un retrait en bloc vs. des retraits étalés, les différences de stratégie pour les salariés et les indépendants, ainsi que des conseils pour structurer votre plan 5 à 10 ans avant la retraite.
L’objectif ? Vous aider à préparer votre retraite tout en allégeant votre facture fiscale, afin de maximiser les économies d’impôts réalisées grâce à votre 3e pilier A. Bonne lecture !
Lors du retrait de votre pilier 3a, le capital est imposé séparément de vos autres revenus, à un taux réduit par rapport à l’imposition ordinaire . Autrement dit, vous ne payez des impôts qu’au moment du versement final, et non pendant la phase d’épargne (où l’avoir 3a n’est pas soumis à l’impôt sur la fortune ni aux impôts sur les intérêts/dividendes) . En contrepartie des déductions fiscales à l’entrée, le montant retiré du 3e pilier est soumis à un impôt unique sur les prestations en capital, prélevé par la Confédération, le canton et la commune (et éventuellement l’Église) . Cet impôt est progressif : plus le capital retiré est élevé, plus le taux d’imposition augmente .
En résumé, le retrait du pilier 3a est imposé à un taux préférentiel mais progressif, avec d’importantes différences selon les cantons et les montants retirés.
Ce caractère progressif ouvre la porte à des stratégies d’optimisation fiscale : en fragmentant vos retraits en plusieurs petites sommes au lieu d’un grand capital unique, vous profitez de taux plus bas sur chaque tranche retirée, et donc d’un impôt total réduit. C’est là qu’intervient l’astuce d’avoir plusieurs comptes 3a, expliquée en détail ci-dessous.
Pourquoi ne pas mettre tout votre 3e pilier sur un seul compte ? La raison est simple : vous ne pouvez retirer un compte 3a que dans sa totalité, sans le fractionner . Si vous n’avez qu’un seul compte, tout votre capital devra être versé en une seule fois (sauf cas d’usage anticipé immobilier). En revanche, si vous avez plusieurs comptes 3a, vous pourrez étaler les retraits sur plusieurs années en clôturant vos comptes un par un, ce qui permet de briser la progressivité de l’impôt . Voici les principaux avantages de cette stratégie :
En somme, la stratégie consiste à répartir vos cotisations 3a sur plusieurs comptes durant la vie active, afin de pouvoir retirer chaque compte individuellement au moment venu et économiser l’impôt grâce au taux réduit applicable aux plus petits montants . Cette optimisation peut se chiffrer en milliers de francs d’économie fiscale, comme illustré dans le tableau ci-dessous.
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Pour bien visualiser l’avantage du fractionnement, prenons un exemple simple. Supposons que vous disposiez de 150’000 CHF sur votre 3e pilier au moment de la retraite ; comparez l’impôt dû selon trois stratégies de retrait possibles :
Stratégie de retrait | Impôt total à Genève | Impôt total à Vaud | Impôt total à Fribourg |
Retrait en un seul bloc (150’000 CHF) | ~5 800 CHF (taux ~3,8%) | ~7 500 CHF (taux ~5,0%) | ~8 400 CHF (taux ~5,6%) |
Retrait en 2 tranches (2×75’000 CHF sur 2 ans) | ~2 900 CHF (~50% d’impôt en moins) | ~4 800 CHF (~36% d’impôt en moins) | ~5 500 CHF (~35% d’impôt en moins) |
Retrait en 3 tranches (3×50’000 CHF sur 3 ans) | ~1 200 CHF (~80% d’impôt en moins) | ~3 300 CHF (~56% d’impôt en moins) | ~4 200 CHF (~50% d’impôt en moins) |
Estimations indicatives pour une personne de 65 ans, célibataire et non affiliée à une église. Les montants en italique indiquent la réduction approximative de l’impôt par rapport au retrait en bloc. Cantons à fiscalité 2025.
Dans cet exemple, l’économie fiscale apportée par des retraits étalés est spectaculaire : jusqu’à ~4 600 CHF de moins à Genève en échelonnant sur trois ans, et environ 3 300 CHF de moins à Vaud et 4 200 CHF de moins à Fribourg. Le gain est proportionnel à la progressivité : Genève avantage le plus le fractionnement (barème modéré, donc taux très bas sur 50k), tandis que Vaud et Fribourg restent gagnants mais avec un différentiel un peu moindre. Quoi qu’il en soit, le principe est clair : fractionner vos retraits sur plusieurs comptes permet de payer significativement moins d’impôts que tout retirer d’un coup.
Il n’existe pas de réponse universelle : le nombre “optimal” dépend de la somme que vous prévoyez d’épargner en 3ème pilier et de votre canton de résidence. En général, les experts recommandent d’avoir 3 à 5 comptes 3a au moment de la retraite. Une règle pratique est d’ouvrir un nouveau compte 3a dès qu’un compte atteint ~50’000 CHF d’épargne. Ainsi, vous répartissez l’épargne sur plusieurs comptes d’environ 50–60k CHF chacun, ce qui vous permettra de retirer chaque compte séparément sans dépasser les premières tranches du barème. Bien sûr, inutile d’ouvrir 10 comptes si votre épargne totale ne le justifie pas : au-delà d’un certain nombre, les gains fiscaux marginaux s’estompent. Par exemple, à Genève, avoir 4 ou 5 comptes n’apporte pas beaucoup plus d’économie que d’en avoir 3 (car le taux plancher ~2,9 % est atteint pour 50k).
En revanche, un seul compte est presque toujours une occasion manquée en termes d’économies d’impôts. Retenez que fractionner sur 2 à 4 retraits suffira pour la plupart des patrimoines 3a, et vous assurera de ne pas surpayer d’impôts inutilement.
Les salariés comme les indépendants peuvent profiter de la stratégie des comptes multiples, mais il existe quelques différences à considérer :
Plafonds de cotisation différents : Un salarié affilié à une caisse de pension (2ème pilier) peut cotiser au pilier 3a jusqu’à 7’258 CHF par an en 2025. Un travailleur indépendant (sans 2ème pilier) peut déduire jusqu’à 20 % de son revenu dans le pilier 3a, avec un maximum de 36’288 CHF par an en 2025. Cela signifie qu’un indépendant peut accumuler un capital 3a bien plus important sur la durée. En pratique, un indépendant approchant la retraite pourrait avoir plusieurs centaines de milliers de francs sur son 3a, alors qu’un salarié aura souvent un capital plus modeste (complémentaire au 2ème pilier). Plus le capital 3a est gros, plus la stratégie de fractionnement est cruciale pour éviter une imposition lourde. Un indépendant qui a épargné, disons, 300’000 CHF sur son 3a aura tout intérêt à avoir au moins 4 ou 5 comptes et à planifier des retraits étalés, sans quoi l’impôt en une fois pourrait dépasser 25’000 CHF selon le canton.
Prévoyance globale (1er + 2ème + 3ème pilier) : Pour un salarié, le pilier 3a est un complément aux rentes AVS et au 2ème pilier (caisse de pension). Beaucoup de salariés retirent également une partie de leur 2ème pilier en capital (jusqu’à 25 % obligatoire peuvent être pris en capital dans certaines caisses, voire plus si l’institution l’autorise). Il faut donc coordonner le retrait du 2ème pilier et du 3ème pilier. Comme mentionné, évitez de les retirer la même année pour ne pas cumuler les montants imposables. Par exemple, un salarié genevois pourra planifier de prendre sa prestation de sortie LPP en capital en 2028, puis d’étaler ses comptes 3a en 2029 et 2030, séparément. Un indépendant sans 2ème pilier n’a pas ce problème de coordination avec la caisse de pension (son pilier 3a joue en quelque sorte le rôle de 2ème pilier). Cependant, un indépendant pourrait avoir vendu son entreprise ou perçu d’autres capitaux imposables au moment de la retraite. Là encore, mieux vaut ne pas superposer un gros revenu exceptionnel et le retrait du 3a la même année.
Âge de la retraite et délai de retrait : La loi permet de retirer le pilier 3a jusqu’à 5 ans avant l’âge ordinaire de la retraite AVS, et jusqu’à 5 ans après si on continue de travailler. Actuellement, l’âge de référence est 65 ans (pour les hommes et les femmes dès 2025). Un salarié part généralement à la retraite à l’âge légal, alors qu’un indépendant peut choisir de prolonger ou cesser son activité plus librement. Indépendant ou salarié, vous disposez au total d’une fenêtre de 11 ans pour échelonner vos retraits (de 5 ans avant à 5 ans après la retraite). Un indépendant qui travaille jusqu’à 68 ans, par exemple, pourra différer ses derniers retraits 3a un peu plus tard. Un salarié qui prend une retraite anticipée à 63 ans, lui, aura pu commencer ses retraits dès 60 ans. Dans les deux cas, l’important est de profiter de cette fenêtre. Il peut être judicieux de débuter les retraits 3a avant la retraite effective si vous arrêtez de travailler plus tôt, ou de les décaler après si vous continuez à générer du revenu (puisque vous avez le droit de cotiser et différer jusqu’à 70 ans maxi si actif).
Situation familiale et succession : Notons que le statut marital peut influencer légèrement le calcul de l’impôt dans certains cantons (p.ex. barèmes distincts pour personnes seules vs mariées). De plus, si vous êtes marié, répartir les retraits entre conjoints sur des années alternées est un moyen efficace de ne jamais additionner vos capitaux la même année. Par ailleurs, du point de vue successoral, avoir plusieurs comptes 3a ne change rien à l’ordre des bénéficiaires prévu par la loi, mais cela pourrait faciliter la transmission en cas de décès (chaque compte étant versé séparément aux ayants droit). Cependant, l’optimisation successorale du pilier 3a est un sujet à part (p.ex. on ne peut pas léguer son 3a par testament librement, l’ordre des bénéficiaires est défini légalement).
En résumé, les salariés et les indépendants ont intérêt à ouvrir plusieurs comptes 3a pour optimiser leurs retraits. La différence est surtout quantitative : un indépendant, pouvant accumuler davantage, devra être d’autant plus vigilant à fractionner pour éviter de grosses sommes imposables d’un coup. Un salarié devra surtout coordonner pilier 2 et pilier 3, ainsi que possiblement ses retraits par rapport à ceux de son conjoint. Dans tous les cas, la stratégie des comptes multiples s’applique, que vous ayez CHF 50’000 ou 500’000 à retirer : il vaut presque toujours mieux plusieurs petits retraits qu’un seul gros.
Pour tirer le plein avantage de ces optimisations, il est essentiel de planifier suffisamment tôt. Idéalement, commencez à réfléchir à vos retraits de pilier 3a 5 à 10 ans avant la retraite. Voici quelques conseils pour structurer votre stratégie à l’approche de la fin de carrière :
Ouvrez plusieurs comptes bien en amont : Si ce n’est pas déjà fait, étalez l’épargne de votre 3ème pilier sur plusieurs comptes bien avant l’âge de le retirer. N’attendez pas la dernière minute : une fois à la retraite, vous ne pouvez plus transférer un capital 3a d’un compte sur un autre. Par conséquent, si toute votre épargne est encore sur un unique compte à 64 ans, vous serez contraint de le prendre en une fois (sauf usage immobilier). Il est recommandé d’ouvrir un nouveau compte dès que le précédent atteint ~50’000 CHF, ou en tout cas d’ici vos 5–10 dernières années de cotisation. Par exemple, si vous avez 55 ans avec 120’000 CHF sur un seul compte, ouvrez immédiatement 2 nouveaux comptes et commencez à y verser vos cotisations futures, voire à transférer une partie de l’ancien compte si votre fondation le permet. L’objectif est d’arriver à la retraite avec plusieurs comptes d’avoirs répartis, prêts à être retirés séparément.
Simulez l’impôt futur : Renseignez-vous auprès de votre administration cantonale sur les barèmes applicables aux prestations en capital dans votre canton (ou utilisez les calculateurs en ligne des banques/cantons). Cela vous donnera une idée des seuils importants. Par exemple, à Genève le taux augmente sensiblement au-delà de ~100’000 CHF retirés ; à Vaud, le premier palier est vers ~50’000 CHF, puis le taux dépasse 7 % au-delà de ~250’000 CHF, etc. En connaissant ces paliers, vous pouvez ajuster le montant par compte. Si le calculateur indique qu’un retrait de 70’000 CHF ou moins reste dans une tranche basse, vous pourriez viser ~70k par compte maximum. Ces informations sont disponibles sur les sites officiels (p. ex. l’Administration fiscale vaudoise fournit un calculateur de prestations en capital). N’hésitez pas à faire différents scénarios (1 compte vs 3 comptes, retrait la même année vs échelonné) pour quantifier l’économie potentielle dans votre situation.
Choisissez bien le timing de chaque retrait : Une fois plusieurs comptes constitués, il faudra décider quand retirer chaque compte. Tenez compte de votre situation personnelle chaque année. Idéalement, faites vos retraits d’avoirs de prévoyance lorsque vous n’avez plus de revenu d’activité (même si l’impôt est séparé, cela évite de cumuler de gros montants globalement imposables la même année). Si vous prenez une retraite partielle ou continuez de travailler, il peut être fiscalement avantageux de repousser un peu vos retraits 3a. À l’inverse, si vous cessez totalement de travailler à 60 ans, rien ne vous empêche de débuter les retraits dès 60–61 ans pour étaler jusqu’à 65. Rappelons que le retrait peut se faire 5 ans avant l’âge AVS légal : pour quelqu’un né en 1960 (retraite 2025), dès 2020 il était possible de retirer un compte 3a. Exploiter ces années anticipées peut alléger la pression fiscale sur la fin. Par ailleurs, coordonnez entre conjoints : échelonnez vos retraits sur des années différentes si possible. Par exemple, Monsieur retire ses comptes 3a sur 2028–2032, Madame sur 2033–2035. Ainsi, vous évitez que vos montants soient additionnés dans la même année fiscale.
Envisagez un changement de canton ? C’est une option extrême, mais certains jeunes retraités envisagent de déménager dans un canton à faible imposition des capitaux de prévoyance (p.ex. Schwytz, qui taxe < 5 % jusqu’à plusieurs centaines de milliers de CHF). Toutefois, cette stratégie doit être planifiée plusieurs années à l’avance et comporte des aléas (il faut réellement transférer son domicile fiscal). De plus, en Suisse romande, les écarts entre cantons sont modérés (entre ~8 % et 11 % max sur de gros montants). Le jeu n’en vaut généralement pas la chandelle à moins d’avoir un capital de plusieurs millions. Une alternative plus simple, si vous vivez à l’étranger au moment du retrait : sachez que l’impôt à la source suisse sera retenu selon le canton où se trouve votre fondation de prévoyance. Il est donc possible de transférer son compte 3a dans un canton au taux source bas (p.ex. si vous êtes frontalier français et que vous comptez retirer après avoir quitté la Suisse, loger votre 3a à Genève ou Schwytz pourrait réduire l’impôt à la source). Ce sont des cas particuliers ; pour la plupart des résidents en Suisse romande, mieux vaut se concentrer sur le fractionnement dans leur canton.
Demandez conseil si besoin : La fiscalité des retraits de retraite peut devenir complexe, notamment avec les interactions cantonales et la situation de couple. N’hésitez pas à solliciter un conseiller en prévoyance ou en fiscalité quelques années avant votre retraite. Un professionnel pourra établir un bilan personnalisé de vos 3ème piliers, de vos avoirs LPP éventuels, et vous proposer un plan de retrait optimisé (par exemple quels comptes retirer à quelles dates, faut-il convertir une partie en rente, etc.). Chaque situation est unique : un conseiller saura, par exemple, si ouvrir un compte 3a supplémentaire sur la fin est pertinent pour vous, ou comment gérer un rachat tardif de 2pilier vis-à-vis de vos retraits 3a. Le but est de maximiser vos prestations nettes en évitant de laisser inutilement des milliers de francs au fisc. Un accompagnement professionnel peut faire la différence pour que vos économies d’impôts réalisées grâce au pilier 3a se concrétisent pleinement au moment de la retraite.
En anticipant 5 à 10 ans à l’avance, vous vous donnez toutes les chances d’optimiser votre retraite. Une bonne planification englobe : ouvrir suffisamment de comptes 3a, échelonner les retraits sur la plage de 5 ans avant/après la retraite, coordonner avec les retraits du 2<sup>e</sup> pilier et entre conjoints, et s’informer sur la fiscalité propre à votre canton. Avec ces mesures, vous préserverez au maximum votre capital retraite durement épargné, tout en respectant les règles fiscales.
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Le pilier 3a est un formidable outil d’économie d’impôts pendant la vie active, et avec une stratégie adéquate, il le demeure aussi au moment de la retraite. Nous avons vu que retirer votre épargne 3a en une seule fois peut entraîner une charge fiscale évitable, alors qu’un retrait échelonné sur plusieurs années et comptes permet de conserver une bien plus grande part de votre capital. Que vous soyez salarié ou indépendant en Suisse romande, ne laissez pas une mauvaise planification entamer les bénéfices accumulés de votre prévoyance privée.
En ouvrant plusieurs comptes 3a et en fractionnant vos retraits, vous transformez la progressivité de l’impôt en atout : chaque versement est taxé au taux minimal, et l’impôt global reste modéré. À l’approche de la retraite, pensez à effectuer un bilan 3ème pilier complet : combien avez-vous épargné, combien de comptes possédez-vous, sur combien d’années pouvez-vous étaler les sorties, et quel sera l’impact fiscal selon le canton ? Mieux vaut planifier ces éléments tôt, idéalement 5–10 ans avant la fin de carrière, afin de mettre en place sereinement les ajustements nécessaires (ouvrir un compte supplémentaire, différer un retrait, etc.).
En suivant ces conseils, vous pourrez optimiser votre retraite sur le plan fiscal et ainsi profiter pleinement de vos économies sans mauvaise surprise. Le but ultime est de maximiser vos revenus nets à la retraite tout en restant conforme aux lois. Le 3ème pilier, bien utilisé, vous y aide doublement : d’abord via les déductions fiscales à l’entrée, puis via une sortie bien optimisée. Alors n’hésitez pas à vous informer davantage (voir nos autres articles sur la prévoyance et la fiscalité retraite) et, si besoin, à faire appel à un spécialiste pour peaufiner votre stratégie.
En optimisant vos retraits du pilier 3a, vous vous assurez une retraite plus confortable et fiscalement légère. Profitez-en ! 🏖️
Les versements dans un pilier 3a sont déduits de votre revenu imposable durant la vie active, ce qui vous a fait économiser des impôts chaque année. En contrepartie, le fisc prélève un impôt unique au retrait du capital 3a (comme pour le 2ème pilier). Cet impôt compense en partie l’avantage fiscal obtenu à l’entrée. La bonne nouvelle est que ce prélèvement est effectué à un taux réduit et séparé des autres revenus, afin de préserver l’intérêt fiscal global du pilier 3a. Au final, sur l’ensemble du cycle, les économies d’impôts réalisées pendant la phase d’épargne dépassent largement l’impôt payé à la sortie.
Aucune limite légale n’existe quant au nombre de comptes 3a par personne. En pratique, les banques/fondations fixent souvent un maximum interne (souvent 5 comptes 3a par client) pour des raisons administratives. Cependant, vous pouvez parfaitement ouvrir d’autres comptes auprès d’autres institutions si besoin. Il est rare d’avoir besoin de plus de 5 comptes pour optimiser l’impôt. Rappelons qu’à Genève, jusqu’en 2020, les caisses 3a bancaires limitaient à 3 comptes par personne (règle interne), mais cette restriction a disparu chez la plupart des prestataires. En résumé : vous pouvez ouvrir autant de comptes 3a que nécessaire, mais viser 3 à 5 comptes bien remplis (50–100k chacun) suffira généralement pour la stratégie de fractionnement.
L’économie dépend de votre canton et du montant total. Plus votre capital 3a est important et plus votre canton a un barème progressif, plus le gain sera élevé. Dans de nombreux cas, échelonner les retraits peut permettre d’économiser plusieurs milliers de francs. Par exemple, un Genevois avec 150k dans son 3a économiserait ~4’600 CHF en retirant sur 3 ans plutôt qu’en une fois. À l’inverse, quelqu’un avec un capital modeste (p.ex. 30’000 CHF) ou dans un canton à taux quasi fixe verra un bénéfice moindre (quelques centaines de francs). La plupart des gens, avec 100–300k CHF dans un canton romand, économiseront de 1’000 à 5’000 CHF en fractionnant. Le gain exact peut être calculé avec les outils cantonaux ou grâce aux tableaux de taux : comparez le pourcentage applicable à votre montant total vs. celui applicable à des montants partiels. Le tableau de notre article plus haut vous donne quelques indications chiffrées.
Le plus tôt est le mieux, mais de manière pragmatique, commencez à envisager plusieurs comptes dès la quarantaine ou cinquantaine. Une règle pratique : une fois qu’un compte atteint 50’000 CHF, ouvrez-en un nouveau. Ainsi, sur la fin de carrière (55–65 ans), vous aurez déjà réparti vos avoirs. Si vous approchez de la retraite avec un seul compte important, il est encore temps d’agir dans les dernières années : ouvrez plusieurs comptes et répartissez vos derniers versements annuels dessus. Par exemple, à 60 ans avec un seul compte de 200k, ouvrez 2–3 comptes et versez-y vos cotisations futures pour atteindre peut-être 3 comptes de ~70k à 65 ans. En tout cas, n’attendez pas l’année de la retraite pour penser à ça : anticipez idéalement 5 à 10 ans avant l’échéance pour disposer de tous les leviers (y compris la possibilité de commencer des retraits anticipés 5 ans avant l’âge AVS).
Non, sauf cas particulier immobilier. La règle générale est qu’un compte 3a doit être retiré en entier au moment où vous le liquidez. Il n’est pas possible de faire un retrait partiel sur un compte (contrairement à un compte épargne classique). La seule exception : pour le financement d’un logement principal, la loi autorise des retraits anticipés partiels, mais ces retraits immobiliers sont espacés d’au moins 5 ans et ne vous dispensent pas de payer l’impôt sur la somme retirée. En dehors de l’achat immobilier, tout retrait est définitif et clôt le compte. D’où la nécessité d’avoir plusieurs comptes si vous souhaitez ne retirer qu’une partie de votre épargne à un moment donné tout en laissant le reste fructifier jusqu’à plus tard.
Si possible, étalez avant et après ! Vous pouvez commencer à retirer 5 ans avant l’âge légal (si cela s’accorde avec votre départ effectif) et attendre jusqu’à 5 ans après si vous travaillez encore. Par exemple, si vous prenez votre retraite à 65 ans, vous auriez pu déjà sortir un compte à 60 ans, puis d’autres à 62, 64, et le dernier à 66 ans en continuant une activité partielle. L’important est de choisir des années fiscales différentes pour chaque compte. Si vous cessez complètement de travailler pile à la retraite, vous pouvez alors répartir les retraits juste avant et juste après cette date. Si vous continuez à travailler après 65 ans, attendez la fin de votre activité pour retirer les comptes restants (puisque vous pouvez cotiser et repousser le retrait jusqu’à 70 ans en étant encore en emploi). En résumé, il faut planifier sur l’intervalle [âge AVS – 5; âge AVS + 5] en fonction de votre situation professionnelle, de manière à lisser les retraits. Chaque année supplémentaire de délai est une opportunité fiscale : utilisez-les autant que possible pour minimiser l’impôt par tranche.
Non, à partir du moment où vous entamez vos retraits du pilier 3a (dès le premier compte retiré après 60 ans par exemple), vous ne pourrez plus cotiser ni racheter dans le pilier 3a par la suite. Cette règle vaut aussi bien pour les salariés que pour les indépendants. Depuis 2025, il existe une possibilité de rattraper des cotisations non versées les 10 années précédentes, mais cette faculté s’éteint dès que vous commencez à percevoir vos avoirs 3a. En clair, on ne peut pas “recharger” son pilier 3a en parallèle des retraits. Les indépendants proche de la retraite ont donc tout intérêt à optimiser leurs versements avant d’effectuer tout retrait. Après 65/70 ans (ou dès qu’un retrait a eu lieu), les jeux sont faits pour le 3a. Il faudra alors passer à la planification du décaissement seulement, sans nouvelles déductions possibles de ce côté-là.
Si vous quittez définitivement la Suisse, vous avez le droit de retirer votre pilier 3a de manière anticipée (dès le départ). Dans ce cas, l’avoir sera imposé à la source en Suisse au moment du versement. Le taux appliqué dépendra du canton où siège votre institution de prévoyance (banque ou assurance 3a), et non de votre ancien domicile. À noter que certains cantons pratiquent des taux à la source plus faibles que leur taux ordinaire sur prestations en capital. Par exemple, si votre compte 3a est dans une fondation à Zoug ou Schwytz, l’impôt à la source sera très bas. Cependant, votre nouveau pays de résidence pourrait également imposer le retrait (selon les conventions fiscales). Dans le cas des frontaliers français par exemple, la France applique une imposition de 6,75% sur le 3a retiré, et il faut ensuite demander le remboursement de l’impôt suisse si une convention de non double-imposition l’autorise. En résumé : en s’expatriant, le retrait du 3a est taxé à la source en Suisse (taux variant selon canton de la fondation), puis éventuellement ajusté par le pays de résidence. Il peut être intéressant de transférer son 3a dans un canton « fiscalement doux » avant de partir pour minimiser la retenue suisse, mais assurez-vous de comprendre la fiscalité du pays d’accueil pour éviter une mauvaise surprise.
Vous avez d’autres questions sur le 3ème pilier ? 🤔 Consultez notre guide complet sur le 3e pilier (pilier 3a vs 3b, montants déductibles, etc.) ainsi que nos articles dédiés à la fiscalité de la retraite en Suisse. Et pour aller plus loin, pensez à demander un bilan personnalisé 3ème pilier : nos experts pourront évaluer vos besoins et vous aider à optimiser votre stratégie de prévoyance en toute indépendance.
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