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Lacunes de prévoyance des femmes en Suisse : causes, conséquences et solutions

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Sommaire :

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📌 Prévoyance en Suisse : pourquoi les femmes partent à la retraite avec 37% de moins

  • Les femmes en Suisse touchent en moyenne 37 % de rente en moins que les hommes (OFS, UBS, 2025).
  • Causes : temps partiel, interruptions de carrière, seuil LPP élevé, inégalités salariales et espérance de vie plus longue.
  • Conséquences : baisse de niveau de vie, dépendance au conjoint, risque d’aide sociale ou précarité à la retraite.
  • Solutions concrètes : 3e pilier, rachats LPP, protection risque, prévoyance individuelle selon le profil et l’âge.
  • Compassurance.ch propose un bilan gratuit pour combler les lacunes de prévoyance et construire une stratégie solide.

Les femmes en Suisse accusent un important retard de prévoyance retraite par rapport aux hommes. En moyenne, l’écart de rente entre les sexes atteint environ 30% en défaveur des femmes. Autrement dit, une Suissesse retraitée dispose d’un tiers de revenu en moins qu’un Suisse retraité du même âge – un différentiel préoccupant appelé « gender pension gap ».

Pourquoi un tel fossé ? Temps partiel, interruptions de carrière, inégalités salariales et particularités du système de pension suisse en sont les principales causes. Ces lacunes de prévoyance ont des conséquences bien réelles : baisse du niveau de vie à la retraite, dépendance financière vis-à-vis du conjoint ou de l’État, risque accru de pauvreté.

Bonne nouvelle, il est possible d’anticiper et de combler ces lacunes. Des solutions existent, telles que le pilier 3a/3b, les rachats dans la caisse de pension (LPP) ou une meilleure planification financière dès la trentaine. Dans cet article spécialement conçu pour les résidentes suisses, nous faisons le point sur les causes des lacunes de prévoyance des femmes, les chiffres-clés homme/femme, les conséquences concrètes à la retraite, ainsi que les mesures réalistes pour y remédier. En fin de lecture, vous saurez comment prendre votre prévoyance en main et assurer votre indépendance financière, avec à la clé des conseils pratiques et un appel à l’action pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé de Compassurance.ch.

Les causes principales des lacunes de prévoyance chez les femmes

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les femmes accumulent moins d’épargne retraite que les hommes en Suisse. Ces facteurs, souvent entremêlés, aboutissent à des années de cotisations manquantes ou des montants cotisés inférieurs, d’où des rentes plus basses à l’arrivée.

  • Travail à temps partiel et seuils LPP réduisant les cotisations – Le taux d’activité à temps partiel des femmes suisses est très élevé : environ 60% des femmes actives occupées travaillent à temps partiel (en 2024), contre à peine ~20% des hommes. Or, qui dit temps partiel dit salaire annuel réduit – souvent en dessous des seuils minimum pour cotiser au 2ème pilier. En effet, si votre revenu annuel est inférieur à ~22’680 CHF, vous n’êtes pas affiliée à une caisse de pension LPP et n’accumulez donc aucun avoir de 2ème pilier. De plus, même au-delà de ce seuil, une part de votre salaire n’est pas prise en compte dans la LPP en raison de la déduction de coordination (montant forfaitaire ~25’000 CHF soustrait du salaire assuré). Ce mécanisme vise à ne pas doubler la couverture du 1er pilier, mais il pénalise les bas revenus et le cumul de petits emplois. Exemple : avec un emploi à 50% à 30’000 CHF/an, le salaire LPP assuré n’est que de 5’000 CHF (30’000 – 25’000 CHF), d’où de très faibles cotisations. À l’inverse, un emploi plein temps à 60’000 CHF assure 35’000 CHF dans la LPP – sept fois plus. De nombreuses femmes cumulent des petits taux d’activité et passent ainsi sous le radar du 2ème pilier, ce qui creuse d’autant leurs lacunes de prévoyance.

  • Interruptions de carrière liées à la maternité ou aux tâches familiales – Fonder une famille reste un parcours semé de creux de cotisations pour beaucoup de femmes. Congé maternité (14 semaines en Suisse), congés parentaux non payés, réduction ou arrêt temporaire d’activité pour élever les enfants : ces pauses signifient absence de salaire et donc absence de cotisations AVS et LPP pendant la période concernée. Certes, les assurances sociales continuent de couvrir la jeune maman durant le congé maternité légal, mais après 14 semaines, si aucun salaire n’est versé, les cotisations cessent automatiquement. Sans emploi ni inscription auprès d’une caisse de compensation comme personne sans activité lucrative, les années sans travailler laissent des trous dans le compte AVS. Côté 2ème pilier, la situation est similaire : sans revenu, pas de cotisation – et la couverture risque (décès, invalidité) de la caisse de pension s’éteint quelques semaines après l’arrêt du salaire. Les femmes assument encore l’essentiel des tâches domestiques et de garde non rémunérées, ce qui les conduit plus souvent à interrompre ou réduire leur activité professionnelle. Ces années “blanches” sont autant de lacunes de prévoyance difficiles à rattraper par la suite.

  • Inégalités salariales et emplois moins bien rémunérés – À poste égal, une femme en Suisse gagne en moyenne 18% de moins que son homologue masculin. Plusieurs facteurs l’expliquent : discrimination salariale directe (salaire inégal pour un travail de valeur égale), concentration des femmes dans des secteurs à bas salaires (vente, soins, éducation, hôtellerie-restauration, etc.) et moindre accès aux postes à responsabilités. Concrètement, les Suissesses touchent en moyenne 454 CHF de moins par mois que les hommes – soit près de 5’500 CHF de moins par an. Qui dit revenu plus faible dit cotisations plus faibles : sur l’AVS d’abord, où un salaire moindre peut aboutir à une rente légèrement inférieure (surtout si des années à faible revenu remplacent des années à revenu élevé dans le calcul des 44 meilleures années). Surtout, sur la LPP, un salaire bas génère un avoir de vieillesse beaucoup plus faible. Par exemple, une employée à temps partiel dans la vente accumulera peu de capital LPP, souvent bien en dessous de celui d’un homme cadre à temps plein. À l’arrivée, l’écart de rente lié aux salaires se révèle majeur : les femmes perçoivent des rentes de 2ème pilier presque moitié moindres que les hommes en moyenne. Les inégalités de salaire tout au long de la carrière se traduisent donc par des inégalités de pension tout aussi marquées.

  • Retraite plus courte et espérance de vie plus longue – Jusqu’à récemment, l’âge de la retraite ordinaire des femmes était fixé à 64 ans, contre 65 ans pour les hommes. Cela signifiait une année de cotisation de moins pour les femmes, aggravant leur retard de capitalisation (cette différence d’âge sera supprimée d’ici 2028 avec AVS21). Par ailleurs, les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes – environ 85,8 ans à la naissance, contre 82,2 ans pour les hommes en 2023. Cette longévité supérieure implique qu’elles auront besoin de leurs rentes sur une plus longue période. Or, paradoxalement, leurs rentes annuelles sont plus faibles, et en plus elles doivent durer davantage d’années! Partir plus tôt à la retraite avec une espérance de vie plus longue, c’est le double écueil : moins de temps pour épargner, mais plus de temps à financer durant la vieillesse. Sans surprise, cela accentue le risque d’épuisement de l’épargne et de baisse du niveau de vie si aucune mesure compensatoire n’est prise.

En résumé, modèle de travail à temps partiel, rôles familiaux traditionnels et inégalités socio-professionnelles forment un terreau propice aux lacunes de prévoyance en défaveur des femmes. Le système suisse des trois piliers, bien que robuste, ne corrige pas ces disparités – il tend même à les creuser au niveau du 2ème pilier. Voyons à présent l’ampleur exacte de l’écart de prévoyance entre hommes et femmes à travers quelques chiffres clés.

Écart de prévoyance entre femmes et hommes : les chiffres clés

Écart de rente entre les sexes en Suisse : les femmes touchent en moyenne un tiers de moins que les hommes à la retraite.

Les statistiques confirment la pérennité du fossé de prévoyance entre les genres en Suisse. Voici quelques indicateurs comparant la situation des femmes et des hommes face à la retraite :

IndicateurFemmesHommes
Taux d’activité à temps partiel (2023)58% des femmes actives travaillent à temps partiel (60% en 2024)≈20% des hommes actifs seulement (80% à plein temps)
Salaire moyen (écart salarial)Salaire médian inférieur de 18% à celui des hommes (à poste égal)
Rente de vieillesse totale (1er + 2ème piliers)-34% : les femmes touchent environ un tiers de moins que les hommes+34% (référence)
Rente du 2ème pilier (LPP)-44 à -50% : en moyenne la rente LPP des femmes est presque moitié moindre+44 à +100% (rente LPP des hommes largement supérieure)
Absence de 2ème pilier (pas de rente LPP)~33% des femmes retraitées n’ont aucune rente LPP(capital trop faible ou carrière hors LPP)proportion beaucoup plus faible (la plupart des hommes perçoivent une rente LPP)
Prévoyance privée (3ème pilier 3a)Environ 2 femmes sur 3 possèdent un pilier 3a (seulement 66%)Près de 4 hommes sur 5 ont un pilier 3a (~80%)

Comme le montre le tableau ci-dessus, l’écart de prévoyance se creuse surtout au niveau du 2ème pilier. L’AVS (1er pilier) offre une base de rente quasi identique entre hommes et femmes grâce aux mécanismes de compensation (splitting des revenus du couple, bonifications pour tâches éducatives, etc.), avec par exemple une rente AVS maximale commune d’environ 2’390 CHF/mois. En revanche, les rentes des caisses de pension affichent des disparités frappantes : les femmes perçoivent 47% de moins en prestations LPP que les hommes en moyenne. Un tiers des femmes ne touche même aucune rente de 2ème pilier à la retraite, soit parce qu’elles n’ont jamais été affiliées (revenus trop bas, temps partiel, emplois domestiques non couverts), soit parce qu’elles ont retiré leur avoir sous forme de capital unique (souvent modeste) au moment de la retraite. À l’inverse, la quasi-totalité des hommes bénéficient d’au moins une rente LPP, celle-ci étant généralement bien plus élevée.

Du côté de la prévoyance libre (3ème pilier), on observe également un décalage de comportement : les femmes, pourtant plus concernées par les lacunes de prévoyance, épargnent moins souvent dans le pilier 3a que les hommes. D’après une enquête représentative d’AXA, près d’un tiers des femmes n’a pas de 3ème pilier du tout, contre seulement un homme sur cinq. En d’autres termes, 80% des hommes ont un compte 3a, contre 66% des femmes. La raison principale invoquée par ces dernières est le manque de moyens financiers: avec des taux d’occupation et des revenus plus faibles, il leur reste moins à consacrer à l’épargne retraite individuelle. Ce différentiel d’épargne privée aggrave à son tour le gender pension gap.

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Quelles conséquences pour les femmes à la retraite ?

Un moindre revenu accumulé durant la vie active se traduit logiquement par des rentes de retraite plus basses. Quelles sont les implications concrètes pour les femmes retraitées en Suisse ?

  • Perte de niveau de vie et difficultés financières – Le système de prévoyance suisse vise à ce que les 1er et 2e piliers assurent environ 60% du dernier salaire à la retraite, afin de maintenir un niveau de vie acceptable. En réalité, beaucoup de nouvelles retraitées sont loin du compte. Leurs rentes combinées (AVS + LPP) ne représentent parfois que 50% ou moins de leur dernier revenu, là où leurs homologues masculins approchent ou dépassent les 60%. Cette insuffisance chronique tient à la baisse continue des prestations (taux de conversion LPP en baisse, etc.) et, pour les femmes, au fait qu’une part importante d’entre elles ne touche quasiment que l’AVS pour vivre. Or, la rente AVS moyenne tourne autour de 1’770 CHF/mois (en 2020) et la maximale est plafonnée à ~2’390 CHF – très en deçà du salaire médian suisse. Sans 2e pilier ni 3e pilier significatifs, il est impossible de maintenir son train de vie antérieur. Beaucoup de femmes doivent donc réduire leurs dépenses à la retraite, renoncer à certains loisirs, et font face à un risque accru de ne plus joindre les deux bouts, surtout si elles sont seules.

  • Dépendance financière envers le conjoint ou l’État – Les lacunes de prévoyance peuvent placer une femme retraitée en situation de dépendance. Si elle est mariée, elle devra souvent compter sur la rente (ou le capital) de son conjoint pour compléter l’AVS et boucler le budget du ménage. Cette dépendance peut être mal vécue et surtout précaire : en cas de décès du conjoint, la rente de veuve issue de la LPP n’équivaut qu’à 60% de la rente du conjoint décédé, et la rente de survivant AVS est soumise à conditions et plafonnée. Résultat, de nombreuses veuves voient leurs revenus chuter drastiquement. Quant aux femmes divorcées, elles subissent de plein fouet le gender pension gap : malgré le partage des avoirs LPP prévu par la loi en cas de divorce, leur propre rente reste souvent insuffisante (car une demi-pension d’un mari à carrière complète peut être bien inférieure à une pension complète). Beaucoup de divorcées ou de célibataires n’ayant qu’une petite retraite doivent alors se tourner vers l’aide étatique.

  • Risque de pauvreté et recours aux prestations sociales – La conséquence la plus dramatique des lacunes de prévoyance, c’est le basculement dans la pauvreté à un âge avancé. En Suisse, environ 11% des femmes qui atteignent l’âge de la retraite doivent demander des prestations complémentaires (PC) dès le départ pour joindre les deux bouts. Ces aides de l’État, versées sous condition de faible revenu et fortune, permettent de garantir un minimum vital lorsque AVS et LPP ne suffisent pas. Le fait que plus d’une femme sur dix en ait besoin immédiatement à la retraite illustre la gravité du problème. En 2019, plus de 140’000 femmes percevaient des PC en Suisse. Les femmes veuves et divorcées sont les plus concernées, de même que celles n’ayant pas ou peu cotisé au 2ème pilier. Au-delà des statistiques, cela signifie qu’un grand nombre de Suissesses âgées sont dépendantes de l’aide sociale pour survivre, malgré une vie entière de travail rémunéré ou non rémunéré. Ce constat est d’autant plus choquant que ce sont souvent ces mêmes femmes qui ont assumé une double charge travail/ménage toute leur vie.

En somme, les lacunes de prévoyance se traduisent fréquemment par une retraite sous tension financière pour les femmes : niveau de vie fragilisé, besoin de soutien du conjoint ou de l’État, angoisse de manquer d’argent en fin de mois. Prévenir ces conséquences est donc crucial – d’autant que la génération actuelle des femmes actives peut agir dès maintenant pour améliorer sa situation future.

Des solutions pour combler les lacunes de prévoyance

Face à ces constats, quelles mesures peut-on prendre pour réduire l’écart et sécuriser la retraite des femmes ? Voici plusieurs solutions concrètes à mettre en place pour combler les lacunes de prévoyance (même partiellement) :

  • Constituer un 3ème pilier (3a/3b) dès que possible – Le pilier 3a est l’outil privilégié pour se bâtir une épargne retraite complémentaire. Ouvrez un compte ou une police 3a et effectuez des versements réguliers, même modestes, le plus tôt possible dans votre vie active. Les montants versés sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui permet d’économiser des impôts chaque année, et le capital accumulé vous reviendra à la retraite (ou en cas de coup dur autorisé). Le pilier 3a est particulièrement crucial pour les femmes travaillant à temps partiel ou avec des interruptions de carrière, car il comble en partie l’absence de 2ème pilier par de l’épargne volontaire. Si vous avez déjà maximisé votre pilier 3a ou souhaitez plus de flexibilité, un pilier 3b (épargne libre, par exemple via une assurance-vie ou un compte-titres) peut compléter votre prévoyance. L’important est de prendre en main votre épargne de manière indépendante, sans dépendre uniquement de votre employeur ou de l’AVS. Même avec de petits moyens, une épargne régulière sur 30 ou 40 ans aboutit à un capital non négligeable grâce aux intérêts composés. N’oubliez pas : chaque franc épargné dès aujourd’hui, c’est un franc de plus pour votre retraite – et potentiellement des dizaines de francs de gagnés en impôts en moins sur la durée.

  • Racheter des années de cotisation dans la caisse de pension (LPP) – Si vous travaillez comme salariée et que vous constatez des lacunes dans votre 2èmepilier (années non cotisées pour cause de temps partiel, congé parental, étude, etc.), sachez qu’il est souvent possible de effectuer des rachats LPP. Le rachat consiste à verser volontairement un montant à votre caisse de pension pour combler tout ou partie de vos années de cotisations manquantes (jusqu’à concurrence du maximum légal). Ces versements combleront votre capital de vieillesse et augmenteront votre future rente LPP. De plus, ils sont déductibles fiscalement du revenu, ce qui les rend d’autant plus avantageux. Racheter sa caisse de pension est donc une stratégie à considérer, notamment vers la quarantaine ou cinquantaine, lorsque les capacités d’épargne sont plus élevées et qu’il reste assez de temps avant la retraite pour que le capital génère des intérêts. Faites évaluer votre capacité de rachat par votre institution de prévoyance (le montant maximal rachetable figure souvent sur votre certificat de prévoyance annuel). Priorisez en premier lieu le pilier 3a (plus souple), puis orientez-vous vers des rachats LPP si vous en avez les moyens et que vous êtes imposé·e fortement (pour optimiser l’avantage fiscal).

  • Maintenir une activité rémunérée et éviter les “trous” de cotisation – Bien sûr, tout le monde n’a pas la possibilité de travailler à plein temps en continu. Mais dans la mesure du possible, conservez un lien avec le monde du travail tout au long de votre vie active. Chaque année travaillée (même à temps partiel) compte pour l’AVS et potentiellement pour le 2ème pilier. Si vous prenez un congé prolongé pour élever vos enfants, envisagez par exemple de rester employée à un faible taux (10-20%) ou de réaliser quelques missions ponctuelles : cela permet de continuer à cotiser à l’AVS au moins sur un petit revenu, et parfois de rester affiliée à la caisse de pension (selon le salaire). À défaut, inscrivez-vous comme personne sans activité lucrative auprès de la caisse de compensation AVS et payez la cotisation AVS minimale chaque année (environ 514 CHF) – ou assurez-vous que votre conjoint cotise au moins le double du minimum AVS, ce qui vous affilie gratuitement en couvrant vos cotisations. Cela évitera toute lacune dans votre compte individuel AVS. Côté 2ème pilier, si vous reprenez le travail après une pause, vous pouvez verser votre avoir de libre passage dans la nouvelle caisse de pension pour récupérer des droits, et comme vu plus haut, effectuer des rachats. En bref, limitez autant que possible les périodes sans cotiser : chaque année non cotisée réduit d’autant vos prestations de retraite. Enfin, essayez d’augmenter votre taux d’activité progressivement lorsque la situation familiale le permet (par exemple, quand les enfants grandissent ou sont scolarisés) afin d’augmenter vos droits LPP. Répartir équitablement le temps partiel au sein du couple (plutôt que la femme assume tout le taux réduit) est une piste bénéfique : idéalement, par exemple, 70% d’activité chacun plutôt que 100% pour Monsieur et 30% pour Madame. Deux carrières à 70% produisent certes un revenu global légèrement moindre qu’une carrière à 100% + 30%, mais elles permettent aux deux conjoints de cotiser pour leur prévoyance et de préserver l’employabilité de chacun, tout en partageant plus équitablement les tâches familiales. C’est un investissement sur l’indépendance financière future de Madame et de Monsieur.

  • Optimiser sa prévoyance en couple et se protéger en cas de coup dur – La planification de la retraite doit idéalement se faire à l’échelle du ménage. Plusieurs stratégies « conjointes » peuvent améliorer la situation des femmes : d’une part, anticiper le partage de la prévoyance en cas de divorce. Depuis 2000, la loi impose le partage égal des prestations LPP accumulées durant le mariage, mais cela ne compense pas toujours les opportunités de carrière perdues par l’un des époux. Mieux vaut donc prévenir les déséquilibres : par exemple, si l’un des conjoints réduit fortement son taux d’activité pour la famille, l’autre peut compenser en alimentant davantage le 3ème pilier commun du ménage (chaque conjoint ayant son propre plafond de cotisation 3a, y compris la personne sans revenu sous conditions). En cas de concubinage (union libre), redoublez de précaution : protègez mutuellement votre partenaire car la loi ne prévoit ni partage de LPP ni rente de survivant pour les concubins. Cela passe par des clauses bénéficiaires adaptées (p. ex. désigner votre partenaire sur votre pilier 3a, ou souscrire une convention de concubinage auprès de votre caisse de pension) et, si nécessaire, par des dispositions testamentaires. Enfin, pensez aux couvertures en cas de décès ou d’invalidité : souscrire une assurance-vie (risque décès) ou une assurance d’invalidité privée permet de mettre vos proches à l’abri financièrement si un drame survient. Par exemple, une assurance décès versera un capital à votre famille si vous veniez à disparaître avant la retraite, compensant en partie le manque à gagner futur (notamment si vous n’avez pas pu cotiser suffisamment). De même, une assurance revenu en cas d’invalidité préserve votre capacité d’épargne pour la retraite en vous versant une rente pendant la période d’incapacité de travail. Ces produits de prévoyance individuelle sont un complément essentiel pour celles et ceux dont la sécurité financière du foyer repose sur deux revenus – ou sur un seul revenu masculin.

En combinant ces solutions – épargne privée, rachats dans le 2ème pilier, maintien d’une activité, répartition du travail rémunéré et protections d’assurance – il est tout à fait possible de réduire significativement les lacunes de prévoyance des femmes. Chaque situation est unique, et il convient d’élaborer une stratégie personnalisée en fonction de son âge, de sa situation familiale et professionnelle, et de ses moyens financiers. La clé est d’agir le plus tôt possible et de revoir régulièrement sa planification retraite.

Conseils pratiques : quand et comment agir ?

Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour s’occuper de sa prévoyance. Idéalement, il faut s’y prendre dès l’entrée dans la vie active – la vingtaine ou la trentaine – pour profiter au maximum de l’effet cumulé des intérêts et des avantages fiscaux. Mais même à 50 ans, il reste des leviers à actionner pour améliorer sa rente finale. Voici quelques conseils pratiques pour passer à l’action :

  • Dès 25-30 ans : ne tardez pas à épargner. Même si la retraite vous paraît loin, commencez à cotiser à un 3ème pilier le plus tôt possible. Par exemple, à 25 ans, un versement de 200 CHF par mois dans un pilier 3a investi en fonds peut, grâce aux rendements composés, se transformer en plusieurs dizaines de milliers de francs à 65 ans. De plus, vous prenez dès le départ de bonnes habitudes d’épargne. N’attendez pas “d’avoir plus de moyens” – commencez petit, mais commencez tôt.

  • Vers 35-45 ans : faites un bilan et rattrapez ce qui peut l’être. C’est souvent la période où la carrière et la vie de famille battent leur plein. Prenez le temps de faire le point sur vos trois piliers : demandez un extrait de votre compte AVS (pour vérifier si vous avez des années manquantes – vous pouvez combler jusqu’à 5 années rétroactivement), examinez votre certificat de caisse de pension (pour estimer votre rente LPP projetée et voir si vous pouvez faire des rachats), et évaluez votre épargne 3ème pilier accumulée. Si vous constatez des lacunes, c’est le moment de prendre des mesures ciblées : racheter des années LPP si possible, augmenter vos versements 3a (essayez de vous rapprocher du maximum déductible si vos finances le permettent), ou encore envisager des placements plus dynamiques pour votre 3ème pilier si vous avez encore 15-20 ans avant la retraite (par exemple, opter pour des fonds en actions – quitte à prendre un peu de risque calculé – afin d’accroître le rendement de votre épargne sur la durée). C’est également le bon âge pour consulter un expert et effectuer des projections de retraite : mieux vaut rectifier le tir à 40 ans qu’à 60 ans.

  • À partir de 50 ans : optimisez et planifiez la sortie. Si vous approchez de la retraite et découvrez une lacune importante, tout n’est pas perdu. Profitez des dernières années d’activité pour maximiser vos versements 3a (le plafond augmente encore les 5 années précédant la retraite si vous êtes déjà à la retraite anticipée, ou pour les indépendants sans LPP). Songez aussi à l’optimisation fiscale du couple : par exemple, échelonner sur deux ans le retrait de vos avoirs 2ème et 3ème piliers (si vous prévoyez un retrait en capital) afin de réduire l’impôt progressif sur le capital de prévoyance. Si vous n’avez pas racheté toutes vos années LPP possibles, c’est votre dernière chance de le faire avant la retraite (les rachats ne sont plus possibles une fois la rente commencée). Enfin, renseignez-vous sur les prestations étatiques complémentaires (PC) afin de savoir si vous pourriez y avoir droit en cas de petite rente – cela fait partie de la planification d’envisager tous les scénarios. À cet âge, un audit retraite professionnel est fortement recommandé pour ajuster finement vos décisions (rente ou capital ? ajournement de l’AVS ? conversion en viager ? etc.).

Quel que soit votre âge ou votre situation, la priorité est d’obtenir une vision claire de votre prévoyance actuelle et future. N’hésitez pas à utiliser les outils à disposition : calculettes en ligne, extraits de compte, séances d’information de l’AVS, etc. Armée de ces informations, vous pourrez définir un plan d’action : augmenter l’épargne ici, combler un trou là, adapter votre train de vie ou vos projets en conséquence. Et surtout, ne restez pas seule face à ces questions complexes – faire appel à un conseiller en prévoyance peut vous faire gagner un temps précieux et éviter des erreurs.

Faites appel à Compassurance.ch pour un audit personnalisé

Malgré les conseils ci-dessus, naviguer dans le système des trois piliers et optimiser sa prévoyance peut s’avérer complexe. Compassurance.ch est là pour vous accompagner dans cette démarche. En tant que courtier expert en assurance-vie et prévoyance en Suisse, Compassurance.ch propose aux résidentes suisses un audit complet et gratuit de votre situation de prévoyance. Nos spécialistes analyseront vos trois piliers, identifieront vos lacunes de cotisation et estimeront votre rente future. Vous recevrez une projection retraite personnalisée, avec différents scénarios (âge de départ, rente vs capital, etc.) pour y voir clair. Nous vous fournirons également un comparatif sur mesure des solutions envisageables : choix de pilier 3a bancaire ou assuranciel, opportunité de rachats LPP, assurances complémentaires à considérer, optimisations fiscales, etc. L’objectif ? Vous aider à combler vos lacunes de prévoyance et à assurer votre niveau de vie à la retraite, le tout avec des solutions indépendantes et adaptées à votre profil. N’attendez plus : contactez dès aujourd’hui Compassurance.ch pour prendre rendez-vous avec un conseiller et sécuriser votre avenir financier. Votre retraite confortable se prépare maintenant – et nous serions ravis de vous y aider concrètement.

Résumé : Les femmes en Suisse font face à des lacunes de prévoyance importantes – leurs rentes de retraite sont en moyenne inférieures d’un tiers à celles des hommes, en raison du travail à temps partiel, des interruptions de carrière (maternité) et des inégalités salariales. Ces écarts entraînent une baisse du niveau de vie à la retraite et un risque accru de dépendance financière (recours aux prestations complémentaires pour 11% des Suissesses retraitées) . Pour combler ces lacunes, il est essentiel d’agir tôt : épargner via le 3ème pilier dès que possible, racheter des années LPP manquantes, planifier en couple (répartition du temps partiel, protection du partenaire) et souscrire des assurances en cas de décès ou d’invalidité. Avec une stratégie anticipée, dès la trentaine, et les conseils d’experts, chaque femme peut améliorer sa prévoyance et assurer son indépendance financière pour la retraite. Compassurance.ch accompagne les résidentes suisses dans cette démarche via des audits personnalisés, des projections de rente et des comparatifs objectifs, afin de transformer un constat alarmant en avenir serein.

FAQ – Prévoyance retraite des femmes en Suisse

Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées aux lacunes de prévoyance ?
Parce qu’elles interrompent plus souvent leur carrière (congés maternité, éducation des enfants), travaillent davantage à temps partiel et gagnent en moyenne des salaires inférieurs. Moins de cotisations versées tout au long de la vie active signifie mécaniquement une rente plus faible à la retraite, en particulier dans le 2ème pilier (caisses de pension).

Comment le travail à temps partiel affecte-t-il la retraite des femmes ?
Le temps partiel réduit le salaire assuré dans le 2ème pilier, voire exclut totalement la personne de la LPP si le revenu annuel est en dessous du seuil d’entrée (~22’000 CHF). Une femme à 50% cotisera beaucoup moins pour sa caisse de pension qu’une personne à plein temps, ce qui creuse un écart de capital et donc de rente. De plus, un taux d’activité réduit peut aussi légèrement diminuer la rente AVS si le revenu est bas. Travailler à temps partiel sur de longues périodes crée ainsi des lacunes de cotisation importantes.

Peut-on racheter les années d’AVS manquantes ?
Oui, mais de façon limitée. Il est possible de compenser rétroactivement jusqu’à 5 années de cotisations AVS manquantes. Par exemple, si vous découvrez à 50 ans que vous n’avez pas cotisé en 2018-2019, vous pouvez encore payer ces cotisations en retard. En revanche, au-delà de 5 ans, les années non cotisées entraînent définitivement une réduction de votre rente AVS. Mieux vaut donc vérifier régulièrement votre compte individuel AVS (extrait CI) pour combler sans tarder toute année manquante.

Comment combler un trou dans le 2ème pilier (LPP) ?
La principale option est de racheter des années de cotisation auprès de votre caisse de pension. Si, par exemple, vous avez travaillé à temps partiel et que votre avoir LPP est en dessous de ce qu’il devrait être pour votre âge et salaire, votre certificat de prévoyance indique souvent un montant de rachat maximal. En versant volontairement ce montant (en une ou plusieurs fois), vous augmentez vos prestations futures. Ces rachats sont en plus déductibles des impôts. Par ailleurs, si vous avez quitté la Suisse puis êtes revenue, ou si vous devenez indépendante puis salariée, pensez à transférer vos avoirs de libre passage dans la nouvelle caisse de pension pour éviter toute lacune.

Quelle est la meilleure solution de 3ème pilier pour une femme ?
Le pilier 3a est généralement la solution à privilégier en premier, car il offre un avantage fiscal (déduction des versements) et sert spécifiquement à la retraite. Il existe sous forme de compte bancaire (intérêts garantis mais faibles) ou de police d’assurance/vie (avec éventuellement des couvertures en cas de décès ou d’invalidité intégrées). Vous pouvez aussi investir votre 3a en fonds pour espérer un rendement supérieur sur le long terme – c’est conseillé si vous avez un horizon de placement de 10 ans ou plus. Le pilier 3b (épargne libre) peut compléter le 3a si vous épargnez déjà le maximum autorisé ou si vous souhaitez une flexibilité totale (retraits possibles avant la retraite), mais il n’offre pas de déduction fiscale. En résumé, commencez par maximiser le pilier 3a chaque année (même partiellement) et adaptez-en la forme à votre profil (100% sécurisé en compte, ou investi en actions pour plus de performance). Le tout est de commencer tôt et d’alimenter régulièrement ce 3ème pilier, qui constitue le rempart le plus efficace contre les lacunes de prévoyance.

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