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Franchise à 400 CHF : 59% des Suisses disent non, mais 55% paient déjà plus

Sondage sur la franchise minimale à 400 francs : 59% des Suisses s'y opposent, 64% en Suisse romande

Sommaire :

comparatif lamal 2025
Actualité Enquête bonus.ch publiée le 4 août 2026 · État du dossier à cette date

⚡ Réponse express : la franchise à 400 CHF

  • 59% des Suisses s'opposent au passage de 300 à 400 CHF (enquête bonus.ch, 5'500 répondants)
  • Les Romands sont les plus hostiles : 64%. Tessin 58%, Suisse alémanique 55%
  • Les moins de 30 ans rejettent à 69%, contre 55% chez les quinquagénaires
  • 🚨 Le paradoxe : en 2024, 55% des adultes avaient déjà choisi une franchise plus élevée
  • ⚠️ Le vrai enjeu est le mécanisme automatique, pas les 100 CHF
  • Rien n'est décidé : la franchise minimale reste à 300 CHF

Une enquête publiée ce matin par bonus.ch confirme ce que les débats parlementaires laissaient présager : la population suisse ne veut pas d’une franchise minimale à 400 francs.

Mais en croisant ce résultat avec le comportement réel des assurés, un paradoxe apparaît, et il éclaire ce qui se joue vraiment dans cette réforme.

Ce que dit le sondage

L’enquête annuelle de bonus.ch a recueilli plus de 5’500 réponses.

GroupeTaux d’opposition
Ensemble de la Suisse59%
Suisse romande64%
Tessin58%
Suisse alémanique55%
Moins de 30 ans69%
Quinquagénaires55%

Aucune région linguistique n’approuve la mesure, et l’opposition est d’autant plus forte que les répondants sont jeunes.

Cette hostilité n’est pas nouvelle. L’an dernier, la même enquête montrait que 51% des sondés jugeaient la franchise actuelle de 300 CHF correctement calibrée, contre 35% favorables à un montant supérieur et 14% à un montant plus bas.

Le paradoxe que personne ne relève

Une majorité de Suisses refuse une franchise minimale à 400 CHF. Or une majorité paie déjà davantage.

En 2024, la répartition des choix de franchise chez les adultes s’établissait ainsi :

ChoixPart
Franchise minimale (300 CHF)45%
Franchise à option (500 à 2’500 CHF)55%

Autrement dit : 55% des adultes ont volontairement retenu une franchise supérieure au minimum, souvent bien supérieure, pour bénéficier d’une prime plus basse.

Comment expliquer cette apparente contradiction

Elle n’en est pas vraiment une, et c’est ce qui rend le sujet intéressant.

Choisir une franchise élevée est un arbitrage. L’assuré accepte un risque plus important en échange d’une prime réduite, et il le fait en connaissance de sa situation de santé.

Subir une franchise minimale plus élevée est autre chose. Cela retire une option à ceux qui avaient précisément choisi le minimum, c’est-à-dire les 45% restants, dont beaucoup l’ont fait parce qu’ils consomment régulièrement des soins.

💡 Le refus porte donc moins sur le montant que sur la perte de choix. Les 55% qui ont déjà opté pour une franchise supérieure ne sont pas concernés en pratique par la réforme, ce qui n’empêche pas une majorité d’entre eux de la rejeter par principe.

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Ce que prévoit exactement la réforme

Le projet dépasse largement la question des 100 francs.

Le Conseil fédéral a mis en consultation, le 13 mars 2026, une modification de la LAMal comportant deux volets.

Volet 1 : le relèvement ponctuel. La franchise minimale passerait de 300 à 400 CHF pour les adultes. Les enfants restent exemptés.

Volet 2 : le mécanisme d’ajustement automatique. C’est la partie la plus structurante, et la moins commentée.

Le mécanisme, et pourquoi il inquiète

Le projet prévoit une hausse automatique de la franchise lorsque le taux de participation aux coûts des assurés, qui regroupe franchise, quote-part et frais de séjour hospitalier, descend sous un certain seuil.

ParamètreValeur
Seuil déclencheur proposé13,5% des prestations brutes à charge de l’assurance obligatoire
Taux constaté ces dix dernières annéesentre 13,4% et 13,9%

⚠️ Le point à noter : le seuil de déclenchement se situe à l’intérieur de la fourchette historique des dix dernières années. Le mécanisme ne serait donc pas un dispositif exceptionnel réservé à des circonstances rares, mais pourrait s’activer dans des conditions proches de celles déjà observées.

C’est précisément ce point qui cristallise l’opposition : les partis bourgeois eux-mêmes, plutôt favorables au relèvement ponctuel, se montrent réservés sur l’automatisme.

Le contexte : 22 ans sans adaptation

Un argument central des partisans de la réforme.

La franchise minimale n’a plus été augmentée depuis 2004, alors que les coûts de la santé ont fortement progressé sur la même période.

Le projet répond à une demande du Parlement, qui avait adopté en mars 2025 la motion 24.3636 intitulée « Adapter la franchise minimale aux conditions réelles », déposée par la conseillère aux États Esther Friedli (UDC).

L’objectif affiché par le Conseil fédéral : renforcer la responsabilité individuelle et inciter les patients à davantage de retenue dans leur recours aux prestations médicales. En conséquence, les primes devraient légèrement diminuer.

Base légale concernée : l’article 64 LAMal, relatif à la participation aux coûts.

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Qui soutient, qui s’oppose

La consultation, close en juin 2026, a révélé un clivage net.

PositionActeurs
FavorablesPLR, UDC, assureurs (prio.swiss)
OpposésPS, villes, Union syndicale suisse
Position intermédiaireCantons, Le Centre

L’argument des partisans : après plus de vingt ans sans adaptation, l’ajustement est attendu depuis longtemps.

L’argument des opposants : la mesure pénaliserait principalement les personnes âgées et les malades chroniques, et transférerait des coûts vers les cantons et les communes plutôt que de les réduire. La ville de Zurich estime son surcoût à environ 2 millions de francs par an.

Un chiffre avancé dans le débat : selon l’Association alémanique de défense des consommateurs, près d’une personne sur cinq en Suisse renonçait en 2025 à consulter un médecin pour des raisons financières. L’organisation a lancé une pétition demandant l’abandon du projet.

Un point de convergence partiel : plusieurs acteurs favorables au relèvement ponctuel s’opposent au caractère automatique du mécanisme.

L’autre enseignement du sondage : les changements de caisse s’effondrent

Une donnée passée inaperçue, et pourtant révélatrice.

AnnéePart d’assurés ayant changé de caisse
202517%
202610%

bonus.ch explique ce recul par la modération de la hausse des primes, limitée à 4,4% pour 2026 après 6,0% en 2025.

Mais la mobilité reste élevée sur la durée : entre 2023 et 2026, la somme des taux annuels de changement atteint 64%, avec un pic de 19% en 2023.

💡 La lecture à en faire : les assurés réagissent principalement à l’ampleur de la hausse annoncée, pas à leur situation individuelle. Une année de hausse modérée suffit à diviser par deux le taux de changement, alors même que les écarts entre caisses restent considérables.

➡️ Comparatif LAMal : trouver la caisse la moins chère

Ce qui change pour vous, concrètement

À ce stade : rien.

Le projet n’est pas adopté. La consultation s’est achevée en juin 2026. Le Conseil fédéral doit maintenant présenter un message au Parlement, qui débattra du texte. Un référendum reste possible ensuite.

La franchise minimale reste donc à 300 CHF pour les adultes, et les enfants demeurent exemptés.

Ce qui mérite en revanche votre attention dès maintenant :

Si vous êtes à la franchise minimale, vous faites partie des 45% qui seraient directement concernés par une hausse. Il peut être utile de vérifier si ce choix reste le bon pour votre situation.

Si vous avez une franchise à option, la réforme ne changerait rien pour vous, sauf en cas de baisse de franchise ultérieure.

➡️ Quelle franchise LAMal choisir : le guide complet

⚠️ Les délais à retenir, indépendamment de la réforme : le 30 novembre pour augmenter sa franchise ou changer de caisse, le 31 décembre pour la baisser.

En résumé : trois points clés

  1. 59% des Suisses s’opposent à la franchise à 400 CHF, et 64% en Suisse romande. L’opposition est la plus forte chez les moins de 30 ans, à 69%.
  2. Le paradoxe : 55% des adultes ont déjà choisi une franchise supérieure au minimum. Le refus porte donc sur l’obligation, pas sur le montant.
  3. Le vrai enjeu est le mécanisme automatique, dont le seuil déclencheur de 13,5% se situe à l’intérieur de la fourchette observée ces dix dernières années.

Conclusion

Le débat sur la franchise minimale se cristallise autour d’un chiffre, les 100 francs supplémentaires, alors que l’essentiel se joue ailleurs. Une hausse ponctuelle se discute et se vote. Un mécanisme d’ajustement automatique, dont le seuil de déclenchement se situe dans la fourchette des dix dernières années, engage durablement le système sans repasser par le débat démocratique.

Le sondage publié ce matin confirme un rejet net, particulièrement en Suisse romande et chez les jeunes. Mais il ne dit pas tout : une majorité d’assurés paie déjà volontairement davantage que le minimum. Ce n’est donc pas le niveau de participation qui est contesté, c’est le fait qu’il devienne subi.

En attendant, rien n’est décidé, et la franchise minimale reste à 300 francs.

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Pour aller plus loin

FAQ : la franchise minimale à 400 CHF

La franchise minimale passe-t-elle vraiment à 400 CHF ?
Pas à ce stade. Il s'agit d'un projet du Conseil fédéral, mis en consultation le 13 mars 2026. La consultation s'est achevée en juin 2026.

Le Conseil fédéral doit maintenant présenter un message au Parlement, qui débattra du texte. Un référendum reste possible ensuite. 💡 En attendant, la franchise minimale reste à 300 CHF pour les adultes, et les enfants demeurent exemptés.
Que dit le sondage publié le 4 août 2026 ?
L'enquête annuelle de bonus.ch, menée auprès de plus de 5'500 assurés, montre que 59% des Suisses s'opposent au passage à 400 CHF.
  • Suisse romande : 64% d'opposition, la plus forte
  • Tessin : 58%
  • Suisse alémanique : 55%
  • Moins de 30 ans : 69%
  • Quinquagénaires : 55%
Aucune région linguistique n'approuve la mesure.
Pourquoi 59% s'y opposent alors que la majorité paie déjà plus ?
C'est le paradoxe de ce dossier. En 2024, 55% des adultes avaient déjà choisi une franchise à option (de 500 à 2'500 CHF), contre 45% restés à la franchise minimale.

L'explication tient à la différence entre choisir et subir :
  • Choisir une franchise élevée est un arbitrage : plus de risque contre une prime réduite, décidé en connaissance de sa situation de santé
  • Subir une franchise minimale plus élevée retire une option à ceux qui avaient précisément choisi le minimum, souvent parce qu'ils consomment régulièrement des soins
💡 Le refus porte donc moins sur le montant que sur la perte de choix.
Qu'est-ce que le mécanisme d'ajustement automatique ?
C'est le volet le plus structurant du projet, et le moins commenté. Il prévoit une hausse automatique de la franchise lorsque le taux de participation aux coûts des assurés (franchise, quote-part et frais de séjour hospitalier) descend sous un seuil.

Seuil proposé : 13,5% des prestations brutes à charge de l'assurance obligatoire. 🚨 Ces dix dernières années, ce taux a oscillé entre 13,4% et 13,9%. Le seuil de déclenchement se situe donc à l'intérieur de la fourchette historique, ce qui signifie que le mécanisme pourrait s'activer dans des conditions proches de celles déjà observées. C'est ce point qui cristallise l'opposition, y compris chez des acteurs favorables au relèvement ponctuel.
Pourquoi le Conseil fédéral propose-t-il cette hausse ?
La franchise minimale n'a plus été augmentée depuis 2004, alors que les coûts de la santé ont fortement progressé sur la même période.

Le projet répond à une demande du Parlement, qui avait adopté en mars 2025 la motion 24.3636 intitulée « Adapter la franchise minimale aux conditions réelles », déposée par la conseillère aux États Esther Friedli.

L'objectif affiché : renforcer la responsabilité individuelle et inciter à davantage de retenue dans le recours aux prestations. En conséquence, les primes devraient légèrement diminuer.

Base légale concernée : l'article 64 LAMal, relatif à la participation aux coûts.
Qui soutient et qui s'oppose au projet ?
La consultation a révélé un clivage net :
  • Favorables : PLR, UDC, assureurs (prio.swiss)
  • Opposés : PS, villes, Union syndicale suisse
  • Position intermédiaire : cantons, Le Centre
Argument des partisans : après plus de vingt ans sans adaptation, l'ajustement est attendu depuis longtemps.

Argument des opposants : la mesure pénaliserait les personnes âgées et les malades chroniques, et transférerait des coûts vers les cantons et communes. La ville de Zurich estime son surcoût à environ 2 millions de francs par an. 💡 Point de convergence partiel : plusieurs acteurs favorables au relèvement ponctuel s'opposent au caractère automatique du mécanisme.
Les enfants sont-ils concernés ?
Non, les enfants restent exemptés de franchise minimale dans le projet du Conseil fédéral.

Pour rappel, la franchise d'un enfant peut aller de 0 à 600 CHF, et le niveau minimal reste à zéro.
Pourquoi si peu d'assurés ont changé de caisse cette année ?
10% des assurés ont changé de caisse pour 2026, contre 17% un an plus tôt. bonus.ch explique ce recul par la modération de la hausse des primes, limitée à 4,4% pour 2026 après 6,0% en 2025.

La mobilité reste toutefois élevée sur la durée : entre 2023 et 2026, la somme des taux annuels de changement atteint 64%, avec un pic de 19% en 2023. 💡 La lecture à en faire : les assurés réagissent surtout à l'ampleur de la hausse annoncée, pas à leur situation individuelle. Une année plus calme suffit à diviser par deux le taux de changement, alors que les écarts entre caisses restent considérables.
Que dois-je faire concrètement aujourd'hui ?
Rien d'urgent, le projet n'est pas adopté. Mais deux situations méritent attention :
  • Si vous êtes à la franchise minimale, vous faites partie des 45% qui seraient directement concernés. Il peut être utile de vérifier si ce choix reste le bon pour votre consommation de soins réelle.
  • Si vous avez une franchise à option, la réforme ne changerait rien pour vous, sauf en cas de baisse ultérieure.
📅 Les délais à retenir, indépendamment de la réforme : le 30 novembre pour augmenter sa franchise ou changer de caisse, le 31 décembre pour la baisser.
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