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Transférer son libre passage : la procédure exacte 2026

Transférer ses avoirs de libre passage en Suisse : la procédure exacte, les délais légaux

Transférer ses avoirs de libre passage LPP Suisse 2026 — procédure étape par étape, délais légaux 30 jours et 6 mois, stratégie splitting fiscal et simulation coût inaction

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 Procédure de transfert — documents nécessaires

  • Formulaire de sortie/transfert → à demander à votre ancienne caisse de pension
  • IBAN de votre nouvelle fondation → obtenu en ouvrant le compte de libre passage (gratuit, en ligne)
  • Numéro AVS (13 chiffres) → figurant sur votre carte d'assuré ou vos fiches de salaire
  • Pièce d'identité → pour l'ouverture du compte de libre passage
  • Si splitting → préciser la répartition souhaitée (ex. : 50/50 sur 2 fondations) sur le formulaire de sortie

Vous venez de quitter votre emploi. Ou vous êtes au chômage. Ou vous partez travailler à l’étranger. Dans tous ces cas, votre caisse de pension va vous envoyer un courrier avec une question qui semble anodine : où souhaitez-vous transférer votre avoir du 2ème pilier ?

Ce moment précis  quelques jours après la fin de votre contrat  est le plus important de votre gestion de prévoyance. Parce que la décision que vous prenez ici (ou que vous ne prenez pas) peut valoir des dizaines de milliers de francs à votre retraite.

Voici ce que les autres guides ne calculent pas : un avoir de 100 000 CHF laissé à la Fondation institution supplétive LPP à 0,05 %/an pendant 25 ans devient 101 260 CHF. Le même montant dans une fondation investie à 6 %/an annualisé devient 429 187 CHF. L’écart : 327 927 CHF — uniquement parce que vous n’avez pas agi dans les semaines qui ont suivi votre départ.

Ce guide vous donne la procédure complète, les délais légaux exacts, les documents nécessaires, et la stratégie de splitting que personne ne vous explique spontanément.

Comprendre ce que vous devez transférer — et vers où

Les 4 situations qui déclenchent un transfert de libre passage

Situation 1 — Changement d’employeur : vous avez un nouvel employeur avec sa propre caisse de pension. Votre avoir doit être transféré de votre ancienne caisse vers la nouvelle. Pas de compte de libre passage nécessaire — c’est un transfert direct de caisse à caisse.

Situation 2 — Interruption d’activité : vous n’avez pas de nouvel employeur immédiatement (chômage, congé parental, pause sabbatique, reprise d’études, création d’entreprise en cours…). Votre avoir doit atterrir sur un compte de libre passage que vous ouvrez vous-même.

Situation 3 — Départ de Suisse : vous quittez définitivement la Suisse. Selon votre destination (UE/AELE ou hors-Europe), les règles de retrait diffèrent — mais le transfert vers un compte de libre passage est souvent une étape intermédiaire obligatoire.

Situation 4 — Vous avez déjà un compte de libre passage et voulez changer de fondation : vous transférez d’une institution à une autre pour obtenir un meilleur taux ou une meilleure stratégie d’investissement.

Le calendrier légal exact — ce que beaucoup ignorent

Jour 0 : la fin de votre contrat de travail

Dès le dernier jour de votre contrat, l’horloge commence à tourner.

Jours 1 à 30 : votre ancienne caisse de pension a 30 jours pour agir

Selon la Loi fédérale sur le libre passage (LFLP, art. 10), votre ancienne institution de prévoyance doit transférer votre prestation de sortie dans les 30 jours suivant votre départ — à condition que vous lui ayez communiqué les coordonnées de destination.

Ce qui se passe si vous ne communiquez rien :

Si après 30 jours la caisse ne connaît pas la destination, elle ne peut pas transférer. Elle attend votre instruction.

30 jours à 6 mois : votre fenêtre d’action

Vous avez jusqu’à 6 mois après la fin de votre emploi pour communiquer à votre ancienne caisse les coordonnées de votre nouveau compte de libre passage ou de la caisse de votre nouvel employeur.

Pendant cette période, votre avoir reste techniquement dans l’ancienne caisse — vous conservez vos droits aux prestations de risque (invalidité, décès) pendant encore 1 mois à partir de la fin du rapport de travail.

Après 6 mois : l’institution supplétive — et la catastrophe fiscale silencieuse

Si après 6 mois vous n’avez donné aucune instruction, l’ancienne caisse de pension transfère votre avoir à la Fondation institution supplétive LPP (sfbvg.ch).

C’est légalement sécurisé — vos avoirs ne sont pas perdus. Mais c’est financièrement désastreux :

Taux d’intérêt institution supplétive : 0,05 %/an.

Avoir initialDurée à 0,05 %/anCapital finalCapital avec fondation performante à 6 %Perte
50 000 CHF20 ans50 502 CHF160 357 CHF109 855 CHF
100 000 CHF20 ans101 005 CHF320 714 CHF219 709 CHF
200 000 CHF25 ans202 523 CHF856 736 CHF654 213 CHF

Simulation indicative. Le rendement de 6 % est une moyenne long terme d’un portefeuille équilibré investi en titres. Non garanti.

La procédure pour récupérer un avoir à l’institution supplétive : contactez sfbvg.ch, fournissez votre numéro AVS, demandez le transfert vers votre nouvelle institution. Le service est gratuit.

Les 4 scénarios de transfert — la procédure exacte dans chaque cas

Scénario A — Vous avez un nouvel employeur (transfert caisse à caisse)

Procédure :

  1. Obtenez les coordonnées de la nouvelle caisse de pension auprès de votre service RH dès votre premier jour de travail
  2. Communiquez ces coordonnées à votre ancienne caisse (courrier recommandé ou email sécurisé) avec votre numéro d’assuré
  3. L’ancienne caisse transfère directement le capital à la nouvelle — vous ne voyez jamais l’argent passer

Documents généralement requis :

  • Formulaire de transfert de l’ancienne caisse (à demander)
  • Coordonnées de la nouvelle institution (nom, numéro IBAN, n° assuré)
  • Votre numéro AVS

Délai : la caisse a 30 jours pour transférer dès réception de vos instructions. En pratique, comptez 2 à 6 semaines.

Ce que vous devez vérifier après le transfert : demandez une confirmation écrite à votre nouvelle caisse et vérifiez sur votre prochain certificat LPP que le montant transféré correspond à votre prestation de sortie. Des erreurs existent — notamment si vous avez eu un EPL (Encouragement à la Propriété du Logement) ou un rachat récent.

Scénario B — Vous n’avez pas de nouvel employeur (compte de libre passage)

Étape 1 : Choisir votre fondation de libre passage (voir section « quel compte choisir » plus bas)

Étape 2 : Ouvrir le compte de libre passage

L’ouverture est gratuite et en ligne chez la plupart des fondations modernes (finpension, VIAC, PostFinance Prévoyance, banques cantonales…). Il vous faut :

  • Pièce d’identité valide
  • Numéro AVS
  • Attestation de votre ancienne caisse ou formulaire de transfert

Étape 3 : Communiquer les coordonnées à l’ancienne caisse

Dès l’ouverture, vous recevez un IBAN de votre nouvelle fondation. Transmettez-le immédiatement à votre ancienne caisse avec un formulaire de transfert (qu’elle vous fournit sur demande).

Étape 4 : Confirmer le versement

Votre fondation vous notifie à réception du capital. Vérifiez le montant et gardez la confirmation.

Délai total : 2 à 8 semaines selon les institutions.

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Scénario C — Vous avez déjà un compte de libre passage et voulez changer de fondation

C’est possible à tout moment. Aucune raison légale n’est requise pour changer de fondation de libre passage. Vous pouvez le faire si votre taux d’intérêt est insuffisant, si vous trouvez une fondation avec de meilleures performances, ou si vous souhaitez une stratégie d’investissement différente.

Procédure :

  1. Ouvrez un compte dans la nouvelle fondation (gratuit, en ligne)
  2. Contactez votre ancienne fondation et demandez le formulaire de transfert
  3. Indiquez les coordonnées de la nouvelle fondation (IBAN + références)
  4. Attendez le transfert — délai usuel : 30 jours calendaires

Ce qui est gratuit : dans la grande majorité des cas, les transferts entre fondations de libre passage sont sans frais. Vérifiez toutefois les conditions générales de votre fondation actuelle — certaines facturent des frais de sortie (de 0 à 400 CHF selon les établissements).

Ce qui ne l’est pas : si votre compte est une police de libre passage souscrite auprès d’un assureur (et non un compte bancaire), les conditions de résiliation sont différentes — souvent plus rigides, avec des pénalités si vous sortez avant terme.

Scénario D — Vous transférez depuis l’institution supplétive (avoirs dormants)

Procédure :

  1. Contactez la Fondation institution supplétive LPP par courrier ou sur sfbvg.ch ou la centrale du 2ème pilier
  2. Fournissez votre numéro AVS et vos informations personnelles
  3. La fondation vérifie si un compte existe à votre nom
  4. Vous indiquez les coordonnées de la fondation de destination
  5. Transfert effectué

Délai : 4 à 12 semaines selon le volume de demandes. Gratuit.

La stratégie du splitting — ce que vous coûte de ne pas demander deux comptes

C’est l’information que personne ne vous donne spontanément — et qui peut représenter 10 000 à 25 000 CHF d’économie fiscale.

Pourquoi deux comptes de libre passage ?

La loi autorise de détenir au maximum 2 comptes de libre passage simultanément. Vous ne pouvez demander ce splitting qu’au moment de quitter votre caisse de pension — c’est la seule occasion légale de diviser votre avoir en deux.

Pourquoi le faire ? Parce qu’à la retraite, chaque compte de libre passage est imposé séparément. En Suisse, l’imposition des prestations en capital est progressive — plus le montant est élevé, plus le taux augmente. En retirant vos avoirs en deux fois sur deux années différentes, vous accédez à une tranche d’imposition plus basse deux fois plutôt qu’une fois.

Simulation de l’économie fiscale du splitting

Profil : salarié à Genève, 50 ans, départ de Suisse, avoir de libre passage total : 300 000 CHF

StratégieScénarioImpôt à la source suisse (estimation Genève)
Sans splittingRetrait de 300 000 CHF en une fois~36 000 CHF
Avec splittingRetrait de 150 000 CHF en année N~14 000 CHF
 + Retrait de 150 000 CHF en année N+1~14 000 CHF
 Total~28 000 CHF
Économie grâce au splitting ~8 000 CHF

Estimation indicative basée sur les barèmes cantonaux genevois. Le splitting n’est fiscalement intéressant que si les deux retraits ont lieu dans des années fiscales différentes.

Comment demander le splitting

Au moment de quitter votre caisse de pension, remplissez le formulaire de sortie en indiquant explicitement que vous souhaitez répartir votre avoir sur deux fondations de libre passage. Précisez le montant attribué à chaque compte (50/50 ou toute autre répartition).

Le timing est critique : vous ne pouvez demander le splitting qu’à ce moment précis — lors de la sortie de la caisse. Si vous avez déjà un seul compte de libre passage, vous ne pouvez plus le diviser en deux.

Exception : si vous avez des avoirs auprès de plusieurs caisses distinctes (anciens employeurs différents), chaque sortie peut générer un compte de libre passage séparé — ce qui donne naturellement plusieurs comptes.

Le coût réel de l’inaction — simulation sur 20 et 30 ans

C’est le calcul que personne ne vous montre.

Capital initialDuréeInstitution supplétive (0,05 %)Compte épargne classique (0,3 %)Fondation investie (4 %)Fondation investie (6 %)
100 000 CHF10 ans100 501 CHF103 046 CHF148 024 CHF179 085 CHF
100 000 CHF20 ans101 005 CHF106 183 CHF219 112 CHF320 714 CHF
100 000 CHF30 ans101 510 CHF109 414 CHF324 340 CHF574 349 CHF
200 000 CHF20 ans202 010 CHF212 366 CHF438 224 CHF641 428 CHF

Le taux de 4 % et 6 % représentent des rendements long terme de portefeuilles investis en titres (obligations/actions). Non garantis. Performances passées ne garantissent pas les performances futures.

La leçon : pour un avoir de 100 000 CHF, chaque année passée à l’institution supplétive vous coûte en coût d’opportunité potentiellement 8 000 à 18 000 CHF de rendement annuel non réalisé par rapport à une fondation investie.

Quel compte de libre passage choisir pour votre transfert ?

Critère 1 — Compte épargne ou compte investi ?

Compte épargne : taux fixe garanti (aujourd’hui entre 0 % et 0,5 % selon la fondation). Aucun risque en capital. Recommandé si votre horizon est inférieur à 5 ans (retraite proche, retrait imminent pour EPL, départ de Suisse prévu).

Compte investi en titres : votre avoir est placé dans des ETF actions/obligations. Rendement potentiel de 3 à 7 %/an sur le long terme, avec des fluctuations annuelles. Recommandé si votre horizon est supérieur à 7 ans et que vous supportez la volatilité.

Critère 2 — Frais de gestion

Les fondations modernes  ne facturent pas de frais de tenue de compte. Les fondations bancaires traditionnelles facturent parfois 30 à 100 CHF/an. Sur un avoir de 100 000 CHF à 0,1 % de taux, 50 CHF de frais annuels = performance nette négative.

Règle d’or : choisissez systématiquement une fondation sans frais de tenue de compte pour les comptes épargne.

Critère 3 — Frais de clôture et flexibilité

Certaines fondations facturent des frais lors de la clôture ou du transfert sortant (de 0 à 400 CHF). Vérifiez ce point avant d’ouvrir — surtout si vous envisagez un retrait anticipé dans les 1 à 3 ans.

Critère 4 — Possibilité de splitting

Certaines fondations permettent d’ouvrir deux comptes chez elles (finpension notamment). D’autres ne proposent qu’un seul compte par titulaire. Si vous souhaitez le splitting fiscal, vérifiez que votre fondation autorise deux comptes ou choisissez deux fondations différentes.

Récapitulatif décisionnel

Votre situationRecommandation
Horizon < 5 ans (retraite proche, départ prévu)Compte épargne, taux max, sans frais, avec option de clôture gratuite
Horizon 5–10 ansCompte mixte (50 % épargne / 50 % titres) ou 100 % titres profil défensif
Horizon > 10 ans100 % investi en titres, profil équilibré à dynamique selon tolérance au risque
Frontalier / expatriéFondation accessible aux non-résidents, attention à la double imposition lors du retrait
Montant élevé (> 200 000 CHF)Splitting sur 2 fondations fortement recommandé pour optimiser la fiscalité
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Les 5 erreurs de transfert qui coûtent le plus cher

Erreur 1 — Ne pas agir dans les 6 mois

Coût potentiel : des dizaines de milliers de CHF en rendement manqué.

Dès que vous quittez un emploi sans en reprendre un autre en Suisse, ouvrez un compte de libre passage le jour même ou la semaine suivante. Ne remettez pas à plus tard.

Erreur 2 — Oublier de demander le splitting au moment de la sortie

Coût potentiel : 8 000 à 25 000 CHF d’impôts supplémentaires à la retraite.

Une fois votre avoir sur un compte unique, vous ne pouvez plus le diviser. Ce choix ne peut être fait qu’une fois — au moment de la sortie de la caisse.

Erreur 3 — Accepter sans vérification le compte proposé par la caisse

Coût potentiel : des années à taux zéro.

Certaines caisses de pension proposent automatiquement leur propre fondation de libre passage comme destination par défaut. Ce n’est pas nécessairement la meilleure option. Vous avez le droit absolu de choisir n’importe quelle fondation de libre passage en Suisse.

Erreur 4 — Ouvrir une police d’assurance de libre passage sans en comprendre les conditions

Coût potentiel : pénalités de sortie, manque de flexibilité.

Les polices d’assurance de libre passage (proposées par assureurs) offrent une garantie du capital et parfois une couverture décès/invalidité. Mais elles sont rigides : impossible de sortir avant terme sans pénalités. Si votre situation personnelle ou professionnelle est incertaine, préférez un compte de libre passage bancaire plus flexible.

Erreur 5 — Ne pas vérifier le montant transféré

Coût potentiel : perte d’avoir due à une erreur administrative.

Après chaque transfert, vérifiez que le montant reçu par la nouvelle fondation correspond exactement à votre prestation de sortie mentionnée dans votre dernière communication de l’ancienne caisse. Des erreurs de montant, des frais non annoncés ou des transferts partiels (en cas d’EPL préexistant) peuvent fausser le transfert.

Le cas particulier du changement d’emploi « en cours d’année »

Si vous changez d’employeur sans interruption (ou avec seulement quelques semaines de transition), le transfert se fait directement de caisse à caisse — sans passer par un compte de libre passage. Mais plusieurs questions se posent :

Les cotisations de l’année en cours : si vous changez d’employeur en juillet, les cotisations LPP de janvier à juillet ont été versées dans l’ancienne caisse. La prestation de sortie inclut ces montants — demandez une confirmation écrite du calcul exact.

L’intérêt crédité pro-rata : l’intérêt LPP (1,25 % en 2026) est crédité au prorata du temps dans la caisse. Vérifiez que la caisse calcule bien cet intérêt pour la période du 1er janvier jusqu’à la date de sortie.

Rachat et délai de 3 ans : si vous avez effectué un rachat volontaire dans les 3 années précédentes et que vous changez d’employeur, cela n’annule pas les restrictions de retrait en capital lié au rachat.

En résumé — les 5 actions à mener dans les 30 premiers jours après votre départ

Demandez immédiatement à votre ancienne caisse le formulaire de sortie et le montant exact de votre prestation de sortie.

Décidez si vous voulez le splitting (2 comptes) — c’est maintenant ou jamais. Si votre avoir dépasse 150 000 CHF et que vous ne reprendrez pas d’emploi suisse rapidement, le splitting fiscal vaut la peine d’être étudié.

Ouvrez votre compte de libre passage — en ligne, gratuit, en 10 minutes chez une fondation sérieuse. Transmettez l’IBAN à votre ancienne caisse.

Choisissez votre stratégie : épargne ou investi ? Si votre horizon est supérieur à 7 ans, une fondation investie peut multiplier votre capital par 3 à 5 en 30 ans versus un compte épargne à 0,3 %.

Confirmez le transfert : attendez la confirmation de réception de votre nouvelle fondation et vérifiez que le montant correspond. Conservez tous les documents.

Conclusion

Le transfert des avoirs de libre passage est administrativement simple — mais il est stratégiquement crucial. La décision que vous prenez dans les premières semaines après votre départ peut se traduire par des centaines de milliers de francs de différence à votre retraite.

Chaque semaine d’inaction où votre avoir dort à l’institution supplétive à 0,05 %/an, pendant que les marchés progressent à 6–7 %/an en moyenne sur le long terme, est une semaine de rendement définitivement perdu.

Et la stratégie du splitting — demander deux comptes au lieu d’un — est l’optimisation fiscale la plus simple que vous pouvez faire : elle ne coûte rien, elle se demande en quelques lignes sur un formulaire, et elle peut économiser 8 000 à 25 000 CHF d’impôts à la retraite.

Vous voulez un audit rapide de votre situation, retrouver ses avoirs lpp, quelle fondation choisir, comment optimiser le splitting et quelle stratégie d’investissement selon votre profil ? Nos experts Suisse Libre Passage vous répondent gratuitement sous 24h, sans engagement.

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Pour aller plus loin

FAQ — Transfert d'avoirs de libre passage

Combien de temps ai-je pour transférer mes avoirs après avoir quitté mon emploi ?
Vous avez 6 mois pour communiquer à votre ancienne caisse les coordonnées de votre nouvelle destination (nouvelle caisse ou compte de libre passage). Passé ce délai, l'avoir est transféré automatiquement à la Fondation institution supplétive LPP, à 0,05%/an. La caisse a ensuite 30 jours pour effectuer le virement une fois qu'elle reçoit vos instructions.
Puis-je changer de fondation de libre passage à n'importe quel moment ?
Oui. Le transfert d'une fondation de libre passage à une autre est possible à tout moment, sans justification légale requise. Préavis usuel : 30 jours. 💡 Vérifiez les frais de clôture de votre fondation actuelle avant de procéder — certaines les facturent, d'autres non.
Dois-je payer des impôts lors d'un transfert entre comptes de libre passage ?
Non. Le transfert entre deux institutions de libre passage (ou de la caisse vers un compte de libre passage) n'est pas un retrait en capital — il ne génère aucun impôt. La fiscalité ne s'applique qu'au moment d'un retrait effectif : retraite, EPL, départ de Suisse, ou passage à l'indépendance.
Combien de comptes de libre passage puis-je avoir en même temps ?
Au maximum 2 comptes simultanément, selon la loi suisse. Ce splitting ne peut être demandé qu'au moment de la sortie d'une caisse de pension — pas après. ⚠️ Une fois les avoirs versés sur un seul compte, il n'est plus possible de les répartir a posteriori. La décision se prend au moment du départ, pas plus tard.
Que se passe-t-il si je retrouve un emploi en Suisse alors que mon avoir est sur un compte de libre passage ?
Vous devez transférer l'intégralité de votre avoir de libre passage vers la nouvelle caisse de pension de votre employeur. Ce transfert est obligatoire et doit être initié dès votre entrée en fonction. La caisse de libre passage clôture votre compte et transfère directement à la caisse de votre nouvel employeur.
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Frontalier Suisse

2ème pilier frontalier : accumulation, retrait et fiscalité

2ème pilier frontalier en Suisse : pourquoi vous accumulez moins que vos collègues résidents

2ème pilier frontalier Suisse 2026 — simulation accumulation 30 ans, EPL résidence France, piège CMU CNTFS et fiscalité retraite convention franco-suisse

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 2ème pilier frontalier — les règles clés 2026

  • Affiliation obligatoire si salaire > 22 680 CHF/an (même règles que les résidents suisses)
  • Déduction de coordination 2026 : 26 460 CHF — réduit votre base de cotisation
  • Taux de bonification légaux : 7 % (25–34 ans) / 10 % (35–44 ans) / 15 % (45–54 ans) / 18 % (55–65 ans)
  • EPL immobilier : résidence principale en France autorisée — min. 20 000 CHF, tous les 5 ans
  • Retraite en France (employeur privé) : impôt français 6,75 % (forfait) ou barème IR
  • CMU/CNTFS : retrait LPP comptabilisé dans l'assiette 2 ans après le versement à 8 %

Vous travaillez en Suisse, vous cotisez chaque mois à votre 2ème pilier  mais vous ne vivez pas en Suisse. Ce détail change beaucoup de choses.

La plupart des articles sur le 2ème pilier frontalier vous expliquent que vous êtes soumis « aux mêmes règles qu’un résident suisse ». C’est vrai sur le principe. C’est incomplet sur le terrain. Car il existe des différences structurelles que personne ne met en avant —et certaines peuvent représenter des dizaines de milliers de francs d’écart à votre retraite.

Premier angle mort : avec le même salaire, le même employeur et les mêmes années de travail, un frontalier peut accumuler 20 à 40 % de moins dans son 2ème pilier qu’un résident — à cause de la façon dont le salaire coordonné pénalise les bas et moyens salaires à temps partiel, et de la qualité de la caisse de pension choisie par l’employeur.

Deuxième angle mort : l’EPL frontalier — utiliser son 2ème pilier pour acheter sa résidence principale en France — déclenche un mécanisme fiscal et social que presque aucun guide n’explique clairement, et qui peut coûter plusieurs milliers d’euros supplémentaires si vous relevez de la CMU.

Ce guide vous donne les vrais chiffres et les vraies règles.

Ce que vous accumulez vraiment dans votre 2ème pilier — et pourquoi c’est souvent moins que vous ne pensez

La mécanique de base : identique résidents et frontaliers

La Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) ne distingue pas les frontaliers des résidents. Si vous gagnez plus de 22 680 CHF/an auprès d’un seul employeur et que votre contrat dure plus de trois mois, vous êtes obligatoirement affilié à la caisse de pension de votre employeur.

Les règles sont identiques :

  • Affiliation dès le 1er janvier suivant votre 17ème anniversaire (pour le risque décès/invalidité)
  • Épargne vieillesse dès le 1er janvier suivant votre 24ème anniversaire
  • Cotisations partagées : minimum 50 % à la charge de l’employeur

Ce qui diffère, en revanche, c’est ce que vous faites avec cet argent, les conditions de retrait anticipé, et la fiscalité à la sortie.

Pourquoi vous accumulerez peut-être moins qu’un collègue résident

La déduction de coordination frappe plus fort sur les petits salaires

La déduction de coordination 2026 est de 26 460 CHF. C’est une somme fixe déduite de votre salaire brut avant calcul des cotisations. Plus votre salaire est bas, plus cette déduction « mange » une large proportion de votre base de cotisation.

Exemple concret :

Salaire annuelSalaire coordonnéPart « amputée » par la déduction
35 000 CHF8 540 CHF75,6 % du salaire non cotisé
50 000 CHF23 540 CHF52,9 % du salaire non cotisé
80 000 CHF53 540 CHF33,1 % du salaire non cotisé
120 000 CHF64 260 CHF (plafond)

Un frontalier à 35 000 CHF/an ne cotise LPP que sur 8 540 CHF. Pour le même salaire, un salarié temps partiel dans une caisse « généreuse » qui supprime la déduction de coordination cotise sur 35 000 CHF — soit 4 fois plus de capital accumulé chaque année.

La qualité de la caisse de pension : variable décisive rarement mentionnée

En Suisse, c’est l’employeur qui choisit la caisse de pension. Et la « générosité » des caisses varie considérablement :

Ce que peut faire une caisse généreuseImpact sur votre avoir à la retraite
Supprimer la déduction de coordination+20 à +60 % de capital accumulé
Assurer le salaire au-delà du plafond de 90 720 CHFCouverture du salaire réel pour les hauts revenus
Appliquer des taux de bonification supérieurs au minimum légal+10 à +30 % de cotisation annuelle
Verser un taux d’intérêt supérieur au minimum (1,25 % en 2026)Capital augmenté chaque année

Ce que vous devez vérifier dès aujourd’hui : sur votre certificat LPP (reçu chaque année entre janvier et mars), regardez le « salaire assuré » ou « salaire coordonné ». Si ce montant est très inférieur à votre salaire brut annuel, votre caisse applique le minimum légal — et vous accumulez le minimum.

Simulation carrière complète — ce que rapporte votre 2ème pilier à la retraite

Profil : frontalier, 35 ans, salaire 80 000 CHF/an, 30 années de cotisation

Caisse au minimum légal :

  • Salaire coordonné : 53 540 CHF
  • Taux bonification 35–44 ans : 10 %
  • Cotisations LPP totale : 5 354 CHF
  • À 65 ans (avec intérêts 1,25 %/an) : ~194 000 CHF d’avoir
  • Rente mensuelle (taux 6,8 %) : ~1 100 CHF/mois

Caisse généreuse (déduction coordination supprimée, taux bonification +30 %) :

  • Salaire coordonné : 80 000 CHF (salaire brut complet)
  • Bonification annuelle totale : ~10 400 CHF
  • À 65 ans (avec intérêts 2 %/an) : ~400 000 CHF d’avoir
  • Rente mensuelle (taux 6,8 %) : ~2 267 CHF/mois

L’écart : 1 167 CHF/mois à vie — uniquement parce que l’employeur a choisi une meilleure caisse.

Ce n’est pas une situation théorique. C’est la réalité de milliers de frontaliers qui comparent leur certificat LPP avec celui de collègues résidents dans de grandes entreprises.

Les 4 droits spécifiques du frontalier que vous ignorez peut-être

Droit 1 — L’EPL : utiliser votre 2ème pilier pour acheter votre résidence principale en France

C’est le droit le plus utilisé par les frontaliers — et le plus mal connu dans ses détails.

Ce qui est possible :

Vous pouvez retirer votre 2ème pilier pour financer l’achat (ou la construction) de votre résidence principale — même si elle est située en France, en Allemagne ou dans tout autre pays de l’UE/AELE. La loi suisse (art. 30a LPP) ne restreint pas le retrait EPL aux biens situés en Suisse : le critère est uniquement que le bien soit votre résidence principale.

Les conditions légales :

  • Le bien doit être votre résidence principale effective (pas de résidence secondaire, pas de bien locatif)
  • Montant minimum de retrait : 20 000 CHF
  • Vous ne pouvez demander un retrait EPL qu’une fois tous les 5 ans
  • Votre conjoint marié ou pacsé doit signer son accord écrit
  • Si vous avez effectué un rachat LPP dans les 3 années précédant la demande : le retrait EPL annule rétroactivement votre déduction fiscale

La limite critique après 50 ans :

Jusqu’à vos 50 ans : vous pouvez retirer jusqu’à la totalité de votre prestation de sortie.

Dès vos 50 ans : vous ne pouvez retirer que le montant le plus élevé entre :

  • Votre prestation de sortie telle qu’elle était le jour de vos 50 ans
  • La moitié de votre prestation de sortie actuelle

Exemple :

  • À 53 ans, vous avez 180 000 CHF d’avoir
  • À vos 50 ans, vous aviez 130 000 CHF
  • Montant retirable maximum : max(130 000, 90 000) = 130 000 CHF

Droit 2 — Le rachat de lacunes : les frontaliers ont aussi droit à la déduction fiscale

Comme tout salarié suisse, vous pouvez racheter des lacunes de cotisation dans votre 2ème pilier. Chaque franc versé est 100 % déductible de votre revenu imposable en Suisse l’année du versement.

Qui a des lacunes de cotisation comme frontalier ?

  • Vous avez commencé à travailler en Suisse après 25 ans → les années non cotisées créent une lacune
  • Vous avez eu des interruptions de carrière (chômage, congé parental)
  • Votre salaire a augmenté significativement en cours de carrière → les cotisations passées étaient calculées sur un salaire inférieur
  • Vous avez pris un temps partiel pendant plusieurs années

Où voir votre potentiel de rachat : sur votre certificat LPP annuel, ligne « Rachat supplémentaire possible » ou « Lacune de cotisation ».

La particularité fiscale des frontaliers :

Pour les frontaliers qui paient leurs impôts en France (et non en Suisse directement), la déductibilité du rachat LPP dépend de votre situation fiscale :

  • Frontalier genevois quasi-résident : si vous avez obtenu la TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure), le rachat LPP est déductible de vos revenus imposables en Suisse
  • Frontalier vaudois, valaisan, jurassien : vous êtes imposé à la source en Suisse → le rachat peut réduire votre impôt à la source (vérifiez avec votre employeur ou l’AFC cantonale)
  • Frontalier sans imposition en Suisse : pas de déduction LPP en France (la France ne reconnaît pas le rachat LPP comme charge déductible)

La règle des 3 ans : après un rachat, vous ne pouvez pas retirer le capital en espèces pendant 3 ans. Si vous planifiez un EPL immobilier dans les 3 ans suivants, faites d’abord l’EPL, puis le rachat.

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Droit 3 — La rente d’invalidité et de décès : une protection souvent sous-estimée

Votre 2ème pilier n’est pas seulement une épargne retraite. Il vous protège activement en cas d’incapacité de travail ou de décès — dès le 1er janvier suivant votre 17ème anniversaire, avant même que l’épargne commence (à 25 ans).

En cas d’invalidité reconnue à 40 % ou plus par l’AI suisse :

La caisse de pension verse une rente d’invalidité. Pour un salarié avec un salaire coordonné de 53 540 CHF, la rente LPP d’invalidité peut représenter environ 40 % du salaire assuré, soit ~1 785 CHF/mois — en complément de la rente AI (jusqu’à ~2 520 CHF/mois max en 2026).

Attention au délai de carence frontalier : l’AI suisse requiert une incapacité de travail pendant au moins 12 mois consécutifs avant de verser une rente. En tant que frontalier, si vous devenez invalide, votre employeur suisse cesse le versement du salaire et votre caisse de pension prend le relais — mais la coordination avec la sécurité sociale française peut créer des zones grises administratives. Assurez-vous que votre médecin traitant suisse ou français coordonne bien les deux systèmes.

En cas de décès :

Vos proches reçoivent une rente de conjoint (généralement 60 % de votre rente d’invalidité/vieillesse) et une rente d’orphelin pour chaque enfant à charge (généralement 20 %). Ces prestations s’appliquent aux frontaliers exactement comme aux résidents.

Point critique concubinage : si vous n’êtes pas marié(e), les conditions de versement à un concubin varient fortement d’une caisse à l’autre. Certaines caisses exigent 5 ans de vie commune et un enfant commun. Vérifiez le règlement de votre caisse — pas tous les « couples » sont protégés automatiquement.

Droit 4 — La retraite anticipée dès 58 ans : possible, mais coûteuse

Si votre caisse de pension le prévoit dans son règlement, vous pouvez prendre votre retraite dès 58 ans et recevoir une rente LPP anticipée. Attention aux conséquences pour un frontalier :

L’impact financier :

  • Moins d’années de cotisation → capital accumulé inférieur
  • Plus d’années de rente à servir → taux de conversion réduit par la caisse (souvent 5–6 % au lieu de 6,8 %)
  • Double impact : capital plus faible × taux de conversion plus faible

Pour un frontalier de 58 ans avec 250 000 CHF d’avoir :

  • Rente à 65 ans (taux 6,8 %) : 17 000 CHF/an → 1 417 CHF/mois
  • Rente à 58 ans (taux 5,5 % typ. sur 7 ans anticipés) : 13 750 CHF/an → 1 146 CHF/mois
  • Perte permanente : 271 CHF/mois à vie

Et pour la France : la retraite anticipée LPP ne déclenche pas automatiquement votre pension française — vous devez continuer à accumuler vos trimestres français (retraite légale : 64 ans depuis 2023). Il est donc fréquent de prendre la rente LPP à 60 ans tout en attendant la retraite française à 64–65 ans.

Ce que devient votre 2ème pilier quand vous arrêtez de travailler en Suisse

Scénario 1 — Vous partez à la retraite en France après avoir travaillé en Suisse toute votre carrière

À vos 65 ans (ou dès 58 ans si votre caisse le permet), votre caisse de pension vous verse une rente mensuelle à vie, ou vous propose le versement en capital.

Rente vs Capital — le choix décisif pour le frontalier résident en France :

 Rente mensuelle LPPCapital LPP
Imposition en FranceImposé comme pension, intégré au barème IR (après abattement 10 %)Imposition spécifique : 6,75 % (taux forfaitaire libératoire, ou barème IR selon option)
Imposition en SuisseImpôt à la source : 11 % (sauf convention CDI)Impôt à la source : taux réduit, canton de la caisse
Remboursement impôt suissePossible si convention attribue droit à la FrancePossible sur demande à l’AFC cantonale
CMU/CNTFS (frontaliers CMU)La rente est comptée dans les revenus → cotisation CMU à chaque versementLe capital déclenche une cotisation CMU/CNTFS 2 ans après (sur revenus N-2)
Protection longévitéGarantie à vie — ne s’épuise pasCapital potentiellement épuisé si vous vivez longtemps

La règle des caisses publiques :

Si votre dernier employeur était une entité publique suisse (hôpital public cantonal, administration cantonale, commune, école publique…), la convention franco-suisse de 1966 (art. 21) prévoit une imposition exclusivement en Suisse — l’impôt à la source suisse est définitif, la France n’impose pas. Renseignez-vous auprès de votre employeur sur son statut (public/privé).

Scénario 2 — Vous arrêtez de travailler en Suisse avant la retraite (fin de contrat, licenciement)

Dès la fin de votre contrat de travail en Suisse, votre avoir LPP est transféré sur un compte de libre passage — une fondation qui conserve votre épargne jusqu’à la retraite avec des intérêts.

Ce que vous devez faire dans les 6 mois suivant la fin de contrat :

Ouvrir un compte de libre passage auprès d’une fondation de votre choix. Si vous ne le faites pas dans les 6 mois, l’avoir est automatiquement transféré à l’institution supplétive LPP (sfbvg.ch) — à un taux d’intérêt de 0,05 %/an. Un capital de 100 000 CHF qui dort 20 ans à 0,05 % vaut la même chose à la retraite — en ayant perdu ~27 000 CHF d’intérêts qu’une bonne fondation aurait générés à 1–2 %/an.

Pour un frontalier qui retourne vivre en France sans emploi suisse :

Vous ne pouvez pas retirer votre 2ème pilier simplement parce que vous n’avez plus d’emploi en Suisse. Tant que vous êtes résident UE/AELE (France), le minimum légal LPP reste bloqué en Suisse. Seule la part surobligatoire peut être retirée immédiatement — ou la totalité si vous obtenez une attestation de non-affiliation à la sécurité sociale française (via sfbvg.ch).

Scénario 3 — Le piège CMU/CNTFS sur l’EPL frontalier

C’est la bombe fiscale que personne n’explique clairement.

Si vous relevez de la CMU (Couverture Maladie Universelle frontalier) et que vous retirez votre 2ème pilier — que ce soit via EPL pour acheter votre maison ou à la retraite — ce retrait entre dans l’assiette du CNTFS (Contribution des Nationaux Transfrontaliers à la Sécurité Sociale) 2 ans plus tard.

Mécanisme :

  1. Vous retirez 80 000 CHF de votre LPP via EPL en 2026 pour acheter votre résidence en France
  2. Ce capital est converti en EUR et déclaré en France → impôt français (~6,75 % si option forfaitaire)
  3. En 2028 (N+2), le CNTFS prend en compte vos revenus 2026 dans son calcul
  4. Si votre revenu fiscal de référence 2026 dépasse le seuil (11 775 € en 2026), vous payez 8 % de cotisation CMU sur l’excédent
  5. Pour 80 000 CHF ≈ 76 800 EUR + vos revenus salariaux → une grande partie sera soumise à 8 %

Simulation :

  • Revenu salarial net déclaré 2026 : 50 000 EUR
  • Capital LPP retiré converti 2026 : 76 800 EUR
  • Total pris en compte CNTFS : 126 800 EUR
  • Seuil CNTFS 2026 : 11 775 EUR
  • Base soumise à CNTFS : 115 025 EUR × 8 % = 9 202 EUR de cotisation supplémentaire en 2028

Comment anticiper ce coût : idéalement, planifiez le retrait EPL une année où vos autres revenus sont faibles (chômage, mi-temps, départ volontaire). Ou vérifiez si en basculant sur la LAMal avant l’année du retrait, vous sortez du régime CNTFS — les prélèvements sociaux LPP ne s’appliquent pas de la même façon aux assurés LAMal.

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La retraite totale du frontalier : 2ème pilier + AVS + pension française

Un point que personne ne synthétise clairement : le frontalier accumule des droits à la retraite dans deux pays simultanément.

Ce que vous percevrez de Suisse

1er pilier AVS : même si vous ne résidez pas en Suisse, vous cotisez à l’AVS sur chaque franc gagné. À 65 ans, vous avez droit à une rente AVS calculée sur vos revenus moyens et vos années de cotisation. Pour une carrière complète en Suisse, la rente AVS maximale est de 2 520 CHF/mois (2026).

2ème pilier LPP : votre caisse de pension verse une rente mensuelle (ou capital) calculée sur votre avoir accumulé × taux de conversion.

Ce que vous percevrez de France

Si vous avez travaillé en France avant ou après votre période en Suisse, vous accumulez des trimestres au régime général français. Les périodes de travail en Suisse comptent pour vos droits à la retraite française grâce aux règlements européens de coordination (règlement 883/2004) — vos années de cotisation suisse sont prises en compte pour l’ouverture du droit à pension (mais pas dans le calcul du montant).

Simulation de retraite totale — frontalier type

Profil : 35 ans de carrière en Suisse, salaire moyen 80 000 CHF, 10 ans en France avant

SourceMontant mensuel
Rente AVS (carrière complète 35 ans + cotisations antérieures)~2 100 CHF/mois
Rente LPP (avoir ~200 000 CHF, taux 6,8 %)~1 133 CHF/mois
Pension retraite française (10 ans de trimestres)~300–500 EUR/mois
Total approximatif~3 600–3 800 CHF équivalent

Pour un salaire de 80 000 CHF/an (~6 667 CHF/mois net estimé), ce total représente environ 54–57 % du dernier salaire — légèrement en dessous de l’objectif de 60 %, ce qui signifie une lacune de prévoyance à combler via le 3ème pilier ou des rachats LPP.

Les 5 questions que tout frontalier doit se poser aujourd’hui

Question 1 — Quelle est la qualité de la caisse de pension de mon employeur ?

Demandez à votre employeur (ou à votre service RH) le nom de votre caisse de pension et lisez votre certificat LPP. Comparez votre « salaire assuré » à votre salaire brut. Si l’écart est supérieur à 26 460 CHF (déduction de coordination standard), votre caisse applique le minimum. Si l’écart est inférieur ou nul : votre employeur a une caisse généreuse.

Question 2 — Ai-je un potentiel de rachat ?

Regardez votre certificat LPP, ligne « Rachat supplémentaire possible ». Si ce montant est > 0 et que vous payez des impôts en Suisse (à la source ou via TOU), planifiez un rachat avant le 31 décembre — c’est une déduction fiscale immédiate sans plafond.

Question 3 — Est-ce que je relève de la CMU ou de la LAMal ?

Si vous relevez de la CMU, tout retrait anticipé de votre LPP (EPL ou retraite) sera comptabilisé dans votre revenu CNTFS deux ans après. Anticipez ce coût dans votre plan financier avant de demander l’EPL.

Question 4 — Mon conjoint est-il protégé si je décède ?

Si vous êtes en concubinage (non marié), les conditions de versement d’une rente de conjoint varient selon le règlement de votre caisse. Demandez par écrit à votre institution si votre partenaire est couvert — et dans quelles conditions. Dans le doute, une assurance vie temporaire ou un 3ème pilier avec désignation de bénéficiaire spécifique offre une protection certaine.

Question 5 — Comment optimiser mon retrait à la retraite : rente ou capital ?

La réponse dépend de votre situation fiscale française (taux marginal d’imposition, situation CMU/LAMal), de votre espérance de vie, de votre situation familiale et de votre besoin de liquidités. Il n’y a pas de réponse universelle — mais il y a une réponse optimale pour votre profil spécifique, qui mérite un calcul personnalisé.

En résumé — les 5 points clés du 2ème pilier frontalier

Vérifiez votre caisse de pension : avec le même salaire, vous pouvez accumuler 20–40 % moins qu’un collègue dans une caisse généreuse. Comparez votre salaire assuré à votre salaire brut sur votre certificat LPP.

L’EPL fonctionne pour votre résidence en France — mais attention au piège CMU/CNTFS si vous relevez de ce régime : prévoyez le coût 2 ans à l’avance.

Le rachat LPP est une déduction fiscale puissante pour les frontaliers imposés en Suisse — planifiez-le avant le 31 décembre et après tout retrait EPL (règle des 3 ans).

Rente ou capital à la retraite ? Pour un frontalier résident en France, le capital à 6,75 % (option forfaitaire) est souvent plus favorable qu’une rente imposée au barème progressif français — mais ça dépend de votre TMI réel et de votre situation CMU.

Votre 2ème pilier est aussi une assurance vie : rente d’invalidité dès 40 % d’incapacité, rente de conjoint et d’orphelin en cas de décès. Si vous n’êtes pas marié, vérifiez les conditions de couverture du concubin dans le règlement de votre caisse.

Conclusion

Le 2ème pilier frontalier n’est pas simplement une épargne retraite qui se gère toute seule. C’est un outil à piloter activement — en comprenant ce que votre caisse de pension vous offre réellement, en anticipant les moments clés (EPL, rachat, retraite) et en évitant les pièges fiscaux franco-suisses qui peuvent transformer une bonne décision financière en mauvaise surprise.

La plupart des frontaliers découvrent ces enjeux trop tard — souvent au moment de demander l’EPL ou à l’approche de la retraite, quand les marges de manœuvre sont réduites.

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Pour aller plus loin

FAQ — 2ème pilier frontalier 2026

Un frontalier cotise-t-il au 2ème pilier aux mêmes conditions qu'un résident suisse ?
Oui, sur le principe. Les règles d'affiliation, les taux de cotisation légaux et les prestations minimales sont identiques. La différence vient de la qualité de la caisse choisie par l'employeur, des conditions de retrait anticipé (règle UE/AELE pour le versement en espèces) et de la fiscalité à la sortie selon le pays de résidence.
Puis-je utiliser mon 2ème pilier pour acheter ma résidence principale en France ?
Oui. L'EPL (Encouragement à la Propriété du Logement) s'applique aux biens situés en France, à condition qu'il s'agisse de votre résidence principale. Montant minimum : 20'000 CHF. Retraits possibles tous les 5 ans. Après 50 ans, le montant retirable est plafonné. ⚠️ Piège CMU/CNTFS : si vous relevez de la CMU, le capital retiré impacte votre cotisation CNTFS 2 ans plus tard, potentiellement plusieurs milliers d'euros.
Comment est imposé mon 2ème pilier à la retraite si je vis en France ?
Pour un employeur privé : la Suisse prélève un impôt à la source, remboursé ensuite si la convention franco-suisse attribue le droit d'imposition à la France. La France impose le capital à 6,75% (option forfaitaire) ou au barème IR selon votre choix. Pour un employeur public suisse : imposition définitive en Suisse uniquement (art. 21 convention 1966). Les rentes mensuelles sont imposées comme revenus ordinaires en France.
Puis-je racheter des années de cotisation dans mon 2ème pilier en tant que frontalier ?
Oui, à condition d'avoir des lacunes de cotisation (vérifiez votre certificat LPP). La déductibilité dépend de votre situation : si vous êtes imposé à la source en Suisse ou avez obtenu la TOU, le rachat est déductible. La France ne reconnaît pas le rachat LPP comme charge déductible. ⚠️ Règle des 3 ans : après un rachat, pas de retrait en capital pendant 3 ans. Si un EPL est prévu, faites-le avant le rachat, pas après.
Un frontalier qui arrête de travailler en Suisse peut-il retirer son 2ème pilier immédiatement ?
Non, sauf cas exceptionnels. Si vous retournez vivre en France après avoir travaillé en Suisse, la part obligatoire de votre LPP reste bloquée en Suisse sur un compte de libre passage (règle UE/AELE). Seule la part surobligatoire peut être retirée immédiatement. Pour récupérer la totalité, il faut soit obtenir une attestation de non-affiliation à la sécurité sociale française (sfbvg.ch), soit atteindre l'âge de la retraite.
Si mon dernier employeur suisse était public, comment mon 2ème pilier est-il imposé ?
Différemment du privé. Si votre dernier employeur était une entité publique suisse (hôpital public cantonal, administration, commune, école publique), la convention franco-suisse de 1966 (art. 21) prévoit une imposition exclusivement en Suisse : l'impôt à la source suisse est définitif, la France n'impose pas ce capital. Renseignez-vous auprès de votre employeur sur son statut public ou privé avant de planifier votre retrait.
Un frontalier peut-il prendre sa retraite LPP dès 58 ans ?
Oui si le règlement de votre caisse le prévoit, mais c'est coûteux : moins d'années de cotisation et un taux de conversion réduit (souvent 5-6% au lieu de 6,8%) réduisent la rente de façon permanente — par exemple environ 270 CHF/mois de perte à vie sur un avoir de 250'000 CHF. Pour la France, la retraite anticipée LPP ne déclenche pas automatiquement votre pension française (retraite légale à 64 ans) : beaucoup de frontaliers touchent leur rente LPP dès 60 ans en attendant la retraite française.
Mon/ma partenaire non marié(e) est-il/elle protégé(e) par mon 2ème pilier ?
Pas automatiquement. En cas de concubinage, les conditions de versement d'une rente à votre partenaire varient fortement d'une caisse à l'autre — certaines exigent 5 ans de vie commune et un enfant commun, d'autres non. Demandez par écrit à votre institution de prévoyance si votre partenaire est couvert et sous quelles conditions. En cas de doute, une assurance-vie temporaire ou un 3ème pilier avec désignation de bénéficiaire libre offre une protection certaine.
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2ème pilier / Libre Passage

Retrait 2ème pilier départ de Suisse : combien net en 2026

Retirer son 2ème pilier pour quitter la Suisse : ce que vous recevrez vraiment après impôts !

Retirer son 2ème pilier pour quitter la Suisse 2026 — règle UE/AELE, simulation montant net après impôts, procédure 5 étapes et 4 erreurs à éviter

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 Comment identifier votre part surobligatoire sur votre certificat LPP

  • Avoir de vieillesse LPP (ou "Part LPP") = part obligatoire → reste bloquée en Suisse si départ UE/AELE
  • Avoir de vieillesse total = obligatoire + surobligatoire
  • Part surobligatoire = Avoir total − Avoir LPP → récupérable immédiatement
  • Si votre employeur cotise au minimum légal seulement : votre part surobligatoire peut être très faible

Vous avez travaillé des années en Suisse. Votre 2ème pilier représente peut-être 50 000, 150 000, voire 300 000 CHF d’épargne accumulée. Et vous vous apprêtez à quitter le pays  définitivement, ou du moins pour longtemps.

Une question s’impose immédiatement : pouvez-vous retirer la totalité de cet argent ? Et combien allez-vous réellement recevoir après impôts ?

La réponse dépend d’une règle que la plupart des articles n’expliquent pas clairement : votre destination géographique détermine ce que vous pouvez retirer. Un départ en France ou en Allemagne n’obéit pas aux mêmes règles qu’un départ au Canada ou aux États-Unis. Et dans certains cas, retirer votre 2ème pilier maintenant peut vous coûter bien plus cher que de le laisser en Suisse — selon ce que vous ferez ensuite.

Ce guide vous donne les vrais chiffres : ce que vous touchez réellement, après impôts, avec les simulations pour les principales destinations.

La règle fondamentale : votre destination détermine tout

La règle est fixée par l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l’UE/AELE. Elle est simple à comprendre mais rarement expliquée complètement.

Cas 1 — Départ vers un pays hors UE/AELE (Canada, USA, Maroc, Thaïlande, Brésil…)

Règle : vous pouvez retirer la totalité de votre avoir du 2ème pilier en espèces — part obligatoire + part surobligatoire.

Il n’y a aucune restriction légale sur le montant. Votre caisse de pension ou votre fondation de libre passage verse l’intégralité de votre prestation de sortie, après prélèvement d’un impôt à la source.

Condition unique : prouver que vous quittez définitivement la Suisse pour vous établir à l’étranger. Cela signifie radiation du registre des habitants de votre commune, départ effectif du territoire.

Cas 2 — Départ vers un pays de l’UE ou de l’AELE (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Autriche, Liechtenstein, Norvège, Islande…)

Règle : vous pouvez retirer uniquement la part surobligatoire de votre avoir.

La part obligatoire (minimum légal LPP) doit rester bloquée en Suisse sur un compte de libre passage, jusqu’à l’âge de votre retraite.

Exception : si vous prouvez à votre caisse que vous ne serez pas soumis au régime de prévoyance obligatoire de votre nouveau pays, vous pouvez récupérer la partie obligatoire également. Cette preuve s’obtient via la Fondation Fonds de garantie LPP (sfbvg.ch), qui contacte l’autorité sociale du pays de destination pour obtenir une attestation de non-affiliation.

Pourquoi cette restriction pour l’UE/AELE ?

L’idée du législateur : les pays membres de l’UE/AELE ont leurs propres systèmes de prévoyance sociale. Si vous vous installez en France, vous serez affilié à la Sécurité Sociale française et accumulerez des droits à la retraite. La partie obligatoire de votre LPP est donc conservée en Suisse pour être versée à la retraite — en évitant une situation où vous seriez doublement protégé d’un côté et non protégé de l’autre.

Le cas des frontaliers : attention à la confusion fréquente

Un frontalier qui retourne vivre en France tout en conservant son emploi en Suisse ne peut PAS retirer son 2ème pilier.

Ce point est source de beaucoup de confusion. Si vous êtes frontalier travaillant en Suisse avec un permis G, et que vous continuez à travailler pour votre employeur suisse depuis la France — vous restez affilié à votre caisse de pension. Aucun retrait n’est possible tant que vous exercez une activité salariée en Suisse.

La situation permettant le retrait est exclusivement celle du départ définitif de la Suisse avec cessation de toute activité salariée sur le territoire suisse.

Comment connaître votre part surobligatoire ?

La distinction obligatoire / surobligatoire est celle qui détermine combien vous pouvez retirer si vous partez en Europe.

Sur votre certificat LPP, cherchez :

  • « Avoir de vieillesse LPP » ou « Part LPP » → c’est la part obligatoire
  • « Avoir de vieillesse total » → la différence avec la part LPP = part surobligatoire

Formule : Part surobligatoire = Avoir total − Avoir LPP (part obligatoire)

Ce que ça signifie concrètement :

Pour un salarié de 38 ans avec 120 000 CHF d’avoir total :

  • Si « Part LPP » = 80 000 CHF → part surobligatoire = 40 000 CHF
  • Départ en France : vous pouvez récupérer 40 000 CHF immédiatement + les 80 000 CHF restent en Suisse jusqu’à la retraite
  • Départ au Canada : vous pouvez récupérer les 120 000 CHF intégralement

Si votre employeur cotise au minimum légal seulement, votre part surobligatoire peut être très faible — parfois presque nulle. Dans ce cas, un départ vers la France ne vous permet de récupérer que peu de chose avant la retraite.

La fiscalité : ce que vous recevez vraiment après impôts

C’est la partie que personne ne calcule complètement.

Étape 1 — L’impôt à la source suisse

Au moment du retrait, votre caisse de pension prélève un impôt à la source sur le capital versé. Ce taux dépend du canton où se trouve votre caisse de pension (ou votre fondation de libre passage) — pas de votre canton de domicile.

L’impôt à la source suisse est calculé sur la base d’un taux réduit (environ 1/5 du barème ordinaire d’imposition). Il varie significativement selon les cantons.

Fourchettes indicatives de l’impôt à la source suisse selon le montant et le canton :

Capital retiréCanton favorable (ex. Schwyz)Canton intermédiaire (ex. Vaud, Berne)Canton élevé (ex. Genève)
50 000 CHF~2 500–3 500 CHF~4 000–5 500 CHF~5 500–7 000 CHF
100 000 CHF~4 500–6 000 CHF~7 000–9 500 CHF~9 500–12 000 CHF
200 000 CHF~8 000–11 000 CHF~13 000–17 000 CHF~17 000–22 000 CHF

Ces montants sont indicatifs. Le taux exact dépend du barème cantonal, de votre état civil et du montant retiré.

Point crucial souvent ignoré : l’impôt à la source est calculé en fonction du canton où siège votre fondation de libre passage — pas où vous habitez. Si vous avez transféré vos avoirs dans une fondation basée dans un canton à fiscalité douce avant votre départ, vous réduisez cet impôt.

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Étape 2 — L’impôt dans votre pays de destination (exemple France)

Convention de double imposition franco-suisse (signée le 9 septembre 1966) :

Pour la grande majorité des cas (caisse de pension de droit privé, ce qui est le cas pour presque tous les employeurs du secteur privé), le droit d’imposition appartient à la France (pays de résidence au moment du retrait).

Mécanisme :

  1. La Suisse prélève l’impôt à la source
  2. Vous déclarez le capital en France (dans votre déclaration d’impôts française de l’année N+1)
  3. La France vous impose (taux spécifique pour capitaux de retraite)
  4. Vous demandez le remboursement de l’impôt suisse à l’administration fiscale du canton concerné
  5. La Suisse rembourse l’impôt à la source (vous ne payez qu’une seule fois)

Exception — caisse de droit public : si votre employeur était le canton, la commune, ou une entité publique suisse (hôpital public, administration cantonale…), la convention de 1966 (art. 21) prévoit une imposition exclusivement en Suisse. Dans ce cas, l’impôt suisse est définitif et la France n’impose pas.

Le taux français applicable :

La France traite le retrait du 2ème pilier comme une pension de retraite. Deux régimes sont possibles :

  • Régime général : intégré à votre revenu, imposé au barème progressif (avec abattement de 10 % plafonné)
  • Taux forfaitaire de 7,5 % : applicable si vous optez pour l’imposition à taux forfaitaire (option à exercer dans la déclaration)

En pratique, pour un résident français percevant un capital LPP en dehors de tout autre revenu important l’année du retrait : le taux effectif français tourne autour de 6,5–7,5 % du capital retiré.

Simulation complète — ce que vous recevez nettement

Profil : salarié 45 ans, employeur privé, fondation libre passage à Genève, part total 150 000 CHF, départ au Canada (retrait total)

ÉtapeMontant
Capital brut150 000 CHF
Impôt à la source suisse (Genève, ~8 %)−12 000 CHF
Capital versé par la fondation138 000 CHF
Conversion CHF → EUR (taux indicatif 0,97)≈ 133 860 EUR
Pas d’impôt dans pays hors convention0
Capital net reçu~133 860 EUR

Profil : salarié 40 ans, employeur privé, fondation libre passage à Vaud, part surobligatoire 60 000 CHF + part obligatoire 90 000 CHF, départ en France (UE)

ÉtapePart surobligatoire (immédiate)Part obligatoire (bloquée)
Capital disponible60 000 CHF90 000 CHF (reste en Suisse)
Impôt à la source suisse (~6 %)−3 600 CHF
Capital versé56 400 CHFVersé à 65 ans
France impose le capital−56 400 × 7,5 % = −4 230 EUR
Remboursement impôt suisse+3 480 EUR (reconverti)
Capital net reçu immédiatement~55 650 EUR
Capital à 65 ans (après intérêts compte LP)~110 000–130 000 CHF estimé

Le cas du rachat avant départ — la règle des 3 ans

Si vous avez effectué un rachat volontaire dans votre 2ème pilier dans les 3 ans précédant le retrait, les sommes rachetées ne peuvent pas être retirées en capital (art. 79b al. 3 LPP). Si vous le faites quand même, l’administration fiscale annule rétroactivement la déduction fiscale accordée lors du rachat et exige un rappel d’impôt. Vérifiez vos dates de rachat avant de demander le retrait.

La procédure en 5 étapes — chronologie réelle

Étape 1 — Radiation du registre des habitants (M-2 mois avant départ)

Annoncez votre départ définitif à votre commune de résidence (contrôle des habitants). Vous recevrez une attestation de départ — document indispensable pour votre demande de retrait LPP.

Si vous partez vers l’UE/AELE : cette attestation déclenche le processus d’obtention de l’attestation de non-affiliation (voir étape 3).

Étape 2 — Informer votre caisse de pension ou fondation de libre passage

Contactez votre institution de prévoyance (ou fondation de libre passage si vous avez déjà quitté un emploi) et annoncez votre départ définitif. Demandez le formulaire de demande de versement en espèces.

Documents généralement requis :

  • Formulaire de demande de versement (fourni par la caisse)
  • Attestation de départ de la commune suisse
  • Preuve d’établissement à l’étranger (permis de résidence étranger, attestation d’inscription à la mairie française, etc.)
  • Si marié(e) : consentement écrit du conjoint — obligatoire légalement (art. 37 LPP)
  • Si départ UE/AELE : attestation de non-affiliation (voir étape 3)

Étape 3 — Obtenir l’attestation de non-affiliation (uniquement pour l’UE/AELE)

Si vous partez vers un pays de l’UE/AELE, pour débloquer la part obligatoire, vous devez prouver que vous ne serez pas soumis au régime de prévoyance obligatoire de votre nouveau pays.

Démarche :

  1. Contactez la Fondation Fonds de garantie LPP (sfbvg.ch)
  2. Remplissez leur formulaire de demande
  3. La Fondation le transmet à l’autorité sociale du pays de destination
  4. L’autorité étrangère confirme (ou infirme) votre non-affiliation

Délai : 1 à 3 mois selon le pays. Cette étape ralentit considérablement le processus pour les départs vers l’Europe.

Résultat attendu pour la France : si vous êtes en retraite (pas d’activité professionnelle), vous ne serez pas affilié à la Sécurité sociale française à titre obligatoire → attestation obtenue → retrait total possible.

Étape 4 — Versement du capital

Après validation de votre dossier, la caisse verse le capital sur votre compte bancaire (suisse ou étranger). L’impôt à la source est prélevé au moment du versement et reversé à l’administration fiscale du canton concerné.

Délai total du processus : 2 à 6 mois selon la caisse, le canton et la complexité du dossier.

Étape 5 — Optimisation fiscale post-retrait (pour la France)

Si vous résidez en France et avez reçu un capital LPP imposé en Suisse à la source :

  1. Déclarez le montant brut (avant impôt suisse) dans votre déclaration de revenus française de l’année N+1
  2. Attendez votre avis d’imposition française
  3. Rassemblez : l’avis d’imposition français + l’attestation de retrait de votre caisse (montant, date, impôt prélevé)
  4. Envoyez le dossier à l’administration fiscale du canton suisse concerné (le canton où se trouve le siège de votre caisse)
  5. L’administration suisse rembourse l’impôt à la source prélevé

Délai de remboursement : généralement 3 à 12 mois après soumission du dossier.

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L’optimisation fiscale légale : transférer vers un canton favorable

C’est la stratégie dont personne ne parle — et qui peut vous faire économiser plusieurs milliers de CHF.

Rappel : l’impôt à la source suisse est calculé selon les barèmes du canton où se trouve votre fondation de libre passage — pas votre canton de domicile.

Si vos avoirs sont actuellement dans une fondation genevoise ou vaudoise et que vous prévoyez de quitter la Suisse dans 12 à 18 mois, vous pouvez transférer vos avoirs vers une fondation basée dans un canton à fiscalité plus favorable (Schwyz, Nidwald, Zoug…).

Le transfert est gratuit et légalement simple : contactez votre nouvelle fondation de libre passage, elle s’occupe du transfert avec votre ancienne institution.

Simulation :

  • Capital de 200 000 CHF
  • Fondation à Genève : impôt à la source ≈ 18 000 CHF
  • Fondation à Schwyz : impôt à la source ≈ 10 000 CHF
  • Économie potentielle : 8 000 CHF pour un simple transfert préalable

Délai recommandé : effectuez le transfert au moins 6 mois avant le retrait pour éviter tout questionnement sur l’intention d’optimisation fiscale.

Le scénario que personne ne traite : que se passe-t-il si vous revenez en Suisse ?

C’est la question qui peut changer toute la stratégie — et aucun guide n’y répond clairement.

Si vous retirez la totalité de votre 2ème pilier (hors-UE/AELE) et que vous revenez ensuite travailler en Suisse :

Situation A — Vous revenez comme salarié

Vous repartez de zéro dans le 2ème pilier. Toute nouvelle caisse commence à cotiser pour vous dès votre réaffiliation. La période passée à l’étranger crée une lacune de cotisation — que vous pouvez combler par des rachats volontaires (100 % déductibles fiscalement). Mais vous ne récupérez pas les avoirs retirés.

Situation B — Vous avez retiré uniquement la part surobligatoire (départ UE/AELE)

La part obligatoire est restée sur votre compte de libre passage suisse. En revenant travailler en Suisse, votre nouvelle caisse de pension la réintègre — vous repartez avec cette base. La continuité de la prévoyance est préservée.

Conséquence concrète :

Pour un salarié de 38 ans qui retire 120 000 CHF (dont 80 000 CHF de part obligatoire) pour partir au Canada, puis revient en Suisse à 45 ans : ces 80 000 CHF ne sont plus dans son 2ème pilier. À la retraite à 65 ans, cela représente une lacune de rente d’environ 300–400 CHF/mois à vie (selon la caisse et le taux de conversion). Le rachat nécessaire pour combler cette lacune serait de l’ordre de 50 000–70 000 CHF (sans les intérêts composés sur 27 ans).

Conseil : si vous n’êtes pas certain de votre départ définitif, ou si vous envisagez un retour en Suisse dans les 5–10 ans, réfléchissez à laisser la part obligatoire en compte de libre passage — même pour un départ hors-UE/AELE.

Les 4 erreurs qui peuvent vous coûter jusqu’à 15 000 CHF

Erreur 1 — Retirer sans optimiser le canton de la fondation de libre passage

Coût potentiel : 3 000–10 000 CHF selon le capital.

Beaucoup de salariés laissent leurs avoirs dans la fondation de libre passage par défaut (souvent celle de leur employeur ou l’institution supplétive à 0,05 %/an). Sans transfert préalable vers un canton avantageux, l’impôt à la source peut être significativement plus élevé que nécessaire.

Erreur 2 — Avoir fait un rachat dans les 3 ans précédant le retrait

Coût potentiel : rappel fiscal + pénalités sur l’ensemble du rachat.

Si vous avez effectué un rachat LPP en 2023 et que vous voulez retirer votre 2ème pilier en 2025, la caisse n’est pas obligée de le signaler. Mais l’administration fiscale effectue des contrôles croisés. En cas de contrôle, la déduction accordée lors du rachat est annulée rétroactivement.

Erreur 3 — Oublier d’obtenir le consentement écrit du conjoint

Coût potentiel : refus de paiement, délais, frais juridiques.

L’article 37 LPP est sans ambiguïté : si vous êtes marié(e), le versement en capital du 2ème pilier nécessite le consentement écrit du conjoint. Sans ce document, votre caisse refusera le versement. La procédure doit être recommencée — avec de nouveaux délais.

Erreur 4 — Quitter la Suisse sans retrouver tous ses comptes de libre passage

Coût potentiel : avoirs oubliés qui restent à 0,05 %/an pendant 20 ans à l’institution supplétive.

Si vous avez eu plusieurs emplois en Suisse, vous pouvez avoir plusieurs comptes de libre passage dans des fondations différentes. Consultez la Centrale du 2ème pilier (sfbvg.ch) pour retrouver tous vos avoirs lpp avant de partir. Des milliards de francs dorment dans des fondations que leurs propriétaires ont oubliées.

Tableau récapitulatif décisionnel — votre situation en un coup d’œil

Votre situationRetrait possibleMontant récupérableImpôt suisseImpôt pays destination
Départ hors UE/AELE✅ Total100 % de l’avoirÀ la source (taux réduit)Selon convention CDI
Départ UE/AELE (affilié sécurité sociale)✅ PartielPart surobligatoire seulementÀ la sourceSelon convention CDI
Départ UE/AELE (non affilié sécurité sociale)✅ Total100 % de l’avoirÀ la sourceSelon convention CDI
Frontalier → résidence France, emploi Suisse❌ Impossible0
Départ à la retraite (≥ 65 ans)✅ Total100 % de l’avoirÀ la source si capitalSelon convention CDI

En résumé — les 5 points clés à retenir

Votre destination décide du montant : départ hors-UE/AELE = retrait total possible. Départ vers l’UE/AELE = seulement la part surobligatoire, sauf attestation de non-affiliation.

Le montant net réel est toujours inférieur au montant brut : impôt à la source suisse + impôt dans le pays de destination (souvent remboursable). Simulez avant de planifier vos finances post-Suisse.

Le canton de la fondation détermine l’impôt suisse : un transfert préalable vers une fondation en canton favorable peut économiser 5 000–10 000 CHF.

Le consentement du conjoint est obligatoire : sans signature écrite du conjoint marié, pas de versement.

Le retour en Suisse après retrait total a un coût : des dizaines de milliers de CHF de rachat pour retrouver votre niveau de rente — à anticiper avant de décider.

Conclusion

Retirer son 2ème pilier pour quitter la Suisse n’est pas une démarche automatique. C’est une décision patrimoniale importante, qui mérite une analyse sérieuse de trois variables : combien vous pouvez réellement récupérer (selon la règle UE/AELE), combien vous recevez après impôts (selon le canton et la convention fiscale), et quel est l’impact à long terme si vous revenez un jour.

Les 4 erreurs décrites dans cet article coûtent, à elles seules, en moyenne 8 000 à 15 000 CHF aux personnes qui ne les anticipent pas. Et aucune n’est difficile à éviter avec une bonne préparation.

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Pour aller plus loin

FAQ — Retirer son 2ème pilier pour quitter la Suisse 2026

Toutes les informations importantes concernant le 2ème Pilier quand vous quittez la Suisse

Le délai moyen est de 2 à 6 mois selon votre caisse et votre canton. Pour les départs vers l’UE/AELE avec demande d’attestation de non-affiliation, comptez 3 à 6 mois supplémentaires.

Pour optimiser le timing, commencez les démarches au moins 3 mois avant votre départ prévu.

Oui. Vous n’êtes pas obligé de retirer votre 2ème pilier au moment de votre départ. Vous pouvez le transférer sur un compte de libre passage suisse, où il fructifie jusqu’à votre retraite.

Cette option est particulièrement intéressante si vous pensez revenir un jour travailler en Suisse, ou si l’imposition dans votre pays de destination est défavorable.

Oui, dans la grande majorité des cas (employeur privé). La convention franco-suisse de 1966 attribue le droit d’imposition à la France.

La procédure : déclarez le capital en France → recevez votre avis d’imposition → envoyez-le avec votre attestation de retrait à l’administration fiscale du canton suisse concerné → la Suisse rembourse l’impôt prélevé à la source.

Non pour le 2ème pilier contrairement au 3ème pilier, le 2ème pilier doit être retiré en une seule fois.

En revanche, si vous avez des avoirs dans plusieurs fondations de libre passage (anciens emplois), vous pouvez étaler les retraits sur des années différentes.

Les avoirs non réclamés sont transférés à l’institution supplétive LPP après 6 mois sans instruction de votre part. Ils y restent avec un taux d’intérêt minimal (0,05 %/an en 2026).

Vous pouvez les réclamer même depuis l’étranger via la Centrale du 2ème pilier (sfbvg.ch). Il n’y a pas de délai de prescription pour les réclamer.

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2ème pilier / Libre Passage

Certificat LPP 2026 : les 12 lignes à lire et décoder

Certificat LPP 2026 : les 12 lignes à lire, les 5 erreurs à détecter et les 3 décisions à prendre dans les 30 jours

Certificat LPP 2026 Suisse — guide complet pour décoder les 10 sections, détecter les 5 erreurs fréquentes et calculer le potentiel de rachat fiscal

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 Certificat LPP 2026 — les chiffres de référence

  • Déduction de coordination 2026 : 26 460 CHF (salaire AVS − coordination = salaire assuré)
  • Plafond salaire assuré (obligatoire) : 64 260 CHF (90 720 − 26 460)
  • Taux d'intérêt minimal LPP 2026 : 1,25 % (Conseil fédéral)
  • Taux de conversion part obligatoire : 6,8 % (art. 14 LPP)
  • Part employeur : minimum 50 % des cotisations (art. 66 LPP)
  • Potentiel de rachat : 100 % déductible fiscalement, sans plafond (art. 79b LPP)
  • Règle des 3 ans : après un rachat, pas de retrait en capital pendant 3 ans

Chaque année entre janvier et mars, un document arrive dans votre boîte aux lettres — ou votre espace en ligne. Votre certificat LPP. Certificat de prévoyance professionnelle. Attestation de caisse de pension.

La grande majorité des salariés suisses jettent un œil distrait aux chiffres, constatent que le document a l’air « en ordre », et le rangent dans une chemise.

C’est une erreur qui peut coûter des milliers de francs.

Pour beaucoup de Suisses, l’avoir accumulé dans la caisse de pension représente la part la plus importante de leur fortune  souvent plus que le compte bancaire, parfois plus que la valeur d’un appartement. Et pourtant, ce document est lu avec moins d’attention qu’une facture d’assurance maladie.

Ce guide est différent. Il ne se contente pas d’expliquer les lignes. Il vous dit ce qu’il faut vérifier pour détecter les erreurs, ce que les chiffres signifient pour votre retraite en CHF réels — et ce que vous devriez faire dans les 30 jours après l’avoir reçu.

Pourquoi le certificat LPP est le document le plus important de votre carrière

Le certificat LPP est une obligation légale (art. 11 OPP2). Chaque institution de prévoyance doit vous transmettre un relevé annuel de votre compte de vieillesse individuel, incluant :

  • Le montant épargné
  • Les prestations projetées à la retraite
  • Les prestations en cas de décès ou d’invalidité
  • Votre potentiel de rachat
  • Le montant disponible pour l’EPL (achat immobilier)
  • La prestation de libre passage en cas de départ

Ce qu’il révèle que vous ignorez peut-être :

  • Si votre salaire est correctement déclaré à la caisse
  • Si votre employeur vous couvre au minimum légal ou mieux
  • Si votre caisse de pension est financièrement saine
  • Combien vous perdez à la retraite par rapport à votre niveau de vie actuel
  • Le montant exact que vous pouvez déduire fiscalement via un rachat

Section 1 — Les données personnelles et le salaire : la première erreur à rechercher

Ce que vous trouvez

Nom, prénom, numéro AVS, date d’affiliation à la caisse, date de naissance, état civil, taux d’occupation.

Ce qu’il faut vérifier

Vérification critique n°1 : le taux d’occupation

Si vous travaillez à 80 %, votre taux d’occupation doit afficher 80 %. S’il affiche 100 %, votre caisse calcule vos cotisations sur la mauvaise base — et votre rente projetée est surestimée. Ou inversement : si vous travaillez à 100 % mais que le certificat affiche 80 %, vos cotisations sont sous-calculées.

Vérification critique n°2 : la date d’affiliation

La date d’affiliation doit correspondre exactement à votre date de prise d’emploi dans votre entreprise actuelle (ou à la date du changement de caisse par votre employeur). Si elle est incorrecte, vos années de cotisation peuvent être mal comptabilisées, affectant votre potentiel de rachat.

Section 2 — Le salaire assuré (coordonné) : la ligne la plus mal comprise

Ce qu’est le salaire assuré

Salaire assuré = Salaire AVS annuel brut − Déduction de coordination (26 460 CHF en 2026)

C’est sur cette base, et pas sur votre salaire brut total, que vos cotisations et prestations sont calculées.

Valeurs légales 2026 :

  • Déduction de coordination : 26 460 CHF
  • Salaire coordonné minimum assuré : 3 780 CHF
  • Plafond salaire assuré (part obligatoire) : 64 260 CHF

Ce qu’il faut vérifier

La question cruciale : votre salaire AVS affiché sur le certificat correspond-il à votre salaire brut réel — y compris les bonus et primes de la dernière année ?

De nombreux certificats sont basés sur le salaire de l’année précédente. Si vous avez eu une augmentation en cours d’année, le salaire assuré peut ne pas encore refléter votre rémunération actuelle. Conséquence : vos cotisations de l’année en cours ont été calculées sur un salaire inférieur à la réalité — et vos prestations projetées (retraite, invalidité, décès) sont sous-estimées.

Action : comparez le « salaire annoncé AVS » de votre certificat avec votre dernier certificat de salaire annuel. Si l’écart dépasse 5 %, contactez votre service RH.

Ce que votre employeur peut faire — les deux options légales

La loi fixe un plafond de 90 720 CHF pour le salaire assurable dans le régime obligatoire. Si votre salaire dépasse ce seuil, votre employeur peut :

Option A : n’assurer que jusqu’au plafond légal (90 720 CHF) — votre certificat affichera un salaire assuré de 64 260 CHF (90 720 − 26 460)

Option B : assurer le salaire réel dépassant le plafond dans le régime surobligatoire — votre certificat affichera un salaire assuré plus élevé

Pour un cadre gagnant 150 000 CHF/an dont l’employeur n’assure que le minimum obligatoire : 59 280 CHF de salaire ne sont pas assurés. À la retraite, la rente sera calculée sur 64 260 CHF alors que le niveau de vie est basé sur 150 000 CHF.

Section 3 — L’avoir de vieillesse : votre capital réel pour la retraite

Les 3 colonnes que vous devez comparer

La section « avoir de vieillesse LPP » contient généralement deux colonnes et une série de lignes. Voici ce qu’elles signifient :

LigneSignification
Avoir de vieillesse au 1er janvierCapital accumulé au début de l’année (solde de report)
Bonifications de vieillesseCotisations versées dans l’année (vous + employeur)
Intérêts créditésRémunération annuelle sur votre avoir
Avoir de vieillesse au 31 décembreTotal accumulé en fin d’année
Part LPP (obligatoire)La partie couverte par le minimum légal
Part surobligatoireCe que votre employeur/caisse apporte en plus du minimum

La distinction obligatoire / surobligatoire — pourquoi elle est critique

Partie obligatoire : garantie par la loi, taux de conversion de 6,8 % garanti (art. 14 LPP), taux d’intérêt minimum fixé par le Conseil fédéral (1,25 % en 2026).

Partie surobligatoire : chaque caisse fixe ses propres règles. Le taux de conversion peut être inférieur à 6,8 % (souvent entre 4,5 % et 6 %). Le taux d’intérêt crédité peut être différent.

Pourquoi c’est important : si votre avoir surobligatoire représente 40 % de votre total, une partie substantielle de votre retraite est soumise à des règles que votre employeur ou votre caisse fixe librement — pas la loi.

Action : cherchez dans votre règlement de caisse le taux de conversion appliqué à la part surobligatoire. S’il n’est pas mentionné sur le certificat, demandez-le par écrit.

Simulation : ce que votre avoir de vieillesse générera comme rente mensuelle

Formule de base : Rente annuelle = Avoir de vieillesse × Taux de conversion

Avoir total au moment de la retraiteTaux de conversionRente annuelleRente mensuelle
200 000 CHF6,8 %13 600 CHF~1 133 CHF
350 000 CHF6,8 %23 800 CHF~1 983 CHF
500 000 CHF6,8 %34 000 CHF~2 833 CHF
700 000 CHF6,8 %47 600 CHF~3 967 CHF

Ces montants sont les rentes LPP seules. Ajoutez votre rente AVS (max ~2 520 CHF/mois en 2026) pour le total du 1er + 2e pilier.

La règle des 60 % : les 1er et 2e piliers combinés doivent couvrir environ 60 % du dernier salaire. Pour un salaire de 100 000 CHF/an, l’objectif théorique est 5 000 CHF/mois. Si votre simulation indique moins, la lacune de prévoyance doit être comblée (par le 3ème pilier ou des rachats LPP).

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Section 4 — Les prestations projetées à la retraite : les deux scénarios à comparer

Cette section simule ce que vous toucherez à la retraite selon deux hypothèses :

  • Avec un taux d’intérêt bas (généralement 1,25 % = le minimum LPP)
  • Avec un taux d’intérêt historique de la caisse (souvent 2,5 % ou plus)

Ce que beaucoup ignorent : la projection avec le taux historique n’est pas garantie. Seul le minimum légal est assuré. Si votre caisse a historiquement rendu 3 % mais que ses performances futures baissent, votre rente réelle sera inférieure à la projection haute.

La retraite anticipée : si votre certificat montre des projections à 58, 60, 63 et 65 ans — ce n’est pas un luxe, c’est une information stratégique. La différence entre une retraite à 58 ans et à 65 ans peut représenter 30 à 50 % de moins sur la rente annuelle. Chaque année de retraite anticipée réduit le capital accumulé et augmente la durée de versement de la rente.

Section 5 — Les prestations de risque : décès et invalidité

La rente d’invalidité

En cas d’incapacité de gain de 40 % ou plus (reconnue par l’AI), votre caisse de pension verse une rente d’invalidité. Le montant affiché sur votre certificat correspond à une invalidité à 100 %.

Ce que peu de salariés réalisent : la rente d’invalidité LPP + la rente AI ne couvrent souvent que 60–70 % du dernier salaire. Pour un salarié à 100 000 CHF/an, le manque à gagner mensuel peut dépasser 1 500 CHF/mois en cas d’invalidité grave.

Vérification : comparez la rente d’invalidité indiquée (colonne « Total ») avec 60 % de votre salaire brut annuel ÷ 12. Si le résultat LPP + rente AI maximale (~2 520 CHF) ne couvre pas ce seuil, une lacune de prévoyance invalidité existe.

La rente de conjoint / partenaire

En cas de décès, vos proches reçoivent :

  • Une rente de conjoint (généralement 60 % de votre rente d’invalidité ou de vieillesse)
  • Une rente d’orphelin pour chaque enfant (généralement 20 % de la rente)

La case « concubin(e) » : ce que votre certificat ne dit pas

La plupart des caisses de pension versent une rente au conjoint marié ou au partenaire enregistré automatiquement. Pour un concubin, les conditions varient drastiquement d’une caisse à l’autre. Certaines caisses versent une prestation si le concubinage est documenté depuis plus de 5 ans. D’autres ne paient rien. Vérifiez cette condition dans le règlement de votre caisse — pas sur le certificat, qui ne le précise pas toujours.

Section 6 — Le potentiel de rachat : la ligne qui peut vous économiser des milliers de CHF

C’est la ligne la plus valuable de tout le document — et la plus ignorée.

Le potentiel de rachat représente le montant maximum que vous pouvez verser volontairement dans votre caisse de pension. Ce montant est 100 % déductible de votre revenu imposable l’année du versement, sans plafond (à la différence du pilier 3a limité à 7 258 CHF).

Pourquoi un potentiel de rachat existe-t-il ?

Des lacunes de cotisation apparaissent quand :

  • Vous avez commencé à travailler après 25 ans (études prolongées)
  • Vous êtes arrivé en Suisse après 25 ans
  • Votre salaire a significativement augmenté (les cotisations passées étaient calculées sur un salaire inférieur)
  • Vous avez eu des périodes de chômage ou de travail à temps partiel
  • Vous avez bénéficié d’un divorce avec partage du 2e pilier

La simulation fiscale du rachat

Montant de rachatTaux marginal d’impositionÉconomie d’impôt
10 000 CHF28 %2 800 CHF
25 000 CHF32 %8 000 CHF
50 000 CHF35 %17 500 CHF
100 000 CHF38 %38 000 CHF

La règle des 3 ans (art. 79b LPP) : après un rachat, vous ne pouvez pas retirer le capital sous forme d’espèces pendant 3 ans. Si vous planifiez un EPL (achat immobilier) dans les 3 prochaines années, il vaut mieux d’abord faire l’EPL puis le rachat.

La stratégie optimale : étaler les rachats sur plusieurs années plutôt que de tout verser en une fois. La progressivité de l’impôt suisse fait qu’un rachat de 25 000 CHF × 3 ans économise davantage d’impôt qu’un seul rachat de 75 000 CHF.

Section 7 — L’EPL (Encouragement à la Propriété du Logement) : votre 2e pilier comme levier immobilier

Le montant EPL affiché sur votre certificat représente le maximum que vous pouvez retirer ou nantir pour financer l’achat de votre résidence principale.

Retrait EPL vs Nantissement : deux options radicalement différentes

Retrait EPL :

  • Vous retirez de l’argent de votre caisse
  • Ce montant est immédiatement imposé (taux réduit mais impôt réel)
  • Vos rentes futures (vieillesse, invalidité, décès) sont réduites proportionnellement
  • Les rachats futurs ne sont possibles qu’après remboursement du retrait

Nantissement EPL :

  • Votre avoir LPP sert de garantie pour le crédit hypothécaire — sans retrait
  • Votre capital continue de fructifier (intérêts + bonifications)
  • Vos rentes ne sont pas réduites
  • Vous pouvez continuer à effectuer des rachats

La recommandation généralement retenue : le nantissement est souvent préférable au retrait si votre situation financière le permet — le capital LPP continue de générer des intérêts et votre couverture reste intacte. Mais la décision dépend de votre taux d’imposition, de votre taux hypothécaire et de votre situation familiale.

Section 8 — La prestation de libre passage : ce que vous emportez en quittant l’emploi

La prestation de libre passage est le montant de votre avoir de vieillesse au moment du certificat. C’est ce que vous transférez vers votre nouvelle caisse si vous changez d’employeur.

Ce que vous devez savoir :

  1. Délai de transfert : votre ancienne caisse doit transférer cet avoir dans votre nouvelle caisse dans les 30 jours suivant votre sortie (art. 3 LFLP). Si votre nouveau emploi tarde à démarrer, l’avoir est placé sur un compte de libre passage.
  2. La différence avoir de vieillesse / prestation de libre passage : elles peuvent différer si vous avez des avoirs issus de rachats, d’EPL ou d’autres opérations spécifiques. Le certificat distingue généralement les deux.
  3. Ne jamais laisser une prestation de libre passage sans affectation : si vous quittez un emploi sans en reprendre un immédiatement (chômage, départ à l’étranger, congé sabbatique), l’avoir doit être transféré sur un compte de libre passage dans les 6 mois. Après ce délai, la fondation institution supplétive LPP prend en charge l’avoir — avec un taux d’intérêt minimal (0,05 % en 2026).

Section 9 — Le financement des cotisations : vérifier la répartition employeur/salarié

Cette section détaille qui paie quoi :

  • Cotisation épargne (bonification de vieillesse)
  • Prime de risque (invalidité et décès)
  • Frais administratifs
  • Contribution au fonds de garantie

Ce qu’il faut vérifier : la part employeur doit représenter au minimum 50 % des cotisations totales (art. 66 LPP). Si les colonnes montrent que vous payez plus de 50 %, votre caisse ou votre employeur dépasse les obligations légales en votre faveur — ou il y a une anomalie à vérifier.

Section 10 — Le taux de couverture : la santé financière de votre caisse

Cette information n’est pas toujours sur le certificat LPP lui-même — mais c’est peut-être la plus importante pour votre sécurité financière à long terme.

Le taux de couverture indique si votre caisse de pension a suffisamment d’actifs pour couvrir tous ses engagements (rentes en cours + avoirs de vieillesse des actifs).

Taux de couvertureSituation
> 110 %Excellente santé — réserve confortable
100–110 %Bonne santé — situation normale
90–100 %Tension — surveillance nécessaire
< 90 %Situation critique — assainissement probable
< 80 %Crise — mesures d’urgence légales

Si votre caisse est en dessous de 100 % : des mesures d’assainissement peuvent être imposées — gel des taux d’intérêt, contributions d’assainissement supplémentaires, réduction des rentes en cours dans les cas extrêmes.

Comment trouver ce chiffre : le rapport annuel de votre institution de prévoyance (disponible sur demande ou en ligne) indique le taux de couverture. Certaines caisses l’incluent désormais dans le certificat annuel.

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Les 5 erreurs fréquentes dans les certificats LPP — et comment les corriger

Erreur 1 — Salaire AVS incorrectement déclaré

Cause la plus fréquente : votre employeur a oublié de notifier la caisse d’une augmentation de salaire, ou le salaire déclaré exclut des composantes variables (bonus, primes). Solution : comparez le salaire AVS du certificat avec votre certificat de salaire annuel et signalez toute divergence à votre service RH.

Erreur 2 — Taux d’occupation erroné

Particulièrement fréquent pour les salariés à temps partiel ou ceux qui ont changé de taux d’occupation en cours d’année. Un taux erroné fausse toutes les projections. Solution : vérifiez la ligne « taux d’occupation » contre votre contrat de travail.

Erreur 3 — Date d’affiliation incorrecte

Peut survenir après un changement de caisse de pension par l’employeur. Une date d’affiliation trop tardive réduit artificiellement votre potentiel de rachat et vos droits acquis. Solution : comparez avec votre contrat de travail initial.

Erreur 4 — Prestation de libre passage d’un ancien emploi non transférée

Des avoirs oubliés chez une ancienne caisse ou dormants à l’institution supplétive LPP ne figurent pas sur votre certificat actuel — ils sont simplement perdus de vue. Solution : consultez la Centrale du 2e pilier (sfbvg.ch) pour retrouver d’éventuels avoirs orphelins.

Erreur 5 — Potentiel de rachat sous-estimé

Certaines caisses calculent le potentiel de rachat sur la base du salaire actuel seulement, sans intégrer les années à salaire plus élevé que vous pourriez légitimement racheter. Demandez à votre caisse un calcul détaillé du potentiel de rachat théorique maximal selon l’article 79b LPP.

Les 3 décisions à prendre dans les 30 jours après réception

Décision 1 — Vérifier les données de base

Cinq vérifications en 10 minutes :

  • ✅ Le salaire AVS correspond à votre salaire brut réel (avec bonus)
  • ✅ Le taux d’occupation est correct
  • ✅ La date d’affiliation correspond à votre prise d’emploi
  • ✅ La répartition employeur/salarié est conforme (min 50 % employeur)
  • ✅ La prestation de libre passage d’un ancien emploi a bien été intégrée

Décision 2 — Calculer votre lacune de retraite

Prenez votre rente projetée à 65 ans (taux bas, version conservatrice) + la rente AVS maximale (~2 520 CHF/mois). Comparez ce total à 60 % de votre salaire actuel net mensuel. La différence est votre lacune de prévoyance.

Si la lacune dépasse 500 CHF/mois : il est temps d’agir — soit par des rachats LPP, soit par le pilier 3a, soit les deux.

Décision 3 — Planifier votre rachat si le potentiel est > 0

Si le potentiel de rachat affiché est supérieur à 0, vous avez une déduction fiscale dormante. Avant de verser, vérifiez :

  • Aucun retrait EPL récent (dans les 3 ans) n’a été effectué
  • Vous n’avez pas de projet EPL dans les 3 prochaines années
  • Vous avez un revenu imposable suffisant pour que la déduction soit profitable

Si tout est vert : planifiez un rachat avant le 31 décembre pour déduire le montant de votre revenu imposable 2026.

En résumé — votre checklist certificat LPP en 5 minutes

Salaire AVS : correspond à votre salaire brut réel 2025 (bonus inclus) ? Si non → signalez à la RH.

Avoir de vieillesse : calculez votre rente mensuelle future (avoir × 6,8 % ÷ 12). Couvre-t-elle 60 % de votre salaire net actuel ?

Potentiel de rachat : si > 0, planifiez un versement avant le 31 décembre 2026 pour déduire de votre revenu imposable.

Prestations risque : rente invalidité + rente AI ≥ 60 % de votre salaire ? Sinon, lacune de prévoyance à combler.

Taux de couverture : consultez le rapport annuel de votre caisse. Un taux < 100 % mérite attention.

Conclusion

Votre certificat LPP n’est pas un document administratif à classer. C’est une photographie annuelle de votre retraite — et un outil de planification que vous pouvez transformer en décision fiscale concrète.

La plupart des salariés suisses ne liront jamais ce guide. Ils recevront leur certificat, verront des chiffres rassurants, et le rangeront. Et à 60 ans, ils découvriront avec surprise que leur rente LPP couvre 40 % de leur dernier salaire — pas 60 %.

Ceux qui lisent ce guide et agissent — vérification des données, rachat planifié, lacune identifiée — peuvent ajouter des dizaines de milliers de francs à leur avoir de retraite au fil des années.

Vous voulez un audit complet de votre certificat LPP — potentiel de rachat exact, simulation de rente, lacune de prévoyance identifiée et stratégie personnalisée selon votre canton et votre profil ? Nos experts Compassurance l’effectuent gratuitement — réponse sous 24h, sans engagement.

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Pour aller plus loin

FAQ — Certificat LPP 2026

Quand reçoit-on son certificat LPP ?
Chaque institution de prévoyance a l'obligation légale (art. 11 OPP2) d'envoyer le certificat annuellement. La plupart des caisses l'envoient entre janvier et mars pour l'exercice de l'année précédente. Si vous ne l'avez pas reçu avant fin avril, contactez directement votre caisse de pension ou votre service RH.
Que signifie "Part LPP" vs "Total" sur le certificat ?
« Part LPP » correspond au minimum légal obligatoire — cotisations et intérêts selon les taux minimaux fixés par la loi. « Total » inclut en plus la part surobligatoire que votre employeur ou votre caisse finance au-delà du minimum. La différence (Total − Part LPP) est votre part surobligatoire — une valeur importante notamment pour les rachats et le calcul de votre taux de conversion réel.
Est-ce que le montant de rachat affiché sur le certificat est garanti ?
Non. Le montant de rachat affiché est une estimation. Le montant exact doit être recalculé par la caisse au moment du versement — il peut varier si votre salaire a évolué, si vous avez changé de taux d'occupation, ou si d'autres modifications sont intervenues. ⚠️ Avant de verser, demandez toujours une confirmation écrite du montant de rachat exact à votre institution.
Peut-on vérifier ses avoirs LPP si on a changé plusieurs fois d'employeur ?
Oui. Le service « Centrale du 2e pilier » (sfbvg.ch) vous permet de retrouver des avoirs éventuellement dormants dans d'anciennes caisses ou à l'institution supplétive LPP. Ce service est gratuit et accessible en ligne. Des milliards de francs d'avoirs LPP dorment actuellement faute d'avoir été réclamés.
Quelle est la différence entre le certificat LPP et le certificat de salaire ?
Le certificat de salaire (remis par l'employeur pour la déclaration d'impôts) indique vos revenus et les cotisations sociales prélevées, dont une ligne « LPP ». Le certificat LPP (remis par la caisse de pension) est un document distinct, beaucoup plus détaillé, qui indique votre avoir accumulé, vos prestations projetées et votre potentiel de rachat. Les deux sont complémentaires mais différents.
Qu'est-ce que le taux de couverture de ma caisse, et pourquoi c'est important ?
Le taux de couverture indique si votre caisse a suffisamment d'actifs pour couvrir tous ses engagements (rentes en cours + avoirs des actifs). Au-dessus de 110% : excellente santé. Entre 100 et 110% : situation normale. En dessous de 100% : des mesures d'assainissement peuvent être imposées — gel des taux d'intérêt, contributions supplémentaires, voire réduction des rentes en cours dans les cas extrêmes. 💡 Ce chiffre n'est pas toujours sur le certificat lui-même : consultez le rapport annuel de votre institution de prévoyance, disponible sur demande ou en ligne.
Retrait EPL ou nantissement pour un achat immobilier : lequel choisir ?
Le retrait réduit immédiatement vos rentes futures (vieillesse, invalidité, décès) et est imposé au moment du versement. Le nantissement utilise votre avoir LPP comme garantie du crédit hypothécaire, sans retrait : votre capital continue de fructifier, vos rentes ne sont pas réduites, et vous pouvez continuer à faire des rachats. En général, le nantissement est préférable si votre situation financière le permet — mais la décision dépend de votre taux d'imposition, de votre taux hypothécaire et de votre situation familiale.
Comment calculer ma lacune de prévoyance à partir de mon certificat ?
Prenez votre rente LPP projetée à 65 ans (version conservatrice, taux bas) et ajoutez la rente AVS maximale (~2'520 CHF/mois en 2026). Comparez ce total à 60% de votre salaire net actuel — c'est la règle standard de couverture visée par les 1er et 2e piliers combinés. Si le résultat est inférieur, la différence est votre lacune de prévoyance à combler, par un rachat LPP ou un pilier 3a.
Fares – Expert 2e Pilier

Julien de Compassurance.ch – Expert en Assurance en Suisse !

10 ans d’expérience dans la prévoyance et l’assurance en Suisse romande. Chez Compassurance, on vous accompagne pour optimiser toutes vos couvertures (LAMal, complémentaires, RC Pro, IJ maladie, 3e pilier…), sans jargon, sans pression, avec un seul objectif : vous faire économiser intelligemment, sans sacrifier votre protection.

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Médicaments remboursés par la LAMal en Suisse : la liste, les règles et les 3 taux de quote-part que personne n’explique

Médicaments remboursés par la LAMal en Suisse : la liste, les règles et les 3 taux de quote-part que personne n'explique

Médicaments remboursés par la LAMal Suisse 2026 — liste des spécialités LS, 3 taux de quote-part, X rouge et procédure off-label

Sommaire :

comparatif lamal 2025

📋 Médicaments remboursés LAMal — les règles 2026

  • 3 conditions : prescription médicale + médicament sur la LS + franchise atteinte
  • Liste des Spécialités : listedesspecialites.ch — mise à jour mensuelle par l'OFSP
  • Quote-part standard : 10 % (génériques, originaux "bon prix")
  • Quote-part pénalisante : 40 % (originaux quand générique moins cher existe) — depuis janv. 2024
  • Quote-part maximale adulte : 700 CHF/an — au-delà, 100 % remboursé
  • Médicaments hors liste : couverts par complémentaire ambulatoire (pas par la LAMal)
  • LPPA : jamais remboursé (ni LAMal ni complémentaire)

Vous avez une ordonnance en main. Votre médecin a prescrit un médicament. Vous allez à la pharmacie. Et là, la question : est-ce que votre assurance maladie va rembourser  entièrement, partiellement, ou pas du tout ?

En Suisse, la réponse dépend de trois choses que la grande majorité des assurés ne comprend pas complètement : quelle liste le médicament est sur, quel taux de quote-part s’applique, et si votre franchise est déjà atteinte. Et depuis janvier 2024, une règle a changé qui peut coûter cher si vous ne la connaissez pas : la quote-part pour les médicaments originaux quand un générique existe est passée de 20 % à 40 %.

Ce guide explique tout — sans jargon inutile, avec des exemples CHF concrets.

Les 3 conditions pour qu’un médicament soit remboursé par la LAMal

La LAMal rembourse un médicament si — et seulement si — les trois conditions suivantes sont réunies :

Condition 1 — Le médicament est prescrit par un médecin agréé

Un médicament acheté sans ordonnance, même s’il figure sur la liste des spécialités, n’est pas remboursé par la LAMal. La prescription médicale est obligatoire. Exception : les préparations magistrales confectionnées sur ordonnance par un pharmacien.

Condition 2 — Le médicament figure sur la Liste des Spécialités (LS) ou la LMT

La LS est la liste officielle des médicaments remboursables, établie et mise à jour mensuellement par l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP). Elle est consultable en ligne sur listedesspecialites.ch.

La LMT (liste des médicaments avec tarif) couvre les préparations magistrales — c’est-à-dire les médicaments confectionnés sur mesure par un pharmacien à partir de substances actives de base.

Condition 3 — La franchise annuelle est atteinte (ou le médicament relève d’une exception)

Votre franchise est le montant annuel que vous payez entièrement avant que la LAMal commence à rembourser. Pour un adulte : 300, 500, 1 000, 1 500, 2 000 ou 2 500 CHF selon votre choix. Tant que la franchise n’est pas atteinte dans l’année, vous payez 100 % du prix du médicament — même s’il est sur la LS.

Comprendre la Liste des Spécialités (LS) — ce que la LS contient réellement

La LS ne contient pas que les médicaments « classiques ». Elle comprend plusieurs sous-listes que peu de personnes connaissent :

Préparations originales : le médicament de marque développé par le fabricant d’origine. Ex : Voltaren, Aspirin C, Xarelto.

Génériques : copies de la préparation originale avec le même principe actif, même dosage, même voie d’administration — autorisées par Swissmedic. Même efficacité clinique, prix inférieur. Ex : ibuprofène générique vs Brufen.

Biosimilaires : copies de médicaments biologiques (fabriqués à partir de cellules vivantes). Comme les génériques pour les médicaments chimiques, mais le processus est plus complexe et les différences moléculaires minimes sont possibles. Ex : biosimilaires de l’insuline, d’agents anti-TNF.

Médicaments homéopathiques, phytothérapeutiques et anthroposophiques : oui, certains figurent dans la LS (chapitre VARIA 70.01). Ils sont remboursables s’ils sont prescrits et sur la liste — mais avec des critères d’efficacité plus souples historiquement.

La LMIC (Liste des Médicaments en matière d’Infirmités Congénitales) : médicaments pour les infirmités congénitales reconnues par l’AI, utilisés avant 20 ans.

La LPPA (Liste des Préparations Pharmaceutiques pour Application spéciale) : médicaments de confort exclus du remboursement — produits amincissants, traitements contre la chute des cheveux, certains compléments alimentaires médicaux.

Le système des 3 taux de quote-part — la règle du « X rouge » que personne n’explique

C’est le point central que vous devez comprendre — et que pratiquement aucun article ne traite correctement.

Une fois votre franchise atteinte, vous payez une quote-part sur chaque médicament remboursé. Mais cette quote-part n’est pas uniforme : elle dépend du médicament spécifique.

Taux 1 — 10 % : génériques, biosimilaires, et originaux dont le prix est acceptable

Le taux standard. La grande majorité des médicaments sur la LS sont à 10 % de quote-part. Une fois votre franchise atteinte et la quote-part maximale annuelle de 700 CHF (adulte) atteinte, les médicaments sont remboursés à 100 %.

Exemple : ibuprofène 400 mg générique, 25 comprimés, coût 8 CHF. Votre quote-part : 0,80 CHF.

Taux 2 — 40 % : médicaments originaux quand un générique moins cher existe (depuis janvier 2024)

C’est la règle qui a changé en 2024 et que tout le monde ignore.

Avant 2024, si vous preniez un médicament original alors qu’un générique moins cher existait, votre quote-part était de 20 % au lieu de 10 %. Depuis le 1er janvier 2024, cette quote-part a été portée à 40 % (révision OAMal, annonce Conseil fédéral du 22 septembre 2023, entrée en vigueur le 1er janvier 2024).

Comment identifier les médicaments concernés : sur la version électronique de la LS (listedesspecialites.ch), cherchez la colonne « QP ». Un X sur fond rouge indique une quote-part de 40 %.

Simulation concrète :

MédicamentPrixVous avez un générique disponible ?Quote-partVous payez
Voltaren gel 50 g (original)15 CHFOui (diclofénac générique)40 %6 CHF
Diclofénac gel générique 50 g8 CHF10 %0,80 CHF
Différence   5,20 CHF par boîte

Sur un traitement chronique de 12 boîtes/an : 62 CHF de surcoût uniquement parce que vous n’avez pas choisi le générique.

Exception au taux de 40 % : raisons médicales documentées

Si votre médecin ou pharmacien documente une raison médicale valable pour éviter le générique (allergie à un excipient, incompatibilité dans un médicament à marge thérapeutique étroite, refus de substitution documenté), la quote-part revient à 10 % — même pour l’original. Mais depuis 2024, cette justification doit être prouvée par des faits concrets, pas simplement déclarée.

Taux 3 — 0 % (franchise exempte) : cas spécifiques

Certaines prestations médicamenteuses sont exemptées de franchise et de quote-part. C’est le cas notamment des médicaments liés à la maternité (de la 13e semaine de grossesse jusqu’à 8 semaines après l’accouchement). Les vaccins du plan officiel OFSP sont exonérés de franchise depuis janvier 2026 (art. 12a OPAS modifié).

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Ce que la LAMal ne rembourse pas — les 5 catégories hors-liste

Catégorie 1 — Les médicaments « hors liste » (HL)

Ce sont des médicaments autorisés par Swissmedic, donc légaux à la vente en Suisse, mais qui ne figurent pas sur la LS. Raisons courantes : le fabricant n’a pas déposé de demande d’inscription, l’efficacité n’a pas été jugée suffisante par rapport au prix, ou le médicament est trop récent.

Exemples de catégories souvent hors liste :

  • Nombreux compléments alimentaires médicaux (zinc, magnésium, vitamine D standard)
  • Médicaments pour la dysfonction érectile (Viagra, Cialis) dans les indications courantes
  • Certains traitements dermatologiques cosmétiques
  • Médicaments en cours d’évaluation par l’OFSP

Solution : une assurance complémentaire ambulatoire (type Helsana COMPLETA, CSS myFlex, SWICA Optima) rembourse généralement 90 % des médicaments hors liste prescrits par un médecin, à condition qu’ils ne figurent pas sur la LPPA.

Catégorie 2 — La LPPA : les médicaments définitivement exclus

La Liste des Préparations Pharmaceutiques pour Application spéciale (LPPA) contient les médicaments que ni la LAMal ni les complémentaires ne couvrent. Ce sont des préparations à vocation principalement de confort ou dont le bénéfice médical est insuffisant :

  • Médicaments amincissants (ex. Orlistat à dose cosmétique)
  • Traitements contre la calvitie (ex. minoxidil topique dans certaines indications)
  • Compléments alimentaires standard
  • Certains aphrodisiaques
  • Cosmétiques médicaux

Catégorie 3 — Médicaments achetés sans ordonnance

Même si un médicament est sur la LS, s’il est acheté sans prescription médicale, il n’est pas remboursé. C’est particulièrement important pour les médicaments disponibles en vente libre (catégorie D de Swissmedic) : paracétamol, ibuprofène, antihistaminiques classiques, etc.

À noter : si votre médecin vous prescrit un médicament en vente libre (ex. paracétamol 1 000 mg), la LAMal le rembourse sur la LS — à condition que votre franchise soit atteinte.

Catégorie 4 — Médicaments achetés à l’étranger

La LAMal ne rembourse pas les médicaments achetés hors de Suisse, même s’ils sont identiques à des médicaments de la LS. Certains frontaliers achètent des médicaments en France ou en Allemagne moins chers — ces frais ne sont pas pris en charge par la LAMal.

Exception : médicaments dispensés dans un hôpital étranger dans le cadre d’une urgence médicale, dans la limite du double du tarif suisse.

Catégorie 5 — Médicaments achetés en pharmacie en ligne sans ordonnance suisse

Les pharmacies en ligne étrangères non agréées en Suisse ne fournissent pas des médicaments remboursables par la LAMal. Seules les pharmacies agréées en Suisse (y compris les pharmacies en ligne suisses comme Zur Rose / Vitusapotheke, Redcare, etc.) peuvent délivrer des médicaments remboursables.

La procédure off-label et les « cas particuliers » — accéder à des médicaments non standard

C’est la partie que personne ne connaît — et qui peut changer la vie des patients atteints de maladies rares ou en oncologie.

Qu’est-ce que l’usage off-label ?

Un médicament est prescrit « off-label » (hors indication) quand il est utilisé pour une indication autre que celle pour laquelle il a été autorisé par Swissmedic — ou pour un dosage, une voie d’administration ou un groupe de patients différent de l’indication officielle.

La nouvelle règle depuis janvier 2024 (révision OAMal art. 71a-d) :

Avant 2024, les remboursements off-label étaient traités au cas par cas de manière inconsistante. Depuis janvier 2024, chaque demande de prise en charge hors indication est évaluée via un outil standardisé appelé OLUTool (Outil de Limitation Unifié). Cet outil permet d’évaluer le bénéfice clinique du médicament dans l’indication demandée, et le prix est déterminé en fonction du bénéfice thérapeutique.

Comment ça fonctionne concrètement :

  1. Votre médecin veut prescrire un médicament LS pour une indication différente de celle autorisée
  2. Il complète une demande via l’OLUTool
  3. Votre caisse évalue la demande sur la base des recommandations du médecin-conseil
  4. Réponse : remboursé, remboursé avec rabais, ou refusé

Cas particuliers visés : maladies rares, cancers avec peu d’alternatives thérapeutiques, maladies chroniques graves. Dans ces situations, la LAMal peut rembourser des médicaments qui ne sont pas dans la LS ou qui sont utilisés hors indication.

Si votre caisse refuse : vous pouvez faire opposition, puis recours auprès du Tribunal cantonal des assurances. Et en cas de double refus, le Swiss Patient Access Programme (SPAP) peut intervenir — un programme permettant aux patients d’accéder à des médicaments innovants non encore remboursés.

Génériques vs originaux : la décision qui impacte votre facture

Le système suisse incite fortement aux génériques depuis 2024 — voici comment en profiter.

Pourquoi les génériques coûtent-ils moins cher ?

Le fabricant d’un générique n’a pas à financer la recherche et le développement du principe actif — il copie une molécule dont le brevet a expiré. Les coûts de production sont inférieurs. La loi suisse les oblige à prouver la bioéquivalence (absorption et dégradation identiques dans l’organisme) avant d’obtenir l’autorisation Swissmedic.

Efficacité clinique : identique au médicament original pour les génériques chimiques. Pour les biosimilaires, des études cliniques plus poussées sont requises, mais l’efficacité et la sécurité sont également équivalentes.

Comment identifier le générique de votre médicament ?

Sur la liste des spécialités (listedesspecialites.ch) : cherchez votre médicament par nom de marque, puis cherchez dans la même ligne « substance active » les autres médicaments avec le même principe actif. Les génériques sont généralement nommés par leur principe actif suivi du nom du fabricant.

Exemple : Voltaren gel → principe actif diclofénac → cherchez « diclofénac gel » → vous trouvez les génériques disponibles et leurs prix.

L’exception médicale : quand le médecin peut maintenir l’original

Situations légitimes pour rester sur l’original sans pénalité de quote-part :

  • Allergie à un excipient du générique (conservateur, colorant) documentée
  • Médicament à marge thérapeutique étroite (anticoagulants, antiépileptiques, immunosuppresseurs) : la bioéquivalence entre original et générique peut poser des questions dans ces cas spécifiques
  • Rupture de stock du générique
  • Raison psychologique documentée par un psychiatre dans certains cas

Dans tous les cas depuis 2024 : le prescripteur doit documenter concrètement la raison, pas simplement l’indiquer sur l’ordonnance.

Comprendre vos frais à la pharmacie — simulation complète

Profil : adulte, franchise 300 CHF, médicament à 80 CHF sur la LS, générique disponible à 45 CHF

Scénario A : début d’année, franchise non atteinte

Vous avez dépensé 180 CHF en frais médicaux depuis janvier. Votre franchise est de 300 CHF. Il vous reste 120 CHF de franchise à atteindre.

Vous achetezPrix du médicamentPart franchiseQuote-part (après franchise)Total payé
Original (X rouge LS)80 CHF80 CHF (tout en franchise)0 CHF80 CHF
Générique45 CHF45 CHF (tout en franchise)0 CHF45 CHF
notif

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Quand la franchise est non atteinte, vous payez 100 % dans tous les cas. Le générique reste moins cher.

Scénario B : franchise atteinte, quote-part non maximisée (en dessous de 700 CHF)

Votre franchise est atteinte. Vous avez payé 300 CHF de quote-part sur l’année. Il reste 400 CHF de quote-part.

Vous achetezPrix du médicamentQuote-partTotal payé
Original (X rouge LS)80 CHF40 % = 32 CHF32 CHF
Générique45 CHF10 % = 4,50 CHF4,50 CHF
Économie  27,50 CHF par boîte

Sur 12 boîtes dans l’année : économie de 330 CHF en choisissant le générique.

Scénario C : franchise ET quote-part maximale atteintes (700 CHF de quote-part payés)

Une fois que vous avez payé 700 CHF de quote-part dans l’année, tous les médicaments LS sont remboursés à 100 % — qu’il s’agisse de l’original ou du générique. À ce stade, choisir l’original ou le générique n’impacte plus votre facture personnelle.

Tiers garant vs tiers payant : comment votre remboursement fonctionne

Ce mécanisme détermine si vous avancez les frais ou pas.

Tiers garant (système par défaut selon la LAMal)

Vous payez l’intégralité du médicament à la pharmacie. La pharmacie vous donne un reçu. Vous l’envoyez à votre caisse. Votre caisse rembourse la part à sa charge (après franchise et quote-part).

Avantage : vous gardez le contrôle total. Inconvénient : vous avancez les frais.

Tiers payant

La pharmacie facture directement votre caisse. Vous payez uniquement votre part (franchise restante + quote-part) à la pharmacie.

Qui propose le tiers payant : le Groupe Mutuel, Helsana, CSS, SWICA et d’autres caisses proposent ce système dans leurs pharmacies partenaires ou via leur réseau. Vérifiez auprès de votre caisse.

Ce que votre complémentaire ambulatoire rembourse sur les médicaments

Si vous avez une complémentaire ambulatoire (type Helsana COMPLETA/TOP, CSS myFlex, SWICA Optima, Groupe Mutuel Optimum), elle peut rembourser :

Type de médicamentRemboursement complémentaire typique
Médicaments hors liste (HL) sur ordonnance75–90 % selon la caisse
Médicaments de médecine complémentaire hors LS75 % selon la caisse
Médicaments LS (votre quote-part)Non — la complémentaire ne couvre pas votre quote-part LS
Médicaments de la LPPA❌ Jamais — exclus de tout remboursement

Le point crucial : les complémentaires ambulatoires NE couvrent PAS votre quote-part LAMal sur les médicaments LS. Elles couvrent uniquement les médicaments hors liste — prescrits par un médecin et non sur la LPPA.

Comment vérifier si votre médicament est remboursé — en 3 étapes

Étape 1 — Consultez listedesspecialites.ch

Site officiel de l’OFSP. Cherchez votre médicament par nom de marque ou principe actif. La LS est mise à jour mensuellement.

Ce que vous voyez :

  • La colonne « Prix public » : le prix remboursé par la LAMal
  • La colonne « QP » : si elle contient un « X rouge », la quote-part est de 40 % (générique disponible moins cher)
  • La colonne « Limitation » : si une limitation « L » s’applique (le médicament n’est remboursé que dans certaines indications précises)

Étape 2 — Vérifiez votre franchise restante

Votre espace client en ligne de votre caisse affiche votre franchise atteinte dans l’année. Si votre franchise n’est pas atteinte, vous payez 100 % même pour un médicament LS.

Étape 3 — Demandez à votre pharmacien

Le pharmacien est tenu par la loi d’informer le patient si un générique moins cher est disponible. Il peut vérifier en temps réel si votre médicament est sur la LS et quel taux de quote-part s’applique.

Les limitations dans la LS — le piège que les patients ne voient pas venir

Certains médicaments sur la LS ont une mention « L » (Limitatio) : ils ne sont remboursés que dans des conditions précises.

Une limitation peut restreindre le remboursement à :

  • Certaines indications médicales précises
  • Un âge ou groupe de patients spécifique
  • Un dosage particulier
  • Une durée de traitement maximale
  • Une prescription par un médecin spécialiste uniquement (ex. oncologue, neurologue)

Ce qui se passe si vous prenez le médicament hors limitation : la caisse peut refuser le remboursement, même si le médicament est sur la LS. Votre médecin peut demander une prise en charge exceptionnelle (cas particuliers art. 71a-d OAMal) si le traitement est médicalement justifié hors de l’indication limitée.

Comment vérifier : la colonne « Limitations » sur listedesspecialites.ch détaille exactement les conditions de remboursement de chaque médicament.

FAQ — Médicaments remboursés par la LAMal 2026

Comment savoir si mon médicament est remboursé par la LAMal ? Consultez listedesspecialites.ch — le site officiel de l’OFSP. Si votre médicament y figure, il est remboursé (sous conditions : prescription médicale, franchise atteinte). La LS est mise à jour chaque mois. Cherchez votre médicament par nom commercial ou principe actif. Si vous voyez un « X rouge » dans la colonne « QP », une quote-part de 40 % s’applique car un générique moins cher existe.

Pourquoi ai-je payé 40 % de quote-part au lieu de 10 % ? Depuis le 1er janvier 2024, la quote-part pour les médicaments originaux quand un générique moins cher est disponible est passée de 20 % à 40 % (révision OAMal, Conseil fédéral). Cette mesure vise à encourager l’utilisation des génériques. Demandez à votre médecin ou pharmacien s’il existe un générique équivalent. Si des raisons médicales justifient l’original, votre médecin peut documenter la raison et la quote-part revient à 10 %.

Un médicament homéopathique est-il remboursé par la LAMal ? Certains médicaments homéopathiques, phytothérapeutiques et anthroposophiques figurent dans la Liste des Spécialités (chapitre VARIA 70.01). S’ils sont prescrits par un médecin et sur la LS, ils sont remboursés dans les mêmes conditions que les autres médicaments — après franchise et quote-part de 10 %.

Ma complémentaire ambulatoire couvre-t-elle ma quote-part sur les médicaments LAMal ? Non. Les complémentaires ambulatoires ne couvrent pas votre quote-part LAMal sur les médicaments de la liste des spécialités. Elles couvrent uniquement les médicaments « hors liste » — prescrits par un médecin et non sur la LPPA. Votre quote-part LAMal reste entièrement à votre charge.

Que faire si mon médecin prescrit un médicament hors liste ou hors indication ? Deux options : (1) si le médicament est hors liste mais autorisé par Swissmedic, vérifiez si votre complémentaire ambulatoire le couvre. (2) Si le médicament est utilisé hors indication (off-label) mais potentiellement pris en charge, votre médecin peut soumettre une demande de prise en charge en cas particulier via l’OLUTool (art. 71a-d OAMal, en vigueur depuis janvier 2024). La caisse statue selon les recommandations du médecin-conseil.

En résumé — les 5 points clés sur les médicaments remboursés par la LAMal

3 conditions pour le remboursement : prescription médicale + médicament sur la LS + franchise atteinte.

3 taux de quote-part : 10 % (génériques et originaux « bon prix »), 40 % (originaux quand générique moins cher existe — depuis janvier 2024), 0 % (maternité, vaccins OFSP depuis 2026).

Le « X rouge » sur listedesspecialites.ch signale un médicament soumis à la quote-part de 40 %. Cherchez le générique avant d’acheter.

Les complémentaires ambulatoires couvrent les médicaments hors liste — pas votre quote-part LAMal.

Off-label et cas particuliers : depuis janvier 2024, des médicaments non inscrits à la LS ou utilisés hors indication peuvent être pris en charge via une demande au médecin-conseil, évaluée via l’OLUTool.

Conclusion

Comprendre comment la LAMal rembourse les médicaments peut vous faire économiser des centaines de francs par an — simplement en choisissant le générique quand il existe et en connaissant votre quote-part avant d’aller à la pharmacie.

Le changement de 2024 (quote-part passée de 20 % à 40 % pour les originaux avec générique disponible) est la modification la plus impactante pour les patients de ces dernières années. Elle est quasi-inconnue des assurés — et les pharmaciens n’ont pas toujours le temps de l’expliquer.

Vous voulez vérifier si votre couverture complémentaire actuelle rembourse bien les médicaments hors liste dont vous avez besoin — ou identifier une offre mieux adaptée à vos traitements ? Nos experts Compassurance font ce comparatif gratuitement — réponse sous 24h, sans engagement.

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