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Résidence secondaire : pourquoi il vous faut 4 fois plus de liquidités

Résidence secondaire : pourquoi il vous faut quatre fois plus de liquidités

Financement d'une résidence secondaire en Suisse : fonds propres exigés, prévoyance inaccessible et contraintes de la Lex Weber

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : financer une résidence secondaire

  • 30 à 50% de fonds propres selon les établissements, contre 20% pour une résidence principale
  • 🚨 Ni 2ème ni 3ème pilier mobilisables : l'EPL est réservé à la résidence principale
  • Résultat : environ 4 fois plus de liquidités réelles pour un bien de même prix
  • Lex Weber : aucune nouvelle construction dans les communes dépassant 20% de résidences secondaires
  • ⚠️ Un agrandissement de plus de 30% fait perdre définitivement le statut de logement existant
  • 💡 Les exigences variant fortement, comparer les prêteurs a ici une valeur inhabituelle

Acheter un chalet ou un appartement de vacances suit les mêmes principes qu’une résidence principale : fonds propres, capacité financière, hypothèque. Les proportions, elles, n’ont plus rien à voir.

Et surtout, un mécanisme que la plupart des acheteurs découvrent trop tard change complètement l’équation : la totalité de votre prévoyance devient inutilisable.

Les fonds propres : de 30 à 50%, et pourquoi cet écart

Contrairement à la résidence principale, il n’existe pas de règle unique.

Pour une résidence principale, les 20% de fonds propres découlent des directives de l’Association suisse des banquiers, appliquées uniformément.

Pour une résidence secondaire, la FINMA et l’Association suisse des banquiers laissent une marge d’autonomie aux établissements, à condition qu’ils respectent les principes applicables aux résidences principales. Chaque banque fixe donc sa propre politique.

SourceExigence annoncée
Certains courtiers33% (financement à 66%)
Plusieurs établissements et analyses30 à 50%
Certains acteurs du marché de luxe« souvent 50% ou plus »

Sur un bien à 770’000 CHF, l’écart entre 30% et 50% représente 154’000 CHF.

💡 La conséquence pratique est importante : comparer les établissements a bien plus de valeur sur une résidence secondaire que sur une résidence principale, précisément parce que les règles ne sont pas harmonisées. Certains prêteurs acceptent, selon le profil de l’emprunteur, de financer jusqu’à 75 voire 80% de la valeur.

Ni 2ème ni 3ème pilier : le mécanisme qui change tout

C’est la différence la plus lourde, et la moins anticipée.

L’encouragement à la propriété du logement, qui permet de retirer ou de nantir sa prévoyance, est strictement réservé à la résidence principale. Pour une résidence secondaire :

  • ❌ Pas de retrait anticipé du 2ème pilier
  • ❌ Pas de nantissement du 2ème pilier
  • ❌ Pas de retrait du 3ème pilier via l’EPL

L’intégralité des fonds propres doit provenir de liquidités disponibles.

Le calcul qui rend la différence tangible

Tous les articles se contentent de comparer 20% et 40%. Le vrai écart est ailleurs.

Sur une résidence principale à 770’000 CHF :

PosteMontant
Fonds propres requis (20%)154’000 CHF
Dont mobilisables via le 2ème pilier (max 10% du prix)77’000 CHF
Liquidités réellement nécessaires77’000 CHF

Sur une résidence secondaire au même prix, à 40% :

PosteMontant
Fonds propres requis (40%)308’000 CHF
Dont mobilisables via la prévoyance0 CHF
Liquidités réellement nécessaires308’000 CHF

🚨 Quatre fois plus de liquidités réelles, pour un bien de prix identique. C’est ce ratio, et non le pourcentage de fonds propres, qui explique pourquoi tant de projets de résidence secondaire échouent au moment du plan de financement.

Et les frais d’acquisition s’ajoutent par-dessus, sans être finançables non plus.

➡️ Constituer ses fonds propres : les 8 sources mobilisables

La solution la plus courante : augmenter l’hypothèque existante

Si vous êtes déjà propriétaire, une voie existe.

Plutôt que de réunir des liquidités, il est possible d’augmenter le prêt hypothécaire sur votre résidence principale pour dégager les fonds nécessaires à l’acquisition de la résidence secondaire.

Les conditions à réunir :

  • Votre résidence principale doit avoir une valeur suffisante et une dette suffisamment basse pour permettre l’augmentation
  • Votre capacité financière doit absorber les charges des deux biens simultanément
  • L’établissement doit accepter cette structure

⚠️ Le point de vigilance : cette solution augmente votre endettement global et vos charges sur deux objets. Elle a également des conséquences à l’approche de la retraite, puisque le retour au premier rang devra être assuré sur l’ensemble.

➡️ Hypothèque à la retraite : pourquoi 65% ne suffit pas

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La Lex Weber : ce que vous pouvez acheter, et où

Une contrainte réglementaire qui limite l’offre là où la demande est la plus forte.

Le 11 mars 2012, le peuple suisse a accepté l’initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires ». La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS) est entrée en vigueur le 1er janvier 2016.

Le principe : dans les communes où la proportion de résidences secondaires dépasse 20% des logements, la construction de nouvelles résidences secondaires est en principe interdite.

Ces communes sont, très majoritairement, les communes alpines les plus recherchées. La liste est révisée annuellement, chaque commune devant établir un inventaire de ses logements.

Ce que vous pouvez encore acquérir

Type de bienStatut
Logement existant (antérieur à la loi)✅ Acquisition possible, statut conservé
Nouvelle construction en commune dépassant 20%❌ Interdite en résidence secondaire
Logement d’hébergement touristique organisé✅ Sous conditions strictes
Logement type chambre d’hôtes, dans le bâtiment du domicile principal du propriétaire✅ Sous conditions

Conséquence sur le marché : l’offre est figée dans les zones prisées, alors que la demande reste forte. Cela soutient structurellement les prix des logements existants.

Le piège des 30% : un actif qui peut se détruire

C’est le point le plus technique de cet article, et le plus rarement expliqué.

Un logement existant, c’est-à-dire construit avant l’entrée en vigueur de la loi, conserve son statut de résidence secondaire. Il peut être rénové, transformé et même reconstruit sans le perdre.

Il peut également être agrandi, mais dans une limite précise : 30% des surfaces utiles principales, à condition que l’agrandissement ne crée pas de nouvelles unités de résidence secondaire.

🚨 Si l’agrandissement excède 30%, le logement perd son statut de logement existant, et une affectation en résidence secondaire n’est plus possible.

Autrement dit : un projet d’agrandissement mal calibré peut anéantir la valeur du bien. Un chalet acheté pour son statut, agrandi de 35%, ne peut plus être utilisé comme résidence secondaire.

Ce point doit être vérifié avant tout projet de travaux d’envergure, et il devrait figurer dans toute due diligence à l’achat d’un bien susceptible d’être agrandi.

Une acquisition qui se raréfie

Une donnée qui met en perspective l’ensemble.

Selon une analyse de la BCV portant sur les Alpes vaudoises, la part des ménages suisses disposant d’une fortune suffisante pour acquérir un logement en PPE standard dans cette région est passée de 26% en 2003 à 19% en 2012.

Autrement dit : moins d’un ménage sur cinq en avait les moyens, et cette proportion diminuait.

Deux facteurs se cumulent : la hausse des prix, et le durcissement des exigences de fonds propres. La Lex Weber, en gelant l’offre dans les zones prisées, n’a pas inversé la tendance.

⚠️ Cette donnée porte sur 2012 et sur les Alpes vaudoises. Elle donne un ordre de grandeur, pas une photographie actuelle du marché national.

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Ce qu’il faut vérifier avant de s’engager

Cinq points, dans l’ordre.

1. Le statut du bien au regard de la Lex Weber. S’agit-il d’un logement existant, et sa commune dépasse-t-elle le seuil de 20% ? L’inventaire communal fait foi.

2. Les possibilités d’agrandissement. Si des travaux sont envisagés, la limite des 30% doit être calculée avant l’achat, pas après.

3. Vos liquidités réellement disponibles. Sans la prévoyance, et en incluant les frais d’acquisition.

4. Votre capacité sur les deux biens. Si vous êtes déjà propriétaire, la banque examinera vos charges cumulées.

5. La politique de plusieurs établissements. Puisque les exigences varient de 30 à 50%, comparer a ici une valeur particulièrement élevée.

En résumé : trois points clés

  1. Il vous faut environ quatre fois plus de liquidités que pour une résidence principale de même prix, parce qu’aucune prévoyance ne peut être mobilisée.
  2. Les exigences de fonds propres varient de 30 à 50% selon les établissements, la FINMA leur laissant une marge d’autonomie sur ce segment. Comparer a donc une valeur inhabituellement élevée.
  3. Un agrandissement dépassant 30% des surfaces fait perdre définitivement le statut de logement existant. À vérifier avant tout projet de travaux.

Conclusion

La résidence secondaire est traitée par le système suisse comme ce qu’elle est aux yeux du législateur : un bien de confort, et non un besoin de logement. Cela se traduit par des exigences plus élevées, une prévoyance inaccessible, et une réglementation qui gèle l’offre là où la demande est la plus forte.

Ce qui rend ces projets difficiles n’est pourtant pas le pourcentage de fonds propres, chiffre que tout le monde connaît. C’est le fait que ces fonds doivent être intégralement liquides, alors que la plupart des acheteurs comptaient, souvent sans le formuler, sur leur prévoyance.

Le calcul mérite donc d’être fait très en amont, et sur les liquidités réelles plutôt que sur le patrimoine total.

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Pour aller plus loin

FAQ : financer une résidence secondaire

Combien de fonds propres faut-il pour une résidence secondaire ?
Entre 30 et 50% du prix, contre 20% pour une résidence principale. Il n'existe pas de règle unique : la FINMA et l'Association suisse des banquiers laissent une marge d'autonomie aux établissements sur ce segment.

Certains courtiers annoncent 33%, d'autres acteurs indiquent « souvent 50% ou plus ». Sur un bien à 770'000 CHF, cet écart représente 154'000 CHF. 💡 Conséquence : comparer les établissements a bien plus de valeur ici que sur une résidence principale, précisément parce que les règles ne sont pas harmonisées. Certains prêteurs financent jusqu'à 75 voire 80% selon le profil.
Puis-je utiliser mon 2ème ou mon 3ème pilier ?
Non, dans aucun cas. L'encouragement à la propriété du logement est strictement réservé à la résidence principale :
  • ❌ Pas de retrait anticipé du 2ème pilier
  • ❌ Pas de nantissement du 2ème pilier
  • ❌ Pas de retrait du 3ème pilier via l'EPL
L'intégralité des fonds propres doit provenir de liquidités disponibles, et les frais d'acquisition s'ajoutent par-dessus sans être finançables non plus.
Combien de liquidités faut-il réellement ?
Environ quatre fois plus que pour une résidence principale de même prix. Sur un bien à 770'000 CHF :
  • Résidence principale : 154'000 CHF de fonds propres, dont jusqu'à 77'000 CHF mobilisables via le 2ème pilier. Liquidités réelles : 77'000 CHF
  • Résidence secondaire (40%) : 308'000 CHF de fonds propres, dont 0 CHF de prévoyance. Liquidités réelles : 308'000 CHF
🚨 C'est ce ratio, et non le pourcentage de fonds propres, qui explique pourquoi tant de projets de résidence secondaire échouent au moment du plan de financement.
Peut-on augmenter l'hypothèque de sa résidence principale pour financer ?
Oui, c'est la solution la plus courante pour les propriétaires existants. Plutôt que de réunir des liquidités, il est possible d'augmenter le prêt sur la résidence principale pour dégager les fonds nécessaires.

Trois conditions : votre résidence principale doit avoir une valeur suffisante et une dette assez basse, votre capacité doit absorber les charges des deux biens, et l'établissement doit accepter cette structure. ⚠️ Cette solution augmente votre endettement global et a des conséquences à l'approche de la retraite, puisque le retour au premier rang devra être assuré sur l'ensemble.
Qu'est-ce que la Lex Weber et qu'interdit-elle ?
La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS), entrée en vigueur le 1er janvier 2016 suite à l'initiative acceptée le 11 mars 2012.

Son principe : dans les communes où la proportion de résidences secondaires dépasse 20% des logements, la construction de nouvelles résidences secondaires est en principe interdite. Ces communes sont majoritairement les communes alpines les plus recherchées.

Chaque commune doit établir un inventaire annuel de ses logements, et la liste est révisée en conséquence.
Que puis-je encore acheter dans une commune touchée par la Lex Weber ?
  • ✅ Un logement existant, antérieur à la loi : acquisition possible, statut conservé
  • ❌ Une nouvelle construction en résidence secondaire : interdite
  • ✅ Un logement d'hébergement touristique organisé, sous conditions strictes
  • ✅ Un logement type chambre d'hôtes, situé dans le bâtiment où le propriétaire a son domicile principal
💡 Conséquence sur le marché : l'offre est figée dans les zones prisées alors que la demande reste forte, ce qui soutient structurellement les prix des logements existants.
Puis-je agrandir une résidence secondaire existante ?
Oui, mais dans une limite stricte de 30% des surfaces utiles principales, et à condition que l'agrandissement ne crée pas de nouvelles unités de résidence secondaire. 🚨 Si l'agrandissement excède 30%, le logement perd définitivement son statut de logement existant, et une affectation en résidence secondaire n'est plus possible. Un projet d'agrandissement mal calibré peut donc anéantir la valeur du bien. Ce point doit être vérifié avant tout projet de travaux d'envergure, et figurer dans la due diligence à l'achat.

Un logement existant peut en revanche être rénové, transformé et même reconstruit sans perdre son statut.
Pourquoi les banques sont-elles plus exigeantes ?
Parce qu'elles considèrent le risque plus élevé. Une résidence secondaire est un bien de confort : en cas de difficulté financière, c'est le premier actif qu'un ménage cède, et sa revente dépend d'un marché plus étroit et plus saisonnier que celui de la résidence principale.

Le législateur applique la même logique en refusant l'accès à la prévoyance : les avoirs du 2ème et du 3ème pilier sont destinés à couvrir un besoin de logement, pas un usage de loisir.
Que faut-il vérifier avant de s'engager ?
Cinq points, dans l'ordre :
  • Le statut du bien au regard de la Lex Weber et le taux de la commune
  • Les possibilités d'agrandissement, calculées avant l'achat si des travaux sont envisagés
  • Vos liquidités réellement disponibles, hors prévoyance, frais d'acquisition inclus
  • Votre capacité sur les deux biens si vous êtes déjà propriétaire
  • La politique de plusieurs établissements, puisque les exigences varient de 30 à 50%
Combien de ménages peuvent réellement se le permettre ?
Selon une analyse de la BCV portant sur les Alpes vaudoises, la part des ménages suisses disposant d'une fortune suffisante pour acquérir un logement en PPE standard dans cette région est passée de 26% en 2003 à 19% en 2012.

Moins d'un ménage sur cinq, et une proportion en recul, sous l'effet combiné de la hausse des prix et du durcissement des exigences de fonds propres. ⚠️ Cette donnée porte sur 2012 et sur une région précise. Elle donne un ordre de grandeur, pas une photographie actuelle du marché national.
Fares – Expert 2e Pilier

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10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

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Qui prête vraiment en Suisse ? Le marché en chiffres (2026)

Qui prête vraiment en Suisse ? Le marché hypothécaire en chiffres (2026)

Marché hypothécaire suisse en chiffres : 1310 milliards d'encours et répartition des parts de marché entre banques, caisses de pension et assurances

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : le marché hypothécaire suisse

  • 1'310 milliards CHF d'encours à fin 2025, un record
  • +3,1% de croissance sur l'année, soit 39 milliards
  • Les banques détiennent 95% du marché
  • Mais ce sont les banques cantonales (39%) qui dominent, pas UBS (21%)
  • Les caisses de pension ont dépassé les assurances : 34 milliards contre 14 il y a dix ans
  • ⚠️ Les marges se contractent, les prêteurs deviennent plus sélectifs

Le marché hypothécaire suisse est l’un des plus importants d’Europe rapporté à la population, et l’un des plus concentrés. Pourtant, la plupart des emprunteurs n’ont aucune idée de sa structure au moment de choisir leur financement.

Voici les chiffres, et surtout ce qu’ils impliquent concrètement pour quelqu’un qui emprunte.

La taille du marché

L’encours hypothécaire suisse a franchi un seuil symbolique fin 2025.

IndicateurValeur
Encours total fin 20251’310 milliards CHF
Croissance sur l’année+3,1%, soit 39 milliards
Progression sur dix ansPlus d’un tiers

C’est la première fois que le volume dépasse la barre des 1’300 milliards. La reprise fait suite à deux années de croissance plus modérée, portée par des taux restés bas et par la progression des prix de l’immobilier.

💡 Une nuance importante : ce montant couvre l’ensemble des créances hypothécaires, résidences principales comprises, mais aussi immobilier de rendement et biens commerciaux. Ce n’est donc pas un indicateur de l’endettement des seuls propriétaires occupants.

Qui prête, et dans quelles proportions

La domination bancaire reste écrasante, mais sa composition interne surprend.

Type de prêteurPart de marchéVolume approximatif
Banques (total)95%environ 1’244 milliards
dont banques cantonales39%environ 511 milliards
dont UBS21%environ 275 milliards
dont autres banquesenviron 35%environ 458 milliards
Non-bancaires (total)5%environ 66 milliards
dont caisses de pensionenviron 2,6%34 milliards
dont assurancesinférieurnon détaillé

Parts de marché issues de l’étude MoneyPark sur le marché hypothécaire 2025. Les volumes sont calculés à partir de ces pourcentages appliqués à l’encours total.

Le fait le plus contre-intuitif

Ce ne sont pas les grandes banques qui dominent, ce sont les banques cantonales.

Avec 39% du marché, elles pèsent près du double d’UBS. Cette position n’est pas récente : elles la défendent depuis des décennies, et l’ont même renforcée pendant que les grandes banques reculaient.

L’Association suisse des banquiers résume la structure ainsi : les banques cantonales et les grandes banques ont octroyé ensemble environ deux tiers des hypothèques suisses.

💡 Ce que cela signifie pour vous : si votre réflexe est de solliciter une grande banque nationale, vous vous adressez à un acteur qui détient un cinquième du marché. Quatre francs sur cinq sont prêtés ailleurs.

Le basculement de 2025 : les caisses de pension passent devant les assurances

C’est le changement structurel le plus notable de l’année.

Les caisses de pension sont devenues le deuxième groupe de prêteurs hypothécaires, devant les compagnies d’assurance.

 Il y a dix ansAujourd’hui
Volume des caisses de pension14 milliards CHF34 milliards CHF
Progression +143%

L’explication est simple : dans un environnement de taux bas, les caisses de pension cherchent des placements stables et prévisibles. Le crédit hypothécaire suisse, adossé à un actif physique dans un marché jugé solide, correspond exactement à ce besoin.

C’est la même logique que celle qui pousse les assureurs-vie à prêter : des engagements longs appellent des placements longs.

➡️ Meilleure hypothèque : et si ce n’était pas une banque ?

💡 Le réflexe qui en découle : demandez à votre caisse de pension si elle propose des prêts hypothécaires à ses affiliés. Le volume qu’elles gèrent a plus que doublé en dix ans, ce qui signifie qu’elles prêtent effectivement, et souvent à des conditions préférentielles.

L’exception genevoise

Une particularité régionale qui mérite d’être connue, avec une réserve importante sur son actualité.

Selon une étude de la Haute école de Lucerne portant sur les chiffres de fin 2019, alors que les deux grandes banques cumulaient 26% du marché suisse, elles conservaient environ la moitié du marché genevois.

Autrement dit : un propriétaire genevois avait environ deux fois plus de chances d’être chez une grande banque qu’un propriétaire du reste du pays.

Ce que cela suggère

Une telle concentration ne s’explique pas par des conditions plus favorables, puisque les banques cantonales et régionales sont réputées compétitives. Elle traduit plutôt une habitude de place et un moindre recours à la comparaison.

⚠️ Cette donnée date de fin 2019 et doit être considérée avec prudence. La fusion entre UBS et Credit Suisse a profondément modifié le paysage depuis, et aucune étude récente que nous ayons identifiée ne réactualise cette répartition cantonale. Nous la mentionnons comme un indice de comportement local, pas comme une statistique actuelle.

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Ce que les chiffres impliquent pour un emprunteur

1. Le marché est plus ouvert que le réflexe ne le suggère

Quatre francs sur cinq sont prêtés par un acteur autre qu’UBS. Les banques cantonales, les banques régionales, Raiffeisen, les caisses de pension et les assurances représentent ensemble l’essentiel du marché.

Solliciter uniquement sa banque principale revient à ignorer volontairement la majorité de l’offre.

2. Les marges se contractent, donc la sélectivité augmente

L’étude MoneyPark relève une baisse nette de la marge d’intérêt en 2025. Chaque franc prêté rapporte moins qu’auparavant.

La conséquence est directe : les prêteurs deviennent plus sélectifs, trient leurs portefeuilles, et se recentrent sur les dossiers les mieux structurés. Un dossier bien préparé n’a jamais autant compté.

➡️ Combien puis-je emprunter ? La règle des 5,5

3. La relation globale prime de plus en plus

Une observation de marché récente mérite d’être signalée : l’hypothèque isolée, sans autre relation avec l’établissement, tend à disparaître. Les prêteurs valorisent désormais l’ensemble de la relation client.

Cela change la façon de négocier. Ce que vous avez déjà chez un établissement, ou chez un assureur, devient un argument.

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Ce que ces chiffres ne disent pas

Un baromètre de parts de marché ne répond pas à la question qui vous intéresse.

Ces données décrivent des volumes, pas des conditions. Le fait qu’un acteur détienne 21% du marché ne dit rien sur le taux qu’il vous proposera, sur les durées disponibles, ni sur sa souplesse en cas de dossier atypique.

Un acteur modeste peut parfaitement être le meilleur choix pour votre profil, et un acteur dominant peut être le plus cher sur votre segment.

C’est pourquoi la question utile n’est pas « qui est le plus gros » mais « qui est compétitif sur mon dossier ».

➡️ Meilleure hypothèque : ce que chaque type de prêteur fait le mieux


En résumé : trois points clés

  1. 1’310 milliards d’encours, en croissance de 3,1%. Les banques détiennent 95% du marché, mais ce sont les banques cantonales qui dominent avec 39%, presque le double d’UBS.
  2. Les caisses de pension ont dépassé les assurances et gèrent 34 milliards, contre 14 il y a dix ans. Interrogez la vôtre.
  3. Les marges se contractent et les prêteurs se montrent plus sélectifs. La qualité de préparation d’un dossier n’a jamais autant compté.

Conclusion

Le marché hypothécaire suisse a franchi les 1’310 milliards, et sa structure réserve deux surprises à qui s’y intéresse. Les grandes banques n’en détiennent qu’un cinquième, loin derrière les établissements cantonaux. Et les caisses de pension, longtemps marginales, sont devenues le deuxième groupe de prêteurs du pays.

Ces chiffres ne vous diront pas quel taux vous obtiendrez. Ils disent en revanche quelque chose d’utile : le marché est nettement plus large que le réflexe de solliciter sa banque ne le laisse penser, et il se diversifie année après année.

Dans un contexte où les marges se resserrent et où les prêteurs deviennent plus sélectifs, connaître l’étendue réelle de l’offre n’est plus un luxe.

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Pour aller plus loin

FAQ : le marché hypothécaire suisse en chiffres

Quelle est la taille du marché hypothécaire suisse ?
L'encours total a atteint 1'310 milliards de francs à fin 2025, franchissant pour la première fois la barre des 1'300 milliards. La croissance sur l'année s'est établie à 3,1%, soit 39 milliards, après deux années plus calmes.

Sur dix ans, le marché a progressé de plus d'un tiers. 💡 Ce montant couvre l'ensemble des créances hypothécaires : résidences principales, mais aussi immobilier de rendement et biens commerciaux. Ce n'est pas un indicateur de l'endettement des seuls propriétaires occupants.
Qui détient les plus grandes parts du marché hypothécaire ?
Les banques détiennent 95% du marché. Mais leur composition interne surprend :
  • Banques cantonales : 39%, soit près du double d'UBS
  • UBS : 21%
  • Autres banques (régionales, Raiffeisen, etc.) : environ 35%
  • Non-bancaires : 5% (caisses de pension et assurances)
Contrairement à l'intuition, ce ne sont donc pas les grandes banques qui dominent, mais les établissements cantonaux.
Quel est le deuxième groupe de prêteurs après les banques ?
Les caisses de pension, qui ont dépassé les compagnies d'assurance. C'est le changement structurel le plus notable de 2025.

Leur volume est passé de 14 milliards il y a dix ans à 34 milliards aujourd'hui, soit une progression de 143%.

L'explication : dans un environnement de taux bas, elles recherchent des placements stables et prévisibles. Le crédit hypothécaire suisse, adossé à un actif physique, correspond exactement à ce besoin. 💡 Le réflexe à avoir : demandez à votre caisse de pension si elle propose des prêts à ses affiliés. Le doublement de leur volume en dix ans montre qu'elles prêtent effectivement.
Pourquoi les grandes banques ne dominent-elles pas le marché ?
Les banques cantonales défendent leur position depuis des décennies, et l'ont même renforcée pendant que les grandes banques reculaient. Leur ancrage local, leur connaissance des marchés régionaux et, pour certaines, la garantie de l'État jouent en leur faveur.

L'Association suisse des banquiers résume la structure ainsi : les banques cantonales et les grandes banques ont octroyé ensemble environ deux tiers des hypothèques suisses.
Genève est-elle un cas particulier ?
Une étude portant sur les chiffres de fin 2019 le suggérait. Alors que les deux grandes banques cumulaient 26% du marché suisse, elles conservaient environ la moitié du marché genevois.

Cette concentration ne s'expliquerait pas par des conditions plus favorables, mais plutôt par une habitude de place et un moindre recours à la comparaison. ⚠️ Cette donnée date de fin 2019 et la fusion UBS-Credit Suisse a depuis modifié le paysage. À considérer comme un indice de comportement local, pas comme une statistique actuelle.
Les prêteurs sont-ils devenus plus sélectifs ?
Oui, et la raison est économique. L'étude MoneyPark relève une baisse nette de la marge d'intérêt en 2025 : chaque franc prêté rapporte moins qu'auparavant.

La conséquence est directe : les prêteurs trient davantage leurs portefeuilles et se recentrent sur les dossiers les mieux structurés. Un dossier bien préparé n'a jamais autant compté.

Une observation de marché complémentaire : l'hypothèque isolée, sans autre relation avec l'établissement, tend à disparaître. Les prêteurs valorisent désormais l'ensemble de la relation client.
Ces parts de marché indiquent-elles qui propose les meilleurs taux ?
Non, et c'est une confusion à éviter. Ces données décrivent des volumes, pas des conditions. Le fait qu'un acteur détienne 21% du marché ne dit rien sur le taux qu'il vous proposera, sur les durées disponibles, ni sur sa souplesse en cas de dossier atypique.

Un acteur modeste peut parfaitement être le meilleur choix pour votre profil, et un acteur dominant peut être le plus cher sur votre segment. 💡 La question utile n'est pas « qui est le plus gros » mais « qui est compétitif sur mon dossier ».
Que faut-il retenir de ces chiffres avant d'emprunter ?
Que le marché est nettement plus large que le réflexe ne le suggère. Quatre francs sur cinq sont prêtés par un acteur autre qu'UBS : banques cantonales, banques régionales, Raiffeisen, caisses de pension et assurances représentent ensemble l'essentiel du marché.

Solliciter uniquement sa banque principale revient donc à ignorer volontairement la majorité de l'offre disponible.
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Hypothèque : le contrat de concubinage ne suffit pas

Acheter à deux sans être mariés : ce qui se passe vraiment si l'un décède

Acheter à deux sans être mariés en Suisse : formes de propriété, succession et protection du partenaire survivant

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : acheter à deux sans être mariés

  • 🚨 Un concubin n'est pas héritier légal. Sans disposition, il ne reçoit rien
  • ⚠️ Le contrat de concubinage ne règle pas la succession, seulement les charges et la séparation
  • Au décès, les héritiers légaux deviennent copropriétaires avec le survivant
  • Ils peuvent exiger la vente : le survivant peut devoir quitter son logement
  • L'AVS ne verse aucune rente de veuve ou de veuf aux concubins
  • ✅ La protection tient en trois couches, dont une assurance décès à quelques centaines de francs par an

L'erreur la plus répandue

« Pour qu'elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. »

Source : La Mobilière

Acheter à deux quand on n’est pas mariés fonctionne exactement comme pour un couple marié : mêmes exigences de fonds propres, même calcul de capacité, mêmes taux.

La différence n’apparaît qu’après. Elle ne concerne ni le financement ni la banque, mais ce qui se produit le jour où l’un des deux disparaît. Et à ce moment-là, le droit suisse ne prévoit à peu près rien pour vous.

Un concubin n’est pas un héritier

C’est le point de départ, et il est sans nuance.

Le droit suisse ne reconnaît aucun droit successoral entre concubins. Peu importe la durée de la vie commune, l’existence d’enfants communs, ou la contribution financière de chacun au bien.

Sans disposition de votre part, le survivant ne reçoit rien. Le patrimoine du défunt revient à ses héritiers légaux : ses enfants d’abord, puis ses parents, puis ses frères et sœurs.

Trois autres conséquences, souvent découvertes trop tard :

  • L’AVS ne verse aucune rente de veuve ou de veuf à un concubin survivant
  • La caisse de pension ne verse rien automatiquement, contrairement au conjoint marié
  • Le 3ème pilier ne revient pas automatiquement au partenaire

Le contrat de concubinage ne suffit pas

C’est l’erreur la plus répandue, et La Mobilière le formule sans détour :

« Pour qu’elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. »

Le contrat de concubinage est utile, il est même recommandé. Mais il règle un périmètre précis, et la succession n’en fait pas partie.

Ce que le contrat de concubinage règleCe qu’il ne règle pas
Qui paie les intérêts hypothécaires et dans quelle proportionQui hérite du bien au décès
La répartition des frais d’entretien et de rénovation❌ Les droits successoraux du survivant
La procédure en cas de séparation❌ La position face aux héritiers légaux
Qui reprend le bien si les deux le veulent❌ Le versement d’une prestation de survivant
La répartition du bénéfice en cas de vente 

⚠️ Beaucoup de couples signent un contrat de concubinage et considèrent le sujet réglé. Ils ont sécurisé la séparation et laissé le décès entièrement ouvert, alors que c’est le scénario aux conséquences les plus lourdes.

Les trois formes de propriété, et ce qu’elles impliquent

Le choix se fait chez le notaire, il est structurant, et il est difficile à modifier ensuite.

La propriété exclusive

Une seule personne est inscrite au registre foncier. L’autre partenaire n’a aucun droit sur le bien, même s’il a participé au financement.

Swiss Life est explicite sur ce point : en cas de litige, le partenaire non inscrit n’a aucun droit, même en présence d’enfants communs ou d’une contribution substantielle à l’entretien du ménage.

À éviter dans la quasi-totalité des situations de couple, sauf configuration très particulière et toujours accompagnée de dispositions écrites.

La copropriété

Les deux partenaires sont inscrits au registre foncier, avec des quotes-parts définies. Chacun possède une fraction identifiée du bien, proportionnelle à sa contribution ou à ce qui a été convenu.

C’est la forme la plus courante et généralement la plus adaptée aux couples non mariés, parce qu’elle rend la répartition transparente et vérifiable.

Le copropriétaire dispose en outre d’un droit de préemption légal, ce qui constitue une protection réelle si l’autre part cède sa quote-part.

La propriété commune

Les deux partenaires possèdent le bien à parts égales, indépendamment de leur contribution financière réelle. Aucune quote-part n’est définie, et toute décision, à commencer par une vente, requiert l’accord des deux.

Si l’un finance 80% et l’autre 20%, chacun possède la moitié. C’est une forme rarement retenue hors mariage, précisément à cause de cet effet.

⚠️ Une divergence entre sources sur l’accès à la prévoyance. Certaines indiquent que le versement anticipé du 2ème pilier et du 3a est possible en copropriété mais pas en propriété commune. D’autres affirment l’inverse, ou que les deux formes le permettent dès lors que chacun mobilise ses propres avoirs.

Vérifiez ce point auprès de votre caisse de pension et de votre notaire avant de choisir la forme de propriété, car il peut déterminer la faisabilité même de votre financement.

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Ce qui se passe concrètement au décès

Voici la chaîne complète, celle qu’aucune source ne déroule jusqu’au bout.

1. Le survivant n’hérite pas de la part du défunt. Il conserve uniquement la sienne.

2. Les héritiers légaux entrent dans la copropriété. Les enfants du défunt, ou à défaut ses parents, ou à défaut ses frères et sœurs, deviennent copropriétaires du logement aux côtés du survivant.

3. Ces héritiers peuvent vouloir sortir. Ils n’ont aucun lien avec ce logement, et souvent aucun intérêt à y rester engagés.

4. Le survivant doit racheter leur part. S’il ne dispose pas des liquidités nécessaires, il ne peut pas.

5. La vente devient inévitable. Le survivant quitte le logement qu’il a contribué à financer, parfois pendant des années.

⚠️ Le scénario le plus difficile n’est pas un conflit familial. Il survient même avec des héritiers de bonne foi : les parents du défunt n’ont simplement pas vocation à rester copropriétaires d’un appartement pendant vingt ans, et ils ont besoin de récupérer leur part.

Les trois couches de protection

Aucune ne suffit seule. C’est leur combinaison qui protège réellement.

Couche 1 : le testament ou le pacte successoral

Il permet d’attribuer au partenaire tout ou partie de votre patrimoine, mais dans la limite de la quotité disponible.

Les parts réservataires de vos héritiers légaux restent intangibles. Si vous avez des enfants, ou des parents vivants, vous ne pouvez pas tout attribuer à votre partenaire.

Un pacte successoral, signé devant notaire avec l’accord des héritiers concernés, offre davantage de sécurité qu’un testament unilatéral, mais suppose leur consentement.

Couche 2 : les clauses bénéficiaires de prévoyance

Votre 2ème pilier et votre 3ème pilier peuvent désigner votre partenaire, mais sous conditions strictes.

ÉlémentCondition
Caisse de pension (2ème pilier)Déclaration du partenaire comme bénéficiaire, généralement 5 ans de vie commune ou un enfant commun
Pilier 3aMême logique : désignation, et 5 ans de vie commune ou enfant commun

🚨 Le point qui piège : la plupart des règlements de caisse exigent une déclaration faite du vivant. Si vous ne l’avez pas déposée, la condition n’est pas remplie, quelle que soit la durée réelle de votre vie commune.

Vérifiez dès maintenant le règlement de votre caisse de pension et l’ordre des bénéficiaires de votre 3ème pilier. Cette démarche prend une heure et ne coûte rien.

Couche 3 : l’assurance décès, celle qui débloque tout

C’est la pièce que les deux premières ne peuvent pas remplacer.

Le testament et les clauses bénéficiaires transmettent ce que vous possédez. Ils ne créent pas les liquidités nécessaires pour racheter la part des héritiers.

Une assurance décès en risque pur verse un capital au bénéficiaire désigné, au décès de l’assuré. Ce capital permet précisément au survivant de racheter la part revenant aux héritiers, et de conserver le logement.

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Deux configurations existent :

  • Une assurance-vie dans le cadre du 3a, avec clause bénéficiaire au partenaire
  • Une assurance décès temporaire en 3b, souscrite pour la durée de l’hypothèque

💡 Le rapport coût-protection est le meilleur du dispositif. Selon les analyses disponibles, une couverture de ce type représente quelques centaines de francs par an. À mettre en regard d’un logement que le survivant devrait sinon quitter.

Le montant à couvrir se calcule simplement : il correspond à la part du bien qui reviendrait aux héritiers, c’est-à-dire à la quote-part du défunt diminuée de ce que le testament peut attribuer au survivant.

Ce qu’il faut faire, dans l’ordre

1. Avant la signature chez le notaire : choisissez la forme de propriété en connaissance de cause, et vérifiez l’accès à vos avoirs de prévoyance selon la forme retenue.

2. Au moment de l’achat : établissez un contrat de concubinage réglant les charges, l’entretien et la procédure en cas de séparation.

3. Immédiatement après : rédigez un testament ou un pacte successoral. C’est l’étape que les couples repoussent systématiquement, et celle qui manque le plus souvent le jour où elle compte.

4. Dans la foulée : déposez la déclaration de partenaire auprès de votre caisse de pension et vérifiez la clause bénéficiaire de votre 3ème pilier.

5. En parallèle : chiffrez le capital décès nécessaire et souscrivez la couverture correspondante.

⚠️ Les étapes 3, 4 et 5 sont celles qu’on remet à plus tard. Elles ne sont ni urgentes ni agréables, et elles n’ont d’utilité que dans un scénario qu’on préfère ne pas envisager. C’est exactement pour cela qu’elles manquent presque toujours.

En résumé : trois points clés

  1. Un concubin n’hérite de rien par défaut. Ni du bien, ni d’une rente AVS, ni automatiquement du 2ème ou du 3ème pilier.
  2. Le contrat de concubinage ne règle pas la succession. Il traite les charges et la séparation, pas le décès. C’est le malentendu le plus répandu.
  3. La protection repose sur trois couches complémentaires : testament, clauses bénéficiaires de prévoyance, et assurance décès. Seule la troisième crée les liquidités permettant au survivant de racheter la part des héritiers.

Conclusion

Un couple marié bénéficie d’un filet automatique : droit successoral, rente de veuve ou de veuf, prestations de la caisse de pension. Un couple non marié ne bénéficie de rien, et doit construire ce filet pièce par pièce.

Ce n’est ni compliqué ni coûteux. Un testament, une déclaration auprès de sa caisse de pension, une clause bénéficiaire, et une couverture décès de quelques centaines de francs par an suffisent à protéger l’essentiel.

Ce qui manque le plus souvent n’est ni le budget ni la volonté, mais le moment. On achète, on emménage, on repousse. Et le dispositif reste incomplet pendant des années, jusqu’au jour où il devrait fonctionner.

Compassurance vérifie gratuitement votre situation de couple non marié, chiffre le capital décès nécessaire pour sécuriser votre logement, et contrôle vos clauses bénéficiaires existantes.

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Pour aller plus loin

FAQ : acheter à deux sans être mariés

Mon partenaire hérite-t-il si nous ne sommes pas mariés ?
Non, rien du tout. Le droit suisse ne reconnaît aucun droit successoral entre concubins, quelle que soit la durée de la vie commune, l'existence d'enfants communs ou la contribution financière de chacun.

Sans disposition écrite, le patrimoine du défunt revient à ses héritiers légaux : ses enfants d'abord, puis ses parents, puis ses frères et sœurs. 🚨 Cela vaut aussi pour l'AVS, qui ne verse aucune rente de veuve ou de veuf à un concubin survivant.
Un contrat de concubinage protège-t-il en cas de décès ?
Non, et c'est le malentendu le plus répandu. La Mobilière le formule sans détour : « Pour qu'elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. » Le contrat de concubinage règle les charges, l'entretien et la procédure en cas de séparation. Il ne traite ni la succession, ni les droits du survivant face aux héritiers légaux. 💡 Beaucoup de couples signent un contrat de concubinage et considèrent le sujet réglé. Ils ont sécurisé la séparation et laissé le décès entièrement ouvert.
Que se passe-t-il concrètement si mon partenaire décède ?
La chaîne est la suivante :
  • Vous n'héritez pas de sa part, vous conservez uniquement la vôtre
  • Ses héritiers légaux deviennent copropriétaires du logement avec vous
  • Ces héritiers veulent généralement sortir de cette copropriété
  • Vous devez racheter leur part
  • Sans les liquidités nécessaires, la vente devient inévitable
⚠️ Le scénario le plus fréquent n'est pas un conflit familial. Les parents du défunt n'ont simplement pas vocation à rester copropriétaires d'un appartement pendant vingt ans : ils ont besoin de récupérer leur part.
Quelle forme de propriété choisir ?
Trois formes existent :
  • Propriété exclusive : une seule personne au registre foncier. L'autre n'a aucun droit, même s'il a financé. À éviter sauf configuration très particulière.
  • Copropriété : les deux inscrits avec des quotes-parts définies. La forme la plus courante et généralement la plus adaptée, car la répartition est transparente. Elle ouvre aussi un droit de préemption légal.
  • Propriété commune : les deux possèdent à parts égales indépendamment de leur contribution. Si l'un finance 80%, il possède quand même la moitié. Rarement retenue hors mariage.
Peut-on utiliser son 2ème et son 3ème pilier pour acheter à deux ?
Les sources divergent sur ce point selon la forme de propriété retenue, et il vaut mieux le savoir avant de choisir.

Certaines indiquent que le versement anticipé est possible en copropriété mais pas en propriété commune. D'autres affirment l'inverse, ou que les deux formes le permettent dès lors que chacun mobilise ses propres avoirs. 🚨 Vérifiez ce point auprès de votre caisse de pension et de votre notaire avant de choisir la forme de propriété : il peut déterminer la faisabilité même de votre financement.
Un testament suffit-il à protéger mon partenaire ?
Il aide, mais il ne suffit généralement pas. Un testament permet d'attribuer à votre partenaire tout ou partie de votre patrimoine, mais uniquement dans la limite de la quotité disponible.

Les parts réservataires de vos héritiers légaux restent intangibles. Si vous avez des enfants, ou des parents vivants, vous ne pouvez pas tout attribuer à votre partenaire. 💡 Un pacte successoral, signé devant notaire avec l'accord des héritiers concernés, offre plus de sécurité qu'un testament unilatéral, mais suppose leur consentement.
Mon partenaire peut-il recevoir mon 2ème pilier ou mon 3ème pilier ?
Oui, mais sous conditions strictes.
  • Caisse de pension (2ème pilier) : il faut avoir déclaré le partenaire comme bénéficiaire, avec généralement au moins 5 ans de vie commune ou un enfant commun
  • Pilier 3a : même logique, désignation du partenaire et 5 ans de vie commune ou enfant commun
🚨 La plupart des règlements exigent une déclaration faite du vivant. Sans elle, la condition n'est pas remplie, quelle que soit la durée réelle de votre vie commune. Vérifiez dès maintenant le règlement de votre caisse et l'ordre des bénéficiaires de votre 3ème pilier. La démarche prend une heure et ne coûte rien.
Pourquoi une assurance décès est-elle nécessaire en plus ?
Parce que le testament et les clauses bénéficiaires transmettent ce que vous possédez, mais ne créent pas de liquidités.

Or le survivant a précisément besoin de liquidités pour racheter la part des héritiers et conserver le logement. C'est ce que fait une assurance décès en risque pur : elle verse un capital au bénéficiaire désigné.

Deux configurations existent : une assurance-vie dans le cadre du 3a avec clause bénéficiaire au partenaire, ou une assurance décès temporaire en 3b souscrite pour la durée de l'hypothèque. 💡 Selon les analyses disponibles, une telle couverture représente quelques centaines de francs par an. À mettre en regard d'un logement que le survivant devrait sinon quitter.
Quel capital décès faut-il prévoir ?
Le calcul est simple : le capital doit couvrir la part du bien qui reviendrait aux héritiers, c'est-à-dire la quote-part du défunt diminuée de ce que le testament permet d'attribuer au survivant.

Il faut donc connaître trois éléments : votre quote-part au registre foncier, la valeur actuelle du bien, et la quotité disponible dont vous disposez compte tenu de vos héritiers réservataires.
Dans quel ordre faut-il s'organiser ?
  • Avant le notaire : choisir la forme de propriété et vérifier l'accès à vos avoirs de prévoyance selon cette forme
  • Au moment de l'achat : établir un contrat de concubinage pour les charges et la séparation
  • Immédiatement après : rédiger un testament ou un pacte successoral
  • Dans la foulée : déposer la déclaration de partenaire à votre caisse de pension et vérifier la clause bénéficiaire du 3a
  • En parallèle : chiffrer et souscrire la couverture décès
⚠️ Les trois dernières étapes sont celles qu'on repousse systématiquement. Elles ne sont ni urgentes ni agréables, et n'ont d'utilité que dans un scénario qu'on préfère ne pas envisager. C'est exactement pour cela qu'elles manquent presque toujours.
Fares – Expert 2e Pilier

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Meilleure hypothèque : et si ce n’était pas une banque ? (2026)

Meilleure hypothèque : et si ce n'était pas une banque ?

Meilleure hypothèque en Suisse : comparatif entre banques, compagnies d'assurance et caisses de pension

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : qui prête le mieux en Suisse ?

  • Trois types de prêteurs : banques, compagnies d'assurance et caisses de pension
  • 45% du volume distribué sur les plateformes de courtage venait des non-bancaires au T1 2024
  • Banques : SARON, flexibilité, conseil (c'est leur cœur de métier)
  • Assurances : le très long terme, jusqu'à 25 ans selon les acteurs, et les hypothèques forward
  • Caisses de pension : conditions parfois excellentes, mais souvent réservées aux affiliés
  • 🚨 Les assureurs réservent leurs meilleures conditions à leurs propres clients

🚨 Le levier que la plupart des emprunteurs ignorent

« Les compagnies d'assurance prêtent de préférence aux clients qui ont contracté des assurances auprès d'elles. Plus la somme et la prime d'assurance sont élevées, meilleures sont vos chances d'obtenir des conditions attractives. »

Votre portefeuille d'assurance est donc un actif de négociation. Un levier que votre banque ne mentionnera jamais, et qu'un courtier hypothécaire pur ne peut pas actionner faute de connaître votre situation assurantielle.

Source : hausinfo

En Suisse, la quasi-totalité des acheteurs commencent par leur banque. Non pas parce qu’elle propose les meilleures conditions, mais parce que c’est le réflexe le plus simple.

Pourtant, les banques ne sont que l’un des trois types d’organismes autorisés à prêter. Et sur les plateformes de courtage, elles ont perdu la majorité : au premier trimestre 2024, 45% du volume distribué provenait d’assurances et de caisses de pension, un record historique.

La vraie question n’est donc pas « quelle banque choisir », mais « quel type de prêteur correspond à mon projet ».

Pourquoi trois types de prêteurs, et pas un seul

La réponse tient à la nature de leur bilan, et elle explique tout le reste.

Un prêteur ne peut prêter à long terme que s’il dispose lui-même de ressources longues. C’est le principe de l’adossement entre l’actif et le passif, et il détermine ce que chaque acteur peut proposer.

Une banque se refinance principalement sur les dépôts de sa clientèle et sur le marché des capitaux. Ces ressources sont plutôt courtes et mobiles, ce qui explique sa force sur les durées courtes et moyennes, et sur les produits indexés comme le SARON.

Un assureur-vie encaisse des primes aujourd’hui pour verser des prestations dans vingt ou trente ans. Ses engagements sont très longs, et il doit placer ces primes de manière rentable et prévisible. Le crédit hypothécaire est un placement idéal pour lui : rendement constant, risque faible, durée longue.

Une caisse de pension est dans une situation comparable, avec des engagements de très long terme envers ses assurés.

💡 Une précision qui explique une nuance du marché : ce sont avant tout les assureurs-vie qui sont actifs dans l’hypothécaire. Les assureurs non-vie, exposés aux sinistres et aux événements exceptionnels, sont bien moins disposés à immobiliser leurs primes sur des durées longues.

Ce que chaque type de prêteur fait le mieux

 BanquesAssurancesCaisses de pension
Part du marchéDominanteEnviron 4% du marché totalVariable
Sur les plateformes de courtage (T1 2024)55%29%16%
Durées courtes et moyennes✅ FortVariableVariable
SARON✅ Généralement seulesRarementRarement
Très long termeSouvent limitées à 10 ans✅ Jusqu’à 25 ans selon les acteursSelon la caisse
Conseil et accompagnement✅ Cœur de métierSecondaireSecondaire
Flexibilité produits✅ La plus largeMoyenneRestreinte
AccèsOuvertOuvert, mais favorise ses assurésSouvent réservé aux affiliés

La force des banques : la flexibilité et le conseil

L’hypothèque est le cœur de métier des banques, ce qui n’est pas le cas des assurances ni des caisses de pension. Elles offrent la gamme la plus large, les montants les plus élevés, et un accompagnement structuré.

Si vous cherchez un SARON, vous devrez pratiquement toujours vous adresser à une banque.

La force des assurances : le très long terme

C’est leur différenciateur principal, et il découle directement de la structure de leur passif. Certains assureurs proposent des taux fixes jusqu’à 25 ans, là où de nombreuses banques s’arrêtent à dix.

Elles sont également plus fréquemment compétitives sur les hypothèques à départ différé, dites forward, qui permettent de fixer aujourd’hui un taux pour un financement à venir.

⚠️ Une divergence entre sources que je préfère signaler. Certaines publications affirment au contraire que les assurances se limitent au court et moyen terme et qu’il faut une banque pour dépasser cinq ans. Cette position me paraît en contradiction avec la logique du passif des assureurs-vie et avec les offres effectivement constatées sur le marché, mais elle existe. Vérifiez directement auprès des acteurs concernés au moment de votre projet, l’offre évolue.

La force des caisses de pension : les conditions, quand on y a accès

Elles proposent parfois des conditions très avantageuses, en particulier à leurs propres affiliés. C’est leur limite en même temps que leur intérêt : les critères d’éligibilité sont souvent restreints.

Le réflexe à avoir : demandez à votre caisse de pension si elle propose des prêts hypothécaires à ses assurés. C’est une question que personne ne pose, et la réponse est parfois excellente.

Le levier que seuls les assurés peuvent activer

C’est le point le plus concret de cet article, et il est absent de tous les comparatifs.

Les compagnies d’assurance ne prêtent pas indifféremment. Elles réservent leurs meilleures conditions à leurs propres clients, et c’est documenté sans ambiguïté :

« Les compagnies d’assurance proposent depuis longtemps des prêts hypothécaires. Naturellement, de préférence aux clients qui ont contracté des assurances auprès d’elles. Plus la somme et la prime d’assurance sont élevées, meilleures sont vos chances d’obtenir des conditions attractives. »

Ce que cela signifie concrètement

Votre portefeuille d’assurance est un actif de négociation. Si vous avez chez un même assureur une assurance-vie, une RC, un ménage, une complémentaire santé et éventuellement un 3ème pilier, vous n’êtes pas un prospect anonyme : vous êtes un client dont la valeur est connue et mesurable.

C’est un levier que votre banque ne mentionnera jamais, pour des raisons évidentes. Et qu’un courtier hypothécaire pur ne peut pas actionner, parce qu’il ne connaît pas votre situation assurantielle.

💡 La question à se poser avant de solliciter des offres : chez quels assureurs suis-je déjà client, et pour quels montants de primes ? C’est le point de départ d’une négociation que la plupart des emprunteurs ignorent avoir à leur disposition.

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Le fractionnement : combiner plusieurs prêteurs

Une possibilité peu connue, et qui permet de tirer le meilleur de chaque type.

Rien n’oblige à concentrer tout votre financement chez un seul organisme. Vous pouvez répartir votre hypothèque en plusieurs tranches, auprès de prêteurs différents.

Un montage courant :

  • Une tranche SARON auprès d’une banque, pour profiter de sa souplesse et de son expertise sur ce produit
  • Une tranche à taux fixe long auprès d’un assureur, pour sécuriser une partie du financement sur la durée

Deux avantages : vous obtenez le meilleur de chaque acteur sur son terrain de force, et vous échelonnez vos échéances, ce qui évite de devoir renégocier l’intégralité de votre dette au même moment, dans un contexte de taux potentiellement défavorable.

➡️ Votre hypothèque arrive à échéance : le piège des deux délais

⚠️ La contrepartie : plusieurs interlocuteurs, plusieurs contrats, plusieurs échéances à suivre. Le fractionnement a du sens sur des montants significatifs, moins sur une petite hypothèque.

Alors, lequel est le meilleur ?

La réponse honnête est qu’il n’y a pas de meilleur type dans l’absolu, mais un meilleur type selon votre profil.

Choisissez plutôt une banque si : vous voulez un SARON, vous avez besoin de conseil et d’accompagnement, votre situation est atypique et demande de la flexibilité, ou vous privilégiez un interlocuteur unique.

Regardez sérieusement du côté des assurances si : vous voulez fixer un taux sur une durée longue, vous préparez un achat à venir et souhaitez une hypothèque forward, ou vous êtes déjà client d’un assureur avec un portefeuille conséquent.

Interrogez votre caisse de pension si : elle propose des prêts à ses affiliés. La question ne coûte rien et la réponse est parfois nettement plus intéressante que le marché.

💡 Le point de méthode : ne comparez pas seulement les taux. Comparez aussi les durées disponibles, les conditions de résiliation, les pénalités de remboursement anticipé et la qualité du suivi. Un écart de taux favorable peut être annulé par des conditions de sortie plus dures.

➡️ Résilier son hypothèque : le calcul complet de la pénalité

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En résumé : trois points clés

  1. Les banques ne sont plus majoritaires sur les plateformes de courtage. Au premier trimestre 2024, 45% du volume provenait d’assurances et de caisses de pension.
  2. Chaque type de prêteur a une force structurelle. Les banques sur le SARON et la flexibilité, les assurances sur le très long terme, les caisses de pension sur les conditions à leurs affiliés.
  3. Votre portefeuille d’assurance est un levier de négociation. Les assureurs réservent leurs meilleures conditions à leurs propres clients, et c’est une carte que la plupart des emprunteurs ignorent avoir en main.

Conclusion

La question « quelle est la meilleure banque pour mon hypothèque » part d’un présupposé qui ne tient plus. Le marché s’est ouvert, les plateformes de courtage ont rendu les alternatives accessibles, et une part croissante des financements ne passe plus par le circuit bancaire traditionnel.

Ce qui distingue réellement ces acteurs n’est pas leur enseigne, c’est la structure de leur bilan. Un assureur-vie qui encaisse des primes pour trente ans peut prêter sur vingt-cinq. Une banque qui se refinance à court terme est plus à l’aise sur des durées courtes et sur les produits indexés. Comprendre cela vaut mieux que mémoriser un tableau, parce que cela permet d’anticiper qui sera compétitif sur votre projet précis.

Et pour les assurés, il reste ce levier discret : chez un assureur dont vous êtes déjà client, vous ne partez pas de zéro.

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Pour aller plus loin

FAQ : quel prêteur choisir pour son hypothèque

Qui peut accorder une hypothèque en Suisse ?
Trois types d'organismes : les banques, les compagnies d'assurance et les caisses de pension.

Les banques restent dominantes sur le marché global, mais sur les plateformes de courtage, les non-bancaires représentaient 45% du volume distribué au premier trimestre 2024, un record historique : 29% pour les assurances et 16% pour les caisses de pension.
Pourquoi les assurances proposent-elles des durées plus longues ?
À cause de la structure de leur bilan. Un assureur-vie encaisse des primes aujourd'hui pour verser des prestations dans vingt ou trente ans. Ses engagements sont donc très longs, et il doit placer ces primes de manière rentable et prévisible.

Le crédit hypothécaire est un placement idéal pour lui : rendement constant, risque faible, durée longue. Une banque, qui se refinance à plus court terme, est structurellement plus à l'aise sur les durées courtes et les produits indexés. 💡 Ce sont avant tout les assureurs-vie qui sont actifs dans l'hypothécaire. Les assureurs non-vie, exposés aux sinistres, immobilisent moins volontiers leurs primes sur des durées longues.
Être client d'un assureur donne-t-il de meilleures conditions ?
Oui, et c'est documenté sans ambiguïté : « Les compagnies d'assurance proposent depuis longtemps des prêts hypothécaires. Naturellement, de préférence aux clients qui ont contracté des assurances auprès d'elles. Plus la somme et la prime d'assurance sont élevées, meilleures sont vos chances d'obtenir des conditions attractives. » Votre portefeuille d'assurance est donc un actif de négociation. Si vous avez chez un même assureur une assurance-vie, une RC, un ménage et une complémentaire santé, vous n'êtes pas un prospect anonyme mais un client dont la valeur est mesurable. 💡 C'est un levier que votre banque ne mentionnera jamais, et qu'un courtier hypothécaire pur ne peut pas actionner faute de connaître votre situation assurantielle.
Pour un SARON, faut-il obligatoirement passer par une banque ?
En pratique, presque toujours. Les hypothèques SARON sont quasi exclusivement proposées par les banques, dont c'est le terrain de force : leur refinancement à court terme s'accorde naturellement avec un produit indexé sur le marché monétaire.

Les assurances et caisses de pension se positionnent plutôt sur les taux fixes, en particulier de longue durée.
Ma caisse de pension peut-elle me prêter ?
Certaines le font, souvent à des conditions très avantageuses, mais généralement réservées à leurs propres affiliés. Les critères d'éligibilité varient entièrement selon les règlements.

C'est une question que presque personne ne pose, et dont la réponse est parfois nettement plus intéressante que le marché. 💡 Le réflexe à avoir : demandez directement à votre caisse si elle propose des prêts hypothécaires à ses assurés. La démarche ne coûte rien.
Peut-on répartir son hypothèque entre plusieurs prêteurs ?
Oui, et c'est une possibilité peu connue. Rien n'oblige à concentrer tout le financement chez un seul organisme.

Un montage courant : une tranche SARON auprès d'une banque, et une tranche à taux fixe long auprès d'un assureur. Vous obtenez ainsi le meilleur de chaque acteur sur son terrain de force, et vous échelonnez vos échéances, ce qui évite de renégocier toute votre dette au même moment. ⚠️ La contrepartie : plusieurs interlocuteurs, plusieurs contrats, plusieurs échéances à suivre. Le fractionnement a du sens sur des montants significatifs, moins sur une petite hypothèque.
Quel type de prêteur offre le meilleur conseil ?
Les banques, généralement. L'hypothèque est leur cœur de métier, ce qui n'est pas le cas des compagnies d'assurance ni des caisses de pension, pour qui c'est une activité de placement parmi d'autres.

Si vous recherchez un accompagnement structuré et un interlocuteur qui maîtrise tous les aspects du produit, c'est un argument réel en faveur d'une banque, indépendamment du taux proposé.
Faut-il choisir uniquement sur le taux ?
Non, et c'est une erreur fréquente. Comparez également :
  • Les durées disponibles, très variables selon le type de prêteur
  • Les conditions de résiliation et les délais de préavis
  • Les pénalités de remboursement anticipé, qui varient énormément
  • La qualité du suivi et la disponibilité d'un interlocuteur
Un écart de taux favorable peut être entièrement annulé par des conditions de sortie plus dures, notamment si votre situation évolue avant l'échéance.
Les assurances proposent-elles vraiment des taux fixes à 25 ans ?
Les sources divergent sur ce point, et il vaut mieux le savoir. Certains courtiers indiquent que les assurances sont les seules à proposer des taux fixes jusqu'à 25 ans, là où les banques s'arrêtent souvent à dix. D'autres publications affirment au contraire que les assurances se limitent au court et moyen terme.

La première position est plus cohérente avec la logique du passif des assureurs-vie, mais l'offre évolue et varie d'un acteur à l'autre. 💡 Vérifiez directement auprès des acteurs concernés au moment de votre projet, plutôt que de vous fier à une règle générale.
Qu'est-ce qu'une hypothèque forward et qui en propose ?
C'est une hypothèque à départ différé : vous fixez aujourd'hui le taux d'un financement qui débutera plus tard, généralement dans les mois à venir. Utile si vous anticipez une hausse des taux avant votre échéance ou votre acquisition.

Les assurances sont souvent plus compétitives sur ce type de produit que les banques, ce qui découle là encore de leur capacité à s'engager sur des horizons longs.
Fares – Expert 2e Pilier

Julien de Compassurance.ch – Expert en Assurance en Suisse !

10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

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Hypothèque : à la retraite, 65% ne suffit pas

Hypothèque à la retraite : pourquoi descendre à 65% ne suffit pas

Hypothèque à la retraite en Suisse : capacité financière sur revenu de rente et arbitrage entre rente et capital LPP

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : votre hypothèque à la retraite

  • Vos revenus tombent à 60-70% de votre dernier salaire, vos charges restent identiques
  • 🚨 La règle des 65% n'est pas la contrainte réelle : la capacité sur revenu de rente est bien plus stricte
  • Le seuil varie de 33% à 38% selon les banques, soit 84'000 CHF de dette admissible d'écart
  • Dès 55 ans, votre capacité se dégrade : il ne reste plus 15 ans pour amortir, mais 10
  • ⚠️ L'arbitrage rente ou capital LPP est une décision hypothécaire
  • La fenêtre d'action se situe entre 50 et 55 ans

Le calcul que presque tout le monde rate

65% autorise 650'000 CHF. Votre rente n'en autorise que 400'000.

C'est toujours la contrainte la plus basse qui s'applique.

Vous avez acheté il y a quinze ans, vous avez toujours payé vos intérêts sans difficulté, et votre dette est passée sous les 65% de la valeur de votre bien. Vous vous croyez donc tranquille pour la retraite.

C’est l’erreur la plus répandue sur ce sujet, et elle se découvre généralement à soixante-trois ans, au moment où il ne reste presque plus d’options.

Ce qui change à la retraite

Deux choses se produisent simultanément, et elles vont dans le même sens.

Vos revenus chutent. Les rentes AVS et de caisse de pension représentent généralement 60 à 70% de votre dernier salaire. Certaines sources retiennent une moyenne plus proche de 60%.

Vos charges ne bougent pas. Les intérêts, l’amortissement et les frais d’entretien restent calculés de la même manière, avec le même taux théorique d’environ 5%.

Et votre banque recalcule. Elle vérifie régulièrement que la capacité financière reste démontrée, et le passage à la retraite déclenche systématiquement ce réexamen.

Le calcul, sur un cas standard

 Avant la retraiteAprès la retraite
Revenu150’000 CHF90’000 CHF (rente à 60%)
Dette800’000 CHF800’000 CHF
Charges théoriques50’000 CHF50’000 CHF
Taux d’effort33,3%55,6%

Bien à 1’000’000 CHF, intérêts calculés à 5%, frais d’entretien à 1% de la valeur.

Le dossier qui passait tout juste devient irrecevable. Sans que rien n’ait changé dans le bien, la dette ou le comportement de l’emprunteur.

La règle des 65% n’est pas celle qui décide

C’est le point le plus mal compris, et le plus dangereusement rassurant.

Tout le monde connaît la règle : à la retraite, la dette doit être ramenée au niveau du premier rang, soit environ 65% de la valeur du bien. Sur un bien à 1 million, cela donne 650’000 CHF.

Mais deux contraintes s’appliquent, et c’est toujours la plus basse qui compte.

ContrainteDette maximale
Règle du premier rang (65%)650’000 CHF
Capacité sur revenu de rente (33%)400’000 CHF
Contrainte réellement applicable400’000 CHF

Un propriétaire qui vise 65% en pensant être conforme se trompe de 250’000 CHF.

L’écart selon votre profil

Voici de combien la règle des 65% surestime votre capacité réelle, sur un bien à 1’000’000 CHF :

Dernier salaireRente estimée (60%)Dette max (seuil 33%)Surestimation de la règle des 65%
100’000 CHF60’000 CHF200’000 CHF450’000 CHF
120’000 CHF72’000 CHF280’000 CHF370’000 CHF
150’000 CHF90’000 CHF400’000 CHF250’000 CHF
180’000 CHF108’000 CHF520’000 CHF130’000 CHF
220’000 CHF132’000 CHF680’000 CHFaucune

💡 La lecture : plus votre revenu est modeste, plus l’écart est violent. Ce n’est qu’à partir d’environ 220’000 CHF de dernier salaire que la règle des 65% devient effectivement la contrainte limitante.

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Le seuil n’est pas le même partout

Un point que seule une banque documente clairement, et qui change beaucoup.

La plupart des établissements maintiennent le seuil du tiers, soit environ 33%, quel que soit l’âge. Banque Cler l’indique explicitement, en précisant qu’elle évalue les retraités de la même façon que les actifs.

Raiffeisen applique en revanche 38% à l’âge AVS. Sa justification est technique et pertinente : les revenus sous forme de rente ne subissent plus de déductions sociales, le revenu disponible est donc proportionnellement plus élevé.

Ce que représentent ces cinq points

Sur notre cas standard, avec une rente de 90’000 CHF :

Seuil appliquéDette maximale
33%400’000 CHF
38%484’000 CHF
Écart84’000 CHF

Le choix de l’établissement peut donc valoir 84’000 CHF de dette admissible, pour une situation strictement identique. C’est un critère de sélection que personne ne mentionne.

À 55 ans, votre capacité se dégrade déjà

Un effet mécanique que peu de propriétaires anticipent.

L’amortissement du deuxième rang doit être achevé en quinze ans ou à la retraite, selon l’échéance la plus proche.

Si vous avez 55 ans, vous n’avez donc plus quinze ans, mais dix. Le même montant à amortir se répartit sur une période plus courte, ce qui augmente l’amortissement annuel, donc les charges retenues, donc dégrade votre taux d’effort.

Concrètement : un propriétaire de 55 ans qui souhaite renouveler son hypothèque verra sa capacité calculée avec un amortissement annuel plus élevé qu’un propriétaire de 45 ans dans une situation par ailleurs identique.

⚠️ La conséquence pratique : si vous approchez de 55 ans et que vous envisagez de renouveler ou d’augmenter votre hypothèque, faites-le avant plutôt qu’après. Chaque année qui passe raccourcit la période d’amortissement et durcit le calcul.

Rente ou capital : une décision hypothécaire

C’est le cœur du sujet, et aucune source ne le présente sous cet angle.

Le choix entre percevoir votre 2ème pilier en rente ou en capital est presque toujours abordé comme une question de revenu de retraite : combien voulez-vous toucher chaque mois, quelle est votre espérance de vie, quelle fiscalité s’applique.

Mais c’est aussi, et parfois d’abord, une décision hypothécaire.

  • La rente augmente votre revenu, donc améliore votre taux d’effort. Mais elle ne vous donne aucun capital pour amortir.
  • Le capital vous permet d’amortir massivement, donc de réduire vos charges. Mais il fait disparaître une part importante de votre revenu.

Le cas d’un couple avec 650’000 CHF de dette

Bien à 1’000’000 CHF, AVS de couple à 42’300 CHF, capital LPP de 600’000 CHF, taux de conversion à 6,8%.

ScénarioRevenu annuelDette restanteChargesTaux d’effortVerdict
Tout en rente83’100 CHF650’000 CHF42’500 CHF51,1%❌ Refusé
75% rente, 25% capital72’900 CHF500’000 CHF35’000 CHF48,0%❌ Refusé
50% rente, 50% capital62’700 CHF350’000 CHF27’500 CHF43,9%❌ Refusé
25% rente, 75% capital52’500 CHF200’000 CHF20’000 CHF38,1%❌ Refusé de justesse
Tout en capital42’300 CHF50’000 CHF12’500 CHF29,6%Accepté

Dans ce cas précis, une seule option permet de conserver le logement : retirer l’intégralité du capital pour amortir.

Le vrai arbitrage n’est pas financier

Ce couple garde sa maison, mais il vit avec 42’300 CHF par an au lieu de 83’100. Il a échangé la moitié de son revenu de retraite contre le droit de rester chez lui.

Ce n’est pas un calcul d’optimisation, c’est un choix de vie. Et il se pose dans ces termes uniquement parce que rien n’a été anticipé avant.

notif

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Ce qui aurait évité ce choix

Le même couple, avec un amortissement anticipé, n’aurait jamais eu à trancher.

Amortissement avant la retraiteDette restanteTaux d’effort (tout en rente)Verdict
Aucun650’000 CHF51,1%
100’000 CHF550’000 CHF45,1%
200’000 CHF450’000 CHF39,1%❌ de peu
250’000 CHF400’000 CHF36,1%

250’000 CHF amortis sur dix ans, cela représente 25’000 CHF par an. C’est un effort réel, mais parfaitement planifiable pour un ménage qui gagne 150’000 CHF et qui commence à cinquante ans.

Le même montant à trouver à soixante-trois ans est impossible autrement qu’en vidant sa prévoyance.

Le calendrier de préparation

Entre 50 et 55 ans : la fenêtre utile

Faites établir une projection de vos rentes AVS et LPP. Ces montants figurent sur votre certificat de prévoyance et sur votre extrait de compte AVS. Calculez votre taux d’effort futur avec ces chiffres, pas avec votre salaire actuel.

Si le résultat dépasse 33%, vous savez exactement combien vous devez amortir et sur combien d’années.

Entre 55 et 60 ans : l’exécution

C’est la période où l’amortissement doit se faire, et où l’arbitrage rente ou capital doit être décidé, pas subi. Les caisses de pension exigent généralement un préavis de plusieurs années pour un retrait en capital.

➡️ Amortissement direct ou indirect : le vrai calcul et le piège du plafond 3a

Entre 60 et 63 ans : les dernières options

Il reste l’utilisation du 3ème pilier pour amortir, le choix du capital LPP, ou la négociation avec un établissement appliquant un seuil plus favorable.

Au-delà : les options se réduisent. Vente, vente à un enfant avec droit d’habitation, ou solutions de rente viagère immobilière.

En résumé : trois points clés

  1. La règle des 65% n’est pas la contrainte qui décide. Sur un revenu de rente de 90’000 CHF, la capacité limite la dette à 400’000 CHF, pas à 650’000. Un écart de 250’000 CHF.
  2. Le seuil varie de 33% à 38% selon l’établissement, ce qui représente 84’000 CHF de dette admissible. Le choix de la banque est un levier réel.
  3. L’arbitrage rente ou capital LPP est une décision hypothécaire. Dans les cas tendus, seul le retrait total du capital permet de garder son logement, au prix de la moitié de son revenu de retraite.

Conclusion

Il existe peu de situations financières où l’écart entre agir à cinquante ans et agir à soixante-trois ans soit aussi brutal. Dans le premier cas, il s’agit de mettre 25’000 CHF de côté chaque année. Dans le second, de choisir entre son logement et son revenu.

Ce qui rend ce piège si efficace, c’est qu’il ne se manifeste par aucun signal. Votre banque ne vous alertera pas à cinquante ans, vos charges ne bougent pas, et la règle des 65% que tout le monde répète vous donne un faux sentiment de conformité.

La seule chose à faire est un calcul, et il prend dix minutes : prenez votre rente projetée, et non votre salaire, et refaites votre taux d’effort avec ce chiffre.

Compassurance établit gratuitement cette projection à partir de votre certificat de prévoyance et de votre situation hypothécaire, chiffre l’amortissement nécessaire, et vous accompagne dans l’arbitrage entre rente et capital.

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Pour aller plus loin

FAQ : hypothèque et retraite

Suffit-il de descendre à 65% de la valeur du bien avant la retraite ?
Non, et c'est l'erreur la plus répandue. Deux contraintes s'appliquent simultanément, et c'est toujours la plus basse qui décide.

Sur un bien à 1'000'000 CHF avec une rente de 90'000 CHF :
  • Règle du premier rang (65%) : 650'000 CHF de dette autorisée
  • Capacité sur revenu de rente : 400'000 CHF
C'est 400'000 CHF qui s'applique. Un propriétaire qui vise 65% se trompe donc de 250'000 CHF.
De combien mes revenus vont-ils baisser à la retraite ?
Les rentes AVS et de caisse de pension représentent généralement 60 à 70% de votre dernier salaire, certaines sources retenant une moyenne plus proche de 60%.

Vos charges hypothécaires, elles, ne bougent pas. Un taux d'effort de 33% avant la retraite peut donc grimper à 55% après, sans que rien n'ait changé dans votre situation. 💡 Les montants exacts figurent sur votre certificat de prévoyance et votre extrait de compte AVS. Calculez toujours avec ces chiffres, jamais avec votre salaire actuel.
Le seuil de 33% est-il le même dans toutes les banques ?
Non, et l'écart est significatif. La plupart des établissements maintiennent le seuil du tiers quel que soit l'âge. Raiffeisen applique 38% à l'âge AVS, au motif que les revenus sous forme de rente ne subissent plus de déductions sociales.

Sur une rente de 90'000 CHF, cela représente 400'000 CHF de dette admissible à 33% contre 484'000 CHF à 38%, soit 84'000 CHF d'écart pour une situation identique. 💡 Le choix de l'établissement devient donc un levier réel à l'approche de la retraite.
Pourquoi ma capacité se dégrade-t-elle dès 55 ans ?
Parce que l'amortissement du deuxième rang doit être achevé en 15 ans ou à la retraite, selon l'échéance la plus proche.

À 55 ans, il ne vous reste plus 15 ans mais 10 ans. Le même montant à amortir se répartit sur une période plus courte, l'amortissement annuel augmente, et votre taux d'effort se dégrade mécaniquement. ⚠️ Si vous envisagez de renouveler ou d'augmenter votre hypothèque et que vous approchez de 55 ans, faites-le avant plutôt qu'après.
Rente ou capital LPP : quel impact sur mon hypothèque ?
C'est une décision hypothécaire autant qu'une question de revenu.
  • La rente augmente votre revenu, donc améliore votre taux d'effort, mais ne vous donne aucun capital pour amortir
  • Le capital permet d'amortir massivement, donc de réduire vos charges, mais fait disparaître une part importante de votre revenu
Dans les cas tendus, seul le retrait total du capital permet de conserver le logement. Le couple concerné garde alors sa maison, mais vit avec 42'300 CHF par an au lieu de 83'100. 🚨 Ce n'est pas un calcul d'optimisation, c'est un choix entre son logement et son revenu. Et il ne se pose dans ces termes que si rien n'a été anticipé.
Combien dois-je amortir avant la retraite ?
Cela dépend de votre rente projetée. Sur l'exemple d'un couple avec 650'000 CHF de dette et un bien à 1'000'000 CHF :
  • Amortir 100'000 CHF : taux d'effort à 45,1% ❌
  • Amortir 200'000 CHF : taux d'effort à 39,1% ❌ de peu
  • Amortir 250'000 CHF : taux d'effort à 36,1% ✅
250'000 CHF sur dix ans, cela représente 25'000 CHF par an. Un effort réel mais planifiable pour un ménage à 150'000 CHF qui commence à 50 ans. Le même montant à trouver à 63 ans est impossible autrement qu'en vidant sa prévoyance.
Quand faut-il commencer à préparer ?
Entre 50 et 55 ans. C'est la fenêtre où le problème se résout par la planification plutôt que par des décisions douloureuses.
  • 50 à 55 ans : projeter ses rentes, calculer son taux d'effort futur, chiffrer l'amortissement nécessaire
  • 55 à 60 ans : exécuter l'amortissement, décider de l'arbitrage rente ou capital (les caisses exigent un préavis de plusieurs années)
  • 60 à 63 ans : mobiliser le 3ème pilier, négocier avec un établissement au seuil plus favorable
  • Au-delà : les options se réduisent à la vente ou à des solutions très particulières
Ma banque peut-elle m'obliger à vendre ?
C'est exceptionnel, mais possible. Une vente forcée n'intervient que lorsque la capacité financière n'est plus assurée et qu'aucune autre solution n'a pu être trouvée.

En pratique, les banques cherchent d'abord des ajustements : amortissement partiel, passage à un modèle moins coûteux, allongement de la durée. La vente reste le dernier recours. 💡 Ce qui rend la situation difficile n'est donc pas la brutalité des banques, mais le fait d'arriver à l'échéance sans marge de manœuvre.
Peut-on encore contracter une hypothèque après la retraite ?
Oui, il n'existe pas de limite d'âge légale, mais les critères d'octroi deviennent nettement plus stricts, particulièrement pour les durées longues.

Le nantissement maximal passe généralement de 80% à 65-67% de la valeur du bien, et les banques privilégient les durées courtes pour limiter leur risque.

À noter également : une hypothèque grevant un bien complique le partage successoral et la vente à des tiers, un point à considérer si vous avez des héritiers.
Le 3ème pilier peut-il servir à amortir ?
Oui, et c'est souvent la solution la plus efficace à l'approche de la retraite. Le capital du 3ème pilier peut être utilisé pour amortir l'hypothèque, y compris dans le cadre d'un amortissement indirect arrivé à terme.

Son avantage sur le 2ème pilier : il n'entre pas dans le calcul de votre rente de retraite. Le mobiliser réduit donc votre dette sans amputer votre revenu futur, contrairement au retrait du capital LPP. 💡 C'est un argument supplémentaire pour alimenter son 3ème pilier au plafond dans les années précédant la retraite.
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Hypothèque : le piège des 2 délais à l’échéance (2026)

Votre hypothèque arrive à échéance : le piège des deux délais, et le calendrier des 18 mois

Échéance d'une hypothèque en Suisse : le piège des deux délais de résiliation et de prorogation, et le calendrier de renouvellement

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : votre hypothèque arrive à échéance

  • Votre contrat contient deux délais différents, et ils ne servent pas à la même chose
  • ~2 mois avant : délai pour prolonger chez votre banque
  • 3 à 6 mois avant : délai pour résilier et partir ailleurs
  • 🚨 À 2 mois de l'échéance, le délai pour partir est déjà passé
  • ⚠️ Sans action, reconduction automatique aux conditions standard de votre banque
  • Ne résiliez jamais avant d'avoir signé ailleurs

Ce que dit l'Ombudsman des banques suisses

« Un novice a du mal à comprendre qu'il peut opter pour une nouvelle hypothèque à taux fixe deux mois avant l'échéance de la première, mais que la résiliation doit intervenir avec un préavis de six mois s'il souhaite rembourser la banque à la date convenue. »

Recueil de cas de l'Ombudsman des banques suisses

Où en êtes-vous ?

Délai avant l'échéanceCe que vous pouvez encore faire
12 mois et plusTout : comparer, négocier, changer d'établissement
6 moisDernier moment pour résilier et partir ailleurs
Entre 6 et 2 mois⚠️ Vous ne pouvez plus partir. Négociation avec votre banque uniquement
2 moisDernier moment pour demander une prorogation négociée
Moins de 2 mois🚨 Reconduction automatique aux conditions standard

Les délais varient selon les contrats, généralement de 3 à 6 mois pour la résiliation. Sortez votre contrat et vérifiez la clause exacte : c'est la seule information qui compte.

Résilier une hypothèque à son échéance ne coûte rien. Aucune pénalité, aucune indemnité, c’est le moment prévu par le contrat pour changer d’avis.

C’est précisément ce qui rend le piège efficace : comme il n’y a pas de coût visible, personne ne s’inquiète. Et pourtant, un emprunteur sur deux découvre trop tard que la fenêtre pour agir s’est refermée quatre mois avant qu’il n’y pense.

Le piège des deux délais

Votre contrat contient deux échéances distinctes, et la confusion entre les deux est documentée par l’Ombudsman des banques suisses.

Voici une clause type, telle qu’elle figure dans de nombreux contrats :

« Si l’hypothèque à taux fixe doit être prorogée, il appartient au débiteur de faire une demande en ce sens deux mois avant l’échéance. À défaut de demande de prorogation, le contrat de prêt se proroge à l’expiration de la durée fixe aux conditions de taux alors en vigueur pour les hypothèques nouvelles de la banque. »

Et voici l’analyse qu’en fait l’Ombudsman :

« Nous constatons régulièrement que le client, en survolant des clauses comme celle précitée, peut facilement être amené à penser que deux mois avant l’échéance de l’hypothèque à taux fixe, il est encore libre de son choix à tous égards. De fait, un novice a du mal à comprendre qu’il peut opter pour une nouvelle hypothèque à taux fixe deux mois avant l’échéance de la première, mais que la résiliation doit intervenir avec un préavis de six mois s’il souhaite rembourser la banque à la date convenue. »

Ce que cela signifie concrètement

Délai avant l’échéanceCe que vous pouvez encore faire
12 mois et plusTout : comparer, négocier, changer d’établissement
6 moisDernier moment pour résilier et partir ailleurs
Entre 6 et 2 mois⚠️ Vous ne pouvez plus partir. Vous pouvez seulement renégocier avec votre banque
2 moisDernier moment pour demander une prorogation à des conditions négociées
Moins de 2 moisReconduction automatique aux conditions standard de la banque

La zone dangereuse se situe entre six et deux mois. Vous vous croyez encore libre, vous comparez les offres du marché, vous trouvez mieux ailleurs. Et vous découvrez que le délai de résiliation est passé.

⚠️ Le délai de résiliation varie de 3 à 6 mois selon les contrats. Ne partez pas du principe qu’il est de six mois chez vous. Sortez votre contrat et vérifiez la clause exacte, c’est la seule information qui compte.

Le mécanisme silencieux : la reconduction tacite

Si vous ne faites rien du tout, votre hypothèque ne s’arrête pas. Elle se prolonge automatiquement.

Et pas à n’importe quel taux : aux conditions en vigueur chez votre banque pour les nouvelles hypothèques, au moment de l’échéance.

Ce n’est pas le meilleur taux du marché. Ce n’est même pas nécessairement un bon taux. C’est le tarif standard de votre établissement, celui qu’il applique à ceux qui ne négocient pas.

Comparis le formule sans détour : conclure à nouveau auprès de la même banque est simple, mais offre rarement les meilleures conditions.

💡 Pourquoi c’est structurellement défavorable : au moment de l’échéance, votre banque sait deux choses que vous ignorez peut-être. Elle sait si vous avez comparé, et elle sait si vous êtes encore dans les délais pour partir. Un client qui se manifeste à six semaines de l’échéance a mécaniquement moins de pouvoir de négociation qu’un client qui écrit douze mois avant.

Le calendrier des 18 mois

Voici la séquence à suivre, et pourquoi chaque étape arrive à ce moment-là.

18 à 12 mois avant : l’état des lieux

Sortez votre contrat et notez trois informations : la date exacte d’échéance, le délai de résiliation stipulé, et le délai de prorogation.

C’est aussi le moment de faire le point sur ce qui a changé depuis la signature : vos revenus, votre situation familiale, la valeur de votre bien, votre besoin d’amortissement. Une hypothèque optimale il y a cinq ans ne l’est pas nécessairement aujourd’hui.

Vérifiez également si votre dette est passée sous le seuil du premier rang. Si votre bien a pris de la valeur ou si vous avez amorti, votre obligation d’amortissement peut avoir diminué, ce qui change votre capacité de négociation.

➡️ Amortissement direct ou indirect : le vrai calcul

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12 à 9 mois avant : la comparaison

Demandez au minimum deux à trois offres, auprès d’établissements différents. C’est la recommandation constante de tous les acteurs du marché, et c’est le seul moyen de savoir ce que vaut réellement l’offre de votre banque.

Cette étape prend du temps : constitution du dossier, analyse de solvabilité, éventuelle réévaluation du bien. Neuf mois avant l’échéance, vous êtes encore confortable. Six mois avant, vous commencez à courir.

➡️ Taux hypothécaires : jusqu’à 4’800 CHF d’écart par an

9 à 7 mois avant : la négociation

Retournez voir votre banque actuelle avec les offres concurrentes en main. Une offre écrite d’un concurrent a un poids que n’aura jamais une simple déclaration d’intention.

C’est le moment où votre position est la plus forte : vous êtes encore dans les délais pour partir, et votre banque le sait.

7 à 6 mois avant : la décision

Deux scénarios possibles.

Si vous restez, formalisez l’accord par écrit avec les conditions négociées. Ne comptez pas sur la reconduction tacite, qui vous appliquerait le tarif standard.

Si vous partez, signez d’abord la nouvelle hypothèque, puis résiliez l’ancienne. Jamais l’inverse.

🚨 L’ordre des opérations n’est pas une préférence, c’est une sécurité. Résilier avant d’avoir un financement confirmé vous expose à un trou de financement si le nouveau dossier est refusé. En pratique, le nouvel établissement se charge généralement des démarches avec l’ancien.

6 mois avant : la dernière fenêtre pour partir

C’est la date limite. Passé ce délai, dans la plupart des contrats, vous ne pouvez plus quitter votre banque à l’échéance. Vous restez, aux conditions qu’elle vous proposera.

2 mois avant : la dernière fenêtre pour négocier

Vous ne pouvez plus partir, mais vous pouvez encore demander une prorogation à des conditions discutées, plutôt que de laisser jouer la reconduction automatique.

C’est mieux que rien, mais votre pouvoir de négociation est réduit à presque rien.

Les frais à anticiper en cas de changement

Changer d’établissement à l’échéance n’entraîne aucune pénalité, mais quelques frais subsistent.

  • Transfert ou constitution de cédule hypothécaire, avec les émoluments du registre foncier
  • Frais d’estimation du bien exigés par le nouveau prêteur
  • Frais de dossier éventuels

Ces montants sont sans commune mesure avec une pénalité de résiliation anticipée, mais ils doivent entrer dans votre comparaison. Sur un écart de taux faible ou une durée courte, ils peuvent absorber une partie du gain.

➡️ Résilier avant l’échéance : le calcul complet de la pénalité

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Le cas particulier du SARON

Une hypothèque SARON n’échappe pas à cette logique, contrairement à ce qu’on croit souvent.

Le taux varie en continu, mais le contrat repose sur un contrat-cadre d’une durée déterminée, généralement de trois ou cinq ans. C’est ce contrat-cadre qui fixe votre engagement.

La résiliation reste possible à l’échéance du contrat-cadre, moyennant le même type de préavis, généralement de trois à six mois. Avant terme, une résiliation entraîne des frais.

💡 Le réflexe à avoir : si vous êtes en SARON, la date à surveiller n’est pas celle d’une échéance de taux, c’est celle de votre contrat-cadre. Beaucoup de détenteurs de SARON l’ignorent et se croient libres à tout moment.

En résumé : trois points clés

  1. Votre contrat contient deux délais différents. Environ 2 mois pour prolonger chez votre banque, 3 à 6 mois pour partir ailleurs. À deux mois de l’échéance, la fenêtre pour partir est déjà fermée.
  2. Sans action, la reconduction est automatique aux conditions standard de votre banque, qui ne sont jamais les meilleures du marché.
  3. Commencez douze à dix-huit mois avant. C’est le seul moment où vous négociez en position de force, avec le temps de comparer et la possibilité réelle de partir.

Conclusion

Le renouvellement d’une hypothèque est l’un des rares moments où plusieurs dizaines de milliers de francs se jouent sur une simple question de calendrier. Pas de compétence financière particulière, pas de montage complexe : juste le fait d’avoir sorti son contrat au bon moment.

Ce qui rend ce piège si efficace, c’est qu’il n’y a aucun signal d’alarme. Personne ne vous écrit pour vous dire que le délai de résiliation expire dans deux semaines. Votre banque n’a aucun intérêt à le faire, et la reconduction tacite se déclenche en silence.

La règle est donc simple : sortez votre contrat maintenant, notez les deux délais, et posez un rappel dans votre agenda douze mois avant l’échéance. C’est probablement l’action qui a le meilleur rendement horaire de toute votre vie de propriétaire.

Compassurance analyse gratuitement votre contrat actuel, identifie vos deux délais, compare les offres du marché et vous accompagne dans la négociation ou le changement d’établissement.

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Pour aller plus loin

FAQ : échéance et renouvellement d'hypothèque

Quel est le délai pour résilier son hypothèque à l'échéance ?
Généralement 3 à 6 mois avant l'échéance, selon ce que prévoit votre contrat. La résiliation doit se faire par écrit.

Attention, ce délai est différent de celui prévu pour prolonger chez votre banque actuelle, souvent d'environ 2 mois. La confusion entre les deux est la principale source de mauvaise surprise à l'échéance. ⚠️ Sortez votre contrat et vérifiez la clause exacte. Ces délais varient d'un établissement à l'autre, il n'existe aucune norme légale unique.
Pourquoi agir à deux mois de l'échéance est-il trop tard ?
Parce que votre contrat contient deux délais différents. L'Ombudsman des banques suisses a documenté ce piège : « Un novice a du mal à comprendre qu'il peut opter pour une nouvelle hypothèque à taux fixe deux mois avant l'échéance de la première, mais que la résiliation doit intervenir avec un préavis de six mois s'il souhaite rembourser la banque à la date convenue. » À deux mois de l'échéance, vous pouvez encore négocier avec votre banque, mais le délai pour partir ailleurs est passé depuis quatre mois. Vous êtes captif pour un terme complet.
Que se passe-t-il si je ne fais rien à l'échéance ?
Votre hypothèque se proroge automatiquement, aux conditions en vigueur chez votre banque pour les nouvelles hypothèques.

Ce n'est ni le meilleur taux du marché, ni nécessairement un bon taux : c'est le tarif standard appliqué à ceux qui ne négocient pas. 🚨 Aucun signal d'alarme ne se déclenche. Personne ne vous préviendra que le délai de résiliation expire. La reconduction tacite se produit en silence.
Quand faut-il commencer à préparer son renouvellement ?
12 à 18 mois avant l'échéance. Le calendrier recommandé :
  • 18 à 12 mois : sortir le contrat, noter les deux délais, faire le point sur votre situation
  • 12 à 9 mois : demander deux à trois offres auprès d'établissements différents
  • 9 à 7 mois : négocier avec votre banque actuelle, offres concurrentes en main
  • 7 à 6 mois : décider et formaliser
  • 6 mois : dernière limite pour partir
  • 2 mois : dernière limite pour négocier une prorogation
Faut-il résilier avant ou après avoir trouvé une nouvelle hypothèque ?
Toujours après. Signez d'abord la nouvelle hypothèque, résiliez l'ancienne ensuite.

Résilier avant d'avoir un financement confirmé vous expose à un trou de financement si le nouveau dossier est refusé ou retardé. Le nouvel établissement se charge généralement des démarches avec l'ancien. 💡 Ce n'est pas une préférence de méthode, c'est une sécurité. L'ordre inverse peut vous placer dans une situation très inconfortable.
Y a-t-il une pénalité si je change de banque à l'échéance ?
Non, aucune. L'échéance est le moment prévu par le contrat pour changer d'établissement sans indemnité, à condition de respecter le délai de résiliation.

Quelques frais subsistent néanmoins : transfert ou constitution de cédule hypothécaire avec émoluments du registre foncier, frais d'estimation du bien par le nouveau prêteur, éventuels frais de dossier. Sans commune mesure avec une pénalité de résiliation anticipée, mais à intégrer dans votre comparaison. 💡 Pour une résiliation avant l'échéance, voir notre guide sur la pénalité de remboursement anticipé.
Combien d'offres faut-il demander ?
Deux à trois au minimum, auprès d'établissements différents. C'est la recommandation constante des acteurs du marché.

Une offre écrite d'un concurrent a un poids que n'aura jamais une déclaration d'intention lors de la négociation avec votre banque actuelle. Prolonger chez son établissement est simple, mais offre rarement les meilleures conditions.
Une hypothèque SARON peut-elle être résiliée à tout moment ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Le taux varie en continu, mais le contrat repose sur un contrat-cadre d'une durée déterminée, généralement de trois ou cinq ans.

La résiliation est possible à l'échéance de ce contrat-cadre, avec le même type de préavis de trois à six mois. Avant terme, une résiliation entraîne des frais. 💡 Si vous êtes en SARON, la date à surveiller est celle de votre contrat-cadre, pas une échéance de taux.
Puis-je renégocier autre chose que le taux à l'échéance ?
Oui, et c'est souvent négligé. L'échéance permet de revoir l'ensemble de la structure : la durée du nouveau terme, le modèle (taux fixe ou SARON), le rythme d'amortissement, et la répartition entre plusieurs tranches.

Vérifiez notamment si votre dette est passée sous le seuil du premier rang. Si votre bien a pris de la valeur ou si vous avez amorti, votre obligation d'amortissement peut avoir diminué, ce qui allège vos charges.
Ma banque va-t-elle me prévenir avant l'échéance ?
Rien ne l'y oblige, et ce n'est pas dans son intérêt. Certains établissements envoient un courrier de courtoisie, souvent tardif et proposant une simple prolongation, mais aucune obligation légale n'impose de vous alerter sur l'expiration du délai de résiliation.

La responsabilité de surveiller votre échéance vous incombe entièrement. 💡 Le réflexe le plus rentable : posez dès maintenant un rappel dans votre agenda, 12 mois avant votre date d'échéance.
Fares – Expert 2e Pilier

Julien de Compassurance.ch – Expert en Assurance en Suisse !

10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

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Hypothèque / Immobilier

Casatax : jusqu’à 27’000 CHF d’économie à Genève

Acheter à Genève : Casatax, LEFI, et ce que ces deux dispositifs changent à vos liquidités

Casatax et LEFI à Genève : réduction des droits de mutation, effet de seuil et impact sur les liquidités nécessaires

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : acheter à Genève en 2026

  • Casatax réduit vos droits de mutation de 50%, jusqu'à 20'924 CHF, plus 50% sur la cédule
  • Plafond de prix : 1'394'928 CHF, indexé chaque 1er mars
  • 🚨 Seuil dur : 5'072 CHF au-dessus du plafond coûtent 26'148 CHF au total
  • ⚠️ Casatax doit être demandé à l'acte, jamais après
  • Occupation dans les 2 ans, résidence 3 ans minimum, sinon remboursement
  • Une fois propriétaire, la LEFI prend le relais sur votre impôt annuel sur la fortune

L'effet de seuil que personne ne calcule

5'072 CHF de prix en plus = 26'148 CHF de coût réel

Chaque franc négocié au-dessus du plafond Casatax vous coûte environ 5,20 francs.

Acheter à Genève, c’est composer avec deux dispositifs cantonaux qui n’existent nulle part ailleurs en Suisse. Le premier, Casatax, allège vos frais d’acquisition. Le second, la LEFI, modifie chaque année la valeur fiscale de votre bien depuis janvier 2025.

Le premier est bien documenté. Le second l’est beaucoup moins. Et personne ne les traite ensemble, alors qu’un acheteur genevois est concerné par les deux, à quelques mois d’intervalle.

Cet article couvre les deux, et commence par un mécanisme que personne ne chiffre : le seuil qui peut vous coûter plus de 26’000 CHF pour 5’000 CHF de prix supplémentaire.

Casatax en une phrase

Casatax réduit de moitié vos droits de mutation, dans la limite d’un plafond de prix.

C’est la formulation la plus simple, et pourtant personne ne l’emploie. Les communications officielles annoncent un montant maximal de réduction, ce qui rend le dispositif plus opaque qu’il ne l’est.

La vérification est simple : les droits de mutation genevois s’élèvent à 3% du prix. Sur le plafond de 1’394’928 CHF, cela représente 41’848 CHF. La réduction maximale annoncée est de 20’924 CHF, soit exactement la moitié. Et comme la réduction est proportionnelle au prix, le rapport reste de 50% à tous les niveaux.

Prix d’achatDroits à 3%Réduction CasataxReste à payer
600’000 CHF18’000 CHF9’000 CHF9’000 CHF
800’000 CHF24’000 CHF12’000 CHF12’000 CHF
1’000’000 CHF30’000 CHF15’000 CHF15’000 CHF
1’200’000 CHF36’000 CHF18’000 CHF18’000 CHF
1’394’928 CHF (plafond)41’848 CHF20’924 CHF20’924 CHF

S’y ajoute une réduction de 50% sur les droits liés à la constitution de la cédule hypothécaire, si vous financez par un prêt. L’économie totale peut ainsi approcher 27’000 CHF.

💡 Le dispositif existe depuis mars 2004, créé à la suite d’une initiative populaire. Il est inscrit à l’article 8A de la loi genevoise sur les droits d’enregistrement (LDE) et ses montants sont indexés chaque 1er mars sur l’indice genevois des prix de la construction.

L’effet de seuil : 5’072 CHF de plus, 26’148 CHF de perdus

C’est le point que personne ne calcule, et c’est un argument de négociation direct.

Le plafond de 1’394’928 CHF n’est pas un seuil dégressif. C’est un seuil dur : un franc au-dessus, et vous perdez l’intégralité de la réduction.

Prix d’achatDroits dusCasataxCoût net
1’390’000 CHF41’700 CHF20’850 CHF20’850 CHF
1’394’928 CHF41’848 CHF20’924 CHF20’924 CHF
1’394’929 CHF41’848 CHF0 CHF41’848 CHF
1’400’000 CHF42’000 CHF0 CHF42’000 CHF

Ce que cela signifie concrètement

Passer de 1’394’928 CHF à 1’400’000 CHF :

PosteSurcoût
Prix du bien+5’072 CHF
Frais d’acquisition+21’076 CHF
Coût total réel+26’148 CHF

Chaque franc négocié au-dessus du plafond vous coûte environ 5,20 francs.

💡 L’usage pratique : si vous négociez autour de 1,4 million, ramener le prix sous 1’394’928 CHF vaut plus de 26’000 CHF. C’est un argument concret à poser sur la table, et le vendeur a rarement conscience de l’enjeu pour vous.

⚠️ Attention, le plafond bouge chaque 1er mars. Il est passé de 1’359’903 CHF en 2024 à 1’374’396 CHF en 2025, puis 1’394’928 CHF en 2026. Vérifiez le montant applicable à la date de votre acte, pas à celle de votre offre.

Les cinq conditions, dont une qui piège

Casatax n’est pas automatique. Cinq conditions cumulatives doivent être réunies.

1. Être une personne physique. Le dispositif ne s’applique pas aux sociétés ni aux personnes morales.

2. Acquérir une résidence principale. Sont exclus : les résidences secondaires, les immeubles locatifs, les terrains nus sans contrat de construction, et les biens agricoles. Acheter un immeuble locatif en comptant y occuper un appartement ne suffit pas.

3. Occuper le bien dans les deux ans suivant la signature de l’acte notarié, avec justificatifs à fournir à l’administration fiscale.

4. Y résider au moins trois ans de manière continue. En cas de revente anticipée, le solde des droits non perçus est réclamé, sauf en cas de décès du bénéficiaire.

5. Demander Casatax au moment de l’acte d’achat.

🚨 C’est la condition qui piège, et elle est irrattrapable. Le rabais Casatax ne peut pas être demandé après la signature. Si le sujet n’est pas abordé chez le notaire, l’économie est perdue définitivement, sans recours.

Vérifiez explicitement ce point avant la signature, et demandez que le décompte du notaire fasse apparaître la réduction ligne par ligne.

Bonne nouvelle en revanche : Casatax peut être utilisé plusieurs fois au cours d’une vie, à condition de remplir les critères pour chaque acquisition de résidence principale.

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L’effet sur vos liquidités, que personne ne calcule

C’est le lien direct avec votre capacité d’achat, et il est rarement fait.

Les frais d’acquisition ne peuvent être financés ni par la banque, ni par votre 2ème pilier. Ils doivent sortir de vos liquidités, en plus de vos 20% de fonds propres.

Chaque franc économisé sur ces frais est donc un franc de liquidités que vous n’avez pas besoin de réunir.

Sur un bien à 1’200’000 CHF à Genève

PosteMontant
Fonds propres (20%)240’000 CHF
Droits de mutation (3%)36’000 CHF
Notaire et registre foncier (environ 1%)12’000 CHF
Liquidités totales sans Casatax288’000 CHF
Liquidités totales avec Casatax270’000 CHF
Économie de liquidités18’000 CHF

Ces 18’000 CHF ne sont pas qu’une économie, ce sont des liquidités disponibles. Réaffectés en fonds propres, ils élargissent votre capacité d’achat d’environ 72’000 CHF de prix, puisque les liquidités totales représentent environ 25% du prix.

➡️ Constituer ses fonds propres : les 8 sources et leur coût réel

Une fois propriétaire : la LEFI prend le relais

Casatax joue une fois, à l’achat. La LEFI joue chaque année, sur votre impôt sur la fortune.

Entrée en vigueur le 1er janvier 2025, la loi sur l’estimation fiscale de certains immeubles majore de 12% la valeur fiscale des villas et appartements en PPE genevois, en contrepartie d’une baisse de 15% du barème de l’impôt sur la fortune et d’une division par cinq de l’impôt immobilier complémentaire.

Trois points à retenir pour un acheteur :

  • Les biens dont la valeur fiscale a été déterminée après le 31 décembre 2014 ne sont pas concernés par la majoration (art. 4 LEFI). Un achat récent entre donc généralement dans cette exception.
  • Une indexation annuelle plafonnée à 1% s’applique depuis 2026.
  • La majoration peut être contestée si le bien n’a pas pris autant de valeur.

➡️ Nous détaillons ce dispositif, ses contreparties et le droit de contestation dans notre guide : Impact fiscal d’un achat immobilier : les 5 impôts concernés

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Le calendrier genevois de l’acheteur

Deux dates structurent l’année pour un propriétaire genevois.

ÉchéanceCe qui se passe
1er marsIndexation des montants Casatax (plafond et réduction maximale)
31 marsL’administration communique la valeur fiscale de votre bien pour l’année

Si vous achetez entre janvier et février, vérifiez si attendre le 1er mars vous ferait entrer sous le nouveau plafond Casatax, qui est réévalué à la hausse chaque année.

À réception du courrier de valeur fiscale, vérifiez la cohérence du montant. C’est le moment où une contestation de la majoration LEFI reste possible.

En résumé : trois points clés

  1. Casatax réduit vos droits de mutation de 50%, jusqu’à 20’924 CHF, plus 50% sur la cédule hypothécaire. L’économie totale peut approcher 27’000 CHF.
  2. Le plafond de 1’394’928 CHF est un seuil dur. Acheter 5’072 CHF au-dessus fait perdre l’intégralité de la réduction, pour un surcoût réel de plus de 26’000 CHF. C’est un argument de négociation.
  3. Casatax doit être demandé au moment de l’acte. Après la signature, l’économie est perdue définitivement.

Conclusion

Genève est le canton où les frais d’acquisition pèsent le plus lourd, et paradoxalement celui qui offre le dispositif d’allègement le plus généreux. Encore faut-il le demander au bon moment, et connaître le seuil au franc près.

Le plus contre-intuitif dans Casatax n’est pas son montant, c’est sa géométrie. Un dispositif qui s’arrête net à un franc précis crée une zone de négociation où quelques milliers de francs de prix pèsent cinq fois leur valeur. Peu d’acheteurs en ont conscience, et encore moins de vendeurs.

Une fois cette étape passée, c’est la LEFI qui prend le relais, chaque année, sur un terrain que la plupart des propriétaires découvrent en recevant leur courrier de valeur fiscale.

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Pour aller plus loin

FAQ : Casatax et LEFI à Genève

Qu'est-ce que Casatax et combien permet-il d'économiser ?
Casatax est un dispositif genevois qui réduit de moitié vos droits de mutation lors de l'achat d'une résidence principale, dans la limite d'un plafond de prix.

En 2026 : réduction maximale de 20'924 CHF sur les droits d'enregistrement, plus 50% de réduction sur les frais de constitution de la cédule hypothécaire. L'économie totale peut approcher 27'000 CHF.

Le dispositif est inscrit à l'article 8A de la loi genevoise sur les droits d'enregistrement (LDE) et existe depuis mars 2004.
Quel est le plafond de prix pour bénéficier de Casatax ?
1'394'928 CHF depuis le 1er mars 2026. Ce plafond est indexé chaque année au 1er mars sur l'indice genevois des prix de la construction.

Évolution récente : 1'359'903 CHF en 2024, 1'374'396 CHF en 2025, 1'394'928 CHF en 2026. 💡 Si vous achetez en janvier ou février, vérifiez si attendre le 1er mars vous ferait entrer sous le nouveau plafond, réévalué à la hausse chaque année.
Que se passe-t-il si mon prix dépasse le plafond de quelques francs ?
Vous perdez l'intégralité de la réduction. Le plafond est un seuil dur, pas un seuil dégressif.

Concrètement, passer de 1'394'928 CHF à 1'400'000 CHF représente :
  • +5'072 CHF de prix du bien
  • +21'076 CHF de frais d'acquisition
  • +26'148 CHF de coût total réel
Soit environ 5,20 francs de coût par franc négocié au-dessus du plafond. 💡 C'est un argument de négociation concret : si vous discutez autour de 1,4 million, ramener le prix sous le plafond vaut plus de 26'000 CHF. Le vendeur en a rarement conscience.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de Casatax ?
Cinq conditions cumulatives :
  • Être une personne physique, pas une société
  • Acquérir une résidence principale : sont exclus les résidences secondaires, immeubles locatifs, terrains nus et biens agricoles
  • Occuper le bien dans les 2 ans suivant l'acte notarié
  • Y résider au moins 3 ans de manière continue
  • Demander Casatax au moment de l'acte d'achat
🚨 La dernière condition est irrattrapable : Casatax ne peut pas être demandé après la signature. Si le sujet n'est pas abordé chez le notaire, l'économie est perdue définitivement.
Que se passe-t-il si je revends avant trois ans ?
Le solde des droits non perçus vous est réclamé. L'obligation de résidence continue de trois ans est une condition de fond, pas une formalité.

La seule exception prévue concerne le décès du bénéficiaire. ⚠️ Si votre horizon dans le bien est incertain (mobilité professionnelle, projet familial en évolution), intégrez ce risque de remboursement dans votre calcul.
Peut-on bénéficier de Casatax plusieurs fois ?
Oui. Le dispositif peut être utilisé plusieurs fois au cours d'une vie, à condition de remplir l'ensemble des critères d'éligibilité pour chaque acquisition de résidence principale.

Cela suppose donc, à chaque fois, d'avoir occupé le bien précédent au moins trois ans pour ne pas déclencher le remboursement.
Casatax change-t-il le montant de liquidités dont j'ai besoin ?
Oui, et c'est un effet rarement calculé. Les frais d'acquisition ne peuvent être financés ni par la banque, ni par votre 2ème pilier : ils doivent sortir de vos liquidités.

Sur un bien à 1'200'000 CHF à Genève, Casatax réduit les liquidités nécessaires de 288'000 à 270'000 CHF, soit 18'000 CHF de moins à réunir.

Réaffectés en fonds propres, ces 18'000 CHF élargissent votre capacité d'achat d'environ 72'000 CHF de prix.
Qu'est-ce que la LEFI et suis-je concerné ?
La loi sur l'estimation fiscale de certains immeubles, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, majore de 12% la valeur fiscale des villas et appartements en PPE genevois, en contrepartie d'une baisse de 15% du barème de l'impôt sur la fortune et d'une division par cinq de l'impôt immobilier complémentaire.

Les biens dont la valeur fiscale a été déterminée après le 31 décembre 2014 ne sont pas concernés par la majoration (art. 4 LEFI). Un achat récent entre donc généralement dans cette exception. 💡 Détails complets dans notre guide sur l'impact fiscal d'un achat immobilier.
Quelles dates faut-il surveiller quand on achète à Genève ?
Deux échéances structurent l'année :
  • 1er mars : indexation des montants Casatax, plafond et réduction maximale
  • 31 mars : l'administration communique la valeur fiscale de votre bien pour l'année
À réception du courrier de valeur fiscale, vérifiez la cohérence du montant. C'est le moment où une contestation de la majoration LEFI reste possible.
Casatax s'applique-t-il à un terrain ou à une construction neuve ?
Les terrains nus sans contrat de construction sont exclus. Le dispositif vise l'acquisition d'un logement destiné à devenir votre résidence principale.

Sont également exclus les immeubles locatifs, y compris si vous comptez occuper l'un des appartements, ainsi que les biens agricoles et les résidences secondaires.
Fares – Expert 2e Pilier

Julien de Compassurance.ch – Expert en Assurance en Suisse !

10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

Cela pourrait aussi vous intéresser !

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Hypothèque / Immobilier

Pénalité hypothécaire : Partir vous coûte double

Résilier son hypothèque : pourquoi partir chez un concurrent vous coûte deux fois

Pénalité de remboursement anticipé d'une hypothèque en Suisse : calcul, déductibilité fiscale et recours possibles

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : résilier son hypothèque

  • La pénalité peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs et n'est généralement pas négociable
  • 🚨 Elle est déductible ou non selon votre décision : déductible si vous restez chez votre banque, pas si vous partez
  • Cet écart peut inverser la rentabilité de l'opération : +6'500 CHF en restant, −7'500 CHF en partant sur notre exemple
  • Deux modèles de calcul existent : différentiel de taux, ou durée restante
  • Certaines banques en ligne appliquent une pénalité forfaitaire (ordre de 1'000 CHF)
  • L'Ombudsman des banques suisses est un recours gratuit méconnu

Le calcul le plus répandu

Montant × (taux du contrat − taux de réinvestissement) × années restantes

500'000 CHF × (2,8% − 1,2%) × 5 ans = 40'000 CHF

Les frais d’une hypothèque que tout le monde anticipe sont ceux de l’achat : droits de mutation, notaire, cédule hypothécaire, soit 3 à 5% du prix. Nous les détaillons dans notre guide des fonds propres.

Ceux que personne n’anticipe sont ceux de la sortie. Ils n’apparaissent nulle part au moment de la signature, et ils peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de francs le jour où vous devez rompre votre contrat.

Et parmi eux, un mécanisme fiscal presque jamais expliqué décide à lui seul si votre renégociation sera rentable ou vous fera perdre de l’argent.

Pourquoi une pénalité existe

Elle ne sanctionne pas votre départ. Elle compense une perte réelle pour la banque.

Quand vous concluez une hypothèque à taux fixe, la banque se refinance elle-même sur le marché des capitaux, pour la durée exacte de votre contrat. Elle prend un engagement symétrique au vôtre.

Si vous résiliez par anticipation, elle reste engagée de son côté. Elle doit alors replacer le montant remboursé sur le marché, pour la durée restante. Si les conditions actuelles sont moins favorables qu’au moment de votre contrat, elle subit un manque à gagner.

C’est ce manque à gagner qu’elle vous facture, sous le nom d’indemnité de remboursement anticipé.

💡 Conséquence directe : cette pénalité est généralement non négociable, contrairement à la marge d’un taux. La banque ne fait pas de marge dessus, elle répercute une perte à laquelle elle est elle-même exposée.

Le cas des taux variables et du SARON

Une hypothèque à taux variable n’entraîne en principe aucune pénalité, puisque la banque n’est engagée sur aucune durée. C’est la contrepartie d’un taux généralement plus élevé.

Pour une hypothèque SARON, les pénalités sont généralement plus faibles et dépendent de la durée du contrat-cadre, pas du taux lui-même.

Comment la pénalité se calcule

Deux modèles coexistent sur le marché, et ils ne donnent pas le même résultat.

Modèle 1 : le différentiel de taux

C’est le plus répandu. La banque calcule l’écart entre le taux de votre contrat et le taux auquel elle peut replacer l’argent aujourd’hui, puis le multiplie par le montant et la durée restante.

Pénalité = montant × (taux du contrat − taux de réinvestissement) × années restantes

Modèle 2 : la durée restante

Certains établissements appliquent une grille forfaitaire basée uniquement sur le nombre d’années restant à courir, indépendamment de l’évolution des taux.

Un exemple concret

ParamètreValeur
Montant de l’hypothèque500’000 CHF
Taux de votre contrat2,8%
Taux de réinvestissement actuel1,2%
Durée restante5 ans
Différentiel1,6%
Pénalité40’000 CHF

500’000 × 1,6% × 5 ans = 40’000 CHF. Les banques ajoutent fréquemment des frais de dossier, généralement de quelques centaines à un millier de francs.

⚠️ Un écart considérable existe entre établissements. Certaines banques en ligne appliquent une pénalité forfaitaire, parfois de l’ordre de 1’000 CHF, quel que soit le montant de l’hypothèque. Sur l’exemple ci-dessus, l’écart avec une pénalité classique dépasse 39’000 CHF. C’est un critère de choix au moment de signer, pas seulement au moment de partir.

Le point que presque personne n’explique : la déductibilité

C’est le contenu le plus important de cet article, et il change entièrement le calcul.

La même pénalité peut être déductible ou non de votre revenu imposable, selon la nature juridique que l’administration lui reconnaît. Et cette nature dépend de ce que vous faites après avoir résilié.

Les trois situations

Votre situationQualification fiscaleDéductibilité
Vous résiliez et recontractez chez la même banqueIntérêts de la detteDéductible du revenu
Vous vendez le bienFrais liés à la vente✅ Déductible de l’impôt sur les gains immobiliers
Vous résiliez pour aller chez un concurrentDommages et intérêtsNon déductible

Cette distinction découle d’une décision du Tribunal fédéral, à la suite de laquelle les cantons ont harmonisé leur pratique. Le raisonnement : si vous poursuivez la relation avec le même établissement, l’indemnité prolonge économiquement votre contrat de crédit et s’apparente à des intérêts. Si vous rompez pour aller ailleurs, elle indemnise un préjudice, sans lien avec un financement continu.

⚠️ Les modalités précises varient selon les cantons. Vérifiez la pratique applicable au vôtre avant de bâtir votre décision sur ce point, et faites-vous confirmer le traitement par écrit si l’enjeu est important.

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Le calcul complet : la déductibilité inverse la décision

Voici pourquoi ce point n’est pas un détail technique.

Reprenons notre exemple. Vous avez une hypothèque de 500’000 CHF à 2,8%, il reste 5 ans, et vous pouvez obtenir 1,5% aujourd’hui. La pénalité est de 40’000 CHF, votre taux marginal d’imposition de 35%.

Ce que vous économisez en changeant de taux

 Montant
Taux actuel2,8%
Nouveau taux1,5%
Économie annuelle6’500 CHF
Économie sur 5 ans32’500 CHF

Ce que la pénalité vous coûte réellement

ScénarioPénalitéÉconomie d’impôtCoût net
Vous restez chez votre banque40’000 CHF14’000 CHF26’000 CHF
Vous partez chez un concurrent40’000 CHF0 CHF40’000 CHF

Le verdict, et il s’inverse

ScénarioÉconomieCoût netRésultat
Rester chez sa banque32’500 CHF26’000 CHF+6’500 CHF
Partir chez un concurrent32’500 CHF40’000 CHF−7’500 CHF

Exactement la même opération, exactement la même pénalité. Rentable dans un cas, déficitaire dans l’autre, uniquement à cause du traitement fiscal.

💡 La lecture stratégique : cela ne signifie pas qu’il faut toujours rester chez sa banque. Cela signifie qu’un concurrent doit vous proposer un taux nettement meilleur pour compenser la perte de déductibilité, et pas seulement légèrement meilleur. Votre banque actuelle dispose donc d’un avantage structurel dans la négociation, ce qu’elle sait généralement mieux que vous.

Les alternatives pour éviter la pénalité

Trois situations permettent de la contourner, totalement ou partiellement.

Transférer l’hypothèque sur un autre bien

Si vous vendez pour racheter, il est souvent possible de transférer votre hypothèque existante sur le nouveau bien, à condition de coordonner les deux opérations.

Cela suppose de respecter le taux d’avance applicable au nouvel objet, ou d’apporter des garanties complémentaires. Mais cela évite intégralement la pénalité.

Transmettre l’hypothèque à l’acheteur

En cas de vente, l’acquéreur peut parfois reprendre votre hypothèque aux conditions en vigueur. Si votre taux est inférieur au marché actuel, cela devient même un argument de vente. Si votre taux est supérieur, l’acheteur négociera une compensation sur le prix.

Attendre l’échéance

L’option la plus simple, souvent négligée. Si votre contrat arrive à échéance dans dix-huit mois, patienter coûte généralement moins cher que résilier, même avec un taux actuel défavorable.

💡 Le bon réflexe : commencez à comparer six à douze mois avant l’échéance de votre contrat. Vous renégociez alors sans aucune pénalité, en position de force, plutôt que dans l’urgence à quelques semaines du terme.

Les autres frais de sortie et de changement

Au-delà de la pénalité, plusieurs postes s’ajoutent et sont rarement annoncés.

  • Frais de dossier de la banque sortante, généralement de quelques centaines à un millier de francs
  • Frais de transfert ou de constitution de cédule hypothécaire si vous changez d’établissement, avec des émoluments de registre foncier
  • Frais d’estimation du bien exigés par le nouveau prêteur, souvent plusieurs centaines de francs
  • Frais de radiation si vous soldez définitivement votre hypothèque

Ces frais sont modestes individuellement, mais ils s’additionnent et sont systématiquement omis des comparaisons de taux. Un écart de taux apparemment favorable peut être absorbé en grande partie par ces postes sur une durée courte.

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Le recours que personne ne connaît

Si vous contestez le montant réclamé, un médiateur gratuit existe.

L’Ombudsman des banques suisses est une instance de médiation indépendante, gratuite pour le client, compétente pour les litiges avec un établissement bancaire suisse.

Un cas documenté par cette instance illustre son utilité : une cliente contrainte au remboursement anticipé lors d’un départ à l’étranger s’était vu réclamer environ 7’000 CHF. Après réclamation, la banque a ramené le montant à 4’000 CHF.

Deux points valent la peine d’être vérifiés avant de payer :

Votre contrat autorise-t-il la banque à exiger le remboursement ? Si c’est elle qui impose la résiliation, elle doit pouvoir invoquer un motif de résiliation extraordinaire prévu contractuellement. Ce n’est pas toujours le cas.

Le calcul est-il justifié en détail ? Demandez le détail du taux de réinvestissement retenu et de la méthode appliquée. Une banque qui ne peut pas justifier son calcul poste par poste est en position moins confortable.

⚠️ La pénalité reste néanmoins rarement négociable sur le fond. Le recours porte plutôt sur la légitimité de la résiliation imposée ou sur des erreurs de calcul, pas sur le principe même de l’indemnité.

En résumé : trois points clés

  1. La déductibilité fiscale dépend de ce que vous faites après. Recontracter chez la même banque rend la pénalité déductible du revenu. Partir chez un concurrent ne le permet généralement pas.
  2. Cet écart peut inverser la décision. Sur notre exemple, la même opération dégage +6’500 CHF en restant et −7’500 CHF en partant. Un concurrent doit donc proposer nettement mieux, pas juste un peu mieux.
  3. Le meilleur moment pour renégocier est six à douze mois avant l’échéance, quand aucune pénalité n’est due et que vous négociez sans contrainte de temps.

Conclusion

Les frais qu’on anticipe sont ceux de l’achat. Ceux qui font mal sont ceux de la sortie, parce qu’ils n’apparaissent nulle part au moment de la signature et qu’ils surviennent presque toujours dans un contexte subi : une vente imprévue, un départ, une séparation, ou simplement l’envie de profiter de meilleures conditions.

Sur ce dernier point, le mécanisme fiscal que nous venons de détailler crée une asymétrie que peu d’emprunteurs perçoivent : votre banque actuelle est structurellement avantagée dans toute renégociation, non pas parce qu’elle propose de meilleures conditions, mais parce que rester chez elle rend la pénalité déductible.

Savoir cela ne vous oblige pas à rester. Cela vous permet de calculer correctement à partir de quel écart de taux un départ devient réellement rentable, et de négocier avec votre banque actuelle en connaissant sa position.

Compassurance calcule gratuitement votre pénalité réelle, son traitement fiscal dans votre canton, et le seuil à partir duquel un changement d’établissement devient avantageux.

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Pour aller plus loin

FAQ : résilier son hypothèque par anticipation

Comment se calcule la pénalité de remboursement anticipé ?
Deux modèles coexistent. Le plus répandu repose sur le différentiel de taux : Montant × (taux du contrat − taux de réinvestissement) × années restantes Exemple : une hypothèque de 500'000 CHF à 2,8%, avec un taux de réinvestissement de 1,2% et 5 ans restants, donne une pénalité de 40'000 CHF.

Certains établissements appliquent un second modèle, basé uniquement sur la durée restante, indépendamment de l'évolution des taux. 💡 Des frais de dossier s'ajoutent fréquemment, de quelques centaines à un millier de francs.
La pénalité est-elle déductible de mes impôts ?
Cela dépend entièrement de ce que vous faites après avoir résilié. Trois situations :
  • Vous recontractez chez la même banque : qualifiée d'intérêts de la dette, ✅ déductible du revenu
  • Vous vendez le bien : ✅ déductible de l'impôt sur les gains immobiliers
  • Vous partez chez un concurrent : qualifiée de dommages et intérêts, ❌ non déductible
Cette distinction découle d'une décision du Tribunal fédéral, à la suite de laquelle les cantons ont harmonisé leur pratique. ⚠️ Les modalités précises varient selon les cantons. Vérifiez la pratique du vôtre avant de bâtir votre décision sur ce point.
Pourquoi partir chez un concurrent coûte-t-il plus cher ?
Parce que vous perdez la déductibilité de la pénalité. Sur une pénalité de 40'000 CHF avec un taux marginal de 35% :
  • Vous restez : économie d'impôt de 14'000 CHF, coût net de 26'000 CHF
  • Vous partez : aucune économie d'impôt, coût net de 40'000 CHF
Sur un exemple où le changement de taux rapporte 32'500 CHF sur 5 ans, l'opération dégage +6'500 CHF en restant et −7'500 CHF en partant. La même opération, avec la même pénalité, devient déficitaire. 💡 Cela ne signifie pas qu'il faut toujours rester. Cela signifie qu'un concurrent doit proposer un taux nettement meilleur, pas juste légèrement meilleur.
La pénalité est-elle négociable ?
Rarement sur le fond. Contrairement à la marge d'un taux, la banque ne réalise pas de bénéfice sur cette indemnité : elle répercute une perte réelle, puisqu'elle est elle-même engagée sur le marché des capitaux pour la durée de votre contrat.

Ce qui peut en revanche être contesté, c'est la légitimité de la résiliation si c'est la banque qui l'impose, ou une erreur dans le calcul. Demandez systématiquement le détail du taux de réinvestissement retenu et de la méthode appliquée.
Existe-t-il un recours si je conteste le montant ?
Oui. L'Ombudsman des banques suisses est une instance de médiation indépendante, gratuite pour le client, compétente pour les litiges avec un établissement bancaire suisse.

Un cas documenté par cette instance illustre son utilité : une cliente contrainte au remboursement anticipé lors d'un départ à l'étranger s'était vu réclamer environ 7'000 CHF. Après réclamation, la banque a ramené le montant à 4'000 CHF. ⚠️ Le recours porte plutôt sur la légitimité d'une résiliation imposée ou sur des erreurs de calcul, pas sur le principe même de l'indemnité.
Peut-on éviter la pénalité ?
Trois voies existent :
  • Transférer l'hypothèque sur un autre bien si vous vendez pour racheter, à condition de coordonner les deux opérations et de respecter le taux d'avance applicable au nouvel objet
  • Transmettre l'hypothèque à l'acheteur en cas de vente. Si votre taux est inférieur au marché, cela devient même un argument de vente
  • Attendre l'échéance, souvent l'option la plus simple et la plus économique si le terme approche
💡 Le bon réflexe : comparez six à douze mois avant l'échéance de votre contrat. Vous renégociez alors sans aucune pénalité et sans contrainte de temps.
Y a-t-il une pénalité sur une hypothèque à taux variable ou SARON ?
Taux variable : en principe aucune pénalité, puisque la banque n'est engagée sur aucune durée. C'est la contrepartie d'un taux généralement plus élevé. Certains établissements facturent néanmoins des frais de dossier.

SARON : les pénalités existent mais sont généralement plus faibles, et dépendent de la durée du contrat-cadre plutôt que du taux lui-même.
Toutes les banques appliquent-elles le même montant ?
Non, et les écarts sont considérables. Certaines banques en ligne appliquent une pénalité forfaitaire, parfois de l'ordre de 1'000 CHF, quel que soit le montant de l'hypothèque.

Sur une pénalité classique de 40'000 CHF, l'écart dépasse 39'000 CHF pour une situation identique. C'est donc un critère à examiner au moment de signer, pas seulement au moment de partir.
Quels autres frais s'ajoutent en cas de changement de banque ?
Plusieurs postes rarement annoncés :
  • Frais de dossier de la banque sortante, quelques centaines à un millier de francs
  • Frais de transfert ou de constitution de cédule hypothécaire, avec les émoluments du registre foncier
  • Frais d'estimation du bien exigés par le nouveau prêteur
  • Frais de radiation si vous soldez définitivement l'hypothèque
Individuellement modestes, ils s'additionnent et sont systématiquement omis des comparaisons de taux. Sur une durée courte, ils peuvent absorber une grande partie de l'écart de taux espéré.
Quand faut-il commencer à préparer sa renégociation ?
Six à douze mois avant l'échéance de votre contrat actuel. À ce stade, aucune pénalité n'est due, vous disposez du temps nécessaire pour comparer plusieurs établissements, et vous négociez sans contrainte.

Une renégociation menée dans l'urgence, à quelques semaines du terme, vous place mécaniquement en position de faiblesse face à votre banque actuelle.
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Hypothèque / Immobilier

Hypothèque indépendant : Le paradoxe fiscal

Hypothèque pour indépendant : le paradoxe fiscal qui vous coûte votre financement

Hypothèque pour indépendant en Suisse : trois ans de bilans, calcul du revenu déterminant et paradoxe fiscal

Sommaire :

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⚡ Réponse express : hypothèque et statut d'indépendant

  • Les règles de base ne changent pas : 20% de fonds propres dont 10% durs, charges sous 33%, taux théorique de 5%
  • Ce qui change : la banque exige 3 années de comptes et retient une moyenne, pas votre revenu actuel
  • 🚨 Le paradoxe fiscal : 1'000 CHF de déduction économise 300 CHF d'impôt et coûte 5'500 CHF de capacité d'achat
  • L'effet moyenne pénalise la croissance : jusqu'à 139'000 CHF de budget perdu sur une activité en progression
  • Votre atout : plafond 3ème pilier à 36'288 CHF contre 7'258 CHF pour un salarié
  • La préparation se fait sur 3 ans, pas au moment de chercher le bien

🚨 Le paradoxe que personne ne chiffre

1'000 CHF de déduction fiscale
= 300 CHF d'impôt économisé
mais 5'500 CHF de capacité d'achat perdue

Soit un rapport d'environ 1 pour 18. La banque examine votre bénéfice net, c'est-à-dire précisément le montant que votre optimisation fiscale cherche à réduire.

Cherchez « hypothèque pour indépendant » et vous tomberez principalement sur des articles français. Ils parlent de HCSF, de PTZ, d’Action Logement, de taux d’endettement à 35%. Aucun de ces éléments n’existe en Suisse.

Les sources suisses, elles, traitent l’hypothèque en général sans jamais aborder ce qui change réellement pour un indépendant. Résultat : le sujet le plus déterminant pour un entrepreneur qui veut acheter reste largement non documenté.

Ce guide comble ce vide. Et il commence par le mécanisme le plus contre-intuitif du dossier : votre optimisation fiscale, celle que votre fiduciaire vous recommande à juste titre chaque année, est en train de détruire votre capacité d’emprunt.

Ce qui ne change pas

Les exigences de base sont identiques pour tous les emprunteurs, quel que soit le statut.

Ces règles découlent des directives de l’Association suisse des banquiers, sous supervision de la FINMA :

  • 20% de fonds propres minimum, dont au moins 10% ne provenant pas de votre caisse de pension
  • Charges théoriques sous 33% de votre revenu brut
  • Calcul effectué à un taux théorique d’environ 5%, très supérieur au taux réel du marché
  • Amortissement du deuxième rang sur 15 ans ou jusqu’à la retraite

➡️ Nous détaillons ces mécanismes dans le guide de l’hypothèque en Suisse et dans le calcul de votre capacité d’emprunt.

Le reste de cet article traite uniquement de ce qui diffère pour un indépendant.

Ce qui change : la façon dont votre revenu est établi

C’est le seul point qui diffère, mais il change tout.

Un salarié présente un certificat de salaire et un contrat de travail. La banque lit un chiffre, vérifie sa stabilité, et passe à l’étape suivante.

Un indépendant n’a ni l’un ni l’autre. La banque doit donc reconstituer votre revenu à partir de vos comptes, et elle applique pour cela deux principes qui vous désavantagent structurellement.

Trois années de comptes

La plupart des établissements exigent trois exercices comptables complets. Swissquote l’indique explicitement dans ses conditions : des relevés financiers attestant d’au moins trois années consécutives de revenus issus d’une activité indépendante.

Certains prêteurs acceptent deux exercices, en particulier si un co-emprunteur salarié figure au dossier. Mais trois reste la norme.

Conséquence directe : si vous vous êtes lancé il y a dix-huit mois, votre dossier ne passera dans pratiquement aucun établissement, quelle que soit la qualité de votre activité.

Une moyenne, pas votre revenu actuel

La banque ne retient pas votre dernier exercice. Elle calcule une moyenne pluriannuelle.

L’objectif est de lisser la volatilité inhérente à une activité indépendante. Le raisonnement se défend, mais il produit un effet pervers pour toute activité en croissance.

L’effet de la moyenne sur une activité en croissance

Voici ce que cela donne concrètement pour un indépendant dont l’activité se développe.

ExerciceBénéfice net
Année 160’000 CHF
Année 285’000 CHF
Année 3110’000 CHF
Moyenne retenue par la banque85’000 CHF

Votre revenu réel au moment de la demande est de 110’000 CHF. La banque en retient 85’000 CHF.

 Capacité d’achat
Sur votre revenu actuel (110’000 CHF)environ 611’000 CHF
Sur la moyenne retenue (85’000 CHF)environ 472’000 CHF
Écartenviron 139’000 CHF

Calculs basés sur la règle des 5,5, détaillée dans notre guide du calcul de capacité d’emprunt.

💡 Ce que cela implique pratiquement : plus votre croissance est forte, plus la moyenne vous pénalise. Un indépendant en développement rapide a intérêt à attendre un exercice supplémentaire pour que la moyenne rattrape sa réalité, plutôt que de déposer un dossier trop tôt.

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Le paradoxe fiscal : votre optimisation vous coûte votre maison

C’est le point le plus important de cet article, et le plus mal compris.

Chaque année, votre fiduciaire vous aide à maximiser vos charges déductibles pour réduire votre bénéfice imposable. C’est son travail, et c’est rationnel : moins de bénéfice déclaré, moins d’impôt payé.

Mais la banque lit exactement le même chiffre que le fisc. Ce bénéfice que vous avez soigneusement comprimé est celui sur lequel elle calcule votre capacité d’emprunt.

Le calcul, sur un bénéfice de 120’000 CHF avant optimisation

Déductions supplémentairesRevenu net déclaréImpôt économiséCapacité d’achatCapacité perdue
0 CHF120’000 CHF0 CHF667’000 CHF0 CHF
10’000 CHF110’000 CHF3’000 CHF611’000 CHF56’000 CHF
20’000 CHF100’000 CHF6’000 CHF556’000 CHF111’000 CHF
30’000 CHF90’000 CHF9’000 CHF500’000 CHF167’000 CHF
40’000 CHF80’000 CHF12’000 CHF444’000 CHF222’000 CHF

Économie d’impôt calculée à un taux marginal de 30%. Capacité d’achat selon la règle des 5,5.

Le ratio qui devrait vous arrêter

Chaque 1’000 CHF de déduction supplémentaire vous fait économiser environ 300 CHF d’impôt, une fois, mais vous coûte environ 5’500 CHF de capacité d’achat.

Soit un rapport d’environ 1 à 18.

Sur l’exemple ci-dessus, 40’000 CHF de déductions supplémentaires vous font gagner 12’000 CHF d’impôt et perdre 222’000 CHF de budget immobilier.

⚠️ Ceci n’est pas un plaidoyer contre l’optimisation fiscale. Elle reste pertinente la plupart du temps, et ces déductions correspondent souvent à des dépenses réelles et nécessaires. Le problème n’est pas l’optimisation en soi, c’est de la pratiquer sans savoir qu’elle a ce second effet, puis de découvrir trois ans plus tard que le dossier ne passe pas.

La conséquence pratique

Si un achat immobilier figure dans vos plans à trois ou quatre ans, l’arbitrage doit être posé maintenant.

Les trois exercices que la banque examinera sont ceux que vous êtes en train de construire. Une fois déposés, ils ne se réécrivent pas.

Ce que la banque examine au-delà de votre revenu

Un indépendant n’est pas évalué uniquement sur son bénéfice. La santé de son outil de travail entre dans l’analyse.

Contrairement à un salarié, dont la banque n’examine jamais l’employeur, votre solvabilité personnelle est indissociable de la solidité de votre activité.

Les éléments regardés :

  • La régularité du chiffre d’affaires, plus que son montant absolu. Une activité stable à 90’000 CHF rassure davantage qu’une activité oscillant entre 40’000 et 150’000 CHF.
  • La structure de votre clientèle. Une forte dépendance à un client unique constitue un facteur de risque, exactement comme pour la reconnaissance de votre statut par l’AVS.
  • La santé du bilan. Des fonds propres négatifs, des dettes fournisseurs importantes ou un résultat d’exploitation déficitaire peuvent bloquer un dossier, même avec une rémunération personnelle correcte.
  • Votre secteur d’activité. Certains sont perçus comme structurellement plus volatils que d’autres.
  • L’ancienneté de l’activité, au-delà du minimum de trois ans.

💡 Un levier souvent négligé : domicilier vos comptes professionnels auprès de l’établissement que vous sollicitez. La banque lit alors directement vos flux de trésorerie, ce qui remplace une partie de la documentation et renforce considérablement la confiance.

Vos avantages d’indépendant, que personne ne mentionne

Le tableau n’est pas uniquement défavorable. Deux éléments jouent nettement en votre faveur.

Un réservoir de fonds propres cinq fois supérieur

Un indépendant sans 2ème pilier peut verser jusqu’à 20% de son revenu net au 3ème pilier A, avec un plafond de 36’288 CHF par an, contre 7’258 CHF pour un salarié.

Or le 3ème pilier compte comme fonds propres « durs », ceux qui ne peuvent pas provenir de la caisse de pension et qui doivent représenter au moins 10% du prix d’achat.

Sur cinq ans, un indépendant utilisant pleinement ce plafond peut constituer plus de 180’000 CHF de fonds propres durs, là où un salarié plafonnerait autour de 36’000 CHF.

➡️ Constituer ses fonds propres : les 8 sources et leur coût réel

Une capacité de pilotage que le salarié n’a pas

Un salarié subit son revenu. Vous, dans une certaine mesure, vous le pilotez. Vous pouvez décider, sur les trois exercices précédant votre demande, de déclarer davantage de bénéfice, en connaissance de cause.

Cette latitude n’existe pour aucun salarié. Elle a un coût fiscal immédiat, mais elle ouvre une porte que personne d’autre ne peut ouvrir.

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Préparer son dossier : le calendrier à trois ans

La préparation d’un dossier d’indépendant ne se fait pas trois mois avant, mais trois exercices avant.

Trois ans avant l’achat : arbitrez consciemment entre optimisation fiscale et capacité d’emprunt. Chiffrez les deux avant de trancher, plutôt que d’optimiser par réflexe.

Deux ans avant : commencez à alimenter votre 3ème pilier au plafond élargi si ce n’est pas déjà fait. C’est simultanément une déduction fiscale et une constitution de fonds propres durs.

Un an avant : assainissez votre bilan si nécessaire, soldez vos leasings et crédits à la consommation, qui viennent en déduction directe de votre capacité. Domiciliez vos comptes professionnels auprès de l’établissement que vous comptez solliciter.

Six mois avant : rassemblez vos trois derniers bilans et déclarations fiscales, et faites analyser votre dossier avant de le déposer. Un dossier refusé laisse une trace, et un second dépôt part avec un handicap.

Si votre dossier ne passe pas

Un refus n’est pas définitif, et il vient rarement d’un seul facteur.

Attendez un exercice supplémentaire. Si votre activité croît, chaque année qui passe améliore mécaniquement votre moyenne. C’est souvent le levier le plus efficace, et le seul qui ne demande aucun sacrifice.

Ajoutez un co-emprunteur salarié. Un conjoint en contrat à durée indéterminée agit comme un filet de sécurité aux yeux du prêteur. Certains établissements acceptent alors un dossier avec seulement deux exercices.

Changez d’établissement. Les grilles d’analyse varient sensiblement. Les banques régionales et cantonales, dont la culture entrepreneuriale est souvent plus marquée, disposent fréquemment de conseillers capables de lire un bilan au-delà du bénéfice net déclaré.

Renforcez vos fonds propres. Chaque franc supplémentaire d’apport réduit le montant à financer, donc les charges retenues dans le calcul des 33%.

➡️ Les 8 sources de fonds propres mobilisables et leur coût

En résumé : trois points clés

  1. Trois exercices comptables sont la norme, et la banque retient une moyenne, pas votre revenu actuel. Une activité en croissance est structurellement pénalisée : jusqu’à 139’000 CHF de capacité perdue dans notre exemple.
  2. Chaque 1’000 CHF de déduction fiscale supplémentaire économise environ 300 CHF d’impôt mais coûte environ 5’500 CHF de capacité d’achat. Un rapport de 1 à 18 que personne ne calcule.
  3. Votre plafond 3ème pilier à 36’288 CHF est un avantage réel, qui permet de constituer cinq fois plus de fonds propres durs qu’un salarié sur la même période.

Conclusion

Un indépendant qui veut acheter se heurte à un système conçu pour des salariés. Trois exercices exigés, une moyenne qui ignore sa progression, un bilan scruté comme celui d’une entreprise : les règles ne sont pas hostiles, elles sont simplement calibrées sur un autre profil.

Mais la difficulté principale n’est pas là. Elle tient au fait que la décision qui déterminera votre capacité d’emprunt se prend trois ans avant votre demande, au moment où vous arbitrez vos déductions fiscales avec votre fiduciaire, sans que personne ne mentionne ce second effet.

Un salarié ne peut rien piloter. Vous le pouvez, à condition de savoir que la question se pose.

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Pour aller plus loin

FAQ : hypothèque pour indépendant

Combien d'années de comptes faut-il pour obtenir une hypothèque ?
Trois exercices comptables complets constituent la norme. Swissquote l'indique explicitement dans ses conditions : des relevés financiers attestant d'au moins trois années consécutives de revenus issus d'une activité indépendante.

Certains établissements acceptent deux exercices, en particulier lorsqu'un co-emprunteur salarié figure au dossier, mais cela reste une exception. ⚠️ Si vous vous êtes lancé il y a dix-huit mois, votre dossier ne passera dans pratiquement aucun établissement, quelle que soit la qualité de votre activité.
La banque retient-elle mon revenu actuel ou une moyenne ?
Une moyenne pluriannuelle, calculée sur les exercices examinés. L'objectif est de lisser la volatilité propre à une activité indépendante.

Cette méthode pénalise structurellement les activités en croissance. Exemple : une activité passée de 60'000 à 85'000 puis 110'000 CHF est évaluée sur une moyenne de 85'000 CHF, alors que votre revenu réel est de 110'000 CHF. La capacité d'achat passe d'environ 611'000 à 472'000 CHF, soit 139'000 CHF perdus.
Mon optimisation fiscale réduit-elle ma capacité d'emprunt ?
Oui, et dans des proportions que peu de gens mesurent. La banque lit exactement le même bénéfice que le fisc : celui que vous avez soigneusement réduit par vos déductions. 1'000 CHF de déduction = environ 300 CHF d'impôt économisé, mais environ 5'500 CHF de capacité d'achat perdue Soit un rapport d'environ 1 à 18. Sur 40'000 CHF de déductions supplémentaires, vous gagnez 12'000 CHF d'impôt et perdez environ 222'000 CHF de budget immobilier. 💡 Ce n'est pas un argument contre l'optimisation fiscale, qui reste souvent pertinente. C'est un argument pour la pratiquer en connaissance de cause si un achat figure dans vos plans.
Quand faut-il commencer à préparer son dossier ?
Trois exercices avant, pas trois mois avant. Les comptes que la banque examinera sont ceux que vous construisez actuellement, et ils ne se réécrivent pas une fois déposés.
  • Trois ans avant : arbitrez consciemment entre optimisation fiscale et capacité d'emprunt
  • Deux ans avant : alimentez votre 3ème pilier au plafond élargi
  • Un an avant : assainissez votre bilan, soldez leasings et crédits, domiciliez vos comptes professionnels
  • Six mois avant : faites analyser votre dossier avant de le déposer
Un indépendant a-t-il des avantages face à un salarié ?
Oui, deux, et ils sont rarement mentionnés.

Un réservoir de fonds propres cinq fois supérieur. Un indépendant sans 2ème pilier peut verser jusqu'à 36'288 CHF par an au 3ème pilier A, contre 7'258 CHF pour un salarié. Or le 3ème pilier compte comme fonds propres « durs ». Sur cinq ans, cela représente plus de 180'000 CHF constitués, contre environ 36'000 CHF pour un salarié.

Une capacité de pilotage. Un salarié subit son revenu déclaré. Vous pouvez décider, sur les exercices précédant votre demande, de déclarer davantage de bénéfice en connaissance de cause.
Que regarde la banque au-delà de mon revenu ?
Contrairement à un salarié, dont la banque n'examine jamais l'employeur, votre solvabilité est indissociable de la santé de votre activité. Sont examinés :
  • La régularité du chiffre d'affaires, plus que son montant absolu
  • La structure de la clientèle : une forte dépendance à un client unique constitue un risque
  • La santé du bilan : fonds propres négatifs ou résultat déficitaire peuvent bloquer un dossier
  • Le secteur d'activité et son degré de volatilité perçu
  • L'ancienneté, au-delà du minimum de trois ans
💡 Domicilier vos comptes professionnels auprès de l'établissement sollicité lui permet de lire directement vos flux de trésorerie. C'est un levier de confiance souvent négligé.
Les règles de fonds propres sont-elles différentes pour un indépendant ?
Non, elles sont identiques. Vous devez apporter au minimum 20% du prix, dont au moins 10% ne provenant pas de votre prévoyance professionnelle, et vos charges théoriques ne doivent pas dépasser 33% de votre revenu brut, calculées à un taux théorique d'environ 5%.

Ces règles découlent des directives de l'Association suisse des banquiers, sous supervision de la FINMA, et s'appliquent à tous les emprunteurs. Seule la façon d'établir votre revenu diffère.
Que faire si mon dossier est refusé ?
Quatre leviers, du plus simple au plus structurel :
  • Attendre un exercice supplémentaire. Si votre activité croît, chaque année améliore mécaniquement votre moyenne. C'est souvent le plus efficace et le seul sans sacrifice.
  • Ajouter un co-emprunteur salarié. Un conjoint en CDI agit comme filet de sécurité aux yeux du prêteur.
  • Changer d'établissement. Les grilles varient sensiblement, et les banques régionales et cantonales disposent souvent de conseillers capables de lire un bilan au-delà du bénéfice net.
  • Renforcer vos fonds propres. Chaque franc supplémentaire réduit le montant à financer, donc les charges retenues.
⚠️ Faites analyser votre dossier avant de le déposer : un refus laisse une trace, et un second dépôt part avec un handicap.
Les règles françaises que je lis en ligne s'appliquent-elles en Suisse ?
Non, et c'est une confusion très fréquente sur ce sujet. La majorité des articles disponibles en français sur l'hypothèque pour indépendant sont français et mentionnent des dispositifs qui n'existent pas en Suisse : le HCSF et son taux d'endettement à 35%, le prêt à taux zéro (PTZ), Action Logement, les catégories BIC et BNC.

En Suisse, le cadre est fixé par les directives de l'Association suisse des banquiers : 20% de fonds propres, 33% de taux d'effort, calcul à un taux théorique d'environ 5%.
Mes leasings et crédits réduisent-ils ma capacité ?
Oui, directement. Un leasing automobile, un crédit à la consommation ou une pension alimentaire viennent en déduction de votre capacité, exactement comme pour un salarié.

Pour un indépendant, ces engagements ont toutefois un poids supplémentaire : ils s'ajoutent à une lecture déjà prudente de votre revenu. Solder ce qui peut l'être avant de déposer votre dossier est l'un des gestes les plus rentables de la préparation.
Fares – Expert 2e Pilier

Julien de Compassurance.ch – Expert en Assurance en Suisse !

10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

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Hypothèque / Immobilier

Achat immobilier : les 5 impôts qui changent (2026)

Impact fiscal d'un achat immobilier : les 5 impôts concernés, et ce que Genève a changé en 2025

Impact fiscal d'un achat immobilier en Suisse : les 5 impôts concernés et la réforme LEFI à Genève depuis 2025

Sommaire :

comparatif lamal 2025

⚡ Réponse express : ce que l'achat change à vos impôts

  • 5 impôts touchés à Genève, pas seulement la valeur locative
  • L'impôt sur la fortune baisse souvent : le bien entre à sa valeur fiscale, la dette est déductible
  • 🇬🇪 LEFI depuis 2025 : valeur fiscale des villas/PPE +12%, barème fortune −15%, impôt complémentaire divisé par 5
  • La majoration de 12% est contestable si le bien n'a pas pris autant de valeur
  • Valeur fiscale Vaud : 80% de la moyenne rendement/vénale, souvent 54 à 61% du prix payé
  • La valeur locative s'éteint au 1er janvier 2029 et s'applique intégralement d'ici là

Les 5 impôts concernés (Genève)

ImpôtQuandEffet de l'achat
Droits de mutationÀ l'acquisition, une foisCoût immédiat, 3 à 5% du prix
Impôt sur la fortuneChaque annéeSouvent à la baisse
Impôt sur le revenuChaque annéeÀ la hausse via la valeur locative, atténué
Impôt immobilier complémentaireChaque année0,2‰ pour résidence principale (÷5 depuis 2025)
Gains immobiliersÀ la reventeDifféré, dégressif selon la durée

Quand on évoque la fiscalité immobilière suisse, la conversation se réduit presque toujours à la valeur locative, cette particularité qui fait déclarer un loyer que l’on ne perçoit pas.

C’est une pièce sur cinq. Un achat immobilier modifie simultanément votre impôt sur la fortune, votre impôt sur le revenu, déclenche un impôt ponctuel à l’acquisition, en programme un autre pour la revente, et s’accompagne à Genève d’un impôt immobilier complémentaire.

Et si vous êtes propriétaire dans le canton de Genève, une réforme entrée en vigueur en janvier 2025 a modifié la base même du calcul. La plupart des articles disponibles en ligne ne l’ont pas encore intégrée.

Les cinq impôts concernés

ImpôtQuandEffet de l’achat
Droits de mutationÀ l’acquisition, une foisCoût immédiat, 3 à 5% du prix avec les autres frais
Impôt sur la fortuneChaque annéeSouvent à la baisse
Impôt sur le revenuChaque annéeÀ la hausse via la valeur locative, atténué par les déductions
Impôt immobilier complémentaireChaque année (Genève)0,2‰ de la valeur fiscale pour une résidence principale
Gains immobiliersÀ la reventeDifféré, dégressif selon la durée de détention

Les impôts annuels sont ceux qui pèsent réellement, puisqu’ils se répètent pendant des décennies. Les deux impôts ponctuels sont importants mais isolés.

L’impôt sur la fortune : pourquoi il baisse souvent

Un effet contre-intuitif mais bien documenté, dû à la combinaison de deux mécanismes.

Intuitivement, acquérir un bien à un million devrait augmenter la fortune imposable d’un million. Ce n’est pas ce qui se produit, pour deux raisons qui se cumulent.

Premier mécanisme : le bien n’entre pas à son prix d’achat. Il est déclaré à sa valeur fiscale, déterminée par le canton et généralement inférieure au prix payé.

Second mécanisme : la dette est déductible. Vos dettes viennent en déduction de votre fortune imposable. Une hypothèque de 800’000 CHF réduit donc votre fortune imposable du même montant.

Ce que ça donne concrètement

Situation de départ : 250’000 CHF de liquidités, donc 250’000 CHF de fortune imposable.

Après l’achat d’un bien à 1’000’000 CHF avec 200’000 CHF de fonds propres et 800’000 CHF d’hypothèque :

Valeur fiscale retenueBien déclaréDette déductibleFortune netteVariation
100% du prix+1’000’000−800’000200’000 CHF−50’000 CHF
80% du prix+800’000−800’0000 CHF−250’000 CHF
70% du prix+700’000−800’000−100’000 CHF−350’000 CHF

Lorsque la valeur fiscale descend sous le montant de la dette, la position devient négative et vient réduire vos autres éléments de fortune.

💡 C’est la logique du système, pas une astuce. Vous êtes imposé sur votre fortune nette, et une dette est une fortune négative. C’est aussi l’une des raisons structurelles pour lesquelles le système suisse ne pousse pas à rembourser son hypothèque.

L’effet inverse existe aussi. Si vous vendez votre bien et soldez votre hypothèque, vous perdez cette déduction et votre impôt sur la fortune augmente, parfois fortement, surtout si la valeur fiscale de votre bien était très basse par rapport à son prix de vente.

Genève : ce que la LEFI a changé depuis janvier 2025

C’est la réforme dont presque aucun article en ligne ne parle, alors qu’elle est en vigueur depuis plus d’un an et qu’elle modifie la base du calcul.

Le contexte : une estimation qui datait de 1964

À Genève, la dernière estimation individuelle des immeubles non locatifs, c’est-à-dire des villas et des appartements en PPE, s’est achevée en 1964. Elle était valable dès 1965 pour dix ans, puis a été reconduite avec des majorations linéaires successives, la dernière étant de 7% dès 2019.

Résultat : les valeurs fiscales genevoises étaient devenues largement inférieures à la valeur vénale, en contradiction avec le droit fédéral, qui exige que l’estimation fiscale se rapproche autant que possible de la valeur de marché.

Ce que prévoit la loi

La loi 13030 sur l’estimation fiscale de certains immeubles (LEFI) a été acceptée en votation populaire genevoise le 18 juin 2023. Son application a été temporairement suspendue suite à un recours, rejeté par la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

MesureEffet
Valeur fiscale des villas et PPEMajorée de 12% dès la période fiscale 2025
Indexation annuelleDès 2026, selon l’indice genevois des prix à la consommation, plafonnée à 1% par an
Barème de l’impôt sur la fortuneBaisse linéaire de 15%
Impôt immobilier complémentairePasse de 1‰ à 0,2‰ pour une résidence principale détenue par une personne physique
Impôt sur les gains immobiliersPasse de 0% à 2% pour les biens détenus depuis plus de 25 ans
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L’exception qu’il faut connaître

Les immeubles dont la valeur fiscale a été déterminée après le 31 décembre 2014 ne sont pas concernés par la majoration de 12% (art. 4 LEFI).

Concrètement : si vous avez acheté récemment, ou si votre bien a fait l’objet d’une estimation individuelle, d’une donation ou d’une succession dans cette période, la majoration ne vous concerne pas.

L’effet net : plus favorable qu’il n’y paraît

La majoration de 12% inquiète, mais elle est compensée. Le barème de l’impôt sur la fortune baisse simultanément de 15%.

Sur une base mécanique : une base imposable majorée de 12% multipliée par un barème réduit de 15% donne un résultat inférieur d’environ 5% à la situation antérieure.

À cela s’ajoute la division par cinq de l’impôt immobilier complémentaire, qui contribue significativement à la baisse de la facture globale.

Des simulations réalisées par des fiduciaires genevoises concluent que l’effet net est plutôt positif pour les propriétaires, et d’autant plus favorable que la fortune imposable est importante et composée de fortune immobilière, en raison de la progressivité du barème.

⚠️ Ces simulations ne remplacent pas un calcul sur votre situation. L’effet dépend de votre niveau de fortune, de la part immobilière dans celle-ci, de votre endettement et de la date d’estimation de votre bien. Certains profils y perdent.

Vous pouvez contester la majoration

Un point que presque personne ne mentionne : si vous estimez que votre bien n’a pas pris autant de valeur, vous pouvez réclamer une réduction voire une suppression de la revalorisation de 12%.

La démarche s’effectue dès réception du courrier de l’administration, qui communique la valeur fiscale de votre bien avant le 31 mars de chaque année.

Comment se calcule la valeur fiscale

À Genève : trois couches à empiler depuis 2025

Le calcul genevois n’est plus une simple dégressivité. Il combine désormais trois éléments :

  1. La valeur fiscale de base, issue de la dernière estimation ou du prix d’acquisition
  2. La majoration LEFI de 12%, sauf exception (bien estimé après le 31.12.2014)
  3. L’abattement pour durée d’occupation : 4% par année d’occupation continue, plafonné à 40%

Exemple sur un bien dont la valeur fiscale de base est de 1’000’000 CHF :

Durée d’occupationAprès majoration LEFIAbattementValeur fiscale finale
À l’acquisition1’120’000 CHF0%1’120’000 CHF
Après 5 ans1’120’000 CHF20%896’000 CHF
Après 10 ans1’120’000 CHF40%672’000 CHF

S’y ajoute, dès 2026, une indexation annuelle plafonnée à 1%.

Dans le canton de Vaud : deux valeurs à moyenner

La méthode vaudoise repose sur deux évaluations distinctes.

La valeur de rendement part du loyer que le bien pourrait générer, divisé par un taux de capitalisation situé entre 6% et 9%.

La valeur vénale correspond à la valeur de marché.

La valeur fiscale est égale à 80% de la moyenne de ces deux valeurs.

Exemple pour un bien acheté 770’000 CHF, avec un loyer potentiel de 24’000 CHF par an :

Taux de capitalisationValeur de rendementMoyenne avec la vénaleValeur fiscale (80%)Part du prix payé
6%400’000 CHF585’000 CHF468’000 CHF61%
7,5%320’000 CHF545’000 CHF436’000 CHF57%
9%266’667 CHF518’333 CHF414’667 CHF54%

⚠️ Vous n’avez pas à effectuer ces calculs. C’est l’autorité fiscale qui détermine votre valeur fiscale et vous la communique. Ces méthodes servent à anticiper l’ordre de grandeur avant l’achat et à vérifier la cohérence de ce qui vous est notifié.

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L’impôt sur le revenu : la valeur locative

La particularité suisse la plus critiquée, et celle qui vit ses dernières années.

La valeur locative est un revenu fictif : le loyer que vous pourriez percevoir si vous louiez votre bien. Il s’ajoute à vos revenus réels et augmente votre revenu imposable, alors que vous habitez le logement.

Les facteurs qui la déterminent

À la hausse : la surface du logement, qui est le facteur le plus déterminant, une construction récente ou rénovée, une maison individuelle plutôt qu’un appartement en PPE, une situation privilégiée (vue, ensoleillement), une commune à coefficient élevé.

À la baisse : un bâtiment ancien, un appartement en PPE ou une maison mitoyenne, des nuisances sonores ou un inconfort manifeste, une commune à coefficient bas, et la durée d’occupation.

Les ordres de grandeur et l’indexation

Pour un logement de 77 m2, la valeur locative de base avoisine 13’000 CHF par an dans le canton de Vaud et peut atteindre 17’200 CHF à Genève selon la commune.

Ces montants de base sont ensuite indexés. À Genève, l’indexation appliquée pour la période fiscale 2025 est de 125,3%, sur une base 100 établie en 2007. Attention aux articles qui citent encore des taux d’indexation plus anciens : ce coefficient est révisé.

Deux précisions techniques importantes :

  • L’assiette diffère entre impôt fédéral et impôt cantonal. Dans le canton de Vaud, la Confédération retient 90% de la valeur locative calculée, l’impôt cantonal et communal 65%.
  • Pour un bien situé dans un pays qui ne connaît pas la valeur locative, un montant de 4,5% de la valeur de l’immeuble est retenu.

⚠️ Aucun calcul personnel n’est opposable à l’administration. Les barèmes de surface, coefficients communaux et grilles d’aménagement évoluent et ne sont pas tous publics. Ces éléments donnent un ordre de grandeur, pas un résultat contractuel.

Les déductions qui compensent

Trois catégories de déductions atténuent l’effet de la valeur locative.

Les intérêts hypothécaires sont intégralement déductibles de votre revenu imposable. C’est la contrepartie principale, et la raison pour laquelle un endettement élevé reste fiscalement rationnel dans le système actuel.

Les frais d’entretien sont déductibles, avec un choix annuel entre les frais effectifs, si vos dépenses réelles sont importantes, et un forfait dépendant de l’âge du bâtiment. Le choix se fait chaque année, sans engagement.

Les versements d’amortissement indirect, s’ils passent par un 3ème pilier, ouvrent une déduction supplémentaire dans la limite du plafond légal.

➡️ Amortissement direct ou indirect : le vrai calcul et le piège du plafond 3a

💡 Le mécanisme d’ensemble : pour un propriétaire fortement endetté, le solde entre valeur locative et déductions est souvent proche de zéro. Pour un propriétaire peu endetté ou sans hypothèque, la valeur locative pèse sans contrepartie.

Le calendrier : ce système s’éteint en 2029

Le 28 septembre 2025, l’électorat suisse a approuvé la suppression de la valeur locative, effective au 1er janvier 2029. La réforme emporte également la déduction des intérêts hypothécaires et celle des frais d’entretien, avec une exception pour les primo-accédants.

Jusqu’au 31 décembre 2028, le système décrit ici s’applique intégralement.

Une conséquence pratique immédiate : si vous envisagez des travaux d’entretien ou de rénovation, les réaliser avant le changement de système permet encore d’en déduire le coût.

➡️ Devenir propriétaire en Suisse : ce que la réforme de 2029 change

En résumé : trois points clés

  1. Cinq impôts sont concernés, et celui qui pèse le plus lourd sur la durée, l’impôt sur la fortune, joue le plus souvent en faveur du propriétaire endetté.
  2. À Genève, la LEFI a modifié la base du calcul depuis janvier 2025 : valeur fiscale des villas et PPE majorée de 12%, barème de l’impôt sur la fortune réduit de 15%, impôt immobilier complémentaire divisé par cinq. La majoration peut être contestée.
  3. La valeur locative disparaît au 1er janvier 2029. Les travaux déductibles ont donc intérêt à être réalisés pendant la période transitoire.

Conclusion

La fiscalité immobilière suisse est réputée complexe, et elle l’est. Mais l’essentiel de cette complexité ne réside pas dans la valeur locative, qui est simplement mal comprise et bientôt supprimée. Elle réside dans le fait que chaque canton applique ses propres méthodes d’estimation, et que ces méthodes changent.

Genève en est l’illustration : une estimation qui datait de 1964, une réforme votée en 2023, suspendue par un recours, entrée en vigueur en 2025, avec une indexation annuelle qui démarre en 2026. La plupart des contenus disponibles en ligne n’ont pas intégré ces changements.

C’est précisément pourquoi le calcul mérite d’être fait sur votre situation réelle, avec les paramètres en vigueur, plutôt que sur des règles générales qui ont pu évoluer.

Compassurance simule gratuitement l’impact fiscal complet de votre projet ou de votre situation actuelle, sur les cinq impôts concernés, en intégrant les règles cantonales à jour et l’échéance de 2029.

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Pour aller plus loin

FAQ : impact fiscal d'un achat immobilier

Combien d'impôts un achat immobilier déclenche-t-il en Suisse ?
Cinq, à Genève. Les droits de mutation à l'acquisition (une fois, 3 à 5% du prix avec les autres frais), l'impôt sur la fortune chaque année (souvent à la baisse), l'impôt sur le revenu chaque année (valeur locative moins déductions), l'impôt immobilier complémentaire genevois chaque année, et l'impôt sur les gains immobiliers à la revente.

Les impôts annuels sont ceux qui comptent le plus : ils se répètent pendant des décennies.
Acheter un bien immobilier augmente-t-il mon impôt sur la fortune ?
Le plus souvent, c'est l'inverse. Deux effets se cumulent : votre bien n'est pas déclaré au prix payé mais à sa valeur fiscale, généralement inférieure, et votre dette hypothécaire est intégralement déductible de la fortune imposable.

Exemple : avec 250'000 CHF de liquidités, vous achetez un bien à 1'000'000 CHF (dette de 800'000 CHF). Si la valeur fiscale retenue est de 80% du prix, votre fortune imposable passe de 250'000 CHF à zéro. ⚠️ L'effet inverse existe aussi : si vous vendez et soldez votre hypothèque, vous perdez cette déduction et votre impôt sur la fortune peut augmenter.
Qu'est-ce que la LEFI à Genève ?
La loi sur l'estimation fiscale de certains immeubles, entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Elle majore de 12% la valeur fiscale des villas et appartements en PPE, en contrepartie d'une baisse de 15% du barème de l'impôt sur la fortune et d'une division par cinq de l'impôt immobilier complémentaire (de 1‰ à 0,2‰ pour une résidence principale).

Elle répond au fait que la dernière estimation individuelle des immeubles genevois datait de 1964.
La LEFI est-elle défavorable aux propriétaires genevois ?
Pas nécessairement. La majoration de 12% de la base imposable est compensée par la baisse de 15% du barème, ce qui donne un effet net légèrement négatif sur ce seul calcul (environ −5%). Mais la division par cinq de l'impôt immobilier complémentaire contribue significativement à réduire la facture globale.

Des simulations réalisées par des fiduciaires genevoises concluent que l'effet net est plutôt positif, d'autant plus que la fortune imposable est importante et composée de fortune immobilière.
Puis-je contester la majoration de 12% de la LEFI ?
Oui. Si vous estimez que votre bien n'a pas pris autant de valeur, vous pouvez réclamer une réduction voire une suppression de la revalorisation de 12%. La démarche s'effectue dès réception du courrier de l'administration, qui communique la valeur fiscale de votre bien avant le 31 mars de chaque année.
Tous les biens genevois sont-ils concernés par la majoration de 12% ?
Non. L'article 4 de la LEFI prévoit une exception : les immeubles dont la valeur fiscale a été déterminée après le 31 décembre 2014 ne sont pas concernés par la majoration. Cela couvre notamment les biens récemment achetés, estimés individuellement, ou ayant fait l'objet d'une donation ou d'une succession dans cette période.
Comment se calcule la valeur fiscale à Genève depuis 2025 ?
En trois étapes : la valeur fiscale de base (dernière estimation ou prix d'acquisition), la majoration LEFI de 12% sauf exception, puis l'abattement pour durée d'occupation de 4% par an, plafonné à 40%.

Exemple sur une base de 1'000'000 CHF : après majoration, 1'120'000 CHF. Après 10 ans d'occupation (abattement max de 40%), la valeur fiscale finale est de 672'000 CHF. Dès 2026, une indexation annuelle plafonnée à 1% s'ajoute.
Comment se calcule la valeur fiscale dans le canton de Vaud ?
On détermine la valeur de rendement (loyer potentiel divisé par un taux de capitalisation de 6 à 9%) et la valeur vénale (valeur de marché). La valeur fiscale correspond à 80% de la moyenne de ces deux montants.

Exemple : bien acheté 770'000 CHF avec un loyer potentiel de 24'000 CHF par an. Selon le taux retenu, la valeur fiscale ressort entre 414'667 et 468'000 CHF, soit 54 à 61% du prix payé.
Qu'est-ce que la valeur locative et pourquoi la paie-t-on ?
C'est un revenu fictif : le loyer que vous pourriez théoriquement percevoir si vous louiez votre bien. Il s'ajoute à vos revenus réels et augmente votre revenu imposable, alors même que vous habitez le logement.

Pour un logement de 77 m2, la valeur locative de base avoisine 13'000 CHF par an dans le canton de Vaud et jusqu'à 17'200 CHF à Genève. Elle est ensuite indexée : le coefficient officiel pour la période fiscale 2025 à Genève est de 125,3%. ⚠️ Méfiez-vous des sources qui citent un coefficient d'indexation différent : il est révisé chaque année.
Faut-il faire ses travaux de rénovation avant 2029 ?
C'est une considération à intégrer. La déduction des frais d'entretien et de rénovation reste applicable jusqu'au 31 décembre 2028, puis disparaît avec le changement de système au 1er janvier 2029.

Si vous envisagez des travaux, les réaliser pendant la période transitoire permet encore d'en déduire le coût. 💡 Voir notre guide sur ce que la réforme de 2029 change pour les propriétaires.
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