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Acheter à deux sans être mariés : ce qui se passe vraiment si l'un décède

Acheter à deux sans être mariés en Suisse : formes de propriété, succession et protection du partenaire survivant

Sommaire :

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⚡ Réponse express : acheter à deux sans être mariés

  • 🚨 Un concubin n'est pas héritier légal. Sans disposition, il ne reçoit rien
  • ⚠️ Le contrat de concubinage ne règle pas la succession, seulement les charges et la séparation
  • Au décès, les héritiers légaux deviennent copropriétaires avec le survivant
  • Ils peuvent exiger la vente : le survivant peut devoir quitter son logement
  • L'AVS ne verse aucune rente de veuve ou de veuf aux concubins
  • ✅ La protection tient en trois couches, dont une assurance décès à quelques centaines de francs par an

L'erreur la plus répandue

« Pour qu'elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. »

Source : La Mobilière

Acheter à deux quand on n’est pas mariés fonctionne exactement comme pour un couple marié : mêmes exigences de fonds propres, même calcul de capacité, mêmes taux.

La différence n’apparaît qu’après. Elle ne concerne ni le financement ni la banque, mais ce qui se produit le jour où l’un des deux disparaît. Et à ce moment-là, le droit suisse ne prévoit à peu près rien pour vous.

Un concubin n’est pas un héritier

C’est le point de départ, et il est sans nuance.

Le droit suisse ne reconnaît aucun droit successoral entre concubins. Peu importe la durée de la vie commune, l’existence d’enfants communs, ou la contribution financière de chacun au bien.

Sans disposition de votre part, le survivant ne reçoit rien. Le patrimoine du défunt revient à ses héritiers légaux : ses enfants d’abord, puis ses parents, puis ses frères et sœurs.

Trois autres conséquences, souvent découvertes trop tard :

  • L’AVS ne verse aucune rente de veuve ou de veuf à un concubin survivant
  • La caisse de pension ne verse rien automatiquement, contrairement au conjoint marié
  • Le 3ème pilier ne revient pas automatiquement au partenaire

Le contrat de concubinage ne suffit pas

C’est l’erreur la plus répandue, et La Mobilière le formule sans détour :

« Pour qu’elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. »

Le contrat de concubinage est utile, il est même recommandé. Mais il règle un périmètre précis, et la succession n’en fait pas partie.

Ce que le contrat de concubinage règleCe qu’il ne règle pas
Qui paie les intérêts hypothécaires et dans quelle proportionQui hérite du bien au décès
La répartition des frais d’entretien et de rénovation❌ Les droits successoraux du survivant
La procédure en cas de séparation❌ La position face aux héritiers légaux
Qui reprend le bien si les deux le veulent❌ Le versement d’une prestation de survivant
La répartition du bénéfice en cas de vente 

⚠️ Beaucoup de couples signent un contrat de concubinage et considèrent le sujet réglé. Ils ont sécurisé la séparation et laissé le décès entièrement ouvert, alors que c’est le scénario aux conséquences les plus lourdes.

Les trois formes de propriété, et ce qu’elles impliquent

Le choix se fait chez le notaire, il est structurant, et il est difficile à modifier ensuite.

La propriété exclusive

Une seule personne est inscrite au registre foncier. L’autre partenaire n’a aucun droit sur le bien, même s’il a participé au financement.

Swiss Life est explicite sur ce point : en cas de litige, le partenaire non inscrit n’a aucun droit, même en présence d’enfants communs ou d’une contribution substantielle à l’entretien du ménage.

À éviter dans la quasi-totalité des situations de couple, sauf configuration très particulière et toujours accompagnée de dispositions écrites.

La copropriété

Les deux partenaires sont inscrits au registre foncier, avec des quotes-parts définies. Chacun possède une fraction identifiée du bien, proportionnelle à sa contribution ou à ce qui a été convenu.

C’est la forme la plus courante et généralement la plus adaptée aux couples non mariés, parce qu’elle rend la répartition transparente et vérifiable.

Le copropriétaire dispose en outre d’un droit de préemption légal, ce qui constitue une protection réelle si l’autre part cède sa quote-part.

La propriété commune

Les deux partenaires possèdent le bien à parts égales, indépendamment de leur contribution financière réelle. Aucune quote-part n’est définie, et toute décision, à commencer par une vente, requiert l’accord des deux.

Si l’un finance 80% et l’autre 20%, chacun possède la moitié. C’est une forme rarement retenue hors mariage, précisément à cause de cet effet.

⚠️ Une divergence entre sources sur l’accès à la prévoyance. Certaines indiquent que le versement anticipé du 2ème pilier et du 3a est possible en copropriété mais pas en propriété commune. D’autres affirment l’inverse, ou que les deux formes le permettent dès lors que chacun mobilise ses propres avoirs.

Vérifiez ce point auprès de votre caisse de pension et de votre notaire avant de choisir la forme de propriété, car il peut déterminer la faisabilité même de votre financement.

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Ce qui se passe concrètement au décès

Voici la chaîne complète, celle qu’aucune source ne déroule jusqu’au bout.

1. Le survivant n’hérite pas de la part du défunt. Il conserve uniquement la sienne.

2. Les héritiers légaux entrent dans la copropriété. Les enfants du défunt, ou à défaut ses parents, ou à défaut ses frères et sœurs, deviennent copropriétaires du logement aux côtés du survivant.

3. Ces héritiers peuvent vouloir sortir. Ils n’ont aucun lien avec ce logement, et souvent aucun intérêt à y rester engagés.

4. Le survivant doit racheter leur part. S’il ne dispose pas des liquidités nécessaires, il ne peut pas.

5. La vente devient inévitable. Le survivant quitte le logement qu’il a contribué à financer, parfois pendant des années.

⚠️ Le scénario le plus difficile n’est pas un conflit familial. Il survient même avec des héritiers de bonne foi : les parents du défunt n’ont simplement pas vocation à rester copropriétaires d’un appartement pendant vingt ans, et ils ont besoin de récupérer leur part.

Les trois couches de protection

Aucune ne suffit seule. C’est leur combinaison qui protège réellement.

Couche 1 : le testament ou le pacte successoral

Il permet d’attribuer au partenaire tout ou partie de votre patrimoine, mais dans la limite de la quotité disponible.

Les parts réservataires de vos héritiers légaux restent intangibles. Si vous avez des enfants, ou des parents vivants, vous ne pouvez pas tout attribuer à votre partenaire.

Un pacte successoral, signé devant notaire avec l’accord des héritiers concernés, offre davantage de sécurité qu’un testament unilatéral, mais suppose leur consentement.

Couche 2 : les clauses bénéficiaires de prévoyance

Votre 2ème pilier et votre 3ème pilier peuvent désigner votre partenaire, mais sous conditions strictes.

ÉlémentCondition
Caisse de pension (2ème pilier)Déclaration du partenaire comme bénéficiaire, généralement 5 ans de vie commune ou un enfant commun
Pilier 3aMême logique : désignation, et 5 ans de vie commune ou enfant commun

🚨 Le point qui piège : la plupart des règlements de caisse exigent une déclaration faite du vivant. Si vous ne l’avez pas déposée, la condition n’est pas remplie, quelle que soit la durée réelle de votre vie commune.

Vérifiez dès maintenant le règlement de votre caisse de pension et l’ordre des bénéficiaires de votre 3ème pilier. Cette démarche prend une heure et ne coûte rien.

Couche 3 : l’assurance décès, celle qui débloque tout

C’est la pièce que les deux premières ne peuvent pas remplacer.

Le testament et les clauses bénéficiaires transmettent ce que vous possédez. Ils ne créent pas les liquidités nécessaires pour racheter la part des héritiers.

Une assurance décès en risque pur verse un capital au bénéficiaire désigné, au décès de l’assuré. Ce capital permet précisément au survivant de racheter la part revenant aux héritiers, et de conserver le logement.

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Deux configurations existent :

  • Une assurance-vie dans le cadre du 3a, avec clause bénéficiaire au partenaire
  • Une assurance décès temporaire en 3b, souscrite pour la durée de l’hypothèque

💡 Le rapport coût-protection est le meilleur du dispositif. Selon les analyses disponibles, une couverture de ce type représente quelques centaines de francs par an. À mettre en regard d’un logement que le survivant devrait sinon quitter.

Le montant à couvrir se calcule simplement : il correspond à la part du bien qui reviendrait aux héritiers, c’est-à-dire à la quote-part du défunt diminuée de ce que le testament peut attribuer au survivant.

Ce qu’il faut faire, dans l’ordre

1. Avant la signature chez le notaire : choisissez la forme de propriété en connaissance de cause, et vérifiez l’accès à vos avoirs de prévoyance selon la forme retenue.

2. Au moment de l’achat : établissez un contrat de concubinage réglant les charges, l’entretien et la procédure en cas de séparation.

3. Immédiatement après : rédigez un testament ou un pacte successoral. C’est l’étape que les couples repoussent systématiquement, et celle qui manque le plus souvent le jour où elle compte.

4. Dans la foulée : déposez la déclaration de partenaire auprès de votre caisse de pension et vérifiez la clause bénéficiaire de votre 3ème pilier.

5. En parallèle : chiffrez le capital décès nécessaire et souscrivez la couverture correspondante.

⚠️ Les étapes 3, 4 et 5 sont celles qu’on remet à plus tard. Elles ne sont ni urgentes ni agréables, et elles n’ont d’utilité que dans un scénario qu’on préfère ne pas envisager. C’est exactement pour cela qu’elles manquent presque toujours.

En résumé : trois points clés

  1. Un concubin n’hérite de rien par défaut. Ni du bien, ni d’une rente AVS, ni automatiquement du 2ème ou du 3ème pilier.
  2. Le contrat de concubinage ne règle pas la succession. Il traite les charges et la séparation, pas le décès. C’est le malentendu le plus répandu.
  3. La protection repose sur trois couches complémentaires : testament, clauses bénéficiaires de prévoyance, et assurance décès. Seule la troisième crée les liquidités permettant au survivant de racheter la part des héritiers.

Conclusion

Un couple marié bénéficie d’un filet automatique : droit successoral, rente de veuve ou de veuf, prestations de la caisse de pension. Un couple non marié ne bénéficie de rien, et doit construire ce filet pièce par pièce.

Ce n’est ni compliqué ni coûteux. Un testament, une déclaration auprès de sa caisse de pension, une clause bénéficiaire, et une couverture décès de quelques centaines de francs par an suffisent à protéger l’essentiel.

Ce qui manque le plus souvent n’est ni le budget ni la volonté, mais le moment. On achète, on emménage, on repousse. Et le dispositif reste incomplet pendant des années, jusqu’au jour où il devrait fonctionner.

Compassurance vérifie gratuitement votre situation de couple non marié, chiffre le capital décès nécessaire pour sécuriser votre logement, et contrôle vos clauses bénéficiaires existantes.

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Pour aller plus loin

FAQ : acheter à deux sans être mariés

Mon partenaire hérite-t-il si nous ne sommes pas mariés ?
Non, rien du tout. Le droit suisse ne reconnaît aucun droit successoral entre concubins, quelle que soit la durée de la vie commune, l'existence d'enfants communs ou la contribution financière de chacun.

Sans disposition écrite, le patrimoine du défunt revient à ses héritiers légaux : ses enfants d'abord, puis ses parents, puis ses frères et sœurs. 🚨 Cela vaut aussi pour l'AVS, qui ne verse aucune rente de veuve ou de veuf à un concubin survivant.
Un contrat de concubinage protège-t-il en cas de décès ?
Non, et c'est le malentendu le plus répandu. La Mobilière le formule sans détour : « Pour qu'elle puisse hériter, vous devriez établir un testament ou un pacte successoral. Le contrat de concubinage ne suffit pas. » Le contrat de concubinage règle les charges, l'entretien et la procédure en cas de séparation. Il ne traite ni la succession, ni les droits du survivant face aux héritiers légaux. 💡 Beaucoup de couples signent un contrat de concubinage et considèrent le sujet réglé. Ils ont sécurisé la séparation et laissé le décès entièrement ouvert.
Que se passe-t-il concrètement si mon partenaire décède ?
La chaîne est la suivante :
  • Vous n'héritez pas de sa part, vous conservez uniquement la vôtre
  • Ses héritiers légaux deviennent copropriétaires du logement avec vous
  • Ces héritiers veulent généralement sortir de cette copropriété
  • Vous devez racheter leur part
  • Sans les liquidités nécessaires, la vente devient inévitable
⚠️ Le scénario le plus fréquent n'est pas un conflit familial. Les parents du défunt n'ont simplement pas vocation à rester copropriétaires d'un appartement pendant vingt ans : ils ont besoin de récupérer leur part.
Quelle forme de propriété choisir ?
Trois formes existent :
  • Propriété exclusive : une seule personne au registre foncier. L'autre n'a aucun droit, même s'il a financé. À éviter sauf configuration très particulière.
  • Copropriété : les deux inscrits avec des quotes-parts définies. La forme la plus courante et généralement la plus adaptée, car la répartition est transparente. Elle ouvre aussi un droit de préemption légal.
  • Propriété commune : les deux possèdent à parts égales indépendamment de leur contribution. Si l'un finance 80%, il possède quand même la moitié. Rarement retenue hors mariage.
Peut-on utiliser son 2ème et son 3ème pilier pour acheter à deux ?
Les sources divergent sur ce point selon la forme de propriété retenue, et il vaut mieux le savoir avant de choisir.

Certaines indiquent que le versement anticipé est possible en copropriété mais pas en propriété commune. D'autres affirment l'inverse, ou que les deux formes le permettent dès lors que chacun mobilise ses propres avoirs. 🚨 Vérifiez ce point auprès de votre caisse de pension et de votre notaire avant de choisir la forme de propriété : il peut déterminer la faisabilité même de votre financement.
Un testament suffit-il à protéger mon partenaire ?
Il aide, mais il ne suffit généralement pas. Un testament permet d'attribuer à votre partenaire tout ou partie de votre patrimoine, mais uniquement dans la limite de la quotité disponible.

Les parts réservataires de vos héritiers légaux restent intangibles. Si vous avez des enfants, ou des parents vivants, vous ne pouvez pas tout attribuer à votre partenaire. 💡 Un pacte successoral, signé devant notaire avec l'accord des héritiers concernés, offre plus de sécurité qu'un testament unilatéral, mais suppose leur consentement.
Mon partenaire peut-il recevoir mon 2ème pilier ou mon 3ème pilier ?
Oui, mais sous conditions strictes.
  • Caisse de pension (2ème pilier) : il faut avoir déclaré le partenaire comme bénéficiaire, avec généralement au moins 5 ans de vie commune ou un enfant commun
  • Pilier 3a : même logique, désignation du partenaire et 5 ans de vie commune ou enfant commun
🚨 La plupart des règlements exigent une déclaration faite du vivant. Sans elle, la condition n'est pas remplie, quelle que soit la durée réelle de votre vie commune. Vérifiez dès maintenant le règlement de votre caisse et l'ordre des bénéficiaires de votre 3ème pilier. La démarche prend une heure et ne coûte rien.
Pourquoi une assurance décès est-elle nécessaire en plus ?
Parce que le testament et les clauses bénéficiaires transmettent ce que vous possédez, mais ne créent pas de liquidités.

Or le survivant a précisément besoin de liquidités pour racheter la part des héritiers et conserver le logement. C'est ce que fait une assurance décès en risque pur : elle verse un capital au bénéficiaire désigné.

Deux configurations existent : une assurance-vie dans le cadre du 3a avec clause bénéficiaire au partenaire, ou une assurance décès temporaire en 3b souscrite pour la durée de l'hypothèque. 💡 Selon les analyses disponibles, une telle couverture représente quelques centaines de francs par an. À mettre en regard d'un logement que le survivant devrait sinon quitter.
Quel capital décès faut-il prévoir ?
Le calcul est simple : le capital doit couvrir la part du bien qui reviendrait aux héritiers, c'est-à-dire la quote-part du défunt diminuée de ce que le testament permet d'attribuer au survivant.

Il faut donc connaître trois éléments : votre quote-part au registre foncier, la valeur actuelle du bien, et la quotité disponible dont vous disposez compte tenu de vos héritiers réservataires.
Dans quel ordre faut-il s'organiser ?
  • Avant le notaire : choisir la forme de propriété et vérifier l'accès à vos avoirs de prévoyance selon cette forme
  • Au moment de l'achat : établir un contrat de concubinage pour les charges et la séparation
  • Immédiatement après : rédiger un testament ou un pacte successoral
  • Dans la foulée : déposer la déclaration de partenaire à votre caisse de pension et vérifier la clause bénéficiaire du 3a
  • En parallèle : chiffrer et souscrire la couverture décès
⚠️ Les trois dernières étapes sont celles qu'on repousse systématiquement. Elles ne sont ni urgentes ni agréables, et n'ont d'utilité que dans un scénario qu'on préfère ne pas envisager. C'est exactement pour cela qu'elles manquent presque toujours.
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