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⚡ Réponse express : la franchise à 400 CHF
Une enquête publiée ce matin par bonus.ch confirme ce que les débats parlementaires laissaient présager : la population suisse ne veut pas d’une franchise minimale à 400 francs.
Mais en croisant ce résultat avec le comportement réel des assurés, un paradoxe apparaît, et il éclaire ce qui se joue vraiment dans cette réforme.
L’enquête annuelle de bonus.ch a recueilli plus de 5’500 réponses.
| Groupe | Taux d’opposition |
|---|---|
| Ensemble de la Suisse | 59% |
| Suisse romande | 64% |
| Tessin | 58% |
| Suisse alémanique | 55% |
| Moins de 30 ans | 69% |
| Quinquagénaires | 55% |
Aucune région linguistique n’approuve la mesure, et l’opposition est d’autant plus forte que les répondants sont jeunes.
Cette hostilité n’est pas nouvelle. L’an dernier, la même enquête montrait que 51% des sondés jugeaient la franchise actuelle de 300 CHF correctement calibrée, contre 35% favorables à un montant supérieur et 14% à un montant plus bas.
Une majorité de Suisses refuse une franchise minimale à 400 CHF. Or une majorité paie déjà davantage.
En 2024, la répartition des choix de franchise chez les adultes s’établissait ainsi :
| Choix | Part |
|---|---|
| Franchise minimale (300 CHF) | 45% |
| Franchise à option (500 à 2’500 CHF) | 55% |
Autrement dit : 55% des adultes ont volontairement retenu une franchise supérieure au minimum, souvent bien supérieure, pour bénéficier d’une prime plus basse.
Elle n’en est pas vraiment une, et c’est ce qui rend le sujet intéressant.
Choisir une franchise élevée est un arbitrage. L’assuré accepte un risque plus important en échange d’une prime réduite, et il le fait en connaissance de sa situation de santé.
Subir une franchise minimale plus élevée est autre chose. Cela retire une option à ceux qui avaient précisément choisi le minimum, c’est-à-dire les 45% restants, dont beaucoup l’ont fait parce qu’ils consomment régulièrement des soins.
💡 Le refus porte donc moins sur le montant que sur la perte de choix. Les 55% qui ont déjà opté pour une franchise supérieure ne sont pas concernés en pratique par la réforme, ce qui n’empêche pas une majorité d’entre eux de la rejeter par principe.
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Le projet dépasse largement la question des 100 francs.
Le Conseil fédéral a mis en consultation, le 13 mars 2026, une modification de la LAMal comportant deux volets.
Volet 1 : le relèvement ponctuel. La franchise minimale passerait de 300 à 400 CHF pour les adultes. Les enfants restent exemptés.
Volet 2 : le mécanisme d’ajustement automatique. C’est la partie la plus structurante, et la moins commentée.
Le projet prévoit une hausse automatique de la franchise lorsque le taux de participation aux coûts des assurés, qui regroupe franchise, quote-part et frais de séjour hospitalier, descend sous un certain seuil.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Seuil déclencheur proposé | 13,5% des prestations brutes à charge de l’assurance obligatoire |
| Taux constaté ces dix dernières années | entre 13,4% et 13,9% |
⚠️ Le point à noter : le seuil de déclenchement se situe à l’intérieur de la fourchette historique des dix dernières années. Le mécanisme ne serait donc pas un dispositif exceptionnel réservé à des circonstances rares, mais pourrait s’activer dans des conditions proches de celles déjà observées.
C’est précisément ce point qui cristallise l’opposition : les partis bourgeois eux-mêmes, plutôt favorables au relèvement ponctuel, se montrent réservés sur l’automatisme.
Un argument central des partisans de la réforme.
La franchise minimale n’a plus été augmentée depuis 2004, alors que les coûts de la santé ont fortement progressé sur la même période.
Le projet répond à une demande du Parlement, qui avait adopté en mars 2025 la motion 24.3636 intitulée « Adapter la franchise minimale aux conditions réelles », déposée par la conseillère aux États Esther Friedli (UDC).
L’objectif affiché par le Conseil fédéral : renforcer la responsabilité individuelle et inciter les patients à davantage de retenue dans leur recours aux prestations médicales. En conséquence, les primes devraient légèrement diminuer.
Base légale concernée : l’article 64 LAMal, relatif à la participation aux coûts.
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La consultation, close en juin 2026, a révélé un clivage net.
| Position | Acteurs |
|---|---|
| Favorables | PLR, UDC, assureurs (prio.swiss) |
| Opposés | PS, villes, Union syndicale suisse |
| Position intermédiaire | Cantons, Le Centre |
L’argument des partisans : après plus de vingt ans sans adaptation, l’ajustement est attendu depuis longtemps.
L’argument des opposants : la mesure pénaliserait principalement les personnes âgées et les malades chroniques, et transférerait des coûts vers les cantons et les communes plutôt que de les réduire. La ville de Zurich estime son surcoût à environ 2 millions de francs par an.
Un chiffre avancé dans le débat : selon l’Association alémanique de défense des consommateurs, près d’une personne sur cinq en Suisse renonçait en 2025 à consulter un médecin pour des raisons financières. L’organisation a lancé une pétition demandant l’abandon du projet.
Un point de convergence partiel : plusieurs acteurs favorables au relèvement ponctuel s’opposent au caractère automatique du mécanisme.
Une donnée passée inaperçue, et pourtant révélatrice.
| Année | Part d’assurés ayant changé de caisse |
|---|---|
| 2025 | 17% |
| 2026 | 10% |
bonus.ch explique ce recul par la modération de la hausse des primes, limitée à 4,4% pour 2026 après 6,0% en 2025.
Mais la mobilité reste élevée sur la durée : entre 2023 et 2026, la somme des taux annuels de changement atteint 64%, avec un pic de 19% en 2023.
💡 La lecture à en faire : les assurés réagissent principalement à l’ampleur de la hausse annoncée, pas à leur situation individuelle. Une année de hausse modérée suffit à diviser par deux le taux de changement, alors même que les écarts entre caisses restent considérables.
À ce stade : rien.
Le projet n’est pas adopté. La consultation s’est achevée en juin 2026. Le Conseil fédéral doit maintenant présenter un message au Parlement, qui débattra du texte. Un référendum reste possible ensuite.
La franchise minimale reste donc à 300 CHF pour les adultes, et les enfants demeurent exemptés.
Ce qui mérite en revanche votre attention dès maintenant :
Si vous êtes à la franchise minimale, vous faites partie des 45% qui seraient directement concernés par une hausse. Il peut être utile de vérifier si ce choix reste le bon pour votre situation.
Si vous avez une franchise à option, la réforme ne changerait rien pour vous, sauf en cas de baisse de franchise ultérieure.
➡️ Quelle franchise LAMal choisir : le guide complet
⚠️ Les délais à retenir, indépendamment de la réforme : le 30 novembre pour augmenter sa franchise ou changer de caisse, le 31 décembre pour la baisser.
Le débat sur la franchise minimale se cristallise autour d’un chiffre, les 100 francs supplémentaires, alors que l’essentiel se joue ailleurs. Une hausse ponctuelle se discute et se vote. Un mécanisme d’ajustement automatique, dont le seuil de déclenchement se situe dans la fourchette des dix dernières années, engage durablement le système sans repasser par le débat démocratique.
Le sondage publié ce matin confirme un rejet net, particulièrement en Suisse romande et chez les jeunes. Mais il ne dit pas tout : une majorité d’assurés paie déjà volontairement davantage que le minimum. Ce n’est donc pas le niveau de participation qui est contesté, c’est le fait qu’il devienne subi.
En attendant, rien n’est décidé, et la franchise minimale reste à 300 francs.
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